2023: Fort rebond boursier mais ciblé géographiquement et sectoriellement!

Tableau des principaux indices boursiers au 22/12/2023

Les investisseurs ont d’abord dû oublier la terrible année 2022!

On se rappelle en effet que 2022 a été une année catastrophique pour les investisseurs suite à la hausse violente et rapide des taux d’intérêt. Comme l’a d’ailleurs signalé le Financial Times, en 2022 la performance combinée des actions et des obligations a été la pire depuis 1871! Si pour les marchés d’actions, une mauvaise année arrive de temps en temps, la surprise a été par contre très forte pour les obligations. En fait, selon l’indice Bloomberg Global Aggregate (qui mesure la dette mondiale de 1ère qualité provenant d’une multitude de marchés de devises locales), le marché obligataire en 2022 a été officiellement baissier pour la 1ère fois en 30 ans… Et si cela ne suffisait pas, même l’or, valeur-refuge par excellence, a baissé l’année passée. Sans parler des cryptoactifs, comme le bitcoin qui a perdu près des 2/3 de sa valeur en 2022!

Par contre, la reprise de la plupart des bourses internationales est très nette en 2023

A quelques jours de la clôture de l’année en cours, si le marché obligataire s’est clairement redressé, le retournement est encore plus marqué pour les actions! Presque tous les marchés boursiers mondiaux ont fortement rebondi en 2023 (voir tableau ci-dessus). Si les bourses européennes (en particulier l’Allemagne et l’Espagne) ont bien performé cette année, de même que le Nikkei japonais, ce sont surtout les marchés boursiers américains qui se sont distingués. L’indice S&P 500 est d’ailleurs proche actuellement de son record historique du 3 janvier 2022 et l’indice Nasdaq affiche une hausse de près de 43% cette année! Ces bourses américaines font preuve d’une telle vigueur en 2023 grâce:

  • au secteur technologique (nous y revenons plus en détails ci-dessous) qui aura joué le rôle de locomotive,
  • aux résultats de sociétés (82% des résultats des sociétés du S&P 500 ont encore publié des résultats supérieurs aux attentes pour le 3e trimestre 2023),
  • à une économie plus résiliente qu’en Europe.

Déception par contre à nouveau pour les marchés boursiers chinois, que ce soit à Hong Kong (Hang Seng Index) ou à Shanghaï-Shenzhen (CSI 300 Index), en forte baisse cette année par rapport à 2022 (voir graphe ci-dessous)…

Graphique d'illustration

Cette déconvenue des bourses chinoises dure en fait depuis près de 3 ans et a commencé début novembre 2020 quand les autorités chinoises ont décidé, contre toute attente, de bloquer l’introduction en bourse de la filiale financière d’un grand conglomérat géant chinois, notamment actif dans l’e-commerce… Cet événement s’est ensuite révélé n’être que le début d’un acharnement règlementaire du gouvernement de Pékin vis-à-vis de l’important secteur technologique et qui perdure plus que jamais. Ensuite se sont accumulés d’autres déboires: chiffres économiques décevants, crise du secteur immobilier chinois, tensions entre Etats-Unis et Chine conduisant notamment à la limitation de la vente et des investissements US de haute technologies sensibles, etc.

A noter que selon des rapports récents de la Banque Mondiale et du Global Sovereign Advisory, de nombreux autres pays émergents – plus petits que la Chine – sont progressivement désertés par les investisseurs étrangers. Beaucoup de pays émergents sont de plus en plus étranglés par le poids de leurs dettes et par le coût croissant de celles-ci. Ainsi en 2022, 185 milliards de dollars ont été retirés par les investisseurs étrangers dans les pays en développements alors qu’en 2021, il y avait eu inversement 556 milliards d’entrées nettes de capitaux…

Par contre, la bourse indienne recueille de plus en plus les suffrages des investisseurs comme en témoigne l’excellent comportement du Bombay Stock Exchange en 2023, à l’instar d’ailleurs d’autres marchés boursiers de la région Asie-Pacifique comme Taïwan, la Corée du Sud ou encore, de manière plus anecdotique, le Pakistan.

Sectoriellement, à côté de performances spectaculaires, d’autres sont moyennes voire décevantes…

Comme on le voit sur le tableau ci-dessous, les performances boursières sectorielles sont très contrastées en 2023.

  • Le secteur de l’énergie, vedette en 2022, est en bas de tableau cette année, le reflux net des cours pétroliers après la flambée de mars 2022 (suite au début de la guerre en Ukraine) expliquant notamment cela.
  • Autre déception, la consommation de base, pourtant traditionnellement en forme en période de ralentissement économique; mais l’hyper-inflation constatée pendant près de 2 ans a refroidi les ardeurs des consommateurs…
  • Les services aux collectivités, en particulier en Europe dans les énergies renouvelables, continuent de souffrir de la hausse des taux d’intérêt et de l’inflation des matières premières et des matériaux.
  • La santé enfin "paye" sa surperformance durant les années Covid…
Tableau d'illustration

Par contre le secteur technologique est le grand vainqueur 2023 (+56% aux USA et +32% en Europe), dopé par les avancées de l’intelligence artificielle mais aussi par le potentiel croissant d’autres sous-secteurs comme la cybersécurité, l’informatique quantique, la robotique, etc. Les sociétés technologiques américaines sont donc particulièrement en forme en bourse, et en particulier les "7 magnifiques", tout comme les "services de communication" qui, aux USA, ne sont pas représentées que par des classiques sociétés de télécoms comme en Europe. Constat identique pour le secteur de la consommation cyclique comprenant des grandes plateformes internet très technologiques ou des groupes automobiles à la pointe de la technologie des voitures électriques ou autonomes… Enfin, après un début d’année compliqué, les actions immobilières ont fortement rebondi ces dernières semaines dans la foulée des taux atteignant probablement leur sommet avant une décrue espérée à partir de 2024.

A propos des investissements alternatifs (or, cryptoactifs,…)

L’or a progressé en 2023, retrouvant progressivement son statut de valeur-refuge grâce à la convergence de plusieurs facteurs: baisse des taux attendue, tensions géopolitiques, achats importants de plusieurs banques centrales,… Pour plus de détails, voir notre chronique récente sur le sujet.

D’un autre côté, la hausse du bitcoin en 2023 est aussi spectaculaire que son effondrement en 2022, même si le "cryptoactif" vedette est loin de son record de fin 2021, et confirme donc que c’est un investissement extrêmement volatil.  Mais il ne saurait pas en être autrement: le bitcoin et autres cryptoactifs ne sont, jusqu’à nouvel ordre, que des instruments purement spéculatifs évoluant au gré des rumeurs ou nouvelles les entourant, soit positives (comme la possibilité que la SEC américaine autorise des ETF dans ces instruments) ou négatives (les graves difficultés ou faillites de plusieurs plateformes ces derniers mois ou une réglementation devant mettre de l’ordre dans ce monde opaque). Des milliers d’articles et rapports ont été écrits sur le bitcoin, mais aucun n’a pu justifier rationnellement le prix de ce cryptoactif, si ce n’est l’effet de rareté….qui n’est pas toujours gage de valeur! Et enfin, hors les spéculateurs espérant "devenir riche facilement et rapidement" c’est un doux euphémisme de constater qu’extrêmement peu de détenteurs de bitcoins les utilsent lors de transactions commerciales…

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