A côté des vaccins, Merck développe une arme supplémentaire contre le Covid-19

À RETENIR:

  • Le fait du jour – A côté des vaccins, Merck développe une arme supplémentaire contre le Covid-19. Alors que jusqu’à présent on a surtout combattu le coronavirus de manière préventive (gestes barrières, confinements, fermeture de secteurs économiques,…), Merck est en train de mettre au point un traitement curatif, moins lourd que ce qui existe actuellement en hôpital, pour traiter les personnes infectées, même à domicile. Les enjeux médicaux et financiers sont importants pour Merck. Détails ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières: Finalement les ministres du pétrole réunis au sein de l’OPEP+ ont décidé de ne rien changer à leur stratégie et donc de ne pas augmenter l’offre de pétrole, malgré la surchauffe des prix de celui-ci. L’effet a été logiquement immédiat sur les prix de l’or qui ont bondi de plus de 3% peu après l’annonce. L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a relevé de son côté ses prévisions de croissance mondiale pour cette année et 2022.
  • A propos des marchés boursiers: En Europe et aux Etats-Unis, la séance d’hier a été clairement négative. Parmi les facteurs d’inquiétude actuels, la hausse des taux longs aux USA inquiète particulièrement. Et donc les actions de la nouvelle économie – très importantes aux Etats-Unis - ont été surtout touchées ce lundi, la hausse des taux leur étant particulièrement dommageable. Inversement les actions pétrolières ont été à la fête hier, les prix du pétrole repartant à la hausse après la décision de l’OPEP+ de ne pas augmenter davantage l’offre d’or noir, malgré la tension sur les prix de l’énergie.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (6h30), les marchés asiatiques sont toujours marqués par la fermeture des bourses chinoises (long congé de fête nationale), à l’exception de Hong-Kong. Celle-ci ne bouge guère ce matin. Par contre Tokyo poursuit sa glissade des derniers jours et perd encore près de 2% à l’heure actuelle. Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux indiquent actuellement un léger redressement des actions, tant en Europe qu’aux USA, lors des premiers échanges.
  • Aujourd’hui, au niveau économique, l’Allemagne publiera les chiffres du marché automobile en septembre. En zone euro, on aura les indices PMI pour le secteur des services. Aux Etats-Unis, on disposera des chiffres de la balance commerciale en août ainsi que de l’activité dans les services en septembre. Au niveau des résultats de sociétés, PepsiCo publiera ses résultats pour le 3e trimestre.

Le fait du jour – A côté des vaccins, Merck développe une arme supplémentaire contre le Covid-19

Visuel d'illustration

A la fin de la semaine passée, le communiqué de presse de la société pharmaceutique Merck a fait grand bruit et propulsé le cours de l’action plus de 8% plus haut que la clôture de jeudi : « L'antiviral oral expérimental Molnupiravir de Merck et Ridgeback a réduit le risque d'hospitalisation ou de décès d'environ 50% par rapport au placebo pour les patients atteints de COVID-19 léger ou modéré dans une analyse intérimaire positive de l'étude de phase 3.

Contrairement à certaines informations qui ont pu circuler et induire en erreur les investisseurs, l’antiviral expérimental de Merck (codéveloppé avec son partenaire Ridgeback Biotherapeutic) n’est PAS un CONCURRENT des vaccins contre le Covid-19 mais un COMPLEMENT de ceux-ci…

En effet, dans le cadre d’une maladie, un VACCIN est inoculé aux personnes qui ne sont pas encore touchées afin de leur éviter de contracter la maladie, il est donc PREVENTIF.  Par contre, un traitement sous forme de MEDICAMENT (comme le Molnupiravir de Merck) est administré à des patients pour les soulager ou les guérir, il est donc CURATIF.

Le médicament de Merck est certes expérimental mais il a été développé il y a déjà quelques années par la Emory University situé à Atlanta en Géorgie. Initialement il était développé pour combattre le virus de la grippe et plusieurs études ont confirmé son efficacité quand il a d’abord été testé sur des animaux de laboratoire.

Selon son principe de fonctionnement il agit en "bloquant" la réplication des virus à ARN, que l'on appelle aussi "ribovirus". Dans cette (grande) famille, on retrouve le virus de la grippe, le virus du SRAS, le virus MERS... ou encore le coronavirus Sars-Covid-19, à l'origine du Covid-19 (Molnupiravir: ce médicament prometteur contre le Covid-19... - Top Santé (topsante.com). Le Molnupiravir peut être donc administré par voie orale (comprimés ou poudre solide) pour réduire la charge virale au niveau des poumons et ainsi améliorer la fonction pulmonaire.

Précédemment d’autres médicaments comme le Remdesivir de Gilead, l’Hydroxychloroquine (cher au très controversé Dr Raoult…), le Lopinavir et l'Interféron avaient été évalués par l’essai.  Mais les résultats ont montré ensuite que ces 4 traitements n’avaient "peu ou pas" d’effet sur les patients hospitalisés atteints du coronavirus…. D’ailleurs jusqu’à présent, les molécules antivirales testées étaient des médicaments "repositionnés", c'est-à-dire conçus pour une autre maladie (comme le Lopinavir contre VIH ou l’Hydroxychloroquine indiqué en rhumathologie) et qui n'ont pas fait preuve de leur efficacité une fois qu’ils ont été testés contre le coronavirus. 

S’il s’avère efficace après avoir passé toutes les phases-test, le Molnupiravir aura donc aussi un avantage majeur : les traitements anti-Covid déjà disponibles sont surtout dominés par les anticorps monoclonaux, des anticorps de synthèses permettant de répondre au Sars-Cov-2 chez les patients les plus gravement atteints, ou susceptibles de faire des formes graves. Mais ces traitements actuels sont administrés en intraveineuse, lors de passages à l'hôpital qui peuvent s'avérer assez contraignants (Pourquoi la pilule contre le Covid du laboratoire Merck pourrait être une avancée majeure - L'Express (lexpress.fr).

Si les dernières nouvelles sont encourageantes concernant l’efficacité du médicament de Merck, (testé sur des animaux ensuite sur des humains) certains spécialistes signalent toutefois qu’il est donc encore expérimental et qu’il faut aussi s’assurer qu’il ne provoque pas d’effets secondaires graves. "C’est un mutagène si puissant qu’il est soupçonné d’être toxique non seulement pour le virus mais pour la cellule hôte, avec un risque cancérigène." (Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des coronavirus). La solution serait alors de « millimétrer » le dosage pour qu’il soit efficace sans être toxique.

Que pourrait représenter le marché d’un médicament curatif comme le Molnupiravir contre le Covid- 19?

A priori, le marché des vaccins s'avère clairement plus important que celui des traitements, puisqu'il concerne toute la population, alors que les traitements ne sont administrés qu’à des personnes malades et/ou hospitalisées. Cependant les médicaments peuvent néanmoins représenter des montants financiers substantiels car ils coûtent généralement plus chers qu’un vaccin.

Ainsi on sait par exemple que l’Union Européenne paie une dose de vaccin Pfizer 24 USD (un peu plus de 20 euros). (Covid-19 : comprendre le prix d’un vaccin, de la recherche au flacon (lemonde.fr). Mais on sait aussi par ailleurs que Merck a passé un accord avec les Etats-Unis pour lui fournir une première livraison de 1,7 million de pilules Molnupiravir, contre 1,2 milliard de USD, soit environ 706 USD par dose (ou 609 euros)… à condition que les autorités approuvent ce traitement encore à l'essai bien entendu ! (Un nouveau médicament anti-Covid en vue aux Etats-Unis | Les Echos).

Et Merck semble optimiste quant à l’agréation de son nouveau médicament et promet de produire davantage de pilules d’ici la fin d’année. Enfin la société à, depuis avril, conclu des «accords de licence volontaires non exclusifs» avec des fabricants de génériques établis «afin d’accélérer la disponibilité du Molnupiravir dans plus de 100 pays à revenu faible et intermédiaire». (Le molnupiravir ravive l’espoir d’un traitement simple et efficace contre le Covid-19 – Libération (liberation.fr).

Stratégiquement, si Merck espère que son médicament deviendra un des plus gros blockbusters de l’industrie pharmaceutique (catégorie des médicaments vendus pour plus d’1 milliard USD), la société prend aussi de l’avance sur ses concurrents comme Pfizer. Cette dernière a annoncé il y a quelques jours avoir commencé un essai clinique pour sa propre pilule contre le Covid, afin de tester sa capacité à réduire l’infection. Et hier, la petite biotech israélienne Redhill Biopharma, cotée aux USA, a également annoncé que son propre candidat traitement s’est révélé efficace chez des patients hospitalisés et souffrant du coronavirus.

Vendredi, l’action Merck a donc bondi de 8.4% alors que dans le même temps Moderna perdait 11.4% et BioNTech (partenaire de Pfizer) 6.7%. Néanmoins il faut rappeler que Moderna a progressé de près de 226% depuis le début de l’année alors que Merck a eu un parcours beaucoup plus lymphatique en 2021 et ne gagne actuellement qu’environ 7.3%, y compris le gain important de vendredi et celui d’hier… Et comme on le voit sur le graphe ci-dessous, le cours de Merck n’a guère évolué depuis fin 2018.

Actuellement sur les 23 analystes qui suivent Merck, aucun ne vend, 6 "gardent" et 17 "achètent". L’objectif moyen des 23 analystes est d’environ 95 USD l’action, soit un potentiel d’environ 14% par rapport au cours actuel.

Nouvelles économiques et financières: L’OPEP+ ne change rien mais l’OMC augmente ses prévisions

Finalement les ministres du pétrole réunis au sein de l’OPEP+ ont décidé de ne rien changer à leur stratégie et donc de ne pas augmenter l’offre de pétrole, malgré la surchauffe des prix de celui-ci. L’effet a été logiquement immédiat sur les prix de l’or qui ont bondi de plus de 3% peu après l’annonce. Le prix du baril de Brent est donc remonté à 81.6 USD, un chiffre inédit depuis octobre 2018.

L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a relevé de son côté ses prévisions de croissance mondiale pour cette année et 2022. En 2021, le commerce mondial des marchandises devrait ainsi bondir de 10.8%, alors qu’en mars l’OMC prévoyait une croissance de "seulement" 8% ; en 2020, la chute avait été de 5.3%. Pour 2022, la croissance estimée passe de 4% à 4.7%.

Evolution des marchés boursiers : les marchés chutent, sauf les pétrolières

Tableau des principaux indices boursiers au 04/10/2021

En ce début octobre, les marchés boursiers européens ont poursuivi la lente descente entamée vendredi. L’indice Stoxx 600 Europe a ainsi abandonné 0.47%. Les investisseurs restent prudents face aux incertitudes sur la croissance économique, les tensions inflationnistes, les pénuries de matières premières et de composants et les déboires financiers d’Evergrande, le conglomérat géant chinois. Sans compter évidemment la surchauffe des prix de l’énergie, gaz, électricité mais aussi pétrole qui a connu hier une nouvelle poussée de fièvre comme signalé ci-dessus.

Grâce à la nouvelle flambée de celui-ci, le secteur de l’énergie a, de loin, enregistré la meilleure performance hier s’adjugeant 1.74% en clôture. On ne sera donc guère étonné de trouver, en tête des meilleures performances européennes de la journée, des actions du secteur pétrolier. Néanmoins, ce sont plutôt des outsiders qui se sont illustré davantage que des majors pétroliers. On trouve ainsi en 1ère place, l’équipementier franco-américain TechnipFMC (+6.5%), devant la suédoise Lundin Energy (+4.3%), la norvégienne Aker (+3.6%) ou encore la portugaise Galp Energia (+3.5%)…

Toujours dans le secteur de l’énergie, difficile de passer sous silence la belle performance de la belge Exmar (+6.2%), spécialisée dans le transport du gaz et dans les installations de gazéification, qui profite pleinement de la surchauffe des prix du gaz. En 2021, l’action Exmar gagne déjà près de 75%...

3 autres secteurs ont terminé de justesse dans le vert (gains compris entre 0.05 et 0.11%) : les soins de santé, la consommation de base et les services aux collectivités.

La majorité des secteurs reculaient donc hier, les technologiques en tête (-2.18%), négativement impactées par la nouvelle tension sur les taux longs américains. Les autres secteurs ont perdu entre 0.21% (les matériaux) et 1.24% (la consommation cyclique ou discrétionnaire).

Parmi les actions qui ont le plus lourdement chuté hier, on a noté le spécialiste danois de l’éolien Vestas (-7.3%) après que JP Morgan ait réduit son objectif de cours et ses estimations, notant que la société est confrontée à des défis en matière de logistique.

De son côté, la société de livraison à domicile Deliveroo a perdu aussi plus de 7%, les investisseurs se défiant des sociétés qui ont profité des confinements alors que ceux-ci s’éloignent de plus en plus…

A Wall Street, la séance a encore été plus douloureuse qu’en Europe, l’indice S&P perdant 1.30% et le Nasdaq 2.14%.

3 secteurs ont néanmoins gardé la tête hors de l’eau, et particulièrement évidemment l’énergie (+1.63%) grâce à l’envolée des prix du pétrole. Les services aux collectivités (+1.38%) et l’immobilier (+0.09%) complètent le podium. Comme en Europe, ce sont des actions pétrolières qui figurent donc en tête de liste des meilleures performances US hier : Devon Energy ( +5.3%), Diamondback Energy (+4.6%), Phillips 66 (+4.3%) et Marathon Oil (+4.1%).

A noter que Merck, dont nous parlons longuement ci-dessus dans notre « fait du jour » a encore gagné 2.1%.

Ce sont les actions de la nouvelle économie qui ont particulièrement enfoncé les indices, les actions technologiques chutant de 2.36% et les services de communication de 2.11%. Les taux longs américains approchent 1.5% et on sait que la hausse des rendements obligataires a un impact négatif pour les actions de croissance…

Parmi les principales victimes du jour on trouve ainsi Apple (-2.5%), Microsoft (-2.1%), Nvidia (-4.9%), Amazon (-2.9%), Alphabet (-2.1%), Twitter (-5.8%) ou encore Facebook (-4.9%). Cette dernière a par ailleurs souffert hier soir d’une panne mondiale massive de son réseau qui a aussi touché WhatsApp et Instagram. Et comme si ça ne suffisait pas, les révélations d’une lanceuse d’alerte on fait grand bruit en accusant Facebook de « choisir le profit plutôt que la sécurité », des recherches internes montrant qu’Instagram aurait des effets négatifs sur le moral des adolescentes…

Les autres secteurs ont terminé dans le rouge entre 0.35% (les matériaux) et 1.49% (les soins de santé).

Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui : Tokyo chute encore

Ce matin (6h30), les marchés asiatiques sont toujours marqués par la fermeture des bourses chinoises (long congé de fête nationale), à l’exception de Hong-Kong. Celle-ci ne bouge guère ce matin (+0.3%). Par contre Tokyo poursuit sa glissade des derniers jours et perd encore près de 2% à l’heure actuelle.

Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux indiquent actuellement un léger redressement des actions, tant en Europe qu’aux USA, lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, l’Allemagne publiera les chiffres du marché automobile en septembre. En zone euro, on aura les indices PMI pour le secteur des services. Aux Etats-Unis, on disposera des chiffres de la balance commerciale en août ainsi que de l’activité dans les services en septembre.

Au niveau des résultats de sociétés, Pepsico publiera ses résultats pour le 3e trimestre.

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