Les rendements du passé ne constituent PLUS une indication des rendements futurs

Depuis 14 ans, le cours des valeurs technologiques a connu une performance forte, stable et continue. Il en a résulté une performance importante des indices technologies, le Nasdaq en tête.

Cette croissance a été soutenue par plusieurs facteurs déterminants:

  • une politique accommodante des banques centrales avec des taux d’intérêt faibles,
  • un développement technologique continu (par exemple le cloud),
  • une pandémie qui nous a obligés à travailler mais également à consommer à partir de notre domicile.

Certains investisseurs ont dès lors pensé qu’il suffisait de se laisser porter par les marchés sans être sélectifs et que les valeurs de croissance assureraient constamment le bénéfice des marchés.

Or, nous avons assisté depuis plusieurs semaines à une hausse des taux d’intérêts qui a impacté particulièrement les valeurs technologiques comme le montre le graphe ci-dessous comparant le taux américain à 10 ans avec l’indice Nasdaq. La relation est frappante, certainement depuis 2022.

Nous assistons à un retour au premier plan de certains secteurs délaissés ces dernières années par les investisseurs grâce à la hausse des taux d’intérêts mais également aux tensions dans les chaines d’approvisionnement.

Le secteur de l’énergie a longtemps été délaissé et fait depuis plusieurs mois un retour fracassant en terme de rendement avec un constat accablant pour les défenseurs des énergies alternatives : le monde consomme en grande partie des énergies fossiles (gaz, pétrole ou charbon).

Inutile de vous rappeler l’importance de ces matières dans l’inflation d’aujourd’hui. Nous constatons cela au quotidien à la pompe ou sur notre facture de chauffage…

Autre secteur en vue, les matières premières. Si vous venez de signer l’achat du terrain de vos rêves et que les devis datent de Batibouw 2019, la mise à jour des prix risque de vous laisser pantois. A la demande chinoise qui phagocytait la production mondiale ces dernières années se sont rajoutés des goulots d’étranglement dans les chaines d’approvisionnement. La loi de l’offre et la demande faisant le reste…

Ces deux facteurs ont grandement influencé un indicateur que nous avions perdu de vue voici plusieurs années : la fameuse Inflation.

L’inflation, le retour

Longtemps désirée par les banques centrales qui avaient pour cela pris des mesures historiques (taux directeurs et rachat d’obligation), l’inflation a fait un retour fracassant, atteignant des niveaux historiques.

Pour contrôler cela, les banques centrales, dans un ordre dispersé, se préparent à faire quelque chose dont nous avions perdu l’habitude: augmenter leur taux et arrêter leur achat d’obligations. Cette hausse des taux est une excellente nouvelle pour un secteur délaissé depuis de nombreuses années : le secteur bancaire. L’indice bancaire a d’ailleurs montré une progression importante ces derniers mois.

Une image valant mieux qu’un long discours, ci-dessous nous comparons l’indice Dow Jones Financials avec l’inflation américaine.

Doit-on dès lors abandonner les valeurs de croissance pour des valeurs de secteurs "Value" traditionnelles?

Répondre à cette question est complexe et bien malin celui qui aura la réponse. Il est important de noter que la situation actuelle est sans précédent pour beaucoup d’investisseurs… mais également pour des gestionnaires de fonds.

Quel Asset Manager a connu une inflation aussi forte (même momentanée) avec 4 à 5 hausses de taux de la part de la FED en 2022? Quel gestionnaire peut prévoir le cours du gaz avec des tensions politiques importantes aux portes de l’Europe?

Nous l’avons vu par ces quelques exemples: le temps de la gestion passive est peut être révolu et nous devrons être sélectifs dans notre allocation d’actifs, le principe selon lequel les performances passés ne préjugent pas des performances futures est plus vrai que jamais. Naviguer dans ces eaux troubles constituera un challenge pour l’investisseur, son conseiller financier devant l’aider à maintenir le cap.

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