Le prix de L’OR stagne depuis environ 1 an, pourquoi?

À RETENIR:

  • Le thème du jour – Le prix de L’OR stagne depuis environ 1 an, pourquoi? Alors que les marchés boursiers sont à des niveaux records, le prix du métal jaune est relativement stagnant depuis quelques temps, voire même légèrement en baisse cette année. A l’examen des facteurs conditionnant cela, on constate que ce n’est pas un problème du côté de l’offre, relativement stable, mais plutôt une évolution contrastée des composantes de la demande. Explications ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières - En Europe l’inflation dans la zone euro en octobre a été confirmée à 4.1% sur un an. A noter qu’au Royaume-Uni l’inflation a bondi à 4.2% en octobre (contre 3.1% en septembre), soit son plus haut niveau depuis 10 ans où elle était de 4.8%. Dans son rapport sur la stabilité financière, la Banque Centrale Européenne (BCE) a souligné que le marché immobilier (essentiellement dans les segments résidentiel et commercial) était en surchauffe ce qui augmente les risques d’éclatement d’une bulle immobilière. Aux USA, les stocks de pétrole ont baissé de manière inattendue, selon l’EIA. Toujours aux Etats-Unis, les mises en chantier ont déçu en octobre mais pas les permis de construire.
  • A propos des marchés boursiers – Sans beaucoup évoluer, l’Europe boursière a finalement encore clôturé légèrement en hausse pour enregistrer un nouveau record historique à 489.95 points (+0.14% par rapport à mardi et +22.8% en 2021). A noter par contre que la bourse de Londres a reculé de 0.5% impactée par une inflation au plus haut depuis 10 ans. Wall Street a fait l’objet de prises de bénéfices limitées mais avec un secteur pétrolier sous pression suite à la poursuite de la baisse des prix de l’or noir, le prix du baril de Brent ayant reculé jusque 80 USD, un niveau inédit depuis début octobre.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui – Ce matin (7h30) en Asie, si la bourse japonaise est baisse peu (-0.30%), Hong Kong perd actuellement 1.4% et Shanghai-Shenzhen 0.89%. Le secteur technologique chinois est sous pression (notamment Baidu – le "Google" chinois – Bilibili – jeux vidéo, Alibaba, etc.) suscitant des inquiétudes quant au ralentissement des recettes publicitaires. Les futures sur les marchés occidentaux indiquent actuellement que si l’Europe pourrait commencer à des niveaux proches d’hier, les USA monteraient légèrement lors des premiers échanges.
  • Au menu du jour, au niveau économique en zone euro il sera intéressant de connaître les ventes de véhicules en octobre (via l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles – ACEA). Aux USA, plusieurs statistiques seront connues dont les inscriptions au chômage pour la semaine finissant le 13 novembre, l’indice d’activité "Philly Fed" pour novembre. A propos des sociétés, quelques résultats trimestriels à mentionner dont ceux, en Europe, de ThyssenKrupp, EVS, GIMV, IBA, Atenor et Home Invest Belgium. Aux Etats-Unis, on sera attentif aux chiffres d’Alibaba (d’abord publiés en Chine) et de Macy’s notamment.

Le thème du jour – Le prix de L’OR stagne depuis environ 1 an, pourquoi?

De mouvements haussiers en mouvements baissiers et inversement, le prix de l’or n’évolue guère depuis près d’un an et fluctue autour de la barre des 1.800 USD l’once comme on le voit sur le graphe ci-dessous. En 2021 la valeur de l’or a même légèrement baissé.

Graphique évolution du prix de l'or sur 5 ans

Comment expliquer cela? Nous allons y répondre dans les lignes suivantes.

La performance de l'or est conforme à la dynamique de l'offre et de la demande et à un environnement macroéconomique caractérisé par une hausse des taux d'intérêt et un appétit des investisseurs pour le risque.

Depuis de nombreuses années, comme on le constate sur le tableau suivant, l’offre d’or est assez stable d’un trimestre à l’autre, soit entre 1.000 et 1.250 tonnes d’or par trimestre.

L’or provient en fait de 2 sources principales:

  1. La production minière (la plus grosse partie, en mauve sur le graphe ci-dessous)
  2. Le recyclage (en vert)
Graphique: offre d'or depuis 2010
Liste des producteurs mondiaux d'or

La production d’or dans le monde a été d’environ 3.200 tonnes en 2020, plus réduite vu la situation économique. Comme l’indique le tableau ci-contre, 3 pays (Chine, Australie et Russie) ont compté pour 30.9% de cette production minière.

Les 10ers producteurs mondiaux représentent environ 60% de tout l’or extrait dans le monde. Visualizing global gold production by country in 2020 - MINING.COM


A noter que si les États-Unis (4e producteur mondial) n’ont produit "que" 190 tonnes d'or en 2020, la majorité provient des mines du Nevada. Barrick Gold, la plus grande société minière aurifère du monde (cotée à Wall Street), a produit environ 85 tonnes, soit environ 45% de l'or américain en 2020.

La demande est par contre plus volatile, comme on le constate sur le tableau suivant, car dépendant de plusieurs filières d’achat indépendantes les unes des autres, soit la joaillerie (en mauve), le secteur technologique (en rouge), les investissements (ETF mais aussi pièces et lingots, en vert) et enfin les banques centrales (en violet).

Graphique: demande d'or depuis 2010

Les meilleures estimations actuellement disponibles suggèrent qu'environ 201.296 tonnes d'or ont été extraites au cours de l'histoire, dont environ 2/3 depuis 1950. Et comme l'or est pratiquement indestructible, cela signifie que la quasi-totalité de ce métal existe toujours sous une forme ou une autre. Si chaque once de cet or était placée côte à côte, le cube d'or pur qui en résulterait ne mesurerait qu'environ 21,8 mètres de côté comme visualisé ci-dessous…
Visuel d'illustration

Ces 201.296 tonnes d’or étaient réparties en 2020 selon les catégories suivantes:

  1. 93.253 tonnes en bijoux (46.3%)
  2. 44.384 tonnes en investissements (ETF, lingots et pièces: 22%)
  3. 34.211 tonnes dans les coffres des banques centrales (17%)
  4. Autres (technologie, etc. 14.7% )

Le "5" représente les réserves prouvées, pas encore exploitées (53.000  tonnes)


Mais qu’en a-t-il été en 2021?

Depuis le début de l'année, la demande d'or est en baisse de 9%:

  • Le doublement des achats des banques centrales…
  • … et la croissance de 50% de la demande de bijoux au cours des trois premiers trimestres…
  • … n'ont que partiellement compensé la baisse de la demande des ETF.

L'offre d'or est stable d'une année sur l'autre.

  • La production minière a augmenté régulièrement tout au long de 2021 et le total en glissement annuel est en hausse de 5%...
  • …mais le recyclage a considérablement ralenti, se contractant de plus de 12% sur la même période.

La situation au 3e trimestre 2021 confirme d’ailleurs ces constatations. Comme illustré ci-dessous, la demande d’or a baissé de 7% (pour atteindre 831 tonnes), à cause essentiellement des désinvestissements des ETF alors que les 3 autres filières d’achat ont augmenté (Gold Demand Trends Q3 2021 | World Gold Council).

Visuel d'illustration

Les ETF - passés d'un afflux très important au 3e trimestre 2020 à un afflux modeste cette année - ont éclipsé la vigueur des autres secteurs de la demande au cours du trimestre comme illustré ci-dessous.

La demande pour les bijoux, la technologie et les lingots et pièces ont été nettement plus élevés qu'en 2020.

Les achats modestes des banques centrales ont constitué une solide amélioration par rapport à la petite vente nette du troisième trimestre de 2020.

De manière plus détaillée les conclusions sont les suivantes:

  • La joaillerie a continué à tirer parti de la reprise économique mondiale en cours: La demande au 3e trimestre a rebondi de 33% en glissement annuel pour atteindre 443 tonnes.
  • Les investissements en lingots et pièces ont augmenté de 18% en glissement annuel pour atteindre 262 tonnes. La forte baisse du prix de l'or en août a été utilisée par beaucoup comme une opportunité d'achat…
  • Les faibles sorties de fonds des ETF aurifères mondiaux (-27 tonnes) ont eu un impact disproportionné sur l'évolution de la demande d'or en glissement annuel, compte tenu de l'importance des entrées au troisième trimestre 20 (274 tonnes). 
  • Les banques centrales ont continué à acheter de l'or, bien qu'à un rythme plus lent qu'au cours des derniers trimestres. Les réserves mondiales ont augmenté de 69 tonnes au 3e trimestre, et de près de 400 tonnes en glissement annuel.
  • La demande d'or technologique a augmenté de 9% en glissement annuel, grâce à la reprise continue de l'électronique. La demande de 84 tonnes est de nouveau en ligne avec les moyennes trimestrielles d'avant la pandémie.

Ce dernier tableau résume bien cette situation globale:

Tableau d'illustration

Nouvelles économiques et financières – Inflation confirmée à 4.1% en zone euro

En Europe l’inflation dans la zone euro en octobre a été confirmée à 4.1% sur un an. Par rapport à septembre, et selon les normes européennes (IPCH), l’inflation a atteint 0.8%. A noter qu’au Royaume-Uni l’inflation a bondi à 4.2% en octobre (contre 3.1% en septembre), soit son plus haut niveau depuis 10 ans où elle était de 4.8%. L’envolée des prix de l’énergie y est évidemment pour beaucoup…

Dans son rapport sur la stabilité financière, la Banque Centrale Européenne (BCE) a souligné que le marché immobilier (essentiellement dans les segments résidentiel et commercial) était en surchauffe ce qui augmente les risques d’éclatement d’une bulle immobilière.

Aux USA, les stocks de pétrole ont baissé de manière inattendue, selon l’EIA, pour s’établir à 433 millions de barils le 12 novembre, soit – 2.1 millions de barils alors que les analystes prévoyaient une hausse de 1.2 million de barils. Toujours aux Etats-Unis, les mises en chantier ont déçu en octobre mais pas les permis de construire. 1,52 million de mises en chantier ont été comptabilisées en octobre 2021 en rythme annuel. Le consensus Briefing.com tablait sur 1,59 million, après 1,53 million en septembre. Par ailleurs, 1,65 million de permis de construire ont été enregistrés en octobre 2021. Le consensus visait 1,64 million, après 1,586 million en septembre.

Evolution des marchés boursiers – L’Europe toujours au sommet

principaux indices boursiers au 18/11/2021

Sans beaucoup évoluer, l’Europe boursière a finalement encore clôturé légèrement en hausse pour enregistrer un nouveau record historique à 489.95 points (+0.14% par rapport à mardi et +22.8% en 2021). A noter par contre que la bourse de Londres a reculé de 0.5% impactée par une inflation au plus haut depuis 10 ans.

Durant cette séance boursière relativement calme, peu de mouvements sectoriels significatifs à souligner. Ainsi si le secteur immobilier a chuté le plus (-0.86%), son poids au sein de l’indice n’atteint pas les 2%... Les autres secteurs en recul ont limité leurs variations entre 0.48% (énergie) et 0.04% (industrielles).

Du côté des secteurs haussiers, les actions technologiques ont affiché la meilleure performance (+0.67%), d’autres comme les soins de santé ou les matériaux limitaient les gains entre 0.15 et 0.07%.

La principale baisse du jour était celle d’Inpost (-13.2%), après que l'opérateur polonais de consignes de colis ait annoncé un ralentissement des volumes de commerce électronique au deuxième semestre, alors que l'inflation affecte la confiance des consommateurs.

Par contre, la meilleure performance de ce mercredi a été celle du groupe informatique anglais Sage (+9.7%) qui a publié des résultats au-delà des attentes. Le groupe allemand Siemens Healthineers a progressé de 5.6% qui a relevé ses objectifs de synergies liés à l’acquisition de Varian cette année.

A Wall Street, contrairement à l’Europe, la tendance était hier soir plutôt à quelques prises de bénéfices. L’indice S&P 500 a baissé de 0.26% et le Nasdaq a reculé de 0.33%.

Parmi les secteurs en recul, celui de l’énergie a le plus accusé le coup (-1.74%), la poursuite de la baisse des cours du pétrole expliquant principalement cela. Le prix du baril de Brent est ainsi revenu à près de 80 USD, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis début octobre. On ne sera donc pas surpris non plus que les actions des sociétés pétrolières soient parmi les principales victimes du jour comme APA Corp (-6.6%), Valero Energy (-5.8%), Marathon Oil (-3.8%) ou encore Occidental Petroleum (3.5%); mais les équipementiers pétroliers comme Baker Hugues (-3.5%) ont aussi souffert.

Les financières (-1.11%) et les matériaux (-0.64%) complétaient le podium des perdants.

Seuls 4 secteurs ont terminé en hausse, mais avec des gains limités: immobilier ( +0.65%), consommation cyclique (+0.59%), soins de santé (+0.16%) et services aux collectivités (+0.14%).

Individuellement, outre les actions pétrolières, on a aussi noté la chute de la chaîne de vêtements Gap (-5.2%) dont le cours est sous pression suite au problème des goulots d’étranglements en matière de fournitures. Ces problèmes d’approvisionnement ont aussi affecté la chaîne de supermarchés Target (-4.7%) alors que les marges bénéficiaires sont impactées par la hausse des coûts.

Par contre TJX (qui possède plusieurs chaînes de distribution pratiquant des prix au rabais) a bondi de 5.8% après que la société a annoncé des ventes trimestrielles supérieures aux attentes et augmenté son plan de rachat d’actions.

Les sociétés pharmaceutiques à la pointe en matière de vaccins anti-Covid-19 étaient aussi fort recherchées hier, Moderna progressant de 3.4% et Pfizer de 2.6%, la FDA américaine (qui autorise ou non la commercialisation des médicaments) pourrait autoriser les boosters Moderna pour tous les adultes dès cette semaine, ce qui pourrait alors être aussi le cas pour Pfizer. Cette dernière a aussi bénéficié de sa demande d’autorisation d’un traitement antiviral expérimental contre le Covid-19, après qu’un essai clinique a montré qu’il réduisait de 89% les risques d’hospitalisation ou de décès chez les personnes susceptibles de développer des formes graves de la maladie.

Les tendances boursières du jour – la Chine recule, les futures sont partagés

Ce matin (7h30) en Asie, si la bourse japonaise baisse peu (-0.30%), Hong Kong perd actuellement 1.4% et Shanghai-Shenzhen 0.9%. Le secteur technologique chinois est sous pression (notamment Baidu – le "Google" chinois – et Bilibili – jeux vidéo, Alibaba, etc.) suscitant des inquiétudes quant au ralentissement des recettes publicitaires.

Les futures sur les marchés occidentaux indiquent actuellement que si l’Europe pourrait commencer à des niveaux proches d’hier, les USA monteraient légèrement lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, en zone euro il sera intéressant de connaître les ventes de véhicules en octobre (via l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles – ACEA). Aux USA, plusieurs statistiques seront connues dont les inscriptions au chômage pour la semaine finissant le 13 novembre, l’indice d’activité "Philly Fed" pour novembre

A propos des sociétés, quelques résultats trimestriels à mentionner dont ceux, en Europe, de ThyssenKrupp, EVS, GIMV, IBA, Atenor et Home Invest Belgium. Aux Etats-Unis, on sera attentif aux chiffres d’Alibaba (d’abord publiés en Chine) et de Macy’s notamment.

Prendre rendez-vous

Notre approche Private Banking​

Le Stratégiste Actions de CBC Private Banking

Le Chief Economist de CBC

Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

Les données de cette publication sont générales et purement informatives. Ces informations ne peuvent pas être considérées comme une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Elles ne peuvent pas non plus être assimilées à des conseils ou recommandations d'investissement ou à des recherches en investissements au sens de la législation et de la réglementation sur les marchés d'instruments financiers.

Bien que les informations fournies se fondent sur des sources pouvant être considérées comme fiables, et bien que toutes les précautions raisonnables aient été prises pour préparer ce document, CBC Banque ne garantit ni son exactitude ni son exhaustivité. 

Ni CBC Banque ni aucune entité du Groupe KBC ne pourra être tenue pour responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation des informations, opinions ou estimations contenues dans le présent document.

L’auteur de ce document confirme ne pas détenir, pour compte propre, à la date de la publication, d’instruments financiers émis par les sociétés qui pourraient y être mentionnées.

Toute transmission, vente, diffusion ou reproduction des informations, publications et données est interdite sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse, écrite et préalable de CBC Banque, CBC Banque SA, Avenue Albert Ier 60, 5000 Namur, Belgique. TVA BE 0403.211.380, RPM Liège division Namur, FSMA 017588 A.

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.