Les prix de l’aluminium flambent et ça pourrait durer… Raisons et conséquences boursières

A RETENIR:

  • Le fait du jour – Les prix de l’ aluminium flambent et ça pourrait durer… Raisons et conséquences boursières. Depuis le début de l’année l’aluminium a plus augmenté que tout autre non ferreux (cuivre, zinc, nickel,…). Il y a des raisons ponctuelles et exogènes (incendie d’une usine, coup d’état en Guinée,…). Mais surtout la demande est de plus en plus forte – notamment due à la transition énergétique - alors que l’offre peine à suivre, essentiellement à cause de restrictions en Chine, premier producteur mondial. Nous détaillons et expliquons tous ces points ci-dessous.
  • Nouvelles économiques et financières: Au Royaume-Uni, l’inflation a accéléré en août, atteignant 3.2% sur 12 mois contre seulement 2% en juillet par rapport au 12 mois précédents. La production industrielle en zone euro a bondi de manière plus importante qu’anticipée, soit +1.5% d’un mois à l’autre été +7.7% sur un an. Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole brut ont par contre diminué plus que prévu; suite à la nouvelle, les prix du pétrole ont logiquement bondi, le Brent dépassant ainsi allègrement les 75 USD le baril. La production manufacturière américaine a ralenti conformément aux attentes en août, à cause notamment de l’impact de l’ouragan Ida. Enfin, l’activité manufacturière de la région de New York – mesurée par l’indice "Empire State" de la FED – a augmenté de 16 points en septembre.
  • A propos des marchés boursiers: l’Europe a reculé hier, les statistiques chinoises publiées tôt le matin ayant impacté le moral des investisseurs. Le secteur européen des services aux collectivités a à nouveau subi la décision du gouvernement espagnol de s’en prendre aux bénéfices des sociétés d’électricité. Par contre, le secteur de l’énergie a profité de la nouvelle hausse des prix pétroliers. Ce secteur a d’ailleurs bondi de presque 4% à Wall Street qui, à l’inverse du vieux continent, a terminé en hausse. Les investisseurs ont plutôt apprécié les dernières statistiques confirmant la vigueur de l’économie US avec une inflation maitrisée.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (7h30), les marchés boursiers asiatiques sont toujours moroses. Le Japon baisse de 0.6%, Hong Kong de 1.7% et Shanghai-Shenzhen de 0.5%. Les actions asiatiques pâtissent de la crise de la dette du groupe chinois Evergrande et des dernières mesures prises par Pékin pour contrôler les industries privées. Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux sont partagés: l’Europe pourrait ouvrir en hausse alors que ce serait l’inverse outre-Atlantique.
  • Aujourd’hui, au niveau économique, on disposera de plusieurs données en provenance de la zone euro (balance commerciale de juillet, immatriculations de véhicules neufs en août). Mais on prendra surtout connaissance des inscriptions au chômage aux USA pour la semaine se terminant le 11 septembre. Toujours aux Etats-Unis on connaîtra l’indice d’activité manufacturière dit "Philly FED" en septembre ainsi que les ventes au détail pour le mois d’août. Au niveau des résultats de sociétés, pas de résultat important ce jeudi.

Le fait du jour – Les prix de l’aluminium flambent et ça pourrait durer… Raisons et conséquences boursières

En 2021, parmi les métaux non ferreux, l’aluminium écrase la concurrence, ni les prix du zinc, du nickel, ni même ceux du cuivre n’ont monté aussi fort que ceux du "métal vert", un surnom que certains lui donnent parfois pour ses qualités de durabilité et de recyclage à 100%. Historiquement, le prix de l’aluminium est même au plus haut depuis juin 2008. Notons que les sociétés liées à l’aluminium font partie du secteur des matériaux, nous y reviendrons par la suite.

Graphique: évolution cours de l'aluminium, du cuivre, du nickel et du zinc

Qu’est-ce qui explique cette flambée des prix? Cela va-t-il durer? Quelles sont les conséquences pour les secteurs qui y sont liés? Nous allons répondre à ces différentes questions dans les lignes qui suivent.

L’aluminium est l’élément métallique le plus abondant de la croûte terrestre après le silicium et le second métal le plus utilisé après le fer. Il est particulièrement apprécié pour sa malléabilité, sa résistance naturelle à la corrosion ainsi que son rapport légèreté/solidité. (L’aluminium dans la transition énergétique: quel avenir pour ce métal "roi du monde moderne"? | IFPEN (ifpenergiesnouvelles.fr)). Ce métal est incontournable et vital dans nos sociétés modernes et surtout utilisé, comme on le voit sur le tableau ci-dessous dans les secteurs du transport et de la construction, soit 51% du total. Mais les secteurs du conditionnement (emballage), électrique et électronique sont aussi de gros consommateurs.

Graphique: utilisation de l'aluminium par secteur

Toutefois comme le souligne très justement l’IPFEN, l’aluminium est aussi employé de façon croissante dans les technologies de la transition bas-carbone. On le retrouve ainsi dans le packaging des batteries, en tant que cathode dans les batteries Lithium Nickel Cobalt oxyde d’Aluminium (NCA) et dans les piles à combustible alimentées à l’hydrogène.

Et en raison de sa légèreté, c’est un élément privilégié des nacelles et des pales d’éoliennes et on retrouve également l’aluminium dans les aimants permanents. En ce qui concerne les panneaux photovoltaïques, il est aussi largement utilisé pour les cadres et les onduleurs.

Les infrastructures de raccordement électriques sont d’autre part friandes de ce métal.

Enfin c’est un élément massivement employé dans le domaine de la mobilité en raison de sa légèreté (il est 3 fois plus léger que l’acier) ainsi que de sa résistance.

Si comme on l’a vu ci-dessous, l’aluminium est abondant sur terre, il n’est pas exploitable directement. Et s’il fait partie de nombreux minéraux, c’est difficile de l’en extraire, raison pour laquelle seule la bauxite est exploitée pour la production d’aluminium.

Via le schéma ci-dessous, on découvre alors la chaine de valeur de l’aluminium à partir de l’extraction de la bauxite. Celle-ci, qui est un minerai qui a une forte teneur en alumine et en oxydes de fer, est raffiné pour donc disposer d’un produit intermédiaire. L’alumine qui est résulte est fondue pour donner de l’aluminium pur appelé "aluminium primaire". Il faut environ 4 à 5 tonnes de bauxite pour produire 2 tonnes d’alumine, nécessaire à l’extraction d’1 tonne d’aluminium. Celui-ci est alors transformé et utilisé dans les secteurs évoqués ci-dessus. L’"aluminum secondaire" est celui résultant du recyclage et qui est renvoyé dans le circuit.

Tableau: la chaîne de valeur de l'aluminium

La question qui vient alors directement à l’esprit: où se trouvent les principaux gisements de bauxite. Le schéma suivant montre quels sont les principaux pays producteurs au monde et où se trouvent les réserves. On remarque tout de suite qu’un trio produit plus de 2/3 de bauxite dans le monde, l’Australie (29.6%), la Guinée (22.1%) et la Chine (16.2%). Quant aux réserves, les plus abondantes se situent en Guinée (24.9%), devant l’Australie (17.2%) et le Vietnam (12.5%).

Carte: production et réserves mondiales de bauxite en 2020

Récemment (le 5 septembre), un coup d’Etat a eu lieu en Guinée. Vu l’importance que ce petit pays d’Afrique de l’Ouest représente pour la bauxite (en termes de production et de réserves), cela a encore accentué la nervosité dans le secteur de l’aluminium et fait davantage monter les cours! Comme la souligné Les Echos, "Ce coup d'Etat s'inscrit dans l'histoire tourmentée de ce pays pauvre, malgré des ressources minérales et hydrologiques considérables, dirigé pendant des décennies depuis l'indépendance de 1958 par des régimes autoritaires ou dictatoriaux, et coutumier des actions brutales de ses forces armées". (Guinée: les putschistes essayent de rassurer | Les Echos).

Le colonel Mamady Doumbouya, chef des forces spéciales et nouvel homme fort du pays et les militaires qui ont renversé dimanche le président guinéen Alpha Condé assurent qu'ils respecteront tous les engagements internationaux du pays, notamment les conventions dans le secteur minier, et s'engagent à favoriser les investissements étrangers dans le pays.  Mais si Goldman Sachs estime ainsi que les troubles politiques n'auront pas d'impact sur la bauxite, les analystes craignent néanmoins que les tensions régionales ne génèrent de nouveaux goulets d'étranglement logistiques.(Les cours de l'aluminium au plus haut depuis 2008 | Les Echos).

Car en fait, les incertitudes concernant la production de bauxite guinéenne, ne représentent que le dernier élément expliquant l’explosion des cours de l’aluminium.

D’autres facteurs ont poussé les cours de l’aluminium de plus en plus haut:

  • En premier lieu, évidemment, la demande d’aluminium a fortement augmenté consécutivement à la reprise économique; de nombreux secteurs (construction, automobile, emballage, électronique,…) sont très demandeurs comme on l’a vue;
  • Les problèmes logistiques de la chaine d’approvisionnement ont aussi joué un rôle;
  • L'incendie, le 25 août dernier, qui a endommagé une partie de la raffinerie d'alumine Jamalco en Jamaïque a entraîné la fermeture pour une durée indéterminée de l’usine, qui est la deuxième plus grande de Jamaïque avec une production de 1,4 million de tonnes d'alumine par an, ce qui a encore resserré l'offre du métal sur le marché mondial (Jamalco fire helps to push aluminium price near 3-year high (jamaicaobserver.com)).
  • Quelques semaines auparavant, en juillet, Rio Tinto avait fait savoir qu’elle avait commencé à réduire la production de son usine d'aluminium BC Works de Kitimat, au Canada, en raison d'une grève déclenchée par le syndicat Unifor, après l'échec des négociations en vue de conclure une nouvelle convention collective. La production sera ainsi réduite à environ 35% de la capacité annuelle de 432.000 tonnes de l'usine d'électrolyse (BC Works (Kitimat) smelter reduces production following strike (riotinto.com).
  • Le prix du carbone et de l’électricité, qui se sont envolés les derniers temps, gênent les fonderies européennes.

Mais c’est surtout la position de la Chine qui pose un problème récurrent sur le marché de l’aluminium. D’une part les autorités chinoises ont demandé à certaines fonderies d’arrêter leur production, pour limiter la production d’électricité… alors qu’en même temps les plans d’investissements dans les infrastructures nationales dopent la demande!

Le problème donc c’est qu’il faut beaucoup d’électricité pour produire de l’aluminium. Et selon les calculs de S&P Global plattsl'aluminium est à lui seul responsable de 6,7% de la consommation chinoise totale en 2020! (Recycled metals vs recycled plastics: What will drive Asia closer to meeting its sustainability goals? | S&P Global Platts (spglobal.com)).

Or la Chine veut montrer qu’elle fait des efforts pour tenir ses engagements dans la chasse aux émissions de gaz à effet de serre depuis que le gouvernement communiste s'est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Pékin a donc imposé des objectifs de consommation énergétique à différentes provinces chinoises. Concrètement 5 fonderies dans la région du Xinjiang (20% de la production chinoise d’aluminium y sont produit) ont reçu ordre de réduire leur production par rapport à août. La majeure partie de l’électricité produite là-bas, nécessaire à la production d’aluminium,  provient en effet de centrales au charbon très polluantes…

Notons d’ailleurs au passage que si la Chine a littéralement chassé de son territoire, ces derniers mois, la plupart des fermes de minage de bitcoins, c’est également parce que celles-ci consommaient une quantité astronomique d’électricité…

L’offre d’aluminium est d’autant plus tendue parce que la Chine – qui restreint  donc elle-même sa production - est de loin le 1er producteur mondial d’aluminium primaire, avec 56.7% du total d’aluminium produit sur notre planète (65 millions de tonnes métriques en 2020), loin devant l’Inde (5.5%), la Russie (5.5% également), etc. (L’aluminium dans la transition énergétique: quel avenir pour ce métal "roi du monde moderne"? | IFPEN (ifpenergiesnouvelles.fr)). A noter que les Etats-Unis ne produisent que 1.7% de l’aluminium mondial… (Introduction | Cairn.info). L’actuelle domination chinoise dans la production d’aluminium s’explique d’une part par les ressources de bauxite abondantes au départ et, d’autre part, par une électricité qui était initialement peu chère (même si très polluante…).

On voit d’ailleurs sur le tableau suivant que parmi les 10 principales sociétés produisant de l’aluminium primaire au monde, 5 sont chinoises. Alcoa, 1ère société américaine n’arrive qu’en 8e position et Norsk Hydro, 1ère européenne n’est que 10e.

Tableau: principales sociétés mondiales productrices d'aluminium primaire

Du côté de la demande d’aluminium, celle-ci est notamment en forte augmentation car le métal est un matériau essentiel de la transition énergétique (batteries électriques, éoliennes, photovoltaïque, allégement des véhicules,…) et, selon différentes études, sa consommation est donc amenée à croître massivement d’ici 2050.

Le dilemme c’est que, comme on l’a vu, produire de l’aluminium demande parallèlement une consommation intensive d’électricité. Selon l’International Aluminium Institute, en 2018, le secteur a représenté 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serreLa situation est évidemment très différente d’une région à l’autre: en Europe (où l’électricité est décarbonée car produite à partir de barrages hydrauliques, de géothermie ou de centrales nucléaires), il faut environ 7 tonnes d’équivalent CO2 pour produire 1 tonne d’aluminium primaire; en Chine le rapport sera plutôt de 20 tonnes d’équivalent CO2 qu’il faudra pour produire la même quantité!

Une des solutions c’est évidemment le recyclage donnant lieu à l’aluminium secondaire. Et l’avantage est double: d’abord il faut beaucoup moins d’électricité pour produire de l’aluminium recyclé (le processus de recyclage de l’aluminium ne nécessite que 5 à 20% de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium primaire, et ce, grâce à l’économie de transformation de la bauxite et d’électrolyse de l’alumine); ensuite, le recyclage permet d’améliorer la sécurité d’approvisionnement des pays consommateurs, notamment européens ou environ 1/3 de la demande est satisfaite par le recyclage.

On estime par ailleurs que près des ¾ de l’aluminium jamais produit est encore en circulation, d’une manière ou d’une autre. Dans le secteur de la construction et des transports, près de 90% de l’aluminium est recyclé. (Le recyclage à l'infini de l’aluminium | Reynaers Aluminium).

En attendant, vu la tension tant sur la demande que sur l’offre d’aluminium, la hausse des prix de celui-ci les derniers mois est largement expliquée. La logique voudrait alors que si la forte demande persiste, pour les raisons qu’on a évoquées, avec une offre restreinte (hors le recyclage), le prix de l’aluminium continue à bien se porter et le phénomène de surchauffe perdurer.

Si la hausse du prix de l’aluminium va forcément impacter les coûts des utilisateurs (sociétés actives dans la construction, l’automobile, l’emballage, les énergies renouvelables, etc.), les producteurs sont eux évidemment à la fête.

Et les investisseurs plébiscitent donc, depuis le début d’année, les actions des sociétés particulièrement actives dans l’aluminium comme on le voit ci-dessous avec notamment Hongqiao, Norsk Hydro, Rusal ou Alcoa…

Graphique d'illustration

Nouvelles économiques et financières: des statistiques en sens divers

Au Royaume-Uni, l’inflation a accéléré en août, atteignant 3.2% sur 12 mois contre seulement 2% en juillet par rapport au 12 mois précédents. C’est le bond le plus important depuis 1997, justifié par la réouverture de l’économie britannique qui a dopé le transport et l’activité de l’HORECA.

La production industrielle en zone euro a bondi de manière plus importante qu’anticipée, soit +1.5% d’un mois à l’autre été +7.7% sur un an. La production des biens d’équipement et des biens de consommation durables ont joué les locomotives. Les prévisions étaient moins optimistes et étaient de +0.6% sur un mois et +6.3% en glissement annuel.

Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole brut ont par contre diminué plus que prévu, soit -6.4 millions de barils durant la semaine du 10 septembre, alors que les économistes ne prévoyaient qu’une baisse de 2.7 millions de barils. Inversement, les réserves d’essence ont reculé moins qu’anticipé (1.9 million de barils contre 3.3 millions). Suite à la nouvelle, les prix du pétrole ont logiquement bondi, le Brent dépassant ainsi allègrement les 75 USD le baril.

La production manufacturière américaine a ralenti conformément aux attentes en août, à cause notamment de l’impact de l’ouragan Ida. Cette production n’a augmenté que de 0.4% contre +0.8% en juillet. Globalement la production industrielle est en hausse de 5.9% par rapport à août 2020 mais par contre inférieure de 0.3% à celle d’avant la pandémie (février 2020).

Enfin, l’activité manufacturière de la région de New York – mesurée par l’indice "Empire State" de la FED – a augmenté de 16 points en septembre (les économistes attendaient néanmoins une hausse de 18.6 points) pour atteindre 34.3 points

Evolution des marchés boursiers: L’Europe pleure, Wall Street rit

Tableu des principaux indices boursiers au 16/09/2021

Les bourses européennes ont poursuivi la glissade initiée mardi, l’indice Stoxx 600 perdant hier 0.80%. Les indices chinois publiés très tôt le matin, indiquant un ralentissement économique, ont pesé sur le moral des investisseurs du vieux continent.

Seul le secteur de l’énergie a échappé au marasme ambiant en grimpant même de 2.15%, il est vrai bien aidé par le bond des cours du pétrole, eux-mêmes influencés par des stocks américains inférieurs aux attentes (voir ci-dessus). Dans ce secteur, 2 actions se sont distinguées, l’équipementier TechnipFMC (+5.2%) et la société pétrolière norvégienne Equinor (+3.7%), ces deux valeurs faisant d’ailleurs partie du TOP 4 des meilleures performances boursières du jour.

Parmi tous les autres secteurs en baisse, les services aux collectivités ont chuté de 2.8%, les sociétés d’électricité espagnoles subissant, pour le 2e jour consécutif, la décision du gouvernement espagnol. Rappelons que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré que le gouvernement chercherait à "rediriger" les bénéfices exceptionnels des entreprises d’électricité vers les consommateurs en "plafonnant les factures de gaz et en réduisant le montant des factures d'électricité" et cela en vue de réduire l’impact des prix record de l’énergie. Endesa a ainsi chuté de 6.4% et Iberdrola de 5.8%.

Les sociétés financières ont mieux résisté, n’abandonnant en moyenne que 0.21%, précédant les matériaux (-0.25%). Par contre les autres perdants du jour ont vu leurs pertes se situant entre 0.64% (soins de santé) et 1.83% (consommation cyclique).

Individuellement on aura aussi noté la contre-performance de la société danoise Orsted (-5.9%). Celle-ci a été rétrogradée de "hold" à "underperform" par Jefferies en raison du risque d'inflation des dépenses d'investissement jusqu'en 2027 pour l'opérateur de parcs éoliens, ce qui réduit la visibilité d'un titre considéré comme cher.

Côté positif, mentionnons enfin la belle progression d’ArcelorMittal (+4.6%). Les sidérurgistes ont en fait progressé en Europe, Deutsche Bank et Citi ayant déclaré qu'elles restaient optimistes quant aux perspectives du secteur. Selon la Deutsche Bank, le secteur de l'acier se négocie sur des valorisations "très attrayantes" et, bien que les prix de l'acier soient susceptibles de baisser par rapport aux sommets historiques, plusieurs facteurs maintiendront les marges au-dessus des niveaux de milieu de cycle pour les 2 ou 3 prochaines années. Et selon Citi, même si le "super rallye" de l'acier s'atténue, le marché semble "sous-estimer considérablement" les améliorations structurelles qui ont eu lieu au cours des 5 ou 6 dernières années. L'utilisation de la capacité mondiale se trouve déjà dans la "zone de pouvoir de fixation des prix" au-dessus de 80%, pour la première fois depuis 2007, et en excluant le scénario d'un atterrissage brutal de la Chine, ces taux devraient atteindre les niveaux élevés de 80% d'ici la fin de la décennie,

Contrairement à l’Europe, Wall Street a clôturé la journée en hausse hier soir, le S&P 500 gagnant 0.85% et le Nasdaq 0.82%. Les investisseurs ont plutôt apprécié les dernières statistiques et considèrent que la reprise économique US reste vigoureuse alors que l’inflation reste sous contrôle.

Seul un secteur a terminé légèrement en retrait, les services aux collectivités (-0.15%), tous les autres finissant en hausse.

La poursuite de la hausse des prix pétroliers a littéralement dopé les cours des actions de l’énergie (+3.81%). Il n’est donc pas étonnant que les principales actions à la hausse mercredi font partie de ce secteur: EOG Resources (+8.3%), Diamondback Energy (+7.8%), Marathon Oil (+7.7%), Devon Energy (+7.3%), Cabot Oil (+7.1%) ou APA Corp (+6.6%). Toutes ces sociétés font essentiellement actives dans l’exploration/production, un segment très sensible aux prix pétroliers (les coûts d’exploration/production imposent un seuil minimal de rentabilité).

Derrière l’énergie, 2 secteurs cyclique ont gagné plus d’un pourcent, les industrielles (+1.12%) et les matériaux (+1.09%). Dans ce dernier secteur Freeport McMoran s’est particulièrement distinguée en bondissant de 5.6%.

Le secteur des casinos, toujours impacté par une règlementation durcie à Macao, a à nouveau fait partie des principales baisses du jour, à l’image par exemple de Wynn Resorts (-6.3%) ou MGM Resorts (-2.5%).

Le géant américain des jeux vidéo, Electronic Arts a aussi vu son action chuter (-5.7%). L’important et attendu jeu futuriste Battlefield 2042 a été retardé, a révélé Electronic Arts sur le compte Twitter officiel du jeu aujourd'hui. La raison de ce retard est déjà connue: la pandémie a perturbé les flux de travail et les équipes derrière le projet, causant des problèmes imprévus qui nécessitent de repousser la sortie à une date ultérieure.

Les tendances boursières du jour: l’Asie en retrait et futures partagés

Ce matin (7h30), les marchés boursiers asiatiques sont toujours moroses. Le Japon baisse de 0.6%, Hong Kong de 1.7% et Shanghai-Shenzhen de 0.5%.

Les actions asiatiques pâtissent de la crise de la dette du groupe chinois Evergrande et des dernières mesures prises par Pékin pour contrôler les industries privées.

Les contrats à termes (futures) sur les marchés boursiers occidentaux sont partagés: l’Europe pourrait ouvrir en hausse alors que ce serait l’inverse outre-Atlantique.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au niveau économique, on disposera de plusieurs données en provenance de la zone euro (balance commerciale de juillet, immatriculations de véhicules neufs en août). Mais on prendra surtout connaissance des inscriptions au chômage aux USA pour la semaine se terminant le 11 septembre. Toujours aux Etats-Unis on connaîtra l’indice d’activité manufacturière dit "Philly FED" en septembre ainsi que les ventes au détail pour le mois d’août.

Au niveau des résultats de sociétés, pas de résultat important ce jeudi.

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