Les enjeux de la transition énergétique, les conséquences et un choix à poser…

L’actualité nous pousse vers la transition énergétique

Outre la guerre en Ukraine, un autre sujet revient sur toutes les lèvres et dans le monde entier: l’augmentation des prix de l’énergie (et des matières premières). Des niveaux historiques sont, en effet, atteints:

  • plus de 130 USD le baril de pétrole (Brent) - en augmentation de plus de 40% depuis le 01/01/2022 et proche de son record absolu de 2008. Toutefois, si l’on tient compte du cours EUR/USD, le prix du Brent exprimé en euros a augmenté de plus de 20% par rapport à 2008 et touche un sommet jamais atteint jusqu’à présent.
  • le prix du gaz en Europe dépasse les 300 euros par mégawattheure, soit 20 fois plus qu’il y a un an.

Selon Catherine MacGregor, présidente d’Engie, "un choc des prix sans précédent" pourrait encore accentuer les coûts énergétiques si l’Union Européenne bloquait notamment l’importation du gaz russe.

Pourquoi sommes-nous autant impactés financièrement ou plutôt pourquoi la transition énergétique est-elle devenue incontournable?

Depuis la révolution industrielle (fin du 19ème – début du 20ème siècle), la consommation énergétique mondiale a été multipliée par 50 (suite à l’augmentation de la population par un facteur 7 et de la consommation énergétique par habitant aussi par un facteur 7).

Nous sommes extrêmement dépendants des énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) qui représentent plus de 80% de la consommation énergétique mondiale. Ces énergies fossiles sont localisées dans certains endroits du monde, ce qui engendre:

  • l’obligation d’importer ces énergies fossiles pour un grand nombre de pays;
  • le coût important à payer en fonction de l’offre et de la demande;
  • la dépendance par rapport aux pays exportateurs.

Notre dépendance à certains pays producteurs d’énergies fossiles est évidemment mise en exergue actuellement avec des factures d’électricité et de gaz qui explosent, sans parler des prix atteints à la pompe ou pour remplir la cuve à mazout.

Outre l’aspect financier, deux autres raisons bien connues doivent nous motiver vers cette transition énergétique:

  • le réchauffement climatique, avec comme conséquences la montée du niveau des mers, les phénomènes extrêmes comme les ouragans;
  • la diminution des ressources en énergies fossiles.

Vu les risques sécuritaires liés aux centrales nucléaires, l’importance des énergies renouvelables et une nécessaire transition énergétique s’en trouvent encore renforcées.

Cependant, cette transition énergétique, au travers d’une meilleure efficacité énergétique et de l’utilisation d’énergies renouvelables, doit être réalisée à un coût abordable pour les particuliers et les entreprises.

En ce qui concerne l’amélioration de notre efficacité énergétique, voici un certain nombre de mesures envisageables et indispensables :

  • isolation des logements et rénovation des bâtiments existants;
  • autoconsommation énergétique via l’installation de panneaux solaires, pompes à chaleur,…;
  • utilisation des appareils économes en énergie;
  • développement de transports plus propres (via les véhicules électriques notamment);
  • utilisation de nouvelles technologies comme les smart grids (réseaux intelligents qui permettent d’équilibrer les flux d’électricité entre les fournisseurs et les consommateurs).

La gestion des déchets revêt une importance considérable dans le cadre de la transition énergétique et nécessite l’implication coordonnée de l’ensemble des états, des entreprises (via l’innovation notamment) et des particuliers par leurs comportements responsables. Le recyclage via la collecte, le tri puis le traitement permet de donner une seconde vie à de nombreux déchets. La méthanisation des déchets, ainsi que l’incinération, sont deux procédés qui peuvent fournir de l’électricité, de la chaleur voire des carburants. Des solutions existent et doivent bannir la technique de mise en décharge dans des dépôts organisés (ou non).

Quelles sont les conséquences, modifications, risques liés à cette transition énergétique?

  1. La destruction d’un certain nombre d’emplois comme ceux liés à la production, l’utilisation et le transport des énergies fossiles;
  2. La perte de capital: que vaudront par exemple nos véhicules thermiques actuels dans quelques années?
  3. Une perte du PIB et une augmentation du chômage pourraient constituer des résultantes initiales des 2 premières conséquences évoquées ci-dessus;
  4. A contrario, de nouveaux métiers, ainsi que de nouvelles formations verront le jour dans des domaines plus "Green".
  5. Des besoins massifs d’investissement (recherche, innovation, formation, aménagement urbains,…) dont la rentabilité directe pourrait être fortement limitée. Une solution concrète pour le stockage en grandes quantités de ces énergies intermittentes doit d’ailleurs encore être trouvée.
  6. On peut s’attendre à une certaine pression pour que le financement de ces investissements soient publics, ce qui engendrerait une pression sur les Banques centrales pour maintenir des taux d’intérêts bas… ce qui est de plus en plus difficile à tenir dans un contexte d’inflation élevée…
  7. En parlant d’inflation, l’actualité nous fait comprendre que se passer des énergies fossiles aura pour conséquence une hausse importante des prix de l’énergie et de certaines matières premières entraînant de l’inflation, des inégalités sociales plus importantes, ainsi qu’un risque nouveau de raretés de métaux nécessaires à cette transition.

Un choix important à poser par conséquent

Nous avons 2 possibilités pour réaliser cette transition énergétique:

  1. Importer massivement et à "moindre" coût tous les éléments nécessaires à cette transition comme nous le faisons en grande partie pour les panneaux photovoltaïques. Il faudra alors accepter de rester dépendants d’autres pays et de faire une croix sur la création d’emplois locaux.
  2. Revenir à un scénario où la production du matériel (éoliennes, panneaux solaires, électrolyseur d’hydrogène,…) est réalisée localement en acceptant des coûts plus importants.

Conclusion

Au-delà des raisons climatiques, cette transition énergétique doit nous mener vers une meilleure indépendance énergétique par pays, limitant ainsi les variations de prix imposées par les exportateurs d’énergies fossiles. La Commission européenne vient d’ailleurs d’indiquer son souhait d’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie d’ici la fin de l’année et de mettre en place un emprunt européen pour financer cette transition (dans la même lignée que le "Next Generation EU").

La guerre en Ukraine sera-t-elle l’élément déclencheur pour prendre les décisions qui s’imposent en termes de transition énergétique? L’avenir nous le dira…

D’ici là, l’énergie nucléaire peut être la solution intermédiaire entre la situation actuelle et la mise en place opérationnelle de notre devenir énergétique.

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