À y regarder de plus près,

face à la remontée des taux, mieux vaut sortir couvert.

À y regarder de plus près,

face à la remontée des taux, mieux vaut sortir couvert.

Publié le 25 mai 2018 

Après quasiment 30 ans d’une baisse inexorable des taux longs, sommes-nous arrivés à la fin de cette ère? Il est légitime de se poser cette question car, mine de rien, le taux de l’IRS (Interest Rate Swap, qui est le taux de référence) à 10 ans, est passé de 0,24% en septembre 2016 à 1,07% actuellement. Ce n’est certes pas la première fois que l’on observe ce type de mouvement ces dernières années, mais cette fois-ci ne ressemble pas aux autres.

Mimétisme outre-Atlantique

Pour comprendre ce mouvement, il faut poser notre regard outre-Atlantique et analyser l’attitude de la FED. Cette dernière, compte tenu de la croissance économique, a enclenché, depuis décembre 2015, une normalisation graduelle de sa politique monétaire. Et depuis octobre 2017, elle a même franchi un pas de plus en réduisant de façon très lente et graduelle la taille de son bilan. Cette opération, qui consiste à revendre des obligations qu’elle détient en portefeuille, a comme conséquence de diminuer les liquidités en circulation et de peser légèrement à la hausse sur les rendements long terme.

Bien sûr, la situation en zone euro est différente et la BCE n’est pas à un stade aussi avancé que la FED. Pour autant, les taux longs ont déjà amorcé un sérieux mouvement de hausse de notre côté du globe.

Piano, piano…

La BCE n’est en effet pas encore prête à remonter ses taux, et ce mouvement n’interviendra probablement pas avant le milieu de l’année prochaine. Par contre, elle a déjà donné un signal fort en réduisant son programme de rachat d’actifs (programme d’assouplissement quantitatif), en le faisant passer de 60 milliards à 30 milliards d’euros. Ce changement est intervenu depuis le mois de janvier 2018 et peut évidemment, en partie, expliquer le mouvement sur les taux longs en zone euro. En plus, ce programme a été prolongé jusqu’en septembre 2018 et devrait, en principe, se terminer à cette date compte tenu de la robustesse de la reprise en zone euro et des niveaux des indicateurs de confiance.

Certes, l’inflation ne redécolle pas encore tout à fait et la BCE se montre encore extrêmement prudente. Mais la fin de la politique monétaire accommodante se profile dans un avenir proche et les marchés ont déjà commencé à anticiper ce changement de politique.

Agir au lieu de subir

Si les taux courts n’ont encore nullement anticipé ce changement de politique et que la partie courte de la courbe a réagi encore très faiblement (0,10% en plus pour l’IRS 2 ans), les taux longs ont clairement déjà largement anticipé une partie de ce changement. Il est dès lors opportun de se poser la question de la nécessité de se couvrir sur ce changement de paradigme et d’agir. En effet, une hausse des taux peut vite s’avérer coûteuse si on n’y prend pas garde.

Pour bien mesurer l’impact de cette hausse, prenons deux exemples concrets.

L’achat d’une maison

Monsieur et Madame XY souhaitent emprunter 100.000 euros via un crédit hypothécaire (CH) d’une durée de 20 ans auprès de leur établissement bancaire. À capacité d’emprunt constante, une hausse du taux du CH d’1% (en absolu) implique une baisse du pouvoir d’achat de 9,93%. Autrement dit, ils ne pourront plus emprunter que 90.069 euros ou devront puiser 9.931 euros dans leur épargne pour pouvoir emprunter le montant initial de 100.000 euros.

L’achat d’un bien immobilier est tout sauf un acte anodin mais attendre trop longtemps peut avoir un impact important pour un ménage qui souhaite acquérir un bien immobilier.

Un crédit d’investissement pour une entreprise

L’entreprise XYZ souhaite emprunter 1.000.000 euros via un crédit d’investissement à 10 ans (remboursable en totalité à la fin de celui-ci) auprès de son établissement bancaire. Si le taux du crédit monte d’1%, l’entreprise verra sa capacité d’emprunt amputée de 9,6%. Cela entrainera une augmentation de ses charges financières qui pourrait venir réduire la rentabilité de son investissement et nécessitera peut-être de revoir son business plan.

À la différence du ménage qui, quelque part, subit la hausse, l’entreprise peut résoudre son problème par l’étude d’une stratégie de couverture de taux que son établissement bancaire peut lui proposer. En effet, elle peut sécuriser le taux de ses emprunts à taux flottant actuels mais également celui d’un futur emprunt à taux fixe.

Bien qu’avoir un market timing parfait est impossible à réaliser (personne n’achète au plus bas pour revendre au plus haut), il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à une stratégie de couverture de taux. Car si c’est la fin de l’ère des taux bas, ces derniers sont encore à des niveaux faibles qui peuvent justifier une couverture.

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