Les actifs immatériels, de plus en plus importants, boostent la croissance des sociétés

A RETENIR:

  • Le fait du jour – Les actifs immatériels, de plus en plus importants, boostent la croissance des sociétés. Différentes études démontrent que, depuis quelques années, la part des actifs immatériels ou intangibles a explosé dans la valeur du bilan, et donc dans la valorisation d’une société. C’est un constat très important, notamment car il est prouvé que les sociétés qui mettent en avant ce type d’actif ont une croissance beaucoup plus vigoureuse que les autres! Mais d’un autre côté nombre de sociétés sous-estiment cette valeur et sous-assurent les actifs immatériels à l’inverse des actifs tangibles comme l’immobilier, les machines ou le charroi par exemple… Explications et détails ci-dessous.

  • Nouvelles économiques et financières: Hier mardi, l’indice du Conference Board a montré une baisse inattendue de la confiance du consommateur américain en septembre. Durant l’après-midi, lors du Forum des banques centrales organisé par la BCE, sa présidente, Christine Lagarde a réitéré l’appel à ne pas réagir de façon exagérée à l’inflation qui n’est toujours considérée que temporaire. Elle a ajouté "Nous n’observons aucun signe montrant que cette augmentation de l’inflation est en train de se généraliser à l’ensemble de l’économie". Enfin l’OPEP a ajusté, très légèrement à la baisse, ses perspectives pour la demande pétrolière mondiale pour les décennies à venir.

  • A propos des marchés boursiers: La journée d’hier a été une des plus mauvaises de ces dernières semaines, les indices chutant de plus de 2% tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Outre le ralentissement économique chinois et les craintes inflationnistes, les marchés ont été pénalisé par la poussée de fièvre des rendements obligataires. Le secteur technologique, très sensible aux taux, a le plus chuté alors qu’inversement le secteur de l’énergie a réussi à terminer dans le vert, favorisé par des prix du pétrole ayant dépassé momentanément les 80 USD le baril. Une première depuis 3 ans…

  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (7h30), les marchés asiatiques sont aussi en repli. Tokyo baisse de 2% alors que Hong Kong et Shanghai-Shenzhen limitent leur baisse à respectivement 0.4 et 1%. Mais il est vrai que les bourses chinoises sous-performent déjà nettement cette année… Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux montrent par contre actuellement un rebond des indices à l’ouverture, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

  • Aujourd’hui, au niveau économique, Aujourd’hui, au niveau économique, on aura l’indice du sentiment économique et du climat des affaires pour la zone euro en septembre. Après-midi, on disposera du chiffre des stocks hebdomadaires de pétrole aux USA ainsi que les promesses de ventes de logements américains pour le mois d’août. Au niveau des résultats de sociétés, on découvrira les résultats du premier semestre de sociétés « small ou mid caps » comme Fluxys, Marie Brizard, Next, Beneteau ou encore Genfit.

Le fait du jour – Les actifs immatériels, de plus en plus importants, boostent la croissance des sociétés

image d'illustration

En juin dernier, à l’occasion du salon Viva Technology 2021, McKinsey Global Institute (MGI) a dévoilé son étude annuelle mondiale sur la place des actifs immatériels, ou intangibles, dans la croissance des entreprises baptisée "Getting tangibles about intangibles. The future of growth and productivity?". Getting tangible about intangibles: The future of growth and productivity? | McKinsey.

La conclusion est que l’investissement dans le capital immatériel est corrélé avec la croissance des entreprises.

Avant d’aller plus loin, il peut être utile de rappeler la différence entre actifs tangibles et intangibles au sein d’une société. A l’actif du bilan d’une société, une partie est tangible ou matérielle ou "réelle": on retrouve ainsi dans cette rubrique les terrains, les immeubles, les camions et machines, les ordinateurs, le mobilier de bureau, les stocks,…

Mais l’actif comprend aussi une partie intangible ou immatérielle: on ne parle donc pas de biens physiques mais d’actifs dont l’existence, et la valeur, se justifient par les droits qu’ils confèrent à la société propriétaire. On retrouve dans cette catégorie les brevets, les permis d’exploitation, les marques, les dessins et modèles, les droits d’auteur et de reproduction mais aussi les logiciels et les bases de données.

Or différentes études ont démontré que la part de ces actifs intangibles dans la valeur des sociétés a explosé ces dernières années, en particulier aux Etats-Unis. Comme on le voit ainsi sur le tableau suivant, les actifs intangibles ne représentaient que 17% du bilan d’une société de l’indice S&P 500 américain en 1975 mais représentaient par contre 90% en 2020! A noter que cette tendance est également valable pour l'indice S&P Europe 350, bien que dans une moindre mesure, avec une augmentation de 71% en 2015 à 74% en 2020.

Graphique: valeur des actif S&P500

Concrètement, la valeur des actifs incorporels ou intangibles dans le S&P 500 est passée de 122 milliards USD en 1975 à 21.003 milliards USD en 2018. Une partie de l’explication tient dans l’évolution de la composition de l’indice S&P 500. Nous avons évoqué cela dans notre chronique du 15 septembre dernier ("Les marchés boursiers ont fort monté et sont chers…". Vraiment? - Private Banking CBC).

Rappelons ainsi qu’en 1995, les principales actions de l’indice faisaient partie de secteurs très différents sans que l’on voie une domination particulière de l’un d’entre eux. Toutefois la "vieille économie" ou "économie classique" était largement représentée avec General Electric, ExxonMobil, Coca-Cola, Wal-Mart, Altria-Philip Morris, Merck, Procter & Gamble, etc. Et parmi ces sociétés, les actifs tangibles sont encore très importants (immobilier, usines, machines, charroi,…). En 2020, changement de décor assez radical, les fameux GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) occupent sans contestation les 5 premières places, le secteur technologique se taillant donc la part du lion de l’indice. Et dans le chef des sociétés technologiques, les biens immatériels sont très importants : brevets, logiciels, bases de données,… Et par ailleurs leurs marques sont parmi les mieux valorisées au monde (Apple, Microsoft, Google, …). Cet état de fait est bien illustré dans le tableau suivant:

Tableau: value intangibles s&p 500

L’étude de Mc Kinsey a démontré que les secteurs qui ont le plus investi dans les biens incorporels ont enregistré une croissance plus élevée de leur Valeur Ajoutée Brute (VAB), de plus de 2,7% par an, soit 28% de plus que les autres secteurs !

Mais le secteur technologique n’est pas le seul concerné (voir tableau suivant), même s’il est clairement un fer de lance, en particulier aux USA. Outre ce secteur, il y en a effectivement d’autres qui ont déjà commencé à investir dans les 25 dernières années assez fortement dans les actifs immatériels: les services financiers (banques et assurances), la communication, les médias et les loisirs par exemple.

Tableau: 10 principales actions indice MSCI Frontier Markets

Et plus précisément, les entreprises les plus performantes investissent 2,6 fois plus dans l’immatériel que les moins performantes, tous secteurs confondus.

Par secteur, le constat est aussi intéressant. Ainsi dans les secteurs financiers par exemple, "ceux qui croissent le plus investissent 5,5 fois plus que les autres, 5,2 fois plus dans le secteur de la télécommunication, des médias et de la technologie et 8 fois plus dans le retail", selon Eric Hazan de Mc Kinsey.

"La menace qui pèse sur les actifs incorporels d'une entreprise n'est toujours pas en adéquation avec la protection d'assurance de ces entreprises", a déclaré Lewis Lee, PDG d'Aon IP Solutions. (2019 Intangible Assets Financial Statement Impact Comparison Report | Aon). "L'enquête mondiale 2019 d'Aon sur la gestion des risques a révélé que la cyber-responsabilité et les risques liés à la propriété intellectuelle figurent parmi les principaux risques commerciaux auxquels les entreprises sont confrontées aujourd'hui. Selon Aon, le manque de reconnaissance de la valeur des actifs incorporels signifie que les grandes entreprises sont probablement sous-assurées - en assurant les mauvais actifs. Ainsi bien que la perte potentielle moyenne soit plus importante pour les actifs immatériels, les actifs tangibles bénéficient d'une couverture d'assurance beaucoup plus élevée (60% en moyenne contre 16% seulement pour les actifs intangibles)…

Pour conclure, notre société est d’une part, de plus en plus technologique, et d’autre part, de plus en plus immatérielle. De ce dernier point de vue, que représenterait ainsi la valeur de Facebook ou Netflix sans leur énorme base de données de clients ? Que dire aussi d’actifs immatériels comme la valeur d’une marque (voir à ce propos notre chronique du 2 mars: Après l’euphorie hier, baisse en Asie - Que vaut une marque? - Private Banking CBC) qui prend de plus en plus d’importance. La marque « Apple » valait ainsi 140 milliards USD en 2020 et 263 milliards USD cette année…

Il faudra donc davantage, dès maintenant et à l’avenir, tenir compte de cette évolution technologique et immatérielle pour mieux appréhender et valoriser les sociétés cotées.

Nouvelles économiques et financières: chute surprise de la confiance du consommateur US

Hier mardi, l’indice du Conference Board a montré une baisse inattendue de la confiance du consommateur américain en septembre. Cet indice a reculé pour le 3e mois consécutif et a atteint 109.3 points contre 115.2 points en août. C’est le niveau le plus bas depuis 7 mois.

Durant l’après-midi, lors du Forum des banques centrales organisé par la BCE, sa présidente, Christine Lagarde a réitéré l’appel à ne pas réagir de façon exagérée à l’inflation qui n’est toujours considérée que temporaire. Elle a ajouté "Nous n’observons aucun signe montrant que cette augmentation de l’inflation est en train de se généraliser à l’ensemble de l’économie".

Enfin l’OPEP a ajusté, très légèrement à la baisse, ses perspectives pour la demande pétrolière mondiale pour les décennies à venir. Selon l’organisation des pays exportateurs de pétrole, entre 2020 et 2045, la demande va augmenter de 17,6 millions de barils par jour pour atteindre 108,2 millions par jour à cette échéance.

Evolution des marchés boursiers : Fort recul des marchés impactés par la hausse des taux

Tableu des principaux indices boursiers au 29/09/2021

La forte hausse des rendements obligataires – en anticipation d’une réduction des soutiens des banques centrales - ces derniers jours fait chuter les marchés boursiers. Le taux allemand à 10 ans est remonté à -0.20% alors que son homologue américain a dépassé 1.53%. Par ailleurs les marchés s’inquiètent des signes de ralentissement de l’économie en Chine et d’une inflation amenée à rester élevée les prochains mois selon J. Powell (président de la FED), d’autant que les prix du pétrole restent très fermes.

L’indice Stoxx 600 Europe a ainsi corrigé de 2.18%, la perte depuis le début du mois de septembre atteignant presque 4%.

Un seul secteur a échappé au marasme ambiant, l’énergie (+0.92%) bénéficiant d’un prix du pétrole toujours alerte. En journée, le prix du baril de Brent a d’ailleurs atteint 80.75 USD, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis près de 3 ans.

Tout à fait à l’opposé, c’était la soupe à la grimace pour le secteur technologique qui a chuté de presque 5%. Il faut rappeler que les actions de ce secteur sont très sensibles aux taux d’intérêt car, lorsque ceux-ci se tendent, les importants résultats futurs se voient pénalisés par le calcul d’actualisation.

Les autres secteurs ont baissé entre 2.9% (immobilier) et 0.7% (consommation de base). Vu le sauve-qui-peut quasi généralisé, difficile hier de sortir précisément l’une ou l’autre valeur baissière.

Par contre, du côté des rares satisfactions du jour, mentionnons d’abord la pétrolière norvégienne Equinor (+3.4%) précédant Carrefour (+2.7%). Le cours de cette dernière a été influencé par des rumeurs d’intérêt : selon le blog Betaville, relayé par le journal Les Echos, le groupe de distribution français pourrait être la cible d’un acquéreur potentiel, dont l’identité reste incertaine… 

Wall Street a évidemment eu le même comportement que les marchés boursiers européens, les facteurs d’inquiétude étant identiques… Bref l’indice S&P 500 a aussi nettement terminé dans le rouge (-2.04%) alors que l’indice Nasdaq, à connotation plus technologique chutait encore davantage (-2.83%).

La poussée, momentanée, des prix du pétrole au-delà de 80 USD le baril a eu le même effet sur la bourse américaine, le secteur de l’énergie a été le seul à sortir la tête hors de l’eau (+0.46%). A noter pourtant que ce matin, le prix du pétrole s’est sensiblement dégonflé par rapport à hier en journée, soit à moins de 78 USD le baril de Brent…

Les actions technologiques ont par contre perdu le plus (-3%), devant les services de communication (-2.79%), ces deux secteurs subissant le contrecoup des taux d’intérêt plus élevés, comme expliqué ci-dessus. 2 actions technologiques, du segment des semiconducteurs, figurent parmi les principales baisses du jour, Applied Material (-6.9%) et AMD (-6.1%).

Les autres secteurs ont reculé entre 0.6% (immobilier) et 2% (consommation cyclique).

Parmi les actions individuelles qui ont bien performé hier, outre les valeurs pétrolières (comme Schlumberger +2.4% ou ConocoPhillips +1.6%) nous avons relevé 2 titres du secteur des jeux vidéo, Activision Blizzard +1.7% et Electronic Arts +1.4%, une étude récente ayant à nouveau montré le potentiel de croissance de ce secteur.

Les tendances boursières du jour : l’Asie en baisse mais rebond des contrats à terme occidentaux

Ce matin (7h30), les marchés asiatiques sont aussi en repli. Tokyo baisse de 2.6% alors que Hong Kong et Shanghai-Shenzhen limitent leur baisse à respectivement 0.2% et 0.9%. Mais il est vrai que les bourses chinoises sous-performent déjà nettement cette année…

Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux montrent par contre actuellement un rebond des indices à l’ouverture, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, on aura l’indice du sentiment économique et du climat des affaires pour la zone euro en septembre. Après-midi, on disposera du chiffre des stocks hebdomadaires de pétrole aux USA ainsi que les promesses de ventes de logements américains pour le mois d’août.

Au niveau des résultats de sociétés, on découvrira les résultats du premier semestre de sociétés « small ou mid caps » comme Fluxys, Marie Brizard, Next, Beneteau ou encore Genfit.

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