Changer le nom d’une société a-t-il un impact sur son cours de bourse?

Période de Toussaint oblige, je serai en congé quelques jours et cette chronique sera mise entre parenthèses durant cette période. J’en reprendrai l’écriture mardi prochain.

À RETENIR:

  • Le fait du jour - Changer le nom d’une société a-t-il un impact sur son cours de bourse? Très récemment Facebook a annoncé en grande pompe changer son nom en "Meta", mettant en avant sa nouvelle stratégie. Depuis de nombreuses années, il y a eu beaucoup d’autres changements de noms de sociétés, en particulier cotées. Les raisons officielles ou officieuses expliquant cela sont multiples. Mais cela a-t-il un impact sur le cours de bourse? Détails et explications ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières - En zone euro, le chômage a continué de reculer en septembre s’établissant à 7.4% selon Eurostat, le rebond de l’économie servant toujours de support. Aux USA, l’indice ISM des services a atteint 66.7 points en octobre, un niveau jamais atteint depuis le début de ces statistiques en 1997! Bonne surprise également du côté de l’emploi US: en octobre 571.000 emplois privés ont été créés alors que les économistes n’en attendaient que 370.000. Enfin, les stocks de pétrole brut, selon l’EIA (l’Agence américaine d’information sur l’énergie), ont augmenté beaucoup plus que prévu la semaine passée.
  • À propos des marchés boursiers - Les bourses européennes et américaines étaient à la fête hier en affichant de nouveaux records historiques. À ces niveaux et en euros, l’indice Stoxx 600 Europe gagne 20.6% en 2021 alors que le S&P 500 progresse de 30.8% et le Nasdaq de 29.4%! Les résultats trimestriels majoritairement meilleurs qu’attendus continuent de charmer les investisseurs. Mais le discours rassurant de la FED hier soir ("tapering" confirmé à partir de ce mois mais pas de hausse des taux d’intérêt) a aussi joué son rôle. A noter toutefois la baisse marquée du secteur de l’énergie dans la foulée de la chute des cours du pétrole.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui - Ce matin (7h30), les bourses asiatiques s’inscrivent dans la tendance des bourses occidentales hier et progressent donc ce matin, Tokyo prenant 0.9%, Hong Kong 0.2% et Shanghai-Shenzhen 0.9%. Les futures sur les marchés occidentaux sont par contre partagés. Si l’Europe pourrait ouvrir en hausse, Wall Street semble actuellement pencher vers de légères prises de bénéfices lors des premiers échanges.
  • Aujourd’hui, au niveau économique de nombreuses nouvelles sont attendues. En Allemagne, on aura les commandes à l’industrie pour septembre et l’indice définitif PMI Markit des services pour le mois d’octobre. Cet indice sera également publié en France et dans d’autres pays ainsi que, de manière consolidée pour la zone euro. Au Royaume-Uni, il y aura un communiqué de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. À noter aussi en Autriche la réunion très attendue de l’OPEP+. Aux USA, on disposera des inscriptions au chômage pour la semaine finissant le 30 octobre ainsi que la balance commerciale pour le mois de septembre. Au niveau des résultats de sociétés, la valse des résultats trimestriels se poursuit. En Europe on aura notamment ceux de Commerzbank, Deutsche Bank, Heidelberg Cement, Euronav, GBL, Galapagos, Société Générale, Véolia, AXA, Euronext, Casino, Shurgard, ING ou Crédit Suisse. Aux USA seront publiés les chiffres de Moderna, Kellogg’s, AirBnb, Uber ou encore Square. À suivre enfin, au Japon, les chiffres trimestriels de Toyota ou Nintendo.

Le fait du jour - Changer le nom d’une société a-t-il un impact sur son cours de bourse?

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Il y a quelques jours, Facebook a annoncé son changement de nom. La raison officielle et positive: souligner la diversité de ses activités et mettre en avant son pari le plus fou: le métavers (ou "metaverse" en anglais). Nous reviendrons ultérieurement, dans une autre chronique, sur cette révolution technologique

Plus officieusement, Facebook souhaitait aussi changer de nom pour se détacher de l’accumulation de mauvaises nouvelles ayant entaché sa réputation ces dernières années (scandale Cambridge Analytica, scandale des "Facebook files", pannes géantes, lacunes de modération, etc.)

Si évidemment la décision de Facebook fait grand bruit à cause de la notoriété de cette société, les changements de nom, en particulier de sociétés cotées en bourse, ne sont pas si rares et peuvent être justifiés par une ou plusieurs raisons. Nous verrons aussi qu’à côté des avantages, changer de nom peut aussi présenter des désavantages voire des risques… Bref, niant l’aspect purement "cosmétique" d’une telle opération, une société souhaitera changer de nom, la plupart du temps, pour des raisons stratégiques. Et voici quelques raisons, parfois cumulées, qui poussent une société à changer son intitulé:

1. LA PRESSION SOCIALE

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Ainsi les entreprises dont les externalités négatives sont plus manifestes ont fait l'objet de pressions, en particulier à l'ère de l'investissement durable.

La pression sociale a par exemple été à l'origine des changements de nom chez Total et Philip Morris. 

Dans le cas de Total, le changement de nom récent en "TotalEnergies" est censé signaler que l'entreprise veut aller au-delà du pétrole et du gaz pour inclure les énergies renouvelables. De son côté, le géant de la cigarette Philip Morris, fabricant de marques telles que Marlboro, a changé de nom pour devenir "Altria Group" en 2003, le jour même où la société a été dégagée de toute responsabilité dans une affaire de décès injustifié lié au tabagisme. Philip Morris a affirmé officiellement que le changement de nom avait pour but de souligner que la société vendait une large gamme de produits, en plus de la célèbre marque de tabac, mais beaucoup pensent que ce changement visait surtout à dissocier la société de son produit controversé. WWE, Netflix among 15 companies forced to change their names (usatoday.com)

Mais dans certains cas, la raison pour laquelle les entreprises changent de nom est plus subtile.  Ainsi par exemple, en 2008, au milieu de la crise financière et de l’aide massive d'un certain nombre de grandes institutions financières, le gouvernement américain a aussi renfloué l'industrie automobile américaine à hauteur de plus de 80 milliards USD. Dans le cadre de cette bouée de sauvetage, le gouvernement a acheté des milliards de dollars d'actions de GMAC (General Motors Acceptance Corporation), qui était à l'origine la branche financière de General Motors et était partiellement détenue par le constructeur automobile. Il a également injecté de l'argent dans GM directement. En 2010, "GMAC" a changé le nom de son unité bancaire en "Ally Financial". Cette décision semble avoir été prise pour éloigner la société de son propre sauvetage et des difficultés financières de General Motors.

2. FAIRE OUBLIER LE NOM D’UNE SOCIETE AU PASSE (TRES) DIFFICILE

Le nom d’une société peut devenir (très) impopulaire au fil du temps pour différentes raisons. Lorsque cela se produit, un changement de nom peut être un moyen d'amener les clients et/ou investisseurs à se débarrasser de ces vieilles connotations négatives. On pourrait citer en exemple la société biotech belge "ThromboGenics" devenue, fin 2018 "Oxurion". ThromboGenics avait connu son heure de gloire plusieurs années en bourse avant de connaître des déboires aux USA; s’en est suivi une descente aux enfers à partir de décembre 2012 et la société a vu, en 5 ans, son cours de bourse chuter de près de 94%... Le changement de nom devait lui permettre de faire table rase du passé et souligner son expertise en ophtalmologie.

Toujours en Belgique, "Dexia Banque Belgique" est devenue "Belfius" en juin 2012 pour faire oublier le passé tumultueux de Dexia commencé au moment de la crise financière de 2008.

Aux USA, la "Lance Armstrong Foundation" a vu le jour en 1997 (à la suite du diagnostic du cancer des testicules du coureur cycliste Lance Armstrong) en tant qu'organisme de bienfaisance visant à collecter des fonds pour la recherche sur le cancer. Cependant, après des années d'enquêtes, il est devenu incontestable en août 2012 que le septuple champion du Tour de France avait utilisé illégalement des produits dopants tout au long de sa carrière professionnelle. Dans la foulée, Armstrong a été déchu de ses titres et banni du cyclisme professionnel. La fondation caritative d'Armstrong a alors officiellement changé de nom pour devenir la "Livestrong Foundation", dans le cadre d'un effort de changement de marque. WWE, Netflix among 15 companies forced to change their names (usatoday.com)

3. LA DIVERSIFICATION DES ACTIVITES

C'est un scénario très courant, en particulier lorsque les entreprises connaissent une expansion rapide ou rencontrent le succès avec de nouvelles offres de produits. Après une période de croissance et de changement soutenus, une entreprise peut estimer que son nom actuel est trop restrictif ou ne reflète plus exactement ce qu'elle est devenue. Saying Bye to Facebook: Why Companies Change Their Name (visualcapitalist.com).

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Apple a ainsi supprimé le mot "ordinateurs" de son nom en 2007, et Starbucks a supprimé le mot "café" de son nom en 2011, leur business étant devenu plus diversifié qu’à leur création.

Et le cas de Google est peut-être encore plus emblématique. En 1996, le moteur de recherche numéro un au monde a été créé sous le nom de…"BackRub". Mais en 1997, ce nom paraissait déjà peu clair, et il fut décidé de changer en "Google", basé sur le mot "Googol" qui est le chiffre 1 suivi de 100 zéros. Et selon Google, ce terme reflète sa mission d'organiser une quantité apparemment infinie d'informations sur le web…  Google s'est ensuite rebaptisée "Alphabet" en 2015, faisant de Google une filiale opérationnelle. En tant que société mère, Alphabet a permis à Google de s'étendre à d'autres domaines que la recherche et la publicité sur Internet pour devenir un conglomérat technologique comme on le voit sur le tableau ci-dessous.

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4. LE CHANGEMENT DE NOM D’UNE STARTUP

On vient de voir que c’était par exemple le cas de Google, initialement appelée Backrub.

Mais on oublie souvent qu’ Instagram a vu le jour sous le nom de… "Bourbn"! Kevin Systrom, fondateur de la société avait voulu mettre en valeur le bourbon (whisky) du Kentucky. Ce nom étant finalement peu représentatif de l’activité de la société, il a été changé en Instagram, combinaison de "instant" et "telegram".

Dans le même ordre d’idée, Jack Dorsey a créé une application permettant aux utilisateurs de partager facilement leurs petits moments de vie avec leurs amis. La première version lancée en 2006 s'intitulait "Stat.us" puis "Twttr", sans "e" avant le "r", en référence au site de partage de photos Flickr, puis "Twitter", son nom actuel…

5. LE PROBLEME DE DROITS D’AUTEUR

De nombreuses sociétés sont nées de projets passionnels et dans ce cas le choix du nom de la société n’étant parfois pas une priorité, certaines nouvelles entreprises rencontrent par la suite des problèmes de droits d’auteur.

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Ce fut le cas lorsque "Picaboo", le précurseur de "Snapchat", a été contraint de changer de nom en 2011. L'entreprise Picaboo existante - une société de livres photos - n'était pas ravie de partager un nom avec une application qui, à l'époque, était principalement associée au "sexting"…

Snapchat a encore transformé son nom en septembre 2016 par "Snap" car elle souhaitait se détacher de l’image réductrice de sa messagerie instantanée et offrir de nouveaux services. Sa nouvelle appellation lui a permis d’offrir une meilleure visibilité et compréhension des consommateurs sur sa croissance et ils n’ont pu que constater le dynamisme de cette société. (Changer le nom de son entreprise: pourquoi et comment (dynamique-mag.com)

Comme le signale Visual Capitalist, la lutte pour le nom "WWF" est un scénario plus particulier. En 1994, le World Wildlife Fund et la World Wrestling Federation (la Fédération Mondiale de Lutte…) ont conclu un accord mutuel selon lequel cette dernière cesserait d'utiliser les initiales au niveau international, à l'exception d'utilisations fugaces telles que "champion WWF". En fin de compte, l'accord a été largement ignoré, et la question est devenue un point de friction lorsque la société de lutte a enregistré le nom de domaine "wwf.com". Finalement, la fédération de lutte a changé de nom pour devenir "WWE" (World Wrestling Entertainment) après avoir perdu un procès.

6. LA CORRECTION D’UN CHANGEMENT DE NOM INAPPROPRIE

Il arrive qu’une société change de nom et que celui-ci fasse l’objet de critiques vives et récurrentes ou, pire encore, lorsque celui-ci s’avère peu ou finalement pas pertinent.

Un cas célèbre est celui de "Tribune Publishing" qui a été contraint de faire marche arrière après son changement de nom en "tronc" en 2016. Le nom largement décrié et ridiculisé, qui était stylisé en lettres minuscules, était considéré comme une tentative maladroite de devenir un éditeur digital-first. Comme l’écrivait le Guardian en 2018, "Tronc est mort, vive le Tribune! La société de médias qui possède le Chicago Tribune et le New York Daily News envisage de se débarrasser de son nom tant ridiculisé et de revenir à l'original, deux ans seulement après son changement de marque". Tronc to change name back to Tribune Publishing after two years of ridicule | Media | The Guardian.

7. UN NOUVEAU NOM APRES UNE FUSION

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Le groupe Engie est né en 2008, de la fusion entre Gaz de France et Suez, pour devenir GDF Suez.

En avril 2015, le groupe annonce le changement de son nom commercial, "GDF Suez" devenant "Engie". Selon la société "Un nom simple et fort, un nom qui évoque l’énergie pour tous et dans toutes les cultures, un nom qui incarne l’ensemble de nos valeurs et activités" (GDF SUEZ devient ENGIE | ENGIE)

8. L’INTERNATIONALISATION IMPOSE DE MIEUX POSITIONNER SON NOM

Un bel exemple (The Pros and Cons of Changing Your Business's Name | Fora Financial) est celui d’une célèbre marque japonaise d’électronique. En 1946, un atelier de réparation de radios appelé "Tokyo Tsushin Kogyo" a créé la première radio à transistors du Japon en 1955 et la première télévision à transistors du monde cinq ans plus tard.

Face à son succès croissant, les fondateurs de Tokyo Tsushin Kogyo ont voulu trouver un nom que les Américains pourraient facilement prononcer. Ils ont choisi "Sony", une combinaison du mot latin pour le son, sonus, et du diminutif américain "sonny"…

Mais changer de nom peut présenter des désavantages dont ceux-ci:

  • Cela peut déstabiliser (une partie de) la clientèle, en particulier auprès d’une population plus âgée fidèle à un terme traditionnel. Ça peut même annuler tout le capital sympathie ou de confiance accumulés avec l’ancien nom. Par exemple, le nom "Banque Nagelmackers" (créée en 1747) a disparu des rues belges en 2005 et a été remplacé par Delta Lloyd Bank suite à la fusion avec cette banque d’origine hollandaise; une partie de la clientèle a mal accepté cet état de fait…
  • Le coût peut être lourd: campagnes de marketing importantes pour promotionner le nouveau nom, réimpression de divers documents avec un nouvel en-tête, nouvelles cartes de visite, fabrication de nouvelles enseignes, etc. En juillet 2000 par exemple, BP a dépensé 200 millions USD pour mieux se promouvoir avec un nouveau logo et se présenter comme plus respectueuse de l’environnement… En 2012, le rebranding de Dexia en Belfius a coûté 35 millions d’euros.
  • Un nouveau nom, mal choisi ou étudié, peut se révéler inapproprié ou insultant dans certains pays ou cultures: ainsi la Nissan "Moco", ce dernier terme signifiant "crotte de nez" en espagnol… Ou une marque de lunettes japonaises qui n’a pas réussi à percer dans les pays francophones, elle se nommait "Hypercon"… Ou encore Bledina (du groupe Danone) qui signifie "prostituée" selon une insulte vulgaire en Russie! D’autres exemples peuvent être trouvés à cette adresse: Ces noms de marques ridicules à l'étranger (enekia.com).

Impact du changement de nom sur le cours de bourse d’une société

Selon un article récent de Market Watch, "Au fil des ans, de nombreuses entreprises ont changé de nom, et beaucoup ont surperformé le marché dans les jours qui ont suivi. Malheureusement, selon le consensus des études universitaires publiées en la matière, le changement de nom d'une entreprise n'améliore pas en moyenne la performance de ses actions sur le long terme - et peut même lui nuire" (Opinion: What's in a company name change? Often a higher stock price. - MarketWatch).

Bref, si le marché boursier était totalement rationnel, un changement de nom et de symbole n'aurait aucun effet sur le cours de l'action. En effet, finalement ces changements sont purement cosmétiques et n'ont aucun impact sur la rentabilité de l'entreprise. Si le changement affecte la performance de l'action, cela doit être la preuve du sentiment des investisseurs plutôt que des fondamentaux. C'est exactement ce que de nombreuses études ont révélé dont les 2 suivantes:

  • Une étude, portant sur toutes les sociétés cotées au Royaume-Uni qui ont changé de nom à un moment donné entre 1987 et 2002, a révélé qu'en moyenne 36 mois après l'annonce du changement de nom, ces actions étaient à la traîne par rapport à l'ensemble du marché.
  • Une autre étude a porté sur les changements de nom des sociétés cotées à Hong Kong entre 1999 et 2008. Elle n'a trouvé "aucune relation à long terme [36 mois] entre [les changements de nom] et la performance... du cours des actions".

Nouvelles économiques et financières - Des bonnes statistiques en Europe et aux USA

En zone euro, le chômage a continué de reculer en septembre s’établissant à 7.4% (contre 7.6% en juillet et 7.5% en août) selon Eurostat, le rebond de l’économie servant toujours de support. Au niveau de l’Union Européenne, le chômage a baissé à 6.7% de la population active contre 6.9% en août et 7.7% un an plus tôt.

Aux USA, l’indice ISM des services (soit 2/3 de l’activité américaine) a atteint 66.7 points en octobre, un niveau jamais atteint depuis le début de ces statistiques en 1997! Malgré les problèmes d’approvisionnement, la demande reste intense suite à l’embellie économique. Bonne surprise également du côté de l’emploi US: en octobre 571.000 emplois privés ont été créés alors que les économistes n’en attendaient que 370.000. Enfin, les stocks de pétrole brut, selon l’EIA (l’Agence américaine d’information sur l’énergie), ont augmenté beaucoup plus que prévu la semaine passée. Ces stocks s’établissent actuellement à 434.1 millions de barils (+3.3 millions alors que les économistes tablaient sur une hausse de 2.25 millions de barils).

Evolution des marchés boursiers - Records historiques en Europe et à Wall Street!

Tableau des principaux indices boursiers au 04/11/2021

Hier l’indice Stoxx 600 Europe a affiché un nouveau record historique à 481.22 points, en hausse de 0.35% par rapport à mardi. Cela porte sa hausse à 20.6% depuis le début de cette année. Si les marchés boursiers mondiaux sont restés relativement prudents avant la réunion de la FED américaine, ils restent néanmoins sous le charme de résultats trimestriels globalement meilleurs qu’attendus ainsi que par les statistiques du jour continuant à montrer la vigueur de la reprise économique.

4 secteurs ont pourtant terminé dans le rouge, emmenés par l’énergie (-1.52%), les prix du pétrole ayant subi le contrecoup des stocks de brut américains plus élevés que prévu. Les services aux collectivités suivaient avec une baisse de 0.76%, les industrielles et les services de communication échouant de peu à terminer en hausse.

Néanmoins le secteur industriel a enregistré les 2 plus fortes baisses européenne du jour. La société danoise Vestas numéro 1 mondial des éoliennes, dont le cours a chuté hier de 18.2%, a non seulement annoncé un bénéfice net trimestriel divisé par 2 et un bénéfice opérationnel en chute de 21%, mais a revu à la baisse sa prévision de marge opérationnelle. Celle-ci devrait tourner autour de 4% contre 5 à 7% annoncé précédemment. Pour justifier ces déceptions, Vestas a évoqué en particulier l’inflation des coûts et les difficultés d’approvisionnement. Par contagion, Siemens Gamesa s’est effondrée de 11.8%.

Du côté des secteurs en hausse ce mercredi, ce sont les technologiques qui ont le mieux performé (+0.96%), les autres secteurs grimpant entre 0.58% (matériaux) et 0.25% (soins de santé et consommation cyclique).

Individuellement, parmi les principales pertes du jour, outre les 2 spécialistes en énergies renouvelables mentionnés ci-dessus, Zalando a été la 3e plus forte baisse du jour (-9.5%). Les résultats légèrement meilleurs que prévu ont contrebalancés par les préoccupations relatives à la chaîne d'approvisionnement à l'approche de la saison des fêtes de fin d'année et au-delà.

Les actions les plus fortement haussières ont été emmenées par Teamviewer (+11%) rebondissant après sa chute des derniers mois, les analystes étant rassurés par ses derniers résultats. La banque autrichienne Raiffaisen (+10.9%) a profité de résultats au-delà des attentes. Deutsche Lufthansa (+6.5%) et HelloFresh ont aussi bondi pour la même raison.

À Wall Street, les investisseurs ont apprécié le discours de la FED qui a confirmé qu’elle commencerait, dès ce mois et comme prévu, à diminuer de 15 milliards USD chaque mois ses achats d’actifs tout en étant patiente avant de relever les taux d’intérêt. Les indices boursiers américains ont alors fêté cela en affichant de nouveaux records historiques soit 4.660,57 points pour le S&P 500 (+0.65% par rapport à mardi) et 15.811,59 points pour le Nasdaq (+1.04% par rapport à la veille). Depuis le début d’année, ces 2 indices sont en hausse, en euros, de 30.8% pour le S&P 500 et de 29.4% pour le Nasdaq.

Seuls 3 secteurs n’ont pas participé à la fête, emmené logiquement, vu la baisse des cours du pétrole, par le secteur de l’énergie (-0.83%), devant les services aux collectivités (-0.32%) et les industrielles (-0.19%).

Parmi les secteurs gagnants du jour, la consommation cyclique (ou discrétionnaire) a largement terminé en tête (+1.84%). Les matériaux (+1.10%) emmenaient le reste du peloton dans lequel les financières fermaient la marche avec une hausse limitée à 0.40%.

Au rayon individuel, la chute la plus lourde de ce mercredi a été enregistrée par l’éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard (-14.1%) après l’annonce du report du lancement de 2 titres de jeux vidéo très attendus ("Overwatch 2" et "Diablo IV") et la démission de sa codirectrice générale. Charles River Laboratories (soins de santé) a affiché la 2e plus forte baisse de la journée (-10.2%) après avoir déçu les analystes quant à ses résultats trimestriels.

3e déception du jour, le cours de Paycom Software (-7.4%). Les analystes qui suivent cette action sont positifs à l'égard de l'entreprise de logiciels d'emploi après la publication de ses résultats du 3e trimestre supérieurs aux attentes et la présentation de perspectives intéressantes. Mais le titre a néanmoins chuté hier, en mode prise de bénéfices et selon l’adage "sell on good news" car le cours avait augmenté de près de 70% depuis son plus bas niveau de mai…

Par contre du côté des meilleures performances individuelles, on a notamment noté le bond de FMC (+12.6%), la société de produits chimiques agricoles (secteur des matériaux), qui a annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions. CVS Health de son côté a gagné 5.7% après avoir relevé ses prévisions bénéficiaires pour 2021 et avoir enregistré un bénéfice trimestriel au-dessus des attentes des analystes, grâce en particulier à une forte demande pour ses tests de dépistage du Covid-19.

Les tendances boursières du jour - L’Asie dans le vert, futures partagés

Ce matin (7h30), les bourses asiatiques s’inscrivent dans la tendance des bourses occidentales hier et progressent donc ce matin, Tokyo prenant 0.9%, Hong Kong 0.2% et Shanghai-Shenzhen 0.9%.

Les futures sur les marchés occidentaux sont par contre partagés. Si l’Europe pourrait ouvrir en hausse, Wall Street semble actuellement pencher vers de légères prises de bénéfices lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, de nombreuses nouvelles sont attendues. En Allemagne, on aura les commandes à l’industrie pour septembre et l’indice définitif PMI Markit des services pour le mois d’octobre. Cet indice sera également publié en France et dans d’autres pays ainsi que, de manière consolidée pour la zone euro. Au Royaume-Uni, il y aura un communiqué de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. A noter aussi en Autriche la réunion très attendue de l’OPEP+. Aux USA, on disposera des inscriptions au chômage pour la semaine finissant le 30 octobre ainsi que la balance commerciale pour le mois de septembre.

Au niveau des résultats de sociétés, la valse des résultats trimestriels se poursuit. En Europe on aura notamment ceux de Commerzbank, Deutsche Bank, Heidelberg Cement, Euronav, GBL, Galapagos, Société Générale, Véolia, AXA, Euronext, Casino, Shurgard, ING ou Crédit Suisse. Aux USA seront publiés les chiffres de Moderna, Kellogg’s, AirBnb, Uber ou encore Square. A suivre enfin, au Japon, les chiffres trimestriels de Toyota ou Nintendo.

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