À y regarder de plus près,

la famille reste un investissement gagnant… aussi en bourse!

À y regarder de plus près,

la famille reste un investissement gagnant… aussi en bourse!

Publié le 11 juin 2018

En 2017, l’indice Family Business comprenant 90 actions de sociétés familiales cotées sur Euronext (France, Pays-Bas, Belgique et Portugal) a progressé de plus de 17% soit nettement mieux que les indices globaux classiques. Toujours en 2017, le fonds KBC Family Enterprises, reprenant des sociétés familiales de toute l’Europe, a quant à lui gagné plus de 20%. À y regarder de plus près, sur le long terme, tant aux États-Unis qu’en Europe, les actions familiales battent donc les indices boursiers.

Comment expliquer un tel succès alors que le caractère familial d’une société cotée n’est pas toujours "sexy" auprès des investisseurs? D’abord, même si certains préjugés ont la vie longue, à côté des Michelin, Solvay, Heineken,… de vieilles traditions familiales, des sociétés beaucoup plus récentes et "high tech" sont également familiales et cotées en bourse. On peut citer Facebook, Oracle, United Internet, Alibaba, Spotify,…

L’entreprise familiale est généralement moins endettée et plus prudente

Parmi les critères qui définissent ce qu’est une société familiale en pratique, il faut que celle-ci soit détenue au minimum à 20% par une ou plusieurs familles. De plus, il faut qu’un ou plusieurs représentants familiaux siègent au Conseil d’Administration et qu’il y ait une sorte de planification ou de succession. Tous ces critères font que, généralement, les actionnariats familiaux sont stables. Et qui dit stabilité, dit pérennité et vision à long terme! On trouve alors déjà les racines du succès de la thématique familiale…

La vision à long terme est souvent combinée avec une gestion prudente, réfléchie. Par exemple, typiquement, en cas d’acquisition d’un concurrent, une société familiale va vraiment prendre son temps pour étudier sa cible et, de plus, ne mettra pas n’importe quel prix pour l’acquérir au risque de mettre en péril sa propre société. On a ainsi vu récemment la société belge Greenyard Foods, leader européen dans la distribution de fruits et légumes à la grande distribution, renoncer finalement à acquérir la société américaine Dole plutôt que de payer un prix dépassant sa propre analyse du dossier.

Cette prudence se traduit clairement dans les ratios financiers. Ainsi, des analystes de la banque suisse UBS ont notamment clairement prouvé dans une longue étude que, comparativement aux sociétés classiques, la rentabilité des sociétés familiales (calculée via l’EBIT ou bénéfice avant intérêts et impôts) est meilleure que la moyenne. Dans cette même étude, on voit par ailleurs que le rendement sur capital investi (calculé via le ratio ROE ou Return On Equity), c’est-à-dire l’utilisation des capitaux de la société, est aussi supérieur à la moyenne. Enfin, et c’est spectaculaire, l’étude prouve que les sociétés familiales sont beaucoup moins endettées. Il est donc logique que les sociétés qui affichent des ratios de rentabilité et d’endettement meilleurs performent mieux en bourse!

Le critère familial n’est pas infaillible

Toutefois, comme dans toute thématique, certaines sociétés, au moins momentanément et pour des raisons diverses, peuvent moins bien performer que les marchés boursiers. On l’a ainsi par exemple constaté ces derniers mois avec des sociétés comme Van de Velde ou Facebook. Investir via un fonds, diversifié, permettra alors d’éviter l’écueil de se tromper sur une valeur individuelle.

Lorsqu’on évoque la prudence, caractéristique d’une saine gestion d’une société familiale, cela ne veut pas non plus dire immobilisme! Des exemples de sociétés familiales comme Solvay ou AB Inbev sont là pour le prouver. En quelques années, Solvay s’est complètement transformée passant d’un statut de société active dans la chimie lourde vers une société de chimie de spécialités, renommée mondialement dans les matériaux composites pour l’aéronautique par exemple, et tout cela en affichant une très belle rentabilité se reflétant dans son cours de bourse. AB Inbev est devenue, en quelques années, le leader mondial incontesté dans le domaine de la bière (1 bière sur 3 dans le monde provient maintenant de ses usines) en acquérant plusieurs concurrents grâce à une rentabilité largement supérieure à ses pairs (Heineken, Carlsberg, Molson Coors,…). Cette rentabilité lui permettant un surplus important de trésorerie annuelle et donc les moyens de son expansion.

Il y a en a pour tous les profils

Les sociétés familiales peuvent donc aussi bien intéresser des investisseurs dynamiques que défensifs. Dynamiques vu ce que nous venons de décrire mais aussi défensifs car on a noté dans le passé, notamment au moment et après la crise financière et boursière de 2008, que les sociétés familiales résistaient en général mieux aux marchés baissiers et rebondissaient plus vite lorsque ceux-ci remontaient. Et c’est logique vu qu’elles sont plus « musclées », plus résistantes aux crises car plus rentables et moins endettées.

Evolution comparée du fonds KBC Family Enterprises et de l’indice européen EURO STOXX 50

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