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CBC Family Capital Solution: réconcilier l’entrepreneur, l’actionnaire et le membre de la famille

La valeur d’une entreprise représente en moyenne plus de 60% des avoirs d’un dirigeant. Les Family Capital Managers de CBC l’aident à pérenniser l’outil économique tout en l’optimisant en tant qu’actif patrimonial.

Entretien avec Xavier Falla, Directeur Général CBC Private Banking & Wealth Management CBC, et Tanguy Gavroy, Family Capital Manager CBC.

Pourquoi avoir créé cette fonction de Family Capital Manager?

Xavier Falla: "L’idée est d’enrichir le service que nous pouvons apporter aux entrepreneurs en élargissant le regard et en prenant du recul avec eux. Traditionnellement, un chargé de relations entreprises se concentre sur les besoins de l’entreprise – financement, trésorerie, investissements ou fiscalité – mais n’aborde pas celle-ci en tant qu’élément de patrimoine. De son côté, un banquier privé classique se focalise sur la gestion du portefeuille qui lui a été confié, sans forcément intégrer le fait que son client est avant tout propriétaire d'une entreprise. Un Family Capital Manager fait le lien entre ces deux univers. Il peut même servir de relais pour les besoins privés de la personne. Cela illustre notre vision décloisonnée du service que nous voulons offrir."

Quels sont les profils de ces conseillers?

Tanguy Gavroy: "Notre équipe rassemble des banquiers seniors. Il faut d’abord savoir écouter, mais aussi accompagner une réflexion de long terme. Même si l’on ne peut être expert en tout, cela exige une solide culture financière, juridique et fiscale, ainsi qu’un véritable esprit d’équipe, car notre accompagnement se nourrit de nombreuses expertises au sein de la banque. Enfin, notre séniorité nous vaut d’avoir accompagné un très grand nombre de dirigeants wallons sur des dossiers très divers. Nous pouvons mettre cette expérience au service d’autres."

Xavier Falla: J’ajouterais qu’il faut une vraie personnalité. On s’adresse à des femmes et des hommes qui ont construit leur entreprise par elles-mêmes ou eux-mêmes. Il faut être capable de dialoguer en toute franchise, avec compétence, sincérité et crédibilité.

Les dirigeants ont-ils conscience de la dimension patrimoniale de leur business?

Tanguy Gavroy: "Pas toujours. Absorbés par les enjeux opérationnels, ils savent bien sûr qu’ils peuvent jouir du fruit de leur travail à travers la constitution d’un patrimoine privé. En revanche, ils ignorent le plus souvent ce que représente la valeur de l’entreprise. Or, selon plusieurs études, celle-ci s’élève en moyenne à plus de 60% du patrimoine global d’une famille actionnaire."

En quoi le fait de poser un “regard patrimonial” sur l’entreprise ouvre-t-il de nouvelles perspectives? 

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Tanguy Gavroy: "Considérer son entreprise sous cet angle amène généralement à se poser des questions plus larges que strictement financières. Sur la gouvernance et l’opportunité d’ouvrir un conseil d’administration à un regard extérieur à la famille, par exemple. Il en va de même pour le capital: serait-on prêt à laisser entrer un partenaire industriel ou financier? Sans oublier, pour les dirigeants de 60 ans et plus, la question de la transmission ou de la continuité de l’activité. D’un point de vue opérationnel, bien sûr, mais aussi actionnarial. Étonnamment, beaucoup approchent ce moment sans y avoir vraiment réfléchi auparavant."

Pourquoi ces sujets restent-ils inabordés?

Tanguy Gavroy: "Par manque de temps. Parce qu’ils touchent à des sujets sensibles – il n’est évident pour personne de se demander ce qui se passerait si, demain, je faisais un AVC ou j'avais un accident de voiture… Enfin, parce que l’entrepreneur porte plusieurs casquettes: actionnaire, dirigeant et membre d’une famille. Or, selon que l’on porte l’une ou l’autre, les contraintes diffèrent et les objectifs peuvent entrer en conflit. La dimension émotionnelle peut également brouiller les pistes, d’autant qu’un dirigeant familial est habitué à contrôler tous les aspects de son quotidien. Notre rôle est d’apporter un regard extérieur et débarrassé de l’affect, qui aide à se focaliser sur les défis les plus significatifs et à prendre les bonnes options stratégiques."

Comment débute concrètement votre accompagnement?

Tanguy Gavroy: "La première rencontre consiste surtout à écouter. Nous faisons parler le dirigeant de son entreprise, de sa famille, de ses projets, de ses préoccupations, etc. La plupart du temps, les objectifs qui émergent sont la continuité de l’entreprise et la transmission aux enfants lorsqu’elle est possible. Sans négliger la préservation de l’harmonie familiale – exprimée aussi par les conjoints – et la sécurité économique pour leurs vieux jours. "

Xavier Falla: "En fait, beaucoup ignorent le niveau réel de revenus dont ils disposent aujourd’hui parce qu’une partie de leur train de vie est liée à l’entreprise – leur véhicule, l’immobilier, etc. Lorsqu’on vend sa société, tout cela disparaît! Les Family Capital Managers aident alors à se projeter dans l’avenir. Quels revenus me seront nécessaires demain? Comment les générer? Cette réflexion influence directement les modalités de transmission ou de vente. Cela se fait parfois par le biais d’un vendor loan, qui permet d’étaler le règlement financier d’une reprise par la génération suivante et sécurise toute la famille."

La valorisation de l’entreprise constitue-t-elle le point de départ?

Tanguy Gavroy: "C’est souvent la première étape, en effet. Étrangement, si un dirigeant connaît en général la valeur de sa maison, de ses biens immobiliers et de ses placements financiers, il estime rarement avec précision la valeur de sa société. Pour réfléchir à une transmission ou à une cession, il faut pourtant disposer d’une photographie complète du patrimoine. Cette “mise à nu” peut être vécue comme un moment délicat. Mais elle est indispensable. Notamment pour trouver des équilibres entre héritiers lorsqu’un seul enfant souhaite reprendre l’entreprise."

Ces problématiques concernent-elles uniquement les dirigeants familiaux ou proches de la retraite?

Tanguy Gavroy: "Plus du tout. Beaucoup de jeunes entrepreneurs reçoivent désormais des offres alors qu’ils sont en pleine activité. Après avoir sécurisé leur patrimoine, certains d’entre eux réinvestissent en tant que business angels une partie du produit de la vente dans de nouveaux projets et mettent leur expérience au service d’autres entrepreneurs. Là encore, nous pouvons les aider dans leurs réflexions et leur recherche d’opportunités."

Xavier Falla: "Cela répond à une réalité économique. Les cycles se raccourcissent, certains secteurs se consolident rapidement, et l’appétit des acheteurs boostent les multiples de valorisation pour les sociétés les plus attrayantes, comme cela a été le cas dans les maisons de repos, les pompes funèbres, la distribution automobile ou, aujourd’hui, les fiduciaires. Attirer l’attention des dirigeants lorsqu’une fenêtre favorable s’ouvre et faire le lien entre opportunité entrepreneuriale et vision patrimoniale, c’est le cœur du métier de Family Capital Manager et sa réelle valeur ajoutée."

Tanguy Gavroy: "Et c’est une fierté personnelle, car nous soutenons ainsi le développement économique de la région."

Ce raccourcissement des cycles signifie-t-il que la valorisation d’une entreprise doit être régulièrement actualisée?

Tanguy Gavroy: "Absolument. Si les méthodes restent relativement stables, les multiples de valorisation évoluent constamment selon les marchés, les taux d’intérêt, les dynamiques sectorielles. Les performances d’une entreprise évoluent, elles aussi. Une estimation réalisée voici deux ans peut être déjà dépassée!"

Vous avez également développé un programme destiné aux repreneurs de la nouvelle génération. Pourquoi?

Tanguy Gavroy: "Depuis quatre ans, nous organisons un cycle Next Gen destiné aux jeunes appelés à reprendre une entreprise familiale. Ils sont nombreux à se poser des questions: suis-je légitime? Ai-je les compétences nécessaires? Comment financer une reprise? Comment gérer les relations familiales? Pendant cinq jours, nous abordons à la fois les aspects financiers et les dimensions humaines de la transmission. Et nous faisons intervenir de jeunes dirigeants qui témoignent de leur expérience. Tout cela est très riche. Les participants échangent beaucoup, ce qui leur permet de développer leur réseau, et surtout de faire émerger leurs aspirations profondes. Très attentifs aux évolutions technologiques et aux transformations rapides, ils sont clairement plus animés par des idéaux de participation, de durabilité et d’ouverture. Cela s’exprime dans leur conception de l’entreprise et de sa gouvernance."

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