Les assurances épargne et placement: un levier stratégique dans votre portefeuille
La branche 21 et la branche 23 en bref
- L’assurance épargne de la branche 21 est une assurance vie assortie d’un taux d’intérêt garanti, éventuellement complété par une participation bénéficiaire si les résultats de la compagnie d’assurances le permettent. En Belgique, les réserves d’assurance épargne de la branche 21 sont protégées par la garantie des dépôts jusqu’à 100.000 euros par personne et par assureur.
- L’assurance placement de la branche 23 est une assurance vie dont le rendement est lié à un ou plusieurs fonds d’investissement essentiellement investis en actions et/ou obligations. Les assurances placement de la branche 23 n’offrent donc pas de rendement garanti. Le rendement dépend de l’évolution de la valeur des fonds sous-jacents. Il peut donc aussi fluctuer dans le temps. Certains fonds offrent toutefois, à l’échéance, une protection du capital ou un remboursement minimal préétabli du capital (hors frais et taxe). Le rendement est en revanche potentiellement plus élevé.
Les atouts clés dans la gestion
- La flexibilité de gestion constitue l’un des atouts majeurs des assurances placement. L’investisseur peut ajuster son niveau de risque à chaque étape, faire évoluer son portefeuille selon les opportunités de marché et effectuer des arbitrages quand il le souhaite pour un rééquilibrage de celui-ci. Cette souplesse s’accompagne d’une gestion sur mesure, parfaitement alignée sur le profil d’investisseur, avec la possibilité d’opter pour une solution gérée activement par des spécialistes pour bénéficier d’un accompagnement professionnel et proactif.
- Outil de diversification: il est possible de combiner plusieurs fonds, classes d’actifs et mécanismes de gestion dans un seul contrat. L’assurance placement constitue dès lors un complément naturel aux portefeuilles titres traditionnels et est accessible à différents profils d’investisseur.
- En termes de fiscalité, les assurances épargne ou les assurances placement s’inscrivent dans un cadre fiscal spécifique, tant en branche 21 qu’en branche 23, bien que toute prime versée dans une assurance placement soit soumise à une taxe d’assurance de 2%, prélevée directement lors de chaque versement et permet, notamment, d’éviter l’application de la taxe sur les opérations boursières (TOB) lors de la sortie.
En branche 21, le produit est conçu comme une solution d’épargne à long terme. Lorsque le contrat est conservé pendant au moins huit ans, les intérêts générés sont exonérés de précompte mobilier, ce qui permet de bénéficier d’un rendement net plus intéressant une fois cette durée atteinte.
En branche 23, les avantages fiscaux prennent une autre forme: les plus‑values sur la partie obligataire ne sont pas soumises au précompte mobilier (ndlr la taxe Reynders). Par ailleurs, les échanges entre fonds réalisés au sein du même contrat sont fiscalement neutres, ce qui offre une grande liberté pour réallouer le portefeuille sans taxation intermédiaire et profiter d’une fiscalité différée sur les revenus générés.
Qu’entend-on par “fiscalité différée”?
Depuis le 1er janvier 2026, à la suite des nouvelles dispositions introduites par le gouvernement ‘Arizona’, tout rachat, qu’il soit total ou partiel, est désormais soumis à une taxe de 10% sur la plus‑value.
Cette taxation s’applique quelle que soit la branche à laquelle le contrat appartient, à l’exception des situations dans lesquelles un précompte mobilier est déjà dû et des assurances fiscalement déductibles, à savoir les assurances souscrites dans le cadre de l’épargne à long terme.
Enfin, il est important de souligner que la liquidation du contrat à la suite du décès de l’assuré reste entièrement exonérée, qu’il s’agisse du précompte mobilier ou de la taxe sur les plus-values.
L’assurance placement peut également représenter un instrument de prévoyance et de planification successorale intéressant et ce, à plusieurs points de vue.
Dans la plupart des clauses bénéficiaires, le capital de l’assurance est versé directement et rapidement aux bénéficiaires du contrat, sans devoir passer par la procédure plus ou moins longue de liquidation/partage de la succession. Ainsi, une personne qui aura vu ses comptes bancaires bloqués au décès de son conjoint pourra disposer rapidement d’un capital, ce qui représente un soutien essentiel pour faire face sereinement aux premières démarches administratives et à la charge émotionnelle du moment.
Au travers de la clause bénéficiaire, l’assurance permet également de désigner des personnes que l’on souhaite protéger et/ou avantager, et ainsi modifier la dévolution successorale légale. Cela peut être son conjoint, son cohabitant légal, un de ses enfants, une tierce personne…
Il est important de souligner que la désignation du bénéficiaire reste modifiable à tout moment, sauf si elle a fait l'objet d'une acceptation par celui-ci, offrant une grande flexibilité au gré des changements de situation personnelle. Il faudra cependant être très attentif au respect de la réserve légale de ses héritiers réservataires, ainsi qu’aux droits de succession que les bénéficiaires auraient à payer sur le bénéfice de l’assurance. En effet, l’assurance placement ne permet pas d’échapper aux règles de protection des héritiers réservataires, ni dans la plupart des cas aux droits de succession, droits qui peuvent s’avérer particulièrement onéreux pour certains bénéficiaires (cohabitants de fait, personnes sans lien de parenté en ligne directe,…)
Enfin, le “generation skipping”, ou saut de génération, permet à la fois de gratifier/protéger (certains de) vos petits-enfants, et de réduire les droits de succession en répartissant votre patrimoine entre un nombre plus important de personnes et sur plusieurs générations. Cette stratégie peut être facilement mise en place via une assurance épargne Branche 21 ou une assurance placement Branche 23, pour une transmission plus efficace et mieux optimisée. A noter qu’il est possible d’y mettre une condition d’âge grâce à laquelle le contrat restera bloqué après le décès du grand-parent jusqu’à la date prévue.
Dans une approche patrimoniale globale, l’assurance placement s’impose dès lors comme un instrument à forte valeur ajoutée. Sa capacité à combiner performance financière, diversification fiscale et transmission optimisée en fait un pilier incontournable pour les investisseurs souhaitant structurer durablement leur patrimoine.
Son intégration doit toutefois être réalisée dans le cadre d’une analyse approfondie des souhaits et besoins, des préférences en matière de risque et de la situation personnelle de chaque client, afin d’en exploiter pleinement le potentiel.