20210211 - Retour d’un certain pessimisme - Tesla, stop ou encore?

Hier

Le S&P 500 américain, en baissant de 1,5%, a subi hier soir sa pire chute au début de l'année depuis 2016. Cette tendance négative a retourné les indices européens qui avaient pourtant bien commencé l’année jusqu’en début d’après-midi. L'indice de volatilité VIX a d’ailleurs connu sa plus forte hausse depuis octobre 2020.

Plusieurs raisons expliquent ce pessimisme:

  • Le second tour des élections ce mardi en Géorgie devrait déterminer si les démocrates prennent le contrôle effectif du Congrès, renforçant ainsi leur capacité à mettre en œuvre le programme du président élu Joe Biden, y compris les mesures "négatives" (hausse des impôts, règlementations plus strictes, etc.) 
  • Une pandémie toujours bien vivace alors qu’une variante plus contagieuse pourrait intensifier la vague. Ce qui, en Angleterre, déjà durement frappée, a obligé le gouvernement à annoncer un troisième lockdown total jusque mars. Ces tendances tempèrent une partie de l'enthousiasme suscité par le lancement des vaccins, d’autant que dans certains pays, comme la France, beaucoup ne veulent pas (encore) se faire vacciner…
  • Enfin, le prix du pétrole a chuté car les négociations de l'OPEP+ ont été suspendues jusqu’aujourd’hui en raison d'un désaccord de certains membres sur la question de savoir s'il fallait augmenter la production en février.

Aujourd'hui

Ce matin le Japon confirme sa baisse d’hier matin et perd encore 0,4% actuellement, la résurgence de la pandémie, notamment dans la région de Tokyo, inquiétant les investisseurs. Les marchés boursiers chinois sont par contre dans le vert pour l’instant, Hong-Kong gagnant 0,1% mais surtout la Chine continentale progressant de 1,4%. Selon les futures, l’Europe pourrait ouvrir en baisse d’environ 0.4%, mais à confirmer dans les 2 heures qui suivent, d’autant que par contre les futures sur les USA sont un peu plus positifs prévoyant là-bas pour l’instant une hausse d’environ 0,1% à l’ouverture. Mais de toute façon, tant que les résultats des 2 derniers votes en Géorgie ne sont pas connus, la nervosité risque de primer sur les marchés au moins jusqu’à demain…

Le dollar reste d’ailleurs assez faible et cote actuellement pas loin de 1.23 contre l’euro. L’or a encore un peu progressé depuis hier et atteint maintenant 1938,10 USD l’once. Suite à ce que j’ai écrit sur le pétrole, le prix du Brent a logiquement chuté à 50,98 USD le baril (contre 52.47 hier à la même heure).

Thème du jour: TESLA ou les anticipations poussées au paroxysme

S’il est communément admis qu’en Bourse on anticipe les résultats des sociétés ce qui justifie des cours qui, au présent, peuvent sembler surfaits, le cas de Tesla laisse néanmoins rêveur. Voilà une société qui fin 2019 valait "à peine" 84 USD et actuellement 730 USD (cours multiplié par 8.7!), ayant donc une valeur boursière de près de 700 milliards USD et un rapport cours/bénéfice (P/E) dépassant largement 1000, rappelant ainsi les ratios délirants de la "bulle technologique" de fin des années ’90!

Les aficionados de Tesla répéteront allègrement qu’une telle valeur se justifie par le côté pionnier d’une société surfant sur la déferlante croissante des véhicules électriques et que s’il n’y eu qu’environ 500.000 voitures vendues en 2020, ce chiffre va fortement augmenter dans le futur.

Soulignons d’abord que si Tesla a été (légèrement) rentable les derniers trimestres, ses profits sont encore liés en grande partie à la vente de crédits CO2 à d'autres constructeurs automobiles. Ensuite il est vrai que la société produit et vend plus de véhicules, en augmentant ses gains de productivité et en améliorant sa chaine logistique, sa rentabilité s’en trouvant ainsi améliorée.
Mais pour justifier une valorisation raisonnable, elle doit absolument, dans les mois et années qui viennent, justifier d’une énorme croissance du chiffre d’affaires, mais, surtout, de sa rentabilité. Or elle va faire face de plus en plus à la concurrence, start-ups montantes dans ce créneau, et surtout grands constructeurs classiques qui veulent une partie du gâteau. Et ces derniers ont notamment une expérience et des moyens financiers plus importants que Tesla. Bref, dans les années qui viennent, pour Tesla, ça passe ou ça casse…

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