Redistribution des cartes dans le marché gigantesque et stratégique de l’EAU

À RETENIR:

  • Le thème du jour – Redistribution des cartes dans le marché gigantesque et stratégique de l’EAU. Le marché de l’eau a été évalué à 814,40 milliards USD en 2020 et devrait atteindre 1.470,60 milliards USD d'ici 2028, avec un taux de croissance annuel composé de 3,5% de 2021 à 2028. Mais ce marché est déséquilibré, l’"offre" (la disponibilité de l’eau) est réduite alors que la demande augmente sans cesse. Le rapprochement – avec concessions – entre Veolia et Suez redistribue les cartes dans la gestion de l’or bleu. Explications et détails ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières - En Grande-Bretagne l’inflation a atteint son plus haut niveau depuis 10 ans, soit 5.1% en novembre (contre 4.2% en octobre), soit plus que ce qu’attendaient les économistes (4.7%). Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole ont baissé beaucoup plus que prévu la semaine passée, soit de 4.6 millions de baril alors que les analystes ne prévoyaient qu’un chiffre de 1.7 million. L’indice "Empire State", mesurant l’activité manufacturière dans la région de New York, a augmenté plus que prévu en décembre s’inscrivant à 31.9 points (contre 30.9 points le mois précédent) alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une baisse à 25 points. Par contre les ventes au détail aux USA ont augmenté moins que prévu en novembre (+0.3%) alors que les économistes tablaient sur une augmentation de 0.8%.
  • A propos des marchés boursiers – Les bourses ont rebondi hier, surtout à Wall Street. Si l’indice Stoxx 600 n’avait engrangé que 0.26%, le S&P 500 a pris 1.63% alors que le Nasdaq bondissait de 2.15%. En début de soirée, après la clôture des marchés européens, l’attitude ferme des autorités monétaires américaines a été saluée. La FED a annoncé qu'elle mettrait fin en mars 2022 aux programmes d'achats d'obligations déployés face à l'impact économique de la crise sanitaire, amorçant un nouveau virage dans la sortie de ses mesures de soutien. Elle indique que son objectif d'inflation a été atteint et ouvre la voie à trois hausses de ses taux d'intérêt l'an prochain.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui – Ce matin (7h00), les marchés asiatiques sont partagés. Alors que la bourse de Tokyo réagit comme Wall Street (+1.8%), Hong Kong baisse de 0.8% et Shanghai-Shenzhen perdent 0.10%. Les futures sur les marchés occidentaux sont actuellement bien orientés et indiquent une poursuite de la hausse des bourses lors de l’ouverture des transactions, tant en Europe qu’aux USA.
  • Aujourd’hui, au niveau économique, on aura les indices PMI IHS "flash" de décembre pour les pays européens individuellement ainsi que pour la zone euro. En France on disposera de l’indice INSEE du climat des affaires en décembre. Le conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne prendra une décision sur les taux d’intérêt. La Banque d’Angleterre communiquera aussi sur sa politique monétaire. En zone euro, on aura aussi les chiffres de la balance commerciale en octobre. Aux Etats-Unis, plusieurs statistiques seront aussi dévoilées: les inscriptions au chômage pour la semaine se finissant le 11 décembre, l’indice d’activité "Philly Fed" pour décembre et la production industrielle en novembre. Au niveau des sociétés, on prendra essentiellement connaissance de résultats de sociétés américaines (Rivian, Accenture, FedEx et Adobe).

Le thème du jour – Redistribution des cartes dans le marché gigantesque et stratégique de l’EAU

Nous avons déjà traité ce sujet, notamment en avril 2020 lorsque "l’or bleu" était plus que jamais en enjeu planétaire en plein début de la crise sanitaire. La crise coronavirus exacerbe 1 enjeu planétaire: la gestion de l’eau - Private Banking CBC Plus récemment, en août dernier, nous avons abordé la thématique de l’eau dans le cadre plus industriel. L’eau, si précieuse pour la production des matériaux de la transition énergétique - Private Banking CBC.

Un nouveau géant vient de naître dans ce marché tellement stratégique et demandant des investissements de plus en plus colossaux pour gérer des chantiers d’envergure. Mais avant de donner les détails de cette naissance et de ses conséquences, plantons le décor.

Le déséquilibre augmente entre l’"offre" et la "demande" d’eau

La problématique de l’eau n’est pas neuve et résulte d’abord d’une "offre" limitée. Certes 70% de la Terre est recouverte d’eau (d’où le surnom de "planète bleue"), mais 97,5% de cette eau est salée car composée essentiellement d’océans et de mer.… Donc l’eau douce ne représente que 2,5% de l’eau présente sur la terre dont environ 1,7% sont inaccessibles puisqu’ils sont gelés (glaciers et permafrost). Il n’y a donc que 0,8% d’eau potable disponible sur terre, et une bonne partie de celle-ci est de surcroît polluée!

Or selon Aquastat l’utilisation (la « demande ») de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années ’80 et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2050, soit 20 à 30% de plus que le niveau actuel… La croissance démographique, le développement socio-économique et l’évolution des modes de consommation des pays émergents expliquent principalement cette hausse continue. Par ailleurs les changements climatiques (résultant notamment en sécheresses), les gaz à effets de serre et la déforestation accentuent malheureusement encore le phénomène.

Visuel d'illustration

En 2021 les Nations Unies ont rédigé un nouveau et volumineux rapport mondial de 226 pages sur la mise en valeur des ressources en eau en 2021 intitulé "la valeur de l’eau".

En avant-propos, Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, y écrit notamment "Si l’on suit les théories économiques, la valeur d’un bien dépend de sa rareté, c’est-à-dire l’écart entre des ressources limitées et des besoins illimités.

L’eau, pour l’humanité, est visiblement une ressource illimitée, puisqu’on la traite sans parcimonie ni égards: ce sont ainsi, selon des estimations, environ 80% de toutes les eaux usées industrielles et municipales qui sont reversées dans l’environnement sans le moindre traitement".

Elle poursuit en disant "Pourtant, l’eau douce est bien une ressource rare et de plus en plus avec le temps". Les chiffres sont de ce point de vue éloquents: plus de 2 milliards de personnes vivent déjà dans des régions soumises à un stress hydrique et quelque 3,4 milliards de personnes, soit 45% de la population mondiale, n’ont pas accès à des installations d’assainissement suffisamment fiables. 

Des études indépendantes établissent ainsi que, d’ici à 2030, il manquera à l’humanité 40% de l’eau dont elle aura alors besoin.

Et cette situation sera encore aggravée par les grands bouleversements mondiaux, comme pandémie actuelle ou le changement climatique.

Notons enfin que la "demande" d’eau est répartie entre 3 grandes catégories (hors évaporation):

  • L’agriculture emploie la majeure partie, soit 69%, des ressources mondiales en eau douce, essentiellement pour l’irrigation mais aussi pour l’élevage et pour l’aquaculture. Mais dans certains pays en voie de développement, ce taux peut atteindre 95%...
  • L’industrie (y compris la production d’énergie et d’électricité) utilise 19% des prélèvements d’eau mondiaux
  • Les municipalités absorbent les 12% restants.

Comment améliorer la gestion durable de l’eau?

Avec une offre d’eau stable et une demande en croissance constante, l’ONU a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme et a clairement indiqué qu’une hausse majeure des investissements dans l’eau et l’assainissement de celle-ci était nécessaire.

D’ailleurs selon le rapport des Nations Unies, "On estime que, pour la période 2016-2030, fournir un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement dans 140 pays à revenu faible et intermédiaire coûtera environ 1.700 milliards USD, soit 114 milliards USD par an."

Donc puisqu’on ne peut augmenter le volume d’eau douce disponible, il faudra optimiser l’utilisation de celle-ci et retraiter un maximum d’eaux usées ou polluées, alors qu’en Europe par exemple une infime partie des eaux usées est retraitée (de 0.6% à 14% selon les pays).

Les investissements dans l’eau vont donc être particulièrement le fait de sociétés actives dans le traitement des eaux et les infrastructures & technologies hydrauliques, un marché qui représente à lui seul environ 550 milliards USD (Hoe ook u als aandelenbelegger kunt investeren in water | Bolero).

Une autre solution sera de transformer l’eau de mer en eau douce par des procédés de désalinisation. Si 9 pays détiennent 60% des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde (Canada, Chine, Colombie, Pérou, Brésil, Russie, Etats-Unis, Indonésie et Inde) certains pays ou régions n'ont quasi pas de ressources en eau, rendant le dessalement d’eau de mer stratégique (ex: Koweït, Bahreïn, Malte, Gaza, Emirats Arabes Unis, Singapour, Jordanie, Lybie).

Il est évident que le traitement et la distribution de l’eau sont considérés de plus en plus comme stratégiques, non seulement en Europe et aux USA, mais aussi dans les régions en fort développement comme l’Asie. Ainsi en Chine, une grande partie des eaux souterraines et 1/3 des eaux de surface sont impropres au contact humain en raison d'un accès limité. Le gouvernement chinois souhaite sérieusement améliorer cette situation. Le "plan chinois décennal pour l'eau" de 2015 a fixé des objectifs ambitieux de protection de l'environnement pour les industries polluantes. Après avoir traité près de 90% de ses eaux usées industrielles, la Chine s'attaque désormais au volume croissant de ses eaux usées domestiques.

Mais les dernières années, outre l’aspect vital de l’eau à destination des populations et de l’agriculture, il y a aussi un domaine où la gestion de l’eau est de plus en plus critique, celui de l’extraction minière des matières premières, pour lesquelles la demande augmente fortement du fait notamment des besoins résultant de la transition énergétique. 

Graphique: marché de l'eau 2021-2028

Selon Global Water Intelligence, la valeur totale du marché mondial de l’eau, estimée à 700 milliards USD en 2017, devrait dépasser les 1.000 milliards USD en 2025.

Une étude plus récente de Vérified Market Research estime que le marché de l'eau a été évalué à 814,40 milliards USD en 2020 et devrait atteindre 1.470,60 milliards USD d'ici 2028, avec un taux de croissance annuel composé de 3,5% de 2021 à 2028. Water Market Size, Share, Trends, Growth, Opportunities & Forecast (verifiedmarketresearch.com)

Quels types de sociétés sont actives dans le marché de l’eau?

Notons d’abord que, comme on le voit sur le graphe ci-dessous, qu’en 2020, dans le secteur de l’eau, 29% du marché concerne le sous-secteur du traitement des eaux usées, devant le traitement des eaux industrielles (10.7%). Ensuite viennent les sous-secteurs des valves (8.4%), celui de la filtration (8.1%), les systèmes de pompage (7.6%), etc. A noter que la désalinisation ne représente actuellement que 3.1% du marché de l’eau.

Graphique d'illustration

Parmi les principaux acteurs publics, donc cotés en bourse, du secteur de l’eau on trouve des sociétés comme:

  • Severn Trent: figure parmi les leaders britanniques de la distribution d'eau potable, du traitement des déchets et des prestations de services environnementaux.
  • Danaher: groupe industriel US notamment actif dans les systèmes de contrôle de la qualité des eaux.
  • Xylem: société américaine spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation d'équipements sur mesure destinés aux industries concernées par les opérations de distribution en eau et de traitement des eaux usées. 
  • Suez Environnement: société française principalement active dans la distribution d'eau potable, le traitement des eaux usées et le traitement des eaux au profit des clients industriels.
  • United Utilities Group:  groupe anglaise actif dans le traitement des eaux usées et de distribution de l'eau potable dans 7,3 millions de foyers et d'entreprises.
  • Watts Water Technologies: fabricant et fournisseur américain de pointe dans les produits et solutions pour le sanitaire, le chauffage et la protection des réseaux et installations d’eau potable.
  • American Water Works: leader nord-américain de la distribution d'eau potable et des prestations de services associés.
  • Geberit: société suisse leader sur le marché européen des produits sanitaires comme les processus de production qui minimisent la consommation d'eau et d'énergie et l'eau potable pure.
  • Kurita Water Industries: groupe japonais dont les technologies de traitement de l’eau permettent d'améliorer l'efficacité et la stabilité des circuits d'eau de refroidissement, de chauffage et des chaudières et des installations d'eaux résiduaires et d'osmose inverse. Kurita propose des technologies spécialement développées pour le traitement des procédés dans les raffineries, les usines pétrochimiques, l'industrie de l'acier et les usines de fabrication de papier et de pâte.

La plupart des sociétés mondiales actives sur ce marché, sont situées soit aux Etats-Unis (plus de 50%) soit en Europe (environ 33%), l’Asie et l’Amérique Latine se partageant le solde.

Veolia-Suez, un nouveau géant notamment actif dans l’or bleu, redistribue les cartes

Comme l’a bien résumé le journal financier Les Echos hier: plus gros, plus cosmopolite, plus rentable: c'est d'un mastodonte de l'eau et des déchets dont doit accoucher le rachat par Veolia des actifs internationaux de Suez. Veolia-Suez: les chiffres gargantuesques du nouveau géant du CAC40 | Les Echos.

Chiffres Veolia et Suez en 2019

Quelle est la raison d’être de ce rapprochement?

Selon Antoine Frérot, patron de Veolia, "en matière de gestion de l'eau et des déchets, la taille est devenue un "atout capital"".

Pour donner une idée de l’importance de chacun des 2 groupes, ci-contre voici les principaux chiffres de Veolia et Suez en 2019. Veolia - Suez: bataille française, enjeu mondial - Économie - Le Télégramme (letelegramme.fr)

Toutefois, pour des raisons de concurrence, "L'accord du Bristol" conclu entre les deux conseils d'administration et validé par l’antitrust européen prévoit en effet que Veolia rétrocède pour environ 10 milliards d’euros, soit +/- 40% de Suez aux fonds français Meridiam et américain GIP (Global Infrastructure Partners), ainsi qu'à la Caisse des Dépôts et CNP Assurances. Veolia-Suez: feu vert sous conditions de la Commission européenne | Les Echos

Plus concrètement, pour obtenir le visa européen, Veolia a dû s’engager à céder notamment l’essentiel des activités de Suez en France. Dans le détail, le groupe devra notamment vendre "la quasi-totalité" des activités de Suez dans la gestion des déchets et de l’eau municipale en France, "la quasi-totalité" des activités de Veolia dans les services mobiles de l’eau dans l’Espace économique européen, "la très grande majorité" des activités de Veolia dans la gestion de l’eau industrielle en France et "une partie" des activités des deux entreprises dans le traitement des déchets dangereux, a précisé l’exécutif européen dans un communiqué. Veolia autorisé à racheter son rival Suez par la Commission européenne (lemonde.fr)

Mais ce qui importait surtout à Veolia, c’était ajouter à son périmètre des nouveaux pays ou régions, et mettre surtout la main sur des actifs considérés comme stratégiques, à l'image de la société Agbar, qui gère l'approvisionnement en eau de Barcelone. Autres sociétés reprises par Veolia: United Water (Suez North America), distributeur d'eau potable dans une quinzaine d'Etats du Midwest et du Nord-Est américain; le géant des équipements d'eau et des produits chimiques WTS (ex GE Water), ou encore une dizaine de sites de traitement de déchets dangereux en Chine.

Dans ce nouveau groupe Veolia-Suez, la gestion de l'eau pèsera pour 37% des revenus, la propreté 37%, l'énergie 16% et d’autres activités pour le solde.

Nouvelles économiques et financières – Des statistiques en sens divers

En Grande-Bretagne l’inflation a atteint son plus haut niveau depuis 10 ans, soit 5.1% en novembre (contre 4.2% en octobre), soit plus que ce qu’attendaient les économistes (4.7%).

Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole ont baissé beaucoup plus que prévu la semaine passée, soit de 4.6 millions de baril alors que les analystes ne prévoyaient qu’un chiffre de 1.7 million. L’indice "Empire State", mesurant l’activité manufacturière dans la région de New York, a augmenté plus que prévu en décembre s’inscrivant à 31.9 points (contre 30.9 points le mois précédent) alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une baisse à 25 points. Par contre les ventes au détail aux USA ont augmenté moins que prévu en novembre (+0.3%) alors que les économistes tablaient sur une augmentation de 0.8%.

Evolution des marchés boursiers – Rebond des marchés, surtout aux Etats-Unis

Tableau des principaux indices boursiers au 16/12/2021

Après plusieurs séances compliquées, les marchés boursiers européens ont majoritairement légèrement rebondi hier, l’indice global Stoxx 600 Europe grapillant 0.26%. Les investisseurs sont restés prudents face à la propagation du variant omicron et également à quelques heures de la décision de politique monétaire de la Banque Centrale américaine (FED). Et ce d’autant que les statistiques US publiées durant l’après-midi étaient mitigées (voir ci-dessus).

Les secteurs étaient aussi partagés quant à la direction à suivre. 5 d’entre eux ont terminé en hausse, les variations allant de 0.40% (industrielles) à 1.59% (technologiques). 6 secteurs ont donc fini en baisse, l’énergie perdant le plus (1.54%) dans la foulée des prix du pétrole toujours fiévreux, alors que la consommation de base a fortement limité les dégâts en n’abandonnant que 0.06%.

Individuellement, Cineworld Group a plongé de 39.4% après qu'un tribunal ait ordonné à la deuxième plus grande chaîne de cinémas du monde de payer près d'un milliard de dollars de dommages et intérêts, soit plus que sa valeur marchande totale, suite à une offre publique d'achat avortée. Un tribunal canadien a ordonné mardi à l'entreprise britannique de verser cette somme après qu'elle eut abandonné son projet de rachat de la société Cineplex de Toronto, la pandémie ayant contraint les salles de spectacles à fermer.

Une fois n’est pas coutume, hors ce cas exceptionnel et atypique de Cineworld, la triste place de lanterne rouge européenne a été adjugée hier au groupe de distribution belge Colruyt (-9.4%). Mardi soir, après la clôture des marchés, Colruyt avait annoncé des très mauvais résultats, décevant les analystes. Ainsi tant le bénéfice d’exploitation que le résultat net avaient chuté de plus de 30%; par ailleurs Colruyt a prévenu que l’environnement restait difficile. La société a donc conclu prévoir une baisse significative de son bénéfice net pour l’ensemble de l’année. Par effet de contagion, le groupe français Carrefour a chuté de 5.4%, d’autant plus qu’Auchan a calmé les esprits sur les rumeurs de fusion.

Côté gagnant, l’entreprise irlandaise de distribution d’énergie DCC a bondi de 9% après que l'entreprise a conclu l'acquisition d'Almo Corporation sur la base d'une valeur d'entreprise initiale d'environ 610 millions de dollars, sans liquidités ni dettes.

Notons enfin la hausse de 6.2% du groupe français Eurofins Scientific après que Stifel a relevé sa recommandation sur le titre du leader mondial du diagnostic de "conserver" à "achat", et son objectif de cours de 105 à 130 euros.

A Wall Street les marchés ont fini en hausse beaucoup plus nette qu’en Europe, l’indice S&P 500 gagnant 1.63% et le Nasdaq 2.15%. La raison? L’attitude ferme des autorités monétaires américaines a été saluée. En début de soirée, la FED a annoncé qu'elle mettrait fin en mars 2022 aux programmes d'achats d'obligations déployés face à l'impact économique de la crise sanitaire, amorçant un nouveau virage dans la sortie de ses mesures de soutien. Elle indique que son objectif d'inflation a été atteint et ouvre la voie à trois hausses de ses taux d'intérêt l'an prochain.

Seul le secteur de l’énergie a baissé (-0.42%), la hausse surprise des stocks américains de pétrole ayant un moment fait davantage baisser les cours de l’or noir. Parmi tous les autres secteurs, les hausses se sont étalées entre 0.28% (matériaux) et 2.75% (technologiques).

Peu de mouvements significatifs à la baisse hier mais l’aciériste Nucor a toutefois lourdement chuté (-8.6%) après que la société ait fixé ses prévisions de bénéfice par action pour le quatrième trimestre entre 7,65 et 7,75 USD, ce qui est inférieur à l'estimation moyenne des analystes. Autre baisse importante, celle de Medtronic (-6%) après que le fabricant de dispositifs médicaux a déclaré que le siège de son unité de diabète à Northridge, en Californie, faisait l'objet d'un avertissement réglementaire de la FDA (autorités sanitaires).

Les gagnants du jour étaient emmenés par la société pharmaceutique Eli Lilly (+10.4%). L’entreprise a revu à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires, de bénéfice par action et de marge brute ajustées pour l'ensemble de l'année.

Derrière on a noté un beau tir groupé de 2 sociétés actives dans les semiconducteurs: AMD (+8%) et Nvidia (+7.5%).

Enfin Pfizer a bondi de 5.9%. Déjà favorisée par les injections supplémentaires de son vaccin nécessaires pour renforcer le système immunitaire face au variant omicron, les investisseurs attendent maintenant une autorisation pour sa pilule contre le Covid-19. Le président américain Joe Biden a déclaré lors d'un briefing mardi que l'antiviral oral du fabricant de médicaments, connu sous le nom de Paxlovid, semblait prometteur.

Tendances boursières du jour – Tokyo dans le sillage de Wall Street, futures aussi en hausse

Ce matin (7h00), les marchés asiatiques sont partagés. Alors que la bourse de Tokyo réagit comme Wall Street (+1.8%), Hong Kong baisse de 0.8% et Shanghai-Shenzhen perdent 0.10%

Les futures sur les marchés occidentaux sont actuellement bien orientés et indiquent une poursuite de la hausse des bourses lors de l’ouverture des transactions, tant en Europe qu’aux USA. 

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, on aura les indices PMI IHS "flash" de décembre pour les pays européens individuellement ainsi que pour la zone euro. En France on disposera de l’indice INSEE du climat des affaires en décembre. Le conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne prendra une décision sur les taux d’intérêt. La Banque d’Angleterre communiquera aussi sur sa politique monétaire. En zone euro, on aura aussi les chiffres de la balance commerciale en octobre. Aux Etats-Unis, plusieurs statistiques seront aussi dévoilées: les inscriptions au chômage pour la semaine se finissant le 11 décembre, l’indice d’activité "Philly Fed" pour décembre et la production industrielle en novembre.

Au niveau des sociétés, on prendra essentiellement connaissance de résultats de sociétés américaines (Rivian, Accenture, FedEx et Adobe).

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