Les géants mondiaux de la bière en meilleure forme en 2021 qu’en 2020

A RETENIR:

  • Le fait du jour: Les géants mondiaux de la bière sont clairement en meilleure forme en 2021 qu’en 2020. Mais à l’avenir ils devront faire face à des défis multiples : augmentation du prix des matières premières, renforcement de la concurrence, évolution du goût des consommateurs, etc.
  • Nouvelles économiques et financières: Aux Etats-Unis, 2 statistiques en sens divers ont été publiées. Déception pour l’indice "Philly Fed", qui mesure l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie : il a baissé en août plus que prévu. Par contre bonne surprise, les inscriptions au chômage ont été moins importantes qu’attendues.
  • A propos des marchés boursiers: Si hier le secteur de l’énergie a fortement baissé des 2 cotés de l’Atlantique, la baisse persistante des prix du pétrole en étant la cause, l’Europe a fini clairement en baisse alors que Wall Street terminait en légère hausse. La différence c’est qu’en Europe l’important secteur de la consommation cyclique a de nouveau été pénalisé par la chute des actions du luxe et de l’automobile, alors qu’aux USA les technologiques ont fini nettement dans le vert.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: Ce matin en Asie, les marchés sont teintés de rouge vif et ce sont surtout les marchés boursiers chinois qui sont en fort recul, la propagation du virus delta et les nouvelles contraintes réglementaires en Chine sapant le moral des investisseurs. Concernant les marchés boursiers occidentaux, les contrats à terme évoluent actuellement dans le sens d’une baisse des bourses à l’ouverture, que ce soit en Europe ou aux USA.
  • Aujourd’hui, sur le plan économique, nous disposerons de l’indice de confiance des consommateurs pour le mois d’août en Belgique ainsi que des chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni pour le mois de juillet. Au niveau des résultats de sociétés, on prendra connaissance en Europe notamment de ceux de Wise alors qu’aux USA on surveillera les trimestriels de Deere et Foot Locker en particulier.

Le fait du jour: les géants mondiaux de la bière en meilleure forme en 2021 qu’en 2020

bière est actuellement la boisson alcoolisée la plus consommée au monde. Et selon Business Wire, le marché mondial de la bière a atteint une valeur de 623,2 milliards USD en 2020 (Global Beer Market Report 2021: Industry Trends, Share, Size, Growth, Opportunity and Forecasts 2016-2020 & 2021-2026 - ResearchAndMarkets.com | Business Wire). Le taux de croissance annuel composé (CAGR) devrait avoisiner les 3 à 5% les prochaines années selon les études.

Ce marché est actuellement dominé par quelques grands acteurs. Le groupe belgo-brésilien AB Inbev occupe la 1ère place mondiale avec une part de marché d’environ 25% et ses marques phares Stella Artois, Corona ou Beck’s (mais aussi de nombreuses bières spéciales comme Leffe, Kwak, Karmeliet ou Hoegaarden). En 2e place on trouve le groupe hollandais Heineken avec près de 10% du marché, via ses marques Heineken, Amstel, Maes, Affligem ou Desperados. A la 3e place, au coude à coude avec 5 à 6% de part de marché, on a le groupe danois Carlsberg (outre cette marque, Tuborg, Grimbergen ou Kronenbourg par exemple) et le groupe chinois China Resources qui commercialise surtout la bière Snow. Le groupe américain Molson Coors occupe la 5e place de ce classement, devant plusieurs brasseurs asiatiques : Tsingtao Brewery (Chine), Asahi (Japon), Beijing Yanjing (Chine) et Kirin (Japon).

En 2020, le secteur de la bière a été une des victimes collatérales de la pandémie, les mesures de confinement ayant réduit les ventes. Dans la plupart des pays, pendant un certain temps, les restaurants et cafés ont été fermés. Et quand il ne l’étaient pas, les contraintes (couvre-feu, capacités réduites dues aux distances à respecter, services uniquement en terrasses,…) ont aussi impacté négativement le chiffre d’affaires. Par ailleurs, nombre de grands événements sportifs ont été reportés à 2021 (Championnat d’Europe de football, Jeux Olympiques de Tokyo, etc.), de même que la plupart des grands rassemblements culturels et concerts. Idem pour les lieux culturels (théâtres, cinémas,…).

Certes les ventes en magasin, dans la grande distribution en particulier, ont permis d’atténuer la chute des ventes, mais cela n’a pas suffi.

Dans le tableau ci-dessous, via la consultation des rapports des 3 premiers brasseurs mondiaux, nous avons chiffré l’impact de la pandémie en 2020 sur les chiffres de ventes et de production par rapport à 2019. En terme de chiffre d’affaires, la chute a été de 3.7% (AB Inbev) à 17.7% (Heineken). Mais nous avons aussi repris les résultats semestriels récemment annoncés et qui montrent un clair redressement de l’activité des 3 sociétés, tant en volumes de production qu’en terme de chiffres d’affaires.

De fait, les premiers mois de 2021 ont clairement été meilleurs grâce à l’assouplissement progressif des contraintes sanitaires dans de nombreux pays, et qui ont particulièrement permis au secteur HoReCa d’accueillir à nouveau des clients. Ainsi le chiffre d’affaires d’AB Inbev a augmenté de 22.4% durant le 1er semestre, de 7.3% pour Heineken et de 9.6% pour Carlsberg.

Quant à la profitabilité, elle s’est aussi fortement améliorée. AB Inbev a réalisé, durant ces 6ers mois un EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) en hausse de 31% à 4,8 milliards d’euros. Chez Heineken, le résultat net est passé d’une perte de près de 300 millions d’euros au 1er semestre 2020 à un bénéfice d’environ 1 milliard d’euros pour la même période en 2021. Enfin Carlsberg a gonflé son bénéfice de 6% entre janvier et juin, soit environ 3 milliards de couronnes danoises (407 millions d’euros).

Cependant le secteur brassicole doit faire face à de nombreux défis l’obligeant à repenser et à adapter son business model:

  • Dans l’actualité, la résurgence de la pandémie pourrait à nouveau impacter le secteur HoReCa (nouvelles fermetures, couvre-feu,…); certaines régions posent en particulier question comme l’Asie-Pacifique ou l’Afrique. A noter que Carlsberg est proportionnellement plus présente en Asie-Pacifique que ses 2 concurrents avec environ 29% des ventes réalisées là-bas contre 12% pour Heineken et 16% pour AB Inbev.
  • La concurrence se renforce doublement :
    • Il y a de plus en plus de petites et microbrasseries, produisant des bières artisanales, qui captent une partie du marché par l’originalité de leurs produits et leur côté très local;
    • Une émergence de nouveaux produits telles que les eaux gazeuses alcoolisées ou "hald seltzer" (marques White Claw ou Truly par exemple) particulièrement prisées aux USA, en se présentant comme des alternatives alcoolisées peu caloriques et avec une faible teneur en sucre…
  • L’évolution du goût d’une partie des consommateurs vers des bières à faible teneur en alcool voire sans alcool mais aussi des bières incorporant des nouvelles saveurs comme le gingembre, le miel… le chocolat ou les patates douces !

 

  • La hausse du prix des matières premières (malt, houblon, orge): celle-ci devrait se faire sentir à partir de 2e semestre de cette année et en 2022.
  •  Une utilisation plus durable de l’eau : selon un rapport de Waston-Marlow, "On estime que la quantité moyenne d’eau consommée par les brasseries modernes est de l’ordre de 4 à 10 fois la quantité de bière réelle produite". La question de la durabilité est donc devenue une préoccupation majeure de l’industrie car elle fait face à une pression croissante pour réduire la consommation d’eau, une denrée de plus en plus précieuse car limitée.

Pour répondre à ces défis, les brasseurs ont déployé une série de mesures dont notamment :

  • Classiquement, des hausses de dépenses en marketing;
  • Le rachat de brasseries artisanales pour élargir la gamme de produits. AB Inbev est réputée en la matière…
  • L’utilisation des nouvelles technologies telles que la numérisation des relations avec les clients (e-commerce) mais aussi big data, l’intelligence artificielle (pour améliorer les prévisions de production par exemple) ou l’internet des objets;
  • Des processus optimisant l’utilisation de l’eau : Heineken traiterait ainsi maintenant 96.5% de ses eaux usées dans le monde…
  • le lancement de leurs propres "hard selzer" (Bud Light Seltzer, Corona Seltzer, Vizzy,…) sur le marché américain déjà évalué à 1.5 milliard USD en 2020 pour ce nouveau segment;
  • Etc.

Pour terminer nous avons repris ci-dessous l’évolution du cours de 3 principaux brasseurs que nous avons évoqués ci-dessus. Alors que jusqu’en 2016, AB Inbev (en blanc) surperformait clairement par rapport à Heineken (orange) et Carlsberg (jaune), la situation a commencé a progressivement s’inverser après l’achat de SAB Miller. AB Inbev a eu du mal à convaincre les investisseurs que son énorme endettement résultant de la fusion se résorberait progressivement grâce à une bonne maîtrise de sa rentabilité. Et plus récemment, AB Inbev a aussi déçu lors de ses résultats trimestriels, pourtant très bons, mais en n’augmentant pas ses prévisions bénéficiaires, ce qu’a fait Carlsberg par contre.

Nouvelles économiques et financières: 2 statistiques en sens divers aux USA

Aux Etats-Unis, l’indice "Philly Fed", qui mesure l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie, a baissé en août plus que prévu à 19.4 points (les économistes attendaient plutôt 23 points) contre 21.9 points en juillet. C’est le 4e mois consécutif de recul de cet indice. Par contre la composante des nouvelles commandes a rebondi à 22.8 points contre 17 points au mois de juillet.

Bonne nouvelle au niveau des inscriptions au chômage aux Etats-Unis : celles-ci ont baissé plus que prévu pour la semaine se terminant le 14 août. Elles se sont montées à 348.000 contre 377.000 la semaine précédente et alors que les économistes s’attendaient à un chiffre de 363.000. C’est par ailleurs le niveau le plus bas depuis 17 mois.

Evolution des marchés boursiers: l’Europe dans le rouge, les USA dans le vert

Journée clairement teintée de rouge hier sur les bourses européennes, l’indice Stoxx 600 Europe terminant en baisse de 1.51 % alors qu’au plus bas de la journée la chute atteignait même 2.33%. Aux craintes récentes (ralentissement de la croissance mondiale, chaos en Afghanistan, résurgence de la pandémie, …) est venue s’ajouter hier les conclusions du rapport de la dernière réunion de la FED dont nous parlions dans notre chronique de jeudi matin. En 1 mot comme en 100, il serait possible que les autorités monétaires avancent leur calendrier de réduction des achats d’actifs mensuels. C’est vu par certains comme la possibilité d’enlever plus tôt que prévu une des 2 « béquilles » de soutien des marchés (l’autre étant des taux bas) …

Seul un secteur a échappé au marasme hier, les services aux collectivités (+0.81%) grâce à la bonne tenue en particulier des sociétés d’électricité comme Iberdrola, EDP ou Orsted par exemple.

L’énergie a par contre fortement chuté (-3.93%), l’équipementier TechnipFMC (-7.3%) faisant office de mauvaise locomotive, la poursuite de la chute des prix pétroliers expliquant en grande partie la désaffection pour ce secteur. La consommation cyclique a reculé de 3.35%, à nouveau essentiellement à cause de la déroute des actions du luxe du fait de leur exposition à la Chine. Les plus touchées étaient dans l’ordre Kering (-9.5%), Richemont (-6.7%), Swatch et Burberry (chacune -6.6%), LVMH (-6.4%) et Moncler (-6.2%). Mais les actions automobiles ont aussi perdu en moyenne 2.8%.

La chute du prix de nombreuses matières (Cuivre, minerai de fer, étain, nickel, palladium, …) a entrainé aussi le recul marqué du secteur des matériaux (-2%) où on remarquait en particulier l’effondrement d’Anglo American (-10%).

Au rayon des (rares) bonnes surprises du jour, mentionnons les bonds des actions de la société hollandaise de paiements électroniques Adyen (+5.8%) et de la société immobilière belge Shurgard (+6.1%), après avoir annoncé des résultats meilleurs que prévus. 

Hier soir Wall Street a joué au yoyo avec les gains et les pertes mais finalement les marchés boursiers américains ont fini de justesse dans le vert, l’indice S&P 500 progressant de 0.13 % alors que le Nasdaq augmentait de 0.11%. 

A l’instar de l’Europe, le secteur de l’énergie a plongé outre-Atlantique (-2.65%), souffrant de la faiblesse persistante des prix du pétrole. Dans ce secteur, Occidental Petroleum (- 5.8%) affichait la chute la plus forte et la 3e de l’indice global S&P 500.

Globalement, ce sont essentiellement les secteurs sensibles aux craintes de ralentissement économique qui ont terminé dans le rouge hier : les matériaux (-0.93%), les industrielles (-0.79%), les financières (-0.77%) et la consommation cyclique (-0.62%).

Ce sont en fait les actions technologiques, le secteur au poids le plus important à Wall Street, qui ont «sauvé » le marché en progressant en moyenne de 1% hier. Les hausses les plus spectaculaires parmi celles-ci ont été celles de 2 sociétés ayant annoncé ce jeudi des résultats surpassant les attentes : la société de logiciels Synopsys (+8.7%) et Nvidia (+4%) que nous avons analysée en détail le 30 juin dernier (NVIDIA bouscule le secteur des semiconducteurs et de l’Intelligence Artificielle - Private Banking CBC). Mais la hausse de Microsoft (+2.1%), 2plus importante capitalisation boursière américaine derrière Apple, a aussi fortement pesé dans la balance.

L’immobilier (+0.92%), la consommation de base ou non cyclique (+0.85 %) et les soins de santé (+0.5%), considérés comme des secteurs plus défensifs, ont aussi terminé en zone positive.

Néanmoins, c’est le segment des grands magasins qui a le plus impressionné hier avec Macy’s (+20%) et Kohl’s (+7.3%), tous les deux ayant publié des résultats nettement meilleurs que prévus et des prévisions revues à la hausse. Même explication d’ailleurs pour la société de cosmétiques Estée Lauder (+2.7%) qui a donc surpris positivement les analystes.

Les tendances boursières du jour: la Chine en rouge vif, bourses occidentales partagées

Ce matin (7h30) en Asie, les marchés sont teintés de rouge vif : la bourse de Tokyo chute de 0.8% mais ce sont surtout les marchés boursiers chinois qui sont en fort recul, Hong Kong abandonnant 2.6% et Shanghai-Shenzhen 2.8%.

La souche du virus delta, qui se propage rapidement, a alimenté les inquiétudes sur la croissance économique alors que par ailleurs les restrictions réglementaires de la Chine continuent à saper le moral des investisseurs. A ce propos nous vous renvoyons à notre chronique d’hier matin pour plus de détails (Pourquoi les dragons chinois ne crachent-ils plus le feu? - Private Banking CBC). Et si les géants technologiques ont été particulièrement visés ces derniers mois, d’autres secteurs ne seraient apparemment pas à l’abri comme les célèbres fabricants de liqueurs locales, les pharmacies en ligne et les sociétés de cosmétiques…

Concernant les marchés boursiers occidentaux, les contrats à terme évoluent actuellement dans le sens d’une baisse des bourses à l’ouverture, que ce soit en Europe ou aux USA.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, sur le plan économique, nous disposerons de l’indice de confiance des consommateurs pour le mois d’août en Belgique ainsi que des chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni pour le mois de juillet.

Au niveau des résultats de sociétés, on prendra connaissance en Europe notamment de ceux de Wise alors qu’aux USA on surveillera les trimestriels de Deere et Foot Locker en particulier.

Vous souhaitez plus d’informations sur nos services CBC Private Banking? N’hésitez pas à demander une première entrevue sans engagement.

Prendre rendez-vous

Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

Les données de cette publication sont générales et purement informatives. Ces informations ne peuvent pas être considérées comme une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Elles ne peuvent pas non plus être assimilées à des conseils ou recommandations d'investissement ou à des recherches en investissements au sens de la législation et de la réglementation sur les marchés d'instruments financiers.

Bien que les informations fournies se fondent sur des sources pouvant être considérées comme fiables, et bien que toutes les précautions raisonnables aient été prises pour préparer ce document, CBC Banque ne garantit ni son exactitude ni son exhaustivité. 

Ni CBC Banque ni aucune entité du Groupe KBC ne pourra être tenue pour responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation des informations, opinions ou estimations contenues dans le présent document.

L’auteur de ce document confirme ne pas détenir, pour compte propre, à la date de la publication, d’instruments financiers émis par les sociétés qui pourraient y être mentionnées.

Toute transmission, vente, diffusion ou reproduction des informations, publications et données est interdite sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse, écrite et préalable de CBC Banque, CBC Banque SA, Avenue Albert Ier 60, 5000 Namur, Belgique. TVA BE 0403.211.380, RPM Liège division Namur, FSMA 017588 A.

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.