1ères sorties nettes de capitaux en actions en 2021, mais ça reste limité

À RETENIR:

  • Le fait du jour - 1ères sorties nettes de capitaux en actions en 2021, mais ça reste limité. La semaine passée, pour la première fois cette année, on a noté des sorties nettes de capitaux en actions. Le phénomène s’est très largement concentré sur les USA alors que l’Europe et l’Asie ont plutôt connu des rentrées nettes. Inversement, les investissements se sont plutôt orientés vers des placements plus défensifs. Mais il faut relativiser ces chiffres quant à l’importance des flux annuels en actions et de la valeur de la capitalisation boursière mondiale…
  • Nouvelles économiques et financières: Pour le 8e mois consécutif, l’inflation a augmenté en septembre en Belgique atteignant 2.86% (contre 2.73% en août). C’est évidemment à nouveau la poussée de fièvre des prix de l’énergie qui explique cela. Aux USA, selon l’EIA (l’agence américaine d’information sur l’énergie), les réserves commerciales de pétrole brut américain ont sensiblement augmenté (de 4.6 millions de barils) la semaine passée alors que le marché s’attendait à une baisse (de 2.5 millions de barils)!
  • À propos des marchés boursiers: Globalement hier, les marchés boursiers se sont quelque peu repris par rapport à leur chute marqué de mardi. Mais malgré une certaine détente sur les taux, les actions technologiques, très sensibles à ceux-ci, ont continué à légèrement glisser. Contrairement à la frilosité relative des marchés, certaines actions individuelles ont enregistré des performances marquées. Du côté des chutes, on aura noté celles de Royal Mail, HP ou Penn National Gaming. Parmi les meilleures performances, l’action américaine Dollar Tree s’est largement distinguée avec un bond de plus de 16%!
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (7h30), les marchés asiatiques évoluent sans direction très précise: Tokyo est presqu’à l’équilibre (-0.08%), Hong Kong baisse de 0.7% et Shanghai-Shenzhen progressent de 0.8%. Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux indiquent par contre actuellement un rebond assez marqué des indices boursiers tant en Europe qu’aux USA.
  • Aujourd’hui, au niveau économique, on sera notamment attentif au chiffre du chômage en août en zone euro. Après-midi plusieurs statistiques américaines seront publiées: le PIB définitif pour le 2e trimestre, les demandes hebdomadaires d’allocation de chômage, l’activité manufacturière en septembre pour la région de Chicago. Les opérateurs seront aussi à l’écoute, en fin de journée, du discours sur l’économie du président de la FED de Chicago. Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres seront suivis par les investisseurs et notamment Floridienne, Warehouses Estates Belgium ou encore H&M.

Le fait du jour - 1ères sorties nettes de capitaux en actions en 2021, mais ça reste limité

Comme l’ont souligné plusieurs médias financiers, dont Investir/Les Echos, "La semaine dernière, les actions mondiales ont subi des sorties nettes de capitaux sous le coup de ventes en Europe mais surtout aux États-Unis, d’après Bank of America Securities (BofA). La flambée des coûts d’expédition et des prix du gaz fait peser un risque sur la croissance à un moment où la Fed va commencer à ralentir son soutien à l’économie et que le nouveau New Deal de 3.500 milliards de dollars voulu par Joe Biden est en difficultés au Congrès". Craintes de stagflation: des sorties nettes de capitaux sur les actions mondiales pour la première fois cette année, Analyses et opinions - Investir-Les Echos Bourse.

Graphique : 1st outflow for global equities in '21

Concrètement, comme on le voit sur le graphe ci-contre, et pour la 1ère fois en 2021, les actions mondiales ont subi des sorties nettes de capitaux la semaine dernière. Ce sont 24,2 milliards USD (dont 20,2 milliards sur les ETFs ou trackers) qui ont été retirés du marché, un montant inédit depuis mars 2020.

Aux États-Unis (-28,6 milliards USD), il s’agit de la plus importante sortie de capitaux depuis février 2018, largement gonflée par les dégagements quasi-historiques dans les fonds "infrastructures" provoqués par le pessimisme grandissant autour du plan de 3.500 milliards de USD voulu par le président américain Joe Biden et qui a bien du mal à convaincre le Congrès.

Mais on voit, sur les deux graphes suivants, que ces sorties nettes de capitaux ont non seulement touché les fonds "infrastructures", mais aussi les autres secteurs comme par exemple les fonds "technologiques", ceux-ci étant beaucoup plus importants vu le poids du secteur "tech" aux USA:

Graphiques: 2nd biggest outflox ever from infrastructure funds and 1st outflow from tech funds since jun'21

Inversement, les investisseurs ont récemment privilégié les liquidités en y investissant 39,6 milliards USD, selon Bank of American, citant les données de la société EPFR (Emerging Portfolio Fund Research). Les fonds obligataires ont quant à eux enregistré des entrées de 10 milliards USD. Global equity funds see their first outflows in 2021 - BofA | Reuters. Plus anecdotique, les investisseurs ont acheté, sur la même période, pour 84 millions USD en or

Moins d’actions, plus d’obligations et de cash, voire d’or: les investisseurs ont donc été plus défensifs les derniers jours. Néanmoins, le constat doit être nuancé car les sorties nettes de capitaux au niveau mondial sont très largement concentrées sur les États-Unis. En effet, même si les montants sont moindres, les fonds d’actions japonais et des marchés émergents ont enregistré des rentrées, ce qui a aussi été le cas pour l'Europe, qui a d’ailleurs connu son plus grand rachat d’actions depuis décembre 2020 avec 1,8 milliard USD.

Par ailleurs, même après les sorties d'actions de la semaine dernière, les clients privés de BofA restent fortement exposés aux actions, avec environ 65% des actifs sous gestion investis dans cette classe d'actifs. En revanche, l'allocation aux obligations n'est que de 18%, selon la banque américaine.

Il faut aussi replacer les montants évoqués ci-dessus de manière plus globale. On voit ainsi sur le tableau ci-dessous que les échanges mondiaux d’actions au 2e trimestre 2021 ont atteint 37.69 trillions USD (un trillion étant égal à des milliers de milliards); et ceux-ci ont été davantage acheteurs que vendeurs, dans la foulée de la hausse des marchés depuis la chute de mars 2020.

Tableau: valeur des échanges mondiaux d'actions du 1er trimestre 2017 au 2ème trimestre 2021

Quant à la taille du marché boursier mondial, représenté par environ 48.000 sociétés dans le monde, la capitalisation boursière totale atteint actuellement 109 trillions (ou milliers de milliards) USD, les bourses américaines (Nyse et Nasdaq essentiellement) représentant près de la moitié de cette valeur (Source: Welcome to the future of markets | The World Federation of Exchanges (world-exchanges.org)).

Enfin, et même si des sorties nettes de capitaux en actions ont effectivement été constatées ces derniers jours, l’effet "TINA" (There Is No Alternative) continue à jouer en faveur des actions, les placements plus défensifs classiques (carnets d’épargne, comptes à terme, obligations,…) étant moins rémunérateurs.

D’ailleurs, pour prendre un simple exemple, le rendement annualisé des actions aux États-Unis de 2000 à 2020 s'est élevé à 5,7%, tandis que les obligations américaines ont enregistré un rendement de 4,8% au cours de la même période…

Nouvelles économiques et financières: L’inflation belge à 2.86% en septembre

Pour le 8e mois consécutif, l’inflation a augmenté en septembre en Belgique atteignant 2.86% (contre 2.73% en août). C’est évidemment à nouveau la poussée de fièvre des prix de l’énergie qui explique cela. Si on retire cet élément, de même que d’autres éléments volatils comme les aliments non transformés, l’inflation atteint 1.61%, en baisse par rapport au mois d’août (1.65%).

Selon l’EIA (l’agence américaine d’information sur l’énergie), les réserves commerciales de pétrole brut américain ont sensiblement augmenté (de 4.6 millions de barils) la semaine passée alors que le marché s’attendait à une baisse (de 2.5 millions de barils)!

Évolution des marchés boursiers: L’Europe a un peu rebondi, Wall Street mitigée

Tableau des principaux indices boursiers au 30/09/2021

Les marchés boursiers européens se sont quelque peu repris hier, après la chute de plus de 2% actée mardi. C’est dû pour partie à ce qui est appelé communément un "rebond technique" mais aussi à une légère détente sur les taux à 10 ans qui avaient connu une brusque poussée de fièvre avant-hier.

L’indice Stoxx 600 Europe a ainsi gagné 0.60% hier. Mais même si la "température" des taux a un peu diminué hier, les actions technologiques ont à nouveau souffert le plus, le secteur perdant 0.88%, le semiconducteurs étant particulièrement à la traîne. ASLM, l’action vedette de ce secteur, a corrigé de 2.6% après avoir déçu certains analystes quant à ses nouvelles perspectives à long terme. Ainsi par exemple, l’indication d’un CAGR (taux de croissance annuel composé) d'environ 11% sur 2020-2030 implique une trajectoire au-delà de 2025 qui est "plus conservatrice" que les attentes de Citi.

2 autres secteurs ont fini dans le rouge, mais de manière plus limitée, l’immobilier perdant 0.26% et les services aux collectivités 0.15%. Il faut néanmoins constater que les 3 secteurs en baisse hier sont des secteurs réputés sensibles aux taux. Malgré la détente de ceux-ci observée hier, il semble donc que les investisseurs continuent à  craindre la hausse des taux…

Du côté des secteurs au rebond, 4 secteurs ont affiché une hausse de plus d’un pourcent: les soins de santé (+1.35%), les financières (+1.16%), la consommation cyclique (+1.10%) et la consommation de base (+1.05%).

Au niveau individuel, la société postale anglaise Royal Mail a chuté de 8.8% après qu'UBS a réduit sa recommandation de "acheter" à "vendre", s'attendant à ce que les pénuries de main-d'œuvre au Royaume-Uni et les pressions de l'inflation salariale nuisent aux marges bénéficiaires de l'entreprise.

Du côté des gains, AstraZeneca a bondi de 4.2%. 2 raisons expliquent cette surperformance. D’une part Crédit Suisse a confirmé ce matin son conseil à "surperformer" avec un objectif de cours de 9000 pences, après qu’AstraZeneneca a annoncé les principaux résultats positifs d'une analyse intermédiaire planifiée de son essai de phase 3 PROpel dans le cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC). D’autre part, AstraZeneca a annoncé qu’il allait prendre le contrôle total de Caelum Biosciences (l’accord portant sur 500 millions USD). L’opération lui donnera l’accès à un médicament, potentiellement lucratif, contre les maladies rares, ce statut lui permettant un examen accéléré par les autorités sanitaires américaines.

Autre gain notoire hier, celui de la société anglaise de vêtements Next (+3.9%) après avoir annoncé des résultats meilleurs que prévus et revu à la hausse ses prévisions bénéficiaires.

A Wall Street, la séance boursière a été mitigée. Si l’indice S&P 500 a très légèrement augmenté par rapport à mardi (+0.16%), l’indice Nasdaq a encore un peu accentué sa baisse (-0.24%). Il est vrai qu’aux USA, outre les éléments déjà évoqués, il y a un autre souci, purement américain: il n’y a toujours pas d’accord au Congrès sur le plafond de la dette. Si les dernières années Républicains et Démocrates ont toujours pu trouver un terrain d’entente pour ce problème récurrent, depuis la dernière élection présidentielle, à couteaux tirés, l’exercice est "un peu" plus compliqué…

La différence de comportement entre l’indice S&P 500 et le Nasdaq s’explique en grande partie par l’évolution des actions  technologiques et des services de communication. Celles-ci ont reculé de 0.10% et 0.21% respectivement dans le S&P 500 où elles comptent globalement pour environ 38.7% de l’indice. Si ce poids est important, les autres secteurs, quasiment tous en hausse (sauf les matériaux - 0.39%), ont pu compenser ce débours. Par contre, pour l’indice Nasdaq beaucoup plus technologique ça n’a pu être le cas…

Parmi la majorité de secteurs au rebond, les services aux collectivités ont pris 1.3%, devant la consommation de base (0.87%), les soins de santé (+0.77%) et l’immobilier (+0.66%). Les industrielles, les financières et la consommation cyclique ont à peine fait mieux que la veille avec des hausses comprises entre 0.05 et 0.08%.

Individuellement, l’action HP a le plus lourdement chuté (-4.4%): elle a été rétrogradée de "surpondération" à "neutre" chez JP Morgan, qui a constaté un ralentissement des éléments porteurs pour le marché des ordinateurs personnels grand public. A noter aussi la correction de 3.8% de Penn National Gaming (casinos) après que le marché a pris connaissance du fait que le fonds Goldman Sachs Small Cap Equity Insights a abandonné sa position dans la société au cours de la période du 30 avril au 30 juillet, selon des données analysées par Bloomberg.

Du côté des vainqueurs du jour, l’action Dollar Tree (distribution) a bondi de 16.5% après l'annonce de l'arrivée de nouveaux produits à prix plus élevés. Jusqu’à présent ce distributeur "low cost" était réputé pour ses produis à 1 USD; dorénavant il en proposera aussi à 3 et 5 USD… Par ailleurs, la société a annoncé hier que son conseil d'administration a augmenté l'autorisation de rachat d'actions de la société, grâce à une trésorerie abondante, de 1,05 milliard USD pour atteindre un montant total de 2,5 milliards de USD.

L’action pharmaceutique Eli Lilly (+4%) a quant à elle bénéficié du relèvement d’objectif d’un analyste de Citi. Enfin l’action Cabot Oil (+3.4%) a profité de l’approbation de la fusion avec Cimarex Energy, selon un accord initial de mai 2021. Les deux sociétés sont très actives dans la production de gaz dont les prix flambent depuis quelques mois…

Les tendances boursières du jour: l'Asie incertaine, les futures au rebond

Ce matin (7h30), les marchés asiatiques évoluent sans direction très précise: Tokyo est presqu’à l’équilibre (-0.08%), Hong Kong baisse de 0.7% et Shanghai-Shenzhen progressent de 0.8%.

Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux indiquent actuellement un rebond assez marqué des indices boursiers tant en Europe qu’aux USA.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, on sera notamment attentif au chiffre du chômage en août en zone euro. Après-midi plusieurs statistiques américaines seront publiées: le PIB définitif pour le 2e trimestre, les demandes hebdomadaires d’allocation de chômage, l’activité manufacturière en septembre pour la région de Chicago. Les opérateurs seront aussi à l’écoute, en fin de journée, du discours sur l’économie du président de la FED de Chicago.

Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres seront suivis par les investisseurs et notamment Floridienne, Warehouses Estates Belgium ou encore H&M.

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