Cathie Wood, star de l’investissement ou étoile filante, symbole d’une bulle?

À RETENIR:

  • Le fait du jour – Cathie Wood, star de l’investissement ou étoile filante, symbole d’une bulle? Depuis quelques années, l’investisseuse américaine fait souvent la Une des média. Elle est charismatique et ses méthodes de gestion sont tout à fait différentes des grands investisseurs classiques. Elle vise d’ailleurs uniquement les thématiques "disruptives" comme la blockchain, la robotique, le séquençage du génome ou l’intelligence artificielle. Mais c’est aussi une grande fan du bitcoin… Pourtant plusieurs raisons font que la communauté financière est divisée à son égard. Et son cours de bourse est tout sauf un "long fleuve tranquille". Explications et détails ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières: Au Royaume-Uni, alors que les économistes attendaient une hausse moyenne mensuelle de 0.5% des ventes au détail en septembre, celles-ci ont baissé de 0.2%, un nouveau signe de la faiblesse de la reprise outre-Manche. En France, la croissance de l’activité dans le secteur privé a ralenti en octobre, à cause des pénuries, l’indice flash composite d’IHS Markit s’inscrivant en repli à 54.7 points contre 55.3 points en septembre, soit son plus bas niveau depuis 6 mois… Même constat, pour la même raison, en Allemagne où l’indice flash composite d’IHS Markit est tombé à 52 points en octobre contre 55.5 points le mois d’avant, soit son plus bas niveau depuis 8 mois… Et logiquement, de manière consolidée, la croissance du secteur privé pour la zone euro, selon l’indice PMI composite, a ralenti à 54.3 points contre 56.2 points le mois précédent et 59 points en août.
  • A propos des marchés boursiers: Séance contrastée des 2 côtés de l’Atlantique vendredi: l’Europe a terminé en hausse et Wall Street en baisse. L’Europe a bénéficié du soulagement – au moins temporaire – quant à la situation financière du géant immobilier chinois Evergrande, d’une part, et de résultats trimestriels à nouveau majoritairement supérieurs aux attentes. Par contre aux Etats-Unis, les bourses ont souffert de la baisse des actions technologiques – Intel en tête après de mauvais chiffres trimestriels – et de celles des services de communication. Dans ce compartiment, l’effondrement de près de 27% de l’action Snap (propriétaire du réseau Snapchat), conséquence de l’essoufflement de la publicité en ligne, a entraîné par contagion la baisse d’autres actions (comme Facebook, Twitter ou Google) pour lesquels la publicité en ligne est un moteur de croissance important.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (7h30), les bourses asiatiques évoluent en sens divers, Tokyo évoluant clairement en baisse (-0.81%) dans la foulée de Wall Street et de l’inquiétude entourant certaines actions de la nouvelle économie alors les bourses chinoises résistent à ce marasme. Hong Kong monte de 0.03% et Shanghai-Shenzhen baissent de 0.13% seulement. Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux sont par contre actuellement en hausse, les bourses occidentales s’orientant vers des premiers échanges dans le vert, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.
  • Aujourd’hui, au niveau économique, on décryptera essentiellement l’indice IFO allemand du climat des affaires pour octobre. Aux USA, on suivra l’indice national d’activité de septembre de la FED de Chicago. Au niveau des résultats de sociétés, moins de chiffres aujourd’hui que fin de la semaine passée mais pointons néanmoins par exemple les résultats trimestriels de Michelin, Icade, Bigben Interactive HSBC et Facebook.

Le fait du jour – Cathie Wood, star de l’investissement ou étoile filante, symbole d’une bulle?

Depuis quelques années, et en particulier depuis 2020, on entend de plus en plus parler de Cathie Wood, une investisseuse américaine, fondatrice et patronne de Ark Invest, une société de gestion d’investissement.

Sa méthode de gestion intrigue et fascine certains investisseurs qui tentent de reproduire les mêmes rendements en s’inspirant de sa gestion atypique. Car Cathie Wood n’est pas du tout une investisseuse classique, appliquant le principe de gestion du "bon père de famille".

Si on devait la comparer à un autre "gourou" des marchés financiers, elle est même l’antithèse de Warren Buffet, le célèbre investisseur, surnommé l’"Oracle d’Omaha" ou "Le Sage" dont nous avons brossé le portrait et décrit la méthodologie de gestion dans notre chronique du 27 août dernier. (Warren BUFFET et BERKSHIRE HATHAWAY, secrets et réussite d’une gestion "simple" - Private Banking CBC).

Ce dernier impressionne autant par ses performances et ses idées souvent judicieuses que par sa longévité dans le monde financier et boursier ou être gourou un jour n’est pas synonyme de toujours… Warren Buffet a un portefeuille diversifié, relativement classique, peu exposé aux nouvelles technologies (sauf en Apple, sa plus grosse position) et il investit généralement pour le long terme. Certaines des actions qu’il détient font d’ailleurs partie de son "écurie" depuis plusieurs décennies…

Inversement, comme le signalait les Echos en mars dernier "La nouvelle gérante star casse les codes à la manière des gourous de la tech, l'unique secteur dans lequel elle investit. Avec ses séminaires Web ouverts au quidam et sa recherche pour partie en open source, l'Américaine de soixante-cinq ans n'en finit pas de prendre à revers l'univers très normé de la gestion d'actifs. Sur sa boutique en ligne, le fan peut trouver des t-shirts et autres bodys pour bébé arborant les slogans d'Ark ou à son effigie, reconnaissable à sa mèche brune et ses lunettes. Est-ce à dire que la nouvelle coqueluche des marchés est tombée dans le culte de la personnalité?" (Cathie Wood, gérante star de la tech, obligée de redescendre sur terre | Les Echos.

Pour comprendre la méthode utilisée par Cathie Wood, il faut d’abord se pencher sur son parcours professionnel. Cathie Wood a d’abord travaillé 3 ans chez Capital Group (un des plus grands groupes de gestion d’actifs au monde) en tant qu’analyste. Ensuite elle a travaillé 18 ans chez Jennison Associates en tant qu'économiste en chef, analyste, gestionnaire de portefeuille et directrice générale. En 1998, elle a cofondé Tupelo Capital Management, un fonds spéculatif basé à New York. Il n’est pas très clair comment celui-ci a fini au moment de la bulle internet… En 2001, elle a rejoint AllianceBernstein (filiale de gestion américaine d’AXA) en tant que directrice des investissements des stratégies thématiques mondiales, où elle a travaillé pendant 12 ans, gérant 5 milliards USD. Elle a par ailleurs été critiquée pour avoir obtenu des performances inférieures à celles du marché global pendant la crise financière de 2007-2008…

Mais durant sa carrière elle dit s’être progressivement rendu compte que "l’innovation est bien souvent sous-estimée” parce que nombreux sont ceux qui négligent à quel point “la croissance peut être exponentielle”.

Ce changement de paradigme a agi en elle comme un catalyseur à sa pensée disruptive. Cathie Wood a par la suite développé ses capacités de "stock-piqueuse" (ou "sélectionneuse d’actions") sur la base de ses "soft-skills": curiosité, ouverture d’esprit, imagination,…  Mais elle n’a créé Ark Investment qu’il y a 7 ans, en pleine période haussière donc… (Cathie Wood, nouvelle popstar de l’investissement? (zonebourse.com)).

Quel est le processus d’investissement d’Ark Invest? Les détails peuvent être trouvé via le document suivant: ARK-Invest-Thematic-Investment-Process.pdf. Mais 2 schémas résument assez bien cela.

Le premier ci-dessous illustre, selon la société, les plateformes d’innovation qui vont changer l’histoire:

Visuel d'illustration

En misant sur ces "technologies de rupture", le but de Cathie Wood et de son équipe est que tout investissement doit pouvoir délivrer une performance de 15% annualisée sur 5 ans. Ceux-ci sont alors choisis sur base du processus d’analyse suivant:

  • Une recherche descendante dite "Top-Down" pour définir l’univers d’investissement et évaluer les opportunités sur base des disruptions dans le monde (en fonction des thèmes évoqués ci-dessus).
  • Une recherche ascendante dite "Bottum-Up" pour évaluer les investissements potentiels sur base d’un système d’évaluation, pour chaque entreprise, des revenus sur les 5 prochaines années. Ces modèles intègrent aussi la baisse des coûts, l'adoption et la pénétration du marché, les multiples (ratios) à venir, etc. Enfin Cathie Wood a la responsabilité finale de la sélection des investissements et de l'approbation de toutes les décisions d'investissement.

Cathie Wood a, au fil des ans, lancé différents ETF (Exchange Traded Funds ou "trackers") proposant une exposition à une thématique d’"innovation disruptive" précise. 6 fonds ou trackers sont ainsi activement gérés:

  • ARK Innovation ETF: c’est le fond principal, le « vaisseau amiral » de Cathie Wood, celui qui a le plus d’encours sous gestion soit 25.5 milliards USD au 30 juin dernier. Il regroupe par ailleurs les principales thématiques de l’innovation selon C. Wood.
  • Autonomous Technology & Robotics ETF
  • Next Generation Internet ETF
  • Genomic Revolution ETF
  • Fintech Innovation ETF
  • Space Exploration & Innovation ETF

2 fonds sont indexés (fonds passifs):

  • The 3D Printing ETF
  • Israel Innovative Technology ETF

Récemment, Ark Invest a aussi annoncé le lancement d’un nouvel ETF indiciel (donc en gestion passive) durable, (Cathie Wood lance sa version d'un fonds indiciel durable | L'Echo (lecho.be)), mais il n’est pas encore approuvé pour la commercialisation.

A noter enfin que Cathie Wood s’intéresse aussi aux cryptomonnaies et au bitcoin en particulier… Elle souhaite d’ailleurs créer un ETF qui lui serait dédié, en partnership avec 21Shares. Cathie Wood a affirmé, il y a peu de temps, que le bitcoin atteindra… 500.000 USD d’ici 5 ans! Selon Business AM, pour que la prédiction de C. Wood se réalise, il est important que les entreprises continuent à diversifier leurs bilans en ajoutant le bitcoin et que la cryptomonnaie représente environ 5% des portefeuilles d’investissement des investisseurs institutionnels.

"Si cela se produit, je vois le prix du bitcoin passer d’environ 45.000 à 500 000 dollars. C’est-à-dire plus que décupler", a déclaré Cathie Wood dans une interview accordée à un journaliste de la CNBC lors de la SALT Conference de New York ce lundi. ((Cathie Wood: "Le prix du bitcoin atteindra 500.000 dollars dans cinq ans" - Business AM.).

Pour en revenir au principal fond de Cathie Wood, ARK Innovation ci-dessous nous publions la liste des 20 premières participations du fonds à la date de vendredi (22 octobre).

La liste complète peut être trouvée à l’adresse suivante: ARKK-holdings-1634911659-3179096922842631074.pdf (ark-funds.com)

Liste des 20 premières participations du fonds au 22/10/2021

Malgré les ventes des derniers mois, Tesla représente encore la plus importante participation de l’ETF, soit 2.425.019 actions représentant 2,167 milliards USD.

Comme on le voit sur le tableau suivant (chiffres au 30 septembre), le fonds investit essentiellement sur des sociétés de grandes à très grandes tailles (10 milliards USD de capitalisation boursière, voire au-delà de 100 milliards USD). 21 segments technologiques sont concernés, les principaux étant le "cloud computing", les media digitaux, l’e-commerce, la thérapie génétique, le "big data & machine learning" et l’internet des objets. 92.3% des investissements sont concentrés sur les Etats-Unis.

Tableau d'illustration

Les performances d’Ark Innovation en 2020 ont braqué les projecteurs sur ce fonds et sur sa gestionnaire principale. En effet, comme on le voit ci-dessous, la performance (en blanc) a été extraordinaire, d’autant plus si on la compare aux gains des indices S&P 500: soit près de 150% de hausse contre "seulement" 18.39% pour le principal indice US et 45.1% pour l’indice Nasdaq à connotation technologique et biotech… Cette performance a d’ailleurs été réalisée essentiellement à partir du krach des marchés de mars 2020. La performance d’Ark Innovation l’année passée a bien entendu largement profité du bond en 1 an de 743% (!) de Tesla, sa principale position!

Graphique d'illustration

Mais si cette magnifique performance a été saluée comme il se doit, Cathie Wood divise aussi le monde financier:

  • Si 2020 a été une année extraordinaire, ça a moins été le cas à d’autres périodes. Ainsi par exemple, à partir du lancement du fonds, en 2014, jusqu’avril 2017, Ark Innovation faisait moins bien que le Nasdaq et à peine mieux que le S&P 500.
  • Cette année (voir schéma ci-dessous), la performance (en blanc) est négative, inférieure à celles des indices américains (en orange et jaune)… et même de Tesla (en rouge).
Graphique d'illustration
  • Beaucoup dénoncent d’ailleurs la trop grande concentration du fonds, donc pas assez diversifié. Et le consensus des analystes juge d’ailleurs le cours de Tesla, sa principale position, 20% trop cher par rapport à l’objectif de cours… Par ailleurs, en ne misant que sur la technologie, Cathie Wood a raté, il y a quelques mois, la rotation des portefeuilles vers les secteurs cycliques, bénéficiant de la reprise économique.
    Paradoxalement, comme l’a souligné Forbes, Cathie Wood a récemment vendu pour 605 millions USD d’actions Tesla alors qu’il y a peu de temps encore elle affirmait que la société vaut 3 fois plus! A cela elle répond qu’elle aime parfois prendre son bénéfice pour racheter plus bas… (Cathie Wood’s Ark Invest Sold $605 Million In Tesla Last Month—But Doubled Down On Crypto Markets, Retail Traders And Online Betting (forbes.com)
  • Son équipe est aussi pointée du doigt car constituée d’analystes et personnes peu expérimentées sur les marchés financiers. Comme l’ont souligné différents articles "Pour être recruté, nul besoin d'avoir fait ses preuves en analyse financière, d'être diplômé d'une grande université ou d'avoir accumulé une certaine expérience de l'industrie ciblée. Cette approche a permis à Ark d'embaucher une équipe très diversifiée, un atout potentiel pour sa recherche, mais avec une expérience limitée des marchés financiers". (Cathie Wood et sa société de gestion Ark sous le feu des critiques - Actualité Financière (actualite-financiere.fr).
    Cathie Wood elle-même semble irremplaçable. Comme l'a souligné Les Echos, "son successeur potentiel, le directeur de la recherche Brett Winton, n'a aucune expérience de gestion de portefeuille, observe Morningstar". De plus "L'incapacité de la société à développer et à retenir les talents exacerbe ce risque de 'personne-clé: de nombreux analystes sont partis et la plupart des neuf autres n'ont pas une grande expérience", avertit Robby Greengold de Morningstar. (Cathie Wood et sa société de gestion Ark sous le feu des critiques | Les Echos).
  • Il n’y a pas de gestion des risques dédiée, celle-ci est entièrement laissée à l’appréciation de Cathie Wood…
  • Plus globalement, comme le soulignait en 1997 Alan Greenspan, le président de la FED, "Malheureusement, l'histoire est parsemée de visions de ces 'nouvelles ères' qui, en fin de compte, se sont avérées être un mirage…", Et les Echos de rajouter en mars 2021: "Les technologies changent, mais la spéculation est toujours là. Sur 51 innovations majeures introduites entre 1825 et 2000, près des trois quarts ont donné lieu à des bulles boursières, selon une étude académique réalisée en 2018, du télégraphe en 1845 à Internet dans les années 1990, en passant par le réfrigérateur (1914) ou encore le four à micro-ondes (1946)" (Bourse: les mirages de la "nouvelle ère" de la Tech | Les Echos.

 

Selon Goldman Sachs, même lorsque la technologie est correctement comprise comme transformante, il arrive souvent que la vitesse ou l'ampleur des rendements futurs soit surestimée. Identifier les innovations du moment n'est que la première difficulté. Au-delà du thème, il faut savoir repérer les entreprises les plus sérieuses. A la fin des années ‘90, il suffisait à une société d'ajouter ".com" à son nom pour voir son cours grimper d'environ 50% dans les jours suivants, qu'elle soit ou non impliquée dans le secteur informatique.

En résumé, comme le soulignait CNN il y a quelques semaines, Cathie Wood joue avec le feu… (Risk Taker Cathie Wood: Wall Street's hottest investor is betting big on a handful of stocks. Critics say she's playing with fire - CNN).

Et d’ailleurs, Ark Invest est devenue une cible tentante pour les "short-sellers". En mars dernier, la vente à découvert sur la gamme des fonds d'Ark Invest portait sur près de 10% de ses actions en circulation selon le cabinet spécialisé S3 Partners, un record absolu, plus de trois fois supérieur à son précédent pic (Les fonds d'Ark, coqueluche américaine de la gestion d'actifs, pris dans la tempête sur la tech | Les Echos).

Alors, Cathie Wood, Star de l’investissement ou étoile filante, symbole d’une bulle? Comme l’a chanté Patrick Bruel, "Rendez-vous dans 10 ans", ou… avant, pour refaire le point?

Nouvelles économiques et financières: La croissance du secteur privé ralentit encore en Europe

Au Royaume-Uni, alors que les économistes attendaient une hausse moyenne mensuelle de 0.5% des ventes au détail en septembre, celles-ci ont baissé de 0.2%, un nouveau signe de la faiblesse de la reprise outre-Manche.

En France, la croissance de l’activité dans le secteur privé a ralenti en octobre, à cause des pénuries, l’indice flash composite d’IHS Markit s’inscrivant en repli à 54.7 points contre 55.3 points en septembre, soit son plus bas niveau depuis 6 mois…

Même constat, pour la même raison, en Allemagne où l’indice flash composite d’IHS Markit est tombé à 52 points en octobre contre 55.5 points le mois d’avant, soit son plus bas niveau depuis 8 mois…

Et logiquement, de manière consolidée, la croissance du secteur privé pour la zone euro, selon l’indice PMI composite, a ralenti à 54.3 points contre 56.2 points le mois précédent et 59 points en août.

Evolution des marchés boursiers: Séance contrastée en Europe et aux USA

Tableau des principaux indices boursiers au 25/10/2021

Titillé par le record historique de Wall Street jeudi soir, l’indice Stoxx 600 Europe a poursuivi sa progression vendredi soir (+0.46%) et n’est plus qu’à quelques points de son plus haut enregistré le 13 août dernier. Même si la croissance du secteur privé a ralenti en Europe, les investisseurs ont surtout été rassurés par les informations évoquant le paiement in extremis d’intérêts par le géant immobilier chinois Evergrande. Cela éloigne, pour l’instant au moins le risque de faillite de la société et des conséquences que cela pourrait avoir sur l’ensemble de l’économie chinoise.

Par ailleurs, les résultats du 3e trimestre qui sont publiés confirment la tendance observée depuis plusieurs jours, à savoir une majorité de surprises positives à l’instar de L’Oréal, Rémy Cointreau, Klépierre ou Air Liquide. Dans l’après-midi American Express annonçait aussi de meilleurs résultats qu’attendus. Par contre Schlumberger et Honeywell ont déçu.

Seuls 2 secteurs européens ont fini dans le rouge vendredi, les services de communication (-0.22%) et l’énergie (-0.58%).

Parmi les 9 secteurs en hausse, les actions technologiques ont tenu le haut du pavé (+1.33%), devant l’immobilier (+0.93%) et la consommation de base (+0.71%).

Dans le secteur des matériaux en progrès de 0.62% on a néanmoins enregistré la chute le plus forte du jour dans le chef de la société suédoise Boliden (-6.8%), celle-ci ayant annoncé des résultats en deçà des attentes. L’action du London Stock Exchange a hérité de la 2e place des perdants du jour (-6%) suite également à des chiffres moins bons que prévu.

Du côté des plus fortes hausses du jour, la société immobilière française Klépierre (+7.8%) a rassuré les investisseurs en annonçant que l’activité repartait dans les centres commerciaux, fortement impactés par les confinements, et a d’ailleurs relevé ses objectifs de bénéfices pour l’année en cours.

Mention « très bien » aussi pour le bulletin de L’Oréal, ses résultats trimestriels de très bonne facture ont poussé son cours à la hausse de 5.1%.

Aux USA, la séance à Wall Street a été moins porteuse qu’en Europe, l’indice S&P finissant légèrement dans le rouge (-0.11%) alors que le Nasdaq s’enfonçait de 0.82%. Ce dernier, à connotation très technologique a été pénalisé par ce secteur (important aussi pour l’indice S&P 500) en baisse de 0.33% ainsi que celui des services de communication reculant de 2.28%.

Dans le secteur technologique, l’action du fabricant de semiconducteurs Intel a ainsi chuté de 11.7% pénalisée par des ventes plus faibles qu'attendues au 3e trimestre tandis que son directeur général soulignait par ailleurs que la pénurie de puces freinait les ventes de ses processeurs.

Du côté du secteur des services de communication, plusieurs actions de la nouvelle économie ont aussi marqué fortement le pas vendredi: Facebook a baissé de 5.1%, Twitter de 4.8% et Alphabet (Google) de 3%. Ces dernières ont souffert, par contagion, des très mauvais résultats de Snap (propriétaire du réseau Snapchat) qui s’est d’ailleurs effondrée sur le NYSE (bourse de New York) de près de 27%. Snap a évoqué un essoufflement de la publicité en ligne, principal moteur des réseaux…

2 autres secteurs ont clôturé en baisse vendredi, la consommation cyclique (ou discrétionnaire) -0.66% et les matériaux (-0.17%). Remarquons toutefois, dans le secteur de la consommation cyclique, la belle performance de Tesla (+1.75%) lui ayant permis d’afficher un nouveau record historique pour son action à 909.68 USD.

6 secteurs ont par contre enregistré des gains, emmenés par les financières (+1.32%) et notamment par SVB Financial (+6.8%) ayant annoncé des résultats au-delà des attentes. SVB Financial contrôle la Silicon Valley Bank, une banque commerciale de haute technologie qui a aidé des dizaines de milliers de start-up dans la célèbre vallée américaine. Toujours dans les secteur financier, American Express a progressé de 5.4%, ici aussi grâce à de bons résultats trimestriels, notamment influencés par une reprise de la restauration.

L’énergie a été le 2e meilleur secteur du jour (+0.93%), le prix du pétrole dépassant dorénavant les 86 USD le baril, les autres secteurs suivant avec des gains compris entre 0.30% (industrielles) et 0.76% (consommation de base).

Les tendances boursières du jour: Baisse au Japon, la Chine résiste, les futures bien orientés.

Ce matin (7h30), les bourses asiatiques évoluent en sens divers, Tokyo évoluant clairement en baisse (-0.81%) dans la foulée de Wall Street et de l’inquiétude entourant certaines actions de la nouvelle économie alors les bourses chinoises résistent à ce marasme. Hong Kong monte de 0.03% et Shanghai-Shenzhen baissent de 0.13% seulement.

Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux sont par contre actuellement en hausse, les bourses occidentales s’orientant vers des premiers échanges dans le vert, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, on décryptera essentiellement l’indice IFO allemand du climat des affaires pour octobre. Aux USA, on suivra l’indice national d’activité de septembre de la FED de Chicago.

Au niveau des résultats de sociétés, moins de chiffres aujourd’hui que fin de la semaine passée mais pointons néanmoins par exemple les résultats trimestriels de Michelin, Icade, Bigben Interactive HSBC et Facebook.

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