La durabilité, l’histoire de tous?

Il n’y a pas un jour sans un article lié de près ou de loin au développement durable dans la presse. La crise sanitaire et la guerre en Ukraine et leurs conséquences notamment en termes de disponibilité des matières premières ou de coûts énergétiques, ont encore augmenté ce constat.

D’autre part, les deux derniers été - 2021 avec les inondations et 2022 avec sa sécheresse - nous rappellent également que les conséquences du dérèglement climatique ne touchent plus uniquement les pôles ou les régions désertiques.

Le quotidien de tout le monde, que ce soit des particuliers ou des entreprises, est donc touché et la question se pose alors de savoir qui peut ou doit agir?

Les banques et la durabilité

Avant de répondre à cette question, vous pourriez vous en poser une autre: Pourquoi une banque communique-t-elle autour de la durabilité? Est-ce bien son rôle? La réponse est multiple.

Tout d’abord, une banque dépend de la santé financière de ses clients et de l’économie en général. Comme on l’a déjà illustré, la dégradation de la situation a des conséquences directes sur le portefeuille de la plupart. Dans les métiers de base de la banque, cela implique potentiellement moins de placements financiers, moins de financements octroyés et également des risques de non remboursement des crédits.

Un autre élément de réponse vient du fait que les impulsions pour tendre vers un avenir plus durable sont données par l’Europe qui utilise les banques comme vecteur d’application de ses directives. Ainsi les banques doivent déjà, par exemple, estimer l’empreinte carbone de leur portefeuille crédit. Et à l’avenir, les activités des banques seront beaucoup plus contraintes: le financement d’un bâtiment avec un mauvais PEB sans projet de rénovation ne sera plus possible, les conseils pour des placements non durables seront également limités.

Enfin, la dernière raison qui est certainement la plus importante, vient du fait que les banques sont des acteurs économiques qui peuvent accompagner leurs clients pour leur faciliter leur transition durable via l’octroi de financement à de meilleures conditions de tarification pour des projets durables et surtout via de l’information sur des opportunités telles que des aides ou des accompagnements par d’autres professionnels.

Cet impact de la durabilité sur le monde bancaire peut être illustré en une phrase de Johan Thijs, CEO de KBC Groupe mais également Président de la FEBELFIN: "Le vert est le nouveau numérique". Quand on sait à quel point le digital a révolutionné la relation entre les banques et leurs clients, on comprend la place importante que la durabilité prendra à l’avenir dans la gestion d’une banque.

Qui doit agir? Les entreprises ou les particuliers?

Mais les banques ne peuvent pas tout changer seules. Qui doit agir? Les entreprises ou les particuliers? Pour répondre à cette question, prenons l’angle du dérèglement climatique qui est dû aux émissions des gaz à effet de serre. On estime aujourd’hui l’empreinte carbone d’un européen moyen à +/-10T de CO2. Sachant que pour atteindre les objectifs de Paris, c’est à dire la limitation du  réchauffement climatique à un niveau bien inférieur à 2 degrés Celsius, par rapport au niveau préindustriel, l’empreinte de chaque citoyen européen devrait se limiter à +/-2T de CO2. Cela représente une diminution de l’ordre de 80% des émissions de chacun d’entre nous. Est-ce possible? En achetant des biens d’occasion ou reconditionnés, en prenant son vélo pour les courts trajets, en favorisant le co-voiturage, en ne prenant plus l’avion et en limitant sa consommation de viande, on estime qu’un individu peut diminuer son empreinte de l’ordre de 25%. Il peut encore agir en changeant la chaudière de son habitation et en la rénovant, ainsi que de passer à la voiture électrique pour diminuer de 20% complémentaires son impact. Le solde de 35% encore nécessaire viendra de la manière dont ses biens de consommation seront produits. Ce sont donc les entreprises productrices ou proposant les services aux personnes qui doivent réduire les émissions de gaz à effet de serre dans leurs activités. C’est donc autant aux particuliers qu’aux entreprises à agir au quotidien.

Et pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à investir dans leur transition durable?

Il existe plusieurs bonnes raisons. Une première directement liée à ce que nous avons déjà relevé, est que les actions mises en place dans ce cadre permettent de faire des économies que ce soit en énergie ou du coût de matières premières. En effet, dans une réflexion d’économie circulaire, l’entreprise va rechercher à limiter et prolonger la durée d’utilisation des matières premières et donc une moindre consommation de ces dernières. Parmi les exemples de transformation d’une activité, celle de l’économie de la fonctionnalité est un bon exemple: à la place de produire et de vendre des produits qui ne sont peut-être utilisés qu’occasionnellement par le client, l’entreprise peut proposer ses produits à la location. Elle doit dès lors moins produire et limite les risques de pénurie de matières premières mais surtout elle s’assure un revenu récurrent. Elle peut en plus diversifier ses activités en proposant des services complémentaires comme la formation à la bonne utilisation du produit.

Une autre bonne raison pour les entreprises est de répondre aux attentes du marché et des nouveaux collaborateurs nécessaires à la croissance de l’entreprise. La génération Z arrive progressivement dans la vie active. Leurs manifestations hebdomadaires, avant la crise sanitaire, illustrent bien leur souhait de solutions pour un avenir plus durable. Aujourd’hui, ils appliquent ces mêmes souhaits dans le choix de commerces, d’entreprises ou de la marque quand ils font leurs achats ou le choix de leur employeur qui doit réussir à donner du sens à leur future carrière.

Plus durable, d’accord. Mais comment s’y prendre?

La première règle générale est que toute action est bonne à prendre. La somme des petites actions mises bout à bout aura un impact bénéfique.

La seconde règle est de se donner des objectifs raisonnables. Essayer, par exemple, de devenir 0 déchet du jour au lendemain est tout à fait louable mais la difficulté risque surtout de vous faire abandonner rapidement.

Et la troisième règle est que contrairement à l’école, il est conseillé de "tricher". C’est-à-dire de s’inspirer de ce que font les autres. Pour les particuliers, il existe de nombreux livres et sites internet comme youmatter.world partageant des trucs et astuces. Pour les entreprises, l’Union Wallonne des Entreprises et le Service Public Wallonie ont créé le site sdgs-entreprise.be  qui reprend de nombreux exemples d’actions en faveur des différents Objectifs de Développement Durable des Nations Unies.

Au quotidien, il est donc possible d’avoir des actions impactantes comme:

1. Limiter votre consommation d’énergie

Isoler sa maison ou le bâtiment de son entreprise et autoproduire sa propre énergie est un must mais chasser au quotidien les consommations inutiles a également beaucoup de sens. Les exemples les plus faciles sont l’éclairage en utilisant du LED et en s’assurant d’éteindre la lumière quand elle n’est pas nécessaire. Mais par ailleurs, il y a également de nombreuses consommations cachées telles que les chargeurs non utilisés, les appareils en veille. L’utilisation de prises avec interrupteur peut diminuer votre consommation et donc vous faire faire des économies. Enfin, limiter la température dans les pièces doit aujourd’hui être une généralité. Bref, à vos pulls!

2. Bien choisir ses produits et faire attention aux déchets

De façon générale, avant tout achat, il est bon de se demander s’il est bien nécessaire, si je ne peux pas l’acheter en seconde main ou reconditionné et sinon choisir celui qui a le moins d’impact que ce soit du point de vue de sa fabrication, d’où il a été produit, de sa durée de vie et de son potentiel recyclage ou celui de son emballage. En matière de produits alimentaires, il existe aujourd’hui des éco scores. Pour vous guider, il existe des applications telles que Open Food Facts.

3. Sensibiliser votre famille et vos collègues

Si vous arrivez à changer vos habitudes, votre entourage le peut également. Leur expliquer votre démarche comme leur dire pourquoi vous utilisez un mug plutôt que des gobelets à usage unique à la cafétéria est déjà une belle démarche. Mais être l’initiateur d’un concours du mug le plus original du bureau tous les mois vous permettra de joindre l’utile à l’agréable et de convertir un plus grand nombre de collaborateurs.


Vous l’aurez compris, la transition nécessaire à un avenir plus durable pour vous et vos proches est le devoir de tous aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle. Il ne faut cependant pas foncer tête baissée au risque de se prendre un mur. Commencez petit à petit, partagez autour de vous vos réussites et ainsi tout le monde y prendra goût et se lancera dans des actions de plus en plus importantes pour que l’impact devienne exponentiel.

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