L’eau, si précieuse pour la production des matériaux de la transition énergétique

A RETENIR:

  • Le fait du jour: L’eau, si précieuse pour la production des matériaux de la transition énergétique. Si on connaissait les besoins importants et croissants d’eau pour les populations et l’agriculture, l’industrie minière est aussi de plus en plus gourmande en "or bleu". Car la transition énergétique entraîne une forte augmentation des besoins en matières premières comme le cuivre et le lithium, pour lesquels l’eau est vitale, et utilisée en abondance, dans le processus d’extraction…
  • Nouvelles économiques et financières: En Allemagne, l’indice IFO du climat des affaires d’août est ressorti inférieur aux attentes des économistes. En Belgique aussi la confiance des chefs d’entreprises a baissé en juillet, surtout dans le secteur manufacturier. Aux Etats-Unis, les commandes de biens durables ont certes baissé en juillet mais moins que ce qui était prévu. A noter enfin que les stocks américains de pétrole brut ont reculé plus qu’anticipé durant la semaine se terminant le 20/8.
  • A propos des marchés boursiers: Séance de quasi surplace hier en Europe où a pourtant noté l’excellent comportement des actions bancaires, les taux d’intérêt à 10 ans étant remontés à un niveau inédit depuis 1 mois. A Wall Street, les indices S&P 500 et Nasdaq ont battu leurs records de mardi. Comme en Europe les actions bancaires ont été en vedette. Mais les actions du secteur des casinos se sont à nouveau aussi distinguées, bénéficiant, comme mardi, d’une bonne nouvelle en provenance de Macao.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin (7h30), les marchés asiatiques sont partagés. Si la bourse de Tokyo parvient actuellement à rester aux niveaux de hier matin, les actions chinoises rechutent. A noter aussi le recul de l’indice sud-coréen Kospi (-0.5%) après une hausse des taux de la banque centrale. Les contrats à termes (futures) sur les bourses occidentales indiquent actuellement une baisse des indices à l’ouverture des marchés, tant en Europe qu’aux USA.
  • Aujourd’hui, sur le plan économique on disposera de l’indice INSEE français sur le climat des affaires en août ainsi que l’enquête INSEE sur les investissements dans l’industrie française pour le 3e trimestre. Pour la zone euro, on aura des chiffres de la masse monétaire et du crédit au secteur privé en juillet. Mais on recevra aussi le compte rendu de la réunion de politique monétaire de juillet de la Banque Centrale Européenne (BCE). Aux USA, quelques statistiques intéressantes: la 2e estimation du PIB pour le 2e trimestre, les inscriptions au chômage pour la semaine se terminant le 21/8 et les investissements dans l’industrie pour le 3e trimestre. Mais tous les regard seront surtout portés vers le début du fameux symposium de Jackson Hole. Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres à mentionner comme Tessenderlo, Delivery Hero ou Bouygues en Europe. Aux Etats-Unis, on disposera des chiffres de Dell et Gap notamment.

Le fait du jour: L’eau, si précieuse pour la production des matériaux de la transition énergétique

La thématique de l’eau revient régulièrement dans l’actualité et nous avons déjà plusieurs fois traité de ce sujet, notamment en avril 2020 lorsque "l’or bleu" était plus que jamais en enjeu planétaire en plein début de la crise sanitaire. (La crise coronavirus exacerbe 1 enjeu planétaire: la gestion de l’eau).

En 2021 les Nations Unies ont rédigé un nouveau et volumineux rapport mondial de 226 pages sur la mise en valeur des ressources en eau en 2021 intitulé "la valeur de l’eau".

Rapport mondial 2021 - La valeur de l'eau - Nations Unies

En avant-propos, Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, y écrit notamment "Si l’on suit les théories économiques, la valeur d’un bien dépend de sa rareté, c’est-à-dire l’écart entre des ressources limitées et des besoins illimités. L’eau, pour l’humanité, est visiblement une ressource illimitée, puisqu’on la traite sans parcimonie ni égards: ce sont ainsi, selon des estimations, environ 80% de toutes les eaux usées industrielles et municipales qui sont reversées dans l’environnement sans le moindre traitement".

Elle poursuit en disant "Pourtant, l’eau douce est bien une ressource rare et de plus en plus avec le temps. Les chiffres sont de ce point de vue éloquents: plus de 2 milliards de personnes vivent déjà dans des régions soumises à un stress hydrique et quelque 3,4 milliards de personnes, soit 45% de la population mondiale, n’ont pas accès à des installations d’assainissement suffisamment fiables. Des études indépendantes établissent ainsi que, d’ici à 2030, il manquera à l’humanité 40% de l’eau dont elle aura alors besoin. Cette situation sera encore aggravée par les grands bouleversements mondiaux, comme la COVID-19 ou le changement climatique".

Et selon le rapport des Nations Unies, "On estime que, pour la période 2016-2030, fournir un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement dans 140 pays à revenu faible et intermédiaire coûtera environ 1.700 milliards USD, soit 114 milliards USD par an."

La problématique de l’eau n’est pas neuve et résulte d’abord d’une "offre" limitée. Certes 70% de la Terre est recouverte d’eau (d’où le surnom de "planète bleue"), mais 97.5% de cette eau est salée car composée essentiellement d’océans et de mer.… Donc l’eau douce ne représente que 2.5% de l’eau présente sur la terre dont environ 1.7% sont inaccessibles puisqu’ils sont gelés (glaciers et permafrost). Il n’y a donc que 0,8% d’eau potable disponible sur terre, dont une bonne partie est de surcroît polluée.

Evolution prélèvements d'eau mondiaux 1900-2010

Au niveau de la "demande", l’agriculture emploie la majeure partie (69%) des ressources mondiales en eau douce, essentiellement pour l’irrigation mais aussi pour l’élevage et pour l’aquaculture.

Mais dans certains pays en voie de développement, ce taux peut atteindre 95%...

L’industrie (y compris la production d’énergie et d’électricité) utilise 19% des prélèvements d’eau mondiaux tandis que les municipalités absorbent les 12% restants.

Le solde est en fait constitué de l’évaporation à partir de lacs artificiels.


Toutefois, l’utilisation de l’eau aux fins de la production alimentaire est remise en question au fur et à mesure que la concurrence intersectorielle pour l’eau s’intensifie et que la pénurie d’eau s’accentue. Il faut également noter que dans de nombreuses régions du monde, l’eau destinée à la production alimentaire est utilisée de manière inefficace. Cette situation entraîne une dégradation majeure de l’environnement, notamment l’épuisement des nappes aquifères, la réduction du débit des rivières, la dégradation des habitats de la faune et la pollution.

Selon Aquastat l’utilisation de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années ’80 et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2050, soit 20 à 30% de plus que le niveau actuel La croissance démographique, le développement socio-économique et l’évolution des modes de consommation des pays émergents expliquent principalement cette hausse continue. Par ailleurs les changements climatiques (résultant notamment en sécheresses), les gaz à effets de serre et la déforestation accentuent malheureusement encore le phénomène.

Et donc le stress hydrique, qui se mesure schématiquement par le rapport entre l’utilisation d’eau et les réserves disponibles, affecte de nombreuses régions du monde comme on le voit sur la carte ci-dessous:

Carte: niveaux de référence annuels du stress hydrique

Mais comment améliorer la gestion durable de l’eau? Avec une offre d’eau stable et une demande  en croissance constante, l’ONU a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme et a clairement indiqué qu’une hausse majeure des investissements dans l’eau et l’assainissement de celle-ci était nécessaire

Puisqu’on ne peut augmenter le volume d’eau douce disponible, il faudra optimiser l’utilisation de celle-ci et retraiter un maximum d’eaux usées ou polluées, alors qu’en Europe par exemple une infime partie des eaux usées est retraitée (de 0.6% à 14% selon les pays). Les investissements dans l’eau vont donc être particulièrement le fait de sociétés actives dans le traitement des eaux et les infrastructures & technologies hydrauliques, un marché qui représente à lui seul environ 550 milliards USD (Hoe ook u als aandelenbelegger kunt investeren in water | Bolero). Mais selon Global Water Intelligence, la valeur totale du marché mondial de l’eau, estimée à 700 milliards USD en 2017, devrait dépasser les 1.000 milliards USD en 2025.

Une autre solution sera de transformer l’eau de mer en eau douce par des procédés de désalinisation. Si 9 pays détiennent 60% des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde (Canada, Chine, Colombie, Pérou, Brésil, Russie, Etats-Unis, Indonésie et Inde) certains pays ou régions n'ont quasi pas de ressources en eau, rendant le dessalement d’eau de mer stratégique (ex : Koweït, Bahreïn, Malte, Gaza, Emirats Arabes Unis, Singapour, Jordanie, Lybie).

Et le traitement et la distribution de l’eau sont considérés de plus en plus comme stratégiques, non seulement en Europe et aux USA, mais aussi dans les régions en fort développement comme l’Asie. Ainsi en Chine, une grande partie des eaux souterraines et 1/3 des eaux de surface sont impropres au contact humain en raison d'un accès limité. Le gouvernement chinois souhaite sérieusement améliorer cette situation. Le "plan chinois décennal pour l'eau" de 2015 fixe des objectifs ambitieux de protection de l'environnement pour les industries polluantes. Après avoir traité près de 90% de ses eaux usées industrielles, la Chine s'attaque désormais au volume croissant de ses eaux usées domestiques.

Mais les dernières années, outre l’aspect vital de l’eau à destination des populations et de l’agriculture, il y a aussi un domaine où la gestion de l’eau est de plus en plus critique, celui de l’extraction minière des matières premières, pour lesquelles la demande augmente fortement du fait notamment des besoins résultant de la transition énergétique. En 2018, les entreprises ont enregistré 38,5 milliards USD en pertes financières liées à l’eau, dont les impacts les plus importants concernent deux compagnies d’extraction minière et de production d’électricité.

Un des exemples les plus frappants est celui du Chili. Ce pays est l’un des pays les plus touchés par les changements climatiques. Outre l’augmentation des températures, les principales conséquences sont une perturbation des pluies et la diminution de la pluviométrie. Selon un rapport de 2017 publié par la Direction générale de l’eau, le pays a perdu 37% des ressources hydriques en trois décennies. Or la demande en eau est très importante pour deux secteurs clés de l’économie du pays: l’agriculture et l’industrie minière.

Les terres agricoles et les gisements miniers sont majoritairement situés au nord et dans le centre du pays, dans des régions fortement impactées par une diminution des ressources et par la sécheresse. Le stress hydrique est aussi causé par la pollution des cours d’eau et la surexploitation de l’eau par des acteurs privés, rendue possible par la législation chilienne et ayant donné naissance à un marché privé de l’eau dans les années 1980. (Impacts de l'exploitation de l'eau dans les industries extractives dans le Nord du Chili).

La moitié nord du Chili concentre l’immense majorité des gisements, soit environ 3.000 projets miniers. Les principaux minerais extraits sont le cuivre, l’or, l’argent, le molybdène, le lithium et le fer. Le pays est le 1er producteur de cuivre au monde avec une production qui représente 27% de la production mondiale. Les réserves de cuivre sont également les plus importantes au monde, contenant 22% du total des stocks. Derrière Codelco (Corporacion Nacional del Cobre) qui compte pour 1/3 de la production du Chili, on trouve BHP Billiton en 2e position qui exploite notamment (conjointement avec Rio Tinto) Minera Escondida, la plus grande mine de cuivre au monde. A elle seule cette mine représente 5% de l’approvisionnement mondial en cuivre. Et c’est la Chine qui absorbe près de 50% de la production de cuivre au monde…

"Le Chili se trouve face à une opportunité incroyable grâce à l'essor des véhicules électriques: nous avons les plus grandes réserves mondiales de cuivre, l'un des principaux matériaux utilisés dans la construction des voitures électriques; nous bénéficions de l'un des plus forts niveaux de radiation solaire au monde, et nous avons aussi les plus grandes réserves mondiales de lithium", résume Sebastián Sichel, le vice-président exécutif de Corfo, la Corporation pour le développement de la production.

Par ailleurs le secteur des énergies renouvelables (solaire et éolien essentiellement) utilise aussi beaucoup de cuivre et cela va aller crescendo, dans les 30 années à venir, comme on le voit sur le tableau ci-dessous. Ainsi pour produire 1 megawatt d’électricité via l’énergie solaire, il faut 5 tonnes de cuivre. Pour les parcs éoliens, pour produire un megawatt d’électricité il faudra de 4.3 tonnes (éolien terrestre) à 9.6 tonnes de cuivre (éolien en mer, nécessitant plus de cablage)!

Evoultion énergies renouvelables

L’ agence publique chilienne est propriétaire du lac salé du désert d'Atacama, où se trouve l'essentiel des réserves de lithium du pays, "le plus pur au monde, et le plus facile à extraire", souligne Sebastián Sichel. Le Chili détient environ 45% des réserves mondiales de ce métal ultraléger, essentiel à la fabrication des batteries de téléphones portables et de voitures électriques. (Chili: le "salar" s’alarme du boom du lithium). 2 sociétés dominent la production du lithium, l’américain Albemarle et la SQM (Société Chimique et Minière du Chili).

Evolution des usages du lithium sur 10 ans

Le problème c’est que la production intensive de ces matières premières met à la mal la biodiversité de la région. Car les entreprises d’extraction minières sont très gourmandes en eau: pour cette industrie l’eau est aussi vitale que pour les agriculteurs… Selon une étude menée par Corfo, les quantités d’eau extraites dans le salar d’Atacama dépassent de 21% ce que les nappes phréatiques peuvent supporter durablement. Et dans le secteur, où les deux mines de lithium et les deux de cuivre puisent l’eau douce dont elles ont besoin, la Direction générale des eaux, un organisme public, a conclu l’an dernier que les droits d’extraction d’eau dont disposent les mines sont 4 à 5 fois plus importants que les quantités d’eau qui arrivent naturellement dans la nappe phréatique.

Et par ailleurs la qualité du minerai chilien n'a cessé de baisser ces dernières années. Cela signifie qu'il faut extraire plus de volume et investir plus d'argent pour produire la même quantité de métal…

Selon Ingrid Garces, docteur en géochimie de l’Université d’Antofagasta, "Rien que les bassins d'évaporation de SQM équivalent à la surface de 2.400 terrains de football." Or "pour obtenir une tonne de lithium, plus de 2 millions de litres d'eau s'évaporent".

Et le problème s’aggrave lorsque les conditions climatiques se détériorent. Ainsi comme le soulignait le journal financier Les Echos mardi, un tribunal environnemental chilien a interdit temporairement à la mine de Cerro Colorado du groupe BHP de pomper de l'eau dans la nappe aquifère de Lagunillas pendant au moins trois mois, à partir d'octobre. En raison d'un hiver extrêmement sec, du jamais vu en 12 ans, la société Antofagasta a de son côté prévenu ses actionnaires qu'elle allait produire moins de cuivre que prévu faute d'avoir suffisamment d'eau. De ses mines, ne sortiront cette année qu'entre 710.000 et 740.000 tonnes contre 730.000 à 760.000 tonnes lors d'une précédente estimation.

La problématique d’une meilleure utilisation de l’eau est d’ailleurs d’autant plus mise en avant au Chili que des élections ont eu lieu en mai 2021. Et la composition de l'assemblée constitutionnelle rend les sociétés minières comme BHP Group et Anglo American vulnérables à des règles plus strictes concernant l'eau, les glaciers, les minéraux et les droits des communautés. (Politics Are Turning Against Copper Mining in Top Producer Chile - BNN Bloomberg).

Selon Alejandra Fernandez, directrice des métaux et des mines chez l’agence de notation Fitch Ratings, la nouvelle constitution pourrait inclure des dispositions renforçant les directives relatives aux concessions minières et à leur impact sur l'environnement. Les discussions porteront probablement sur le fait que l'eau devienne un bien national à usage public, ce qui implique une révision des droits de propriété et une augmentation des sanctions en cas de mauvaise utilisation, a-t-elle ajouté.

Selon McKinsey, l'industrie minière utilise chaque année suffisamment d'eau pour répondre à 75% des besoins du pays. Pourtant, les sociétés minières ont déjà commencé à travailler sur leur empreinte carbone et leur engagement communautaire. L'agence gouvernementale Cochilco prévoit ainsi que l'industrie répondra à une plus grande partie de ses besoins en eau par le dessalement dans les années à venir. Mais revers de la médaille, ce procédé est très énergivore et nécessite de lourds investissements…

En conclusion, comme le soulignait Les Echos hier, c'est la promesse de la transition énergétique: un monde durable, débarrassé du carbone et de la pollution. Passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables n'est toutefois pas sans inconvénients. Il faut pour cela une quantité colossale de métaux, dont l'extraction est loin d'être neutre pour l'environnement et nécessite notamment une forte consommation d'eau. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie, la consommation de métaux par le secteur de l'énergie devra être multipliée par 6 pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Il faut en effet du cuivre pour transporter l'électricité, mais aussi du lithium, du cobalt, du manganèse ou du nickel pour la stocker dans des batteries, et enfin des terres rares, notamment pour fabriquer certains moteurs. La taille et la teneur des gisements de métaux ne sont pas les seules limites physiques à la transition énergétique: les besoins en eau pour extraire et traiter le minerai vont aussi exploser et le manque de cette ressource pourrait bien peser sur l'offre de métaux. (L'eau, talon d'Achille des métaux essentiels à la transition énergétique | Les Echos).

Bref, l’eau est non seulement vitale pour les populations, mais aussi pour l’agriculture et l’industrie, notamment minière, alors que l’eau disponible est limitée et que la demande augmente inexorablement. "L’or bleu" va de plus en plus bien porter son nom…

Nouvelles économiques et financières: des statistiques en sens divers

En Allemagne, l’indice IFO du climat des affaires d’août est ressorti inférieur aux attentes des économistes à 99.4 points contre 100.4 points attendus. Cela pourrait vouloir signifier un ralentissement économique au 2e semestre.

En Belgique aussi la confiance des chefs d’entreprises a baissé à 7.6 points en août contre 10.1 points en juillet, surtout dans le secteur manufacturier. Mais selon la Banque Nationale, le niveau de confiance reste néanmoins élevé.

Aux Etats-Unis, les commandes de biens durables ont certes baissé en juillet mais moins que ce qui était prévu, soit un recul de 0.1% contre 0.3% estimé. A noter toutefois que si on exclut le secteur des transports (dans lequel les commandes ont chuté de près de 49%), la statistique aurait été en hausse de 0.7%.

A noter enfin que les stocks américains de pétrole brut ont reculé de 3 millions de barils pour la semaine se terminant le 20/8 alors que les analystes n’anticipaient qu’un repli de 2 millions de barils. Les stocks d’essence ont aussi chuté plus que prévu, soit -2.2 millions de barils contre -1.5 millions estimé.

Evolution des marchés boursiers: Encore des records à Wall Street

Principaux indices boursiers au 26/08/2021

Hier, l’indice Stoxx 600 Europe a fait exactement l’inverse d’avant-hier, il a terminé d’extrême justesse à la hausse (+0.01%). L’indécision prévaut depuis 2 jours dans l’attente, apparemment, de ce qui pourrait ressortir de la 1ère journée du fameux symposium de Jackson Hole et de la prise de parole très attendue de J. Powell le patron de la FED.

Comme les jours précédents, ce sont les secteurs à connotation défensive qui ont été délaissés par les investisseurs. Les services aux collectivités ont corrigé de 0.91%, devant les soins de santé (-0.56%), l’immobilier (-0.48%) et la consommation de base (-0.42%).

Par contre on a noté la bonne tenue des financières (+0.91%) et du segment bancaire en particulier. Il est vrai que les taux d’intérêt ont remonté sensiblement hier, le Bund allemand à 10 ans atteignant ainsi un niveau qu’on n’avait plus vu depuis un mois (-0.42%). Les gains des autres secteurs en vert étaient plus limités (entre 0.04 et 0.38%).

Du côté des actions individuelles, la séance a été marquée notamment par la hausse de Marks & Spencer (+5.1%) qui, fort de bons résultats, a vu sa recommandation augmenter chez plusieurs brokers. De bons résultats trimestriels ont aussi poussé les cours à la hausse de la société suisse Stadler Rail (équipements ferroviaires, +5%) et de la compagnie d’assurance hollandaise ASR Nederland (+4.5%). Petit cocorico belge aussi: IBA, spécialiste en protonthérapie, a publié d’excellents résultats, conjointement à un carnet de commandes record et a vu son cours de bourse récompensé (+5.4%)

Inversement, la société suédoise Elekta (-7.8%) a été sanctionnée par des résultat en deçà des attentes; pour la même raison, la société immobilière allemande Aroundtown active dans la promotion résidentielle et commerciale a chuté de 6.2%.

A Wall Street, les records s’enchainent ! Hier le S&P a atteint un nouveau plus haut historique à 4.496,19 points (+0.22%) et le Nasdaq a dépassé son record de la veille en affichant 15.041 points (+0.15%). Comme en Europe, c’était néanmoins plutôt la prudence qui a dominé les échanges aux USA, dans l’attente des discours de Jackson Hole.

Mimétisme avec l’Europe aussi quant au meilleur secteur du jour, les financières (+1.21%) grâce à la remontée des taux. Les secteurs cycliques de l’énergie (+0.72%) et de l’industrie (+0.60%) ont complété le podium, devant les matériaux (+0.42%).

4 secteurs faisaient partie des perdants de ce mercredi, mais avec des reculs limités variant entre -0.26% (soins de santé) et technologiques (-0.05%).

Individuellement, on a remarqué la chute de Gap (-5.31%, dans le secteur de la consommation cyclique); la célèbre chaine de magasins de vêtements décontractés devrait annoncer ses résultats aujourd’hui. Par contre dans ce même secteur de la consommation cyclique, les actions du secteur des casinos ont été très recherchées hier, emmenées par Penn National Gaming (+8.7%, principale hausse du S&P 500 d’ailleurs). Les sociétés qui exploitent des casinos à Macao, continuent de bénéficier de la nouvelle que les autorités de la région administrative spéciale ont annoncé un assouplissement des politiques de test Covid-19 pour les voyageurs en provenance du continent.

A noter aussi le bond de 7.8 % de l’action de Western Digital, 2e plus forte hausse de l’indice S&P 500. Le Wall Street Journal (WSJ) a rapporté que la société américaine de stockage de données était en pourparlers de fusion avec la société japonaise Kioxia Holdings dans le cadre d'une opération qui pourrait être évaluée à plus de 20 milliards USD. L’article du WSJ indique que les discussions de longue date se sont intensifiées ces dernières semaines et qu'un accord pourrait être conclu dès la mi-septembre.

Les tendances boursières du jour: les actions chinoises rechutent

Ce matin (7h30), les marchés asiatiques sont partagés. Si la bourse de Tokyo parvient actuellement à rester aux niveaux de hier matin, les actions chinoises rechutent, Hong Kong et Shanghai-Shenzhen perdant pour l’instant entre 1.3 et 1.4%, les investisseurs craignant à nouveau la répression des sociétés privées par le gouvernement de Pékin.

A noter aussi le recul de l’indice sud-coréen Kospi (-0.5%) après une hausse des taux de la banque centrale qui fait de la nation la première économie asiatique majeure à commencer à sortir des coûts d'emprunt record…

Les contrats à termes (futures) sur les bourses occidentales indiquent actuellement une baisse des indices à l’ouverture des marchés, tant en Europe qu’aux USA.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, sur le plan économique, on disposera de l’indice INSEE français sur le climat des affaires en août ainsi que l’enquête INSEE sur les investissements dans l’industrie française pour le 3e trimestre. Pour la zone euro, on disposera des chiffres de la masse monétaire et du crédit au secteur privé en juillet. Mais on aura aussi le compte rendu de la réunion de politique monétaire de juillet de la Banque Centrale Européenne (BCE). Aux USA, quelques statistiques intéressantes: la 2e estimation du PIB  pour le 2e trimestre, les inscriptions au chômage pour la semaine se terminant le 21/8 et les investissements dans l’industrie pour le 3e trimestre. Mais tous les regards seront surtout portés vers le début du fameux symposium de Jackson Hole.

Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres à mentionner comme Tessenderlo, Delivery Hero ou Bouygues en Europe. Aux Etats-Unis, on disposera des chiffres de Dell et Gap notamment.

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