Faurecia-Hella, pour affronter la révolution de l’équipement automobile

A RETENIR:

  • Le fait du jour: L’opération de fusion entre Faurecia et Hella illustre les préoccupations du monde des équipementiers automobiles face aux défis qui les attendent du fait de la révolution qui touche leurs clients automobiles
  • Nouvelles économiques et financières: Ce lundi a été une journée décevante en ce qui concerne des statistiques chinoises et américaines.
  • A propos des marchés boursiers: la fête des records consécutifs s’est arrêtée hier en Europe après 10 records de rang, les mauvais chiffres économiques mentionnés ci-dessus ayant sonné la charge des investisseurs dits "baissiers". Par contre Wall Street a poursuivi sur sa lancée et a affiché un 6e record historique d’affilée, les secteurs défensifs ayant sauvé la mise. Tesla a par contré chuté de plus de 4 % suite à l’ouverture d’une enquête sur des accidents impliquant son système "Autopilot".
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: les marchés chinois sont encore en baisse, toujours impactés par les statistiques économiques décevantes d’hier. Quant aux bourses occidentales, les contrats à terme indiquent à 7h30 que l’Europe et Wall Street pourraient aussi ouvrir dans le rouge lors des premiers échanges.
  • A suivre aujourd’hui: on aura les chiffres du chômage au Royaume-Uni, ceux du PIB de la zone euro pour le 2e trimestre et les chiffres des ventes au détail et de la production industrielle aux USA en juillet. Du côté des résultats, quelques chiffres à examiner : Deceuninck, Roularta, Just Eat Takeaway, BHP, Swiss Life, Walmart ou encore Home Depot.

Le fait du jour: Faurecia-Hella, pour affronter la révolution de l’équipement automobile

En bourse, à côté du segment automobile (faisant partie du secteur de la consommation cyclique ou discrétionnaire), il y a le segment "frère" des équipementiers automobiles. Et dans ce secteur, certains veulent grandir plus vite pour faire face aux (r)évolutions importantes à venir.

Ainsi hier, une des principales informations financières et boursières a été l’acquisition de 60 % des actions de  l’équipementier automobile allemand Hella par son concurrent français Faurecia. Hella est basée à Lippstadt et est spécialisée dans les dispositifs d’éclairage et les composants électroniques. Fin avril, le magazine d’affaires allemand "Manager Magazin" avait écrit que la famille Hück souhaitait céder ses actions Hella. Très vite, des rumeurs de candidats acheteurs avaient surgi. Outre Faurecia, on citait aussi 3 autres noms: Plastic Omnium (France), Knorr-Bremse et Mahle (Allemagne).

Parallèlement au bloc de titres achetés aux actionnaires familiaux d’Hella (contre du cash et des actions Faurecia), Faurecia va lancer une offre publique d’achat (OPA) en cash sur l’ensemble des titres restants au prix de 60 euros par action. L’ensemble de l’opération pourrait alors représenter une valeur d’entreprise (valeur boursière + dettes - cash) estimée à 6,7 milliards d’euros, selon le communiqué de Faurecia. Le financement de la transaction se fera par de la dette. La clôture de l’opération est prévue au début de 2022.

Le nouvel ensemble Faurecia / Hella se positionnera comme le 7ème fournisseur automobile mondial, avec un profil renforcé en termes d'activités et de portefeuille clients. Il ambitionne de réaliser un chiffre d'affaires de plus de 33 milliards d'euros en 2025 contre environ 23 milliards d’euros environ (ou 27 milliards USD) cette année. Ci-dessous nous avons établi le classement des 10 premiers équipementiers automobiles mondiaux. A noter que Robert Bosch et ZF Friedrichshafen sont des entreprises allemandes privées, non cotées en bourse donc.

Le but de ce rapprochement n’est pas innocent. Comme l’a affirmé Patrick Koller, le CEO de Faurecia, "Ensemble, nous serons idéalement positionnés pour répondre aux évolutions stratégiques qui transforment notre industrie". Parmi les objectifs visés : celui de réduire son exposition aux ventes de véhicules à moteur à combustion interne de 25 % en 2020 pour Faurecia "à moins de 20 % à la date de la réalisation de la transaction et à environ 10 % en 2025". La nouvelle société Faurecia/Hella a ainsi "l’intention de jouer un rôle de premier plan dans la décarbonation et la durabilité du secteur de la mobilité"

En fait l’industrie automobile et donc les équipementiers qui les fournissent font face à des défis grandissants et inexorables: véhicules électriques et autonomes, matériaux plus légers, connectivité et autres technologies embarquées de plus en plus poussées, etc. Et ces nouvelles tendances vont probablement encore rabattre les cartes du secteur et impliquer des opérations de rapprochement et des investissements très importants en recherche & développement.

Mais le but de la manœuvre initiée par Faurecia était aussi de mieux se positionner sur un marché de l’automobile qui est de plus en plus mondial et pour lequel être aussi présent sur tous les continents et les grands marchés est un atout. Les 2 sociétés vont ainsi se compléter et renforcer le nouvel ensemble : Faurecia est notamment bien présente en Asie (Chine et Japon en particulier) et aux USA ; Hella est très présente auprès des grands constructeurs automobiles allemands et leur énorme marché.

Quant au devenir des équipementiers automobiles, un article intéressant d’Agoria ('Pulse Check' - l’impact de la Covid-19 sur les équipementiers automobiles | Agoria) a bien résumé la dernière étude du CLEPA (l’association européenne des équipementiers automobiles), réalisée en février 2021 en collaboration avec le bureau de consultance McKinsey & Co.

Concernant la pénurie de semiconducteurs, l’étude a montré que:

  • Plus de 60% des équipementiers automobiles répondant à l’enquête « Pulse-Check » ont déclaré être impactés d'une manière ou d'une autre : nécessité de modifier la chaîne d'approvisionnement, risque d'arrêt de la production ou conséquences commerciales (p. ex. plaintes des constructeurs automobiles).
  • L'augmentation de la capacité de production prend beaucoup de temps dans le domaine de la microélectronique - il ne faut donc pas s'attendre à un rétablissement rapide de la situation.
  • Pour ce qui est de la transition dans l’industrie automobile évoquée ci-dessus, l’enquête est arrivée aux conclusions suivantes :
  • 61% des répondants s'attendent à un glissement des bénéfices des composants traditionnels vers les logiciels et l'électronique. Plus de 90% des fournisseurs interrogés mettent actuellement en œuvre des changements dans leur portefeuille de produits.
  • Les ventes de véhicules légers (voitures particulières et véhicules utilitaires légers) ne reprendront pas complètement au niveau mondial, même en 2030 et au-delà. La croissance en Chine/dans le reste de l'Asie ne compensera pas la stagnation ou le déclin des ventes en Europe et aux États-Unis, ce qui contraindra les fournisseurs à rechercher la croissance en dehors de l'industrie automobile.
  • La valorisation des nouveaux constructeurs automobiles tels que Nio, BYD, Xpeng et Fisker est en nette hausse, mais 66% des équipementiers interrogés estiment néanmoins que les nouveaux constructeurs automobiles auront peu d'impact sur leur chiffre d’affaires en 2030.
  • La société accorde de plus en plus d'importance à la durabilité, ce qui conduit à une réglementation plus stricte et à des changements structurels. 83% des fournisseurs interrogés ont déclaré avoir défini des objectifs globaux en matière de durabilité, mais seuls 15% les ont traduits en une feuille de route détaillée en la matière. Les principales difficultés rencontrées sont les suivantes : trouver le niveau d’ambition adéquat, estimer les coûts de la décarbonation et placer les actions dans le bon ordre.

Enfin, comme le montre les deux tableaux qui suivent, les participants à l’enquête sont beaucoup plus optimistes qu’il y a quelques mois et si les marges resteront stables en 2021 elles devraient être plus élevées l’année prochaine.

Pour terminer, nous avons repris dans le graphe ci-dessous l’évolution, en 10 ans, du cours de Faurecia (en blanc). Celui-ci a clairement sous-performé par rapport à ses concurrents, comme par exemple Plastic Omnium (orange), Magna (vert), Valeo (jaune) et Denso (rouge). Mais aussi par rapport à l’indice MSCI automobiles et équipementiers (rouge). Le nouvel ensemble Faurecia-Hella va-t-il changer cet aspect des choses ? L’avenir nous le dira…

Nouvelles économiques et financières: Statistiques décevantes en Chine et aux USA

Hier les chiffres économiques publiés en Chine ont déçu la communauté des investisseurs. En juillet, la production industrielle n’a augmenté que de 6,4% en rythme annuel, soit moins que les attentes du consensus (+7,8%) ainsi qu’à celle de 8,3% enregistrée en juin. Les ventes au détail n’ont de leur côté progressé que de 8,5% sur un an alors que les économistes anticipaient une hausse de 11,5% contre +12,1% en juin. Selon Bruce Kasman, économiste de JP Morgan "La Chine est en train de retirer ses soutiens monétaires et budgétaires, ce qui devrait peser sur la croissance de la demande et sur les performances de toute la région jusqu'à la fin de cette année".

Quant à la seule statistique importante de ce lundi outre-Atlantique, elle a aussi été en deçà des attentes. En août, l’indice Empire State de la FED de New York, qui mesure l’activité manufacturière dans cette région du pays, a chuté à 18,3 points, contre des estimations comprises entre 26 à 29 points selon les économistes. En juillet l’indice était encore à 43 points. Mais apparemment les industriels sont plus optimistes pour les mois à venir.

Evolution des marchés boursiers: l’Europe trébuche mais Wall Street affiche un 6e record d’affilée

Hier, la fête boursière des derniers jours a pris (momentanément ?) fin en Europe. Alors que durant 10 jours de suite l’indice Stoxx 600 Europe avait battu record historique sur record historique, il a trébuché ce lundi en perdant 0.50% en clôture. Les prises de bénéfices ont été facilitées par des statistiques économiques décevantes en Chine (voir ci-dessus) alors qu’après-midi l’indice de la Réserve Fédérale de New York en deçà des attentes renforçait un peu plus le sentiment de morosité.

Seuls 3 secteurs ont échappé à la déprime d’hier: les soins de santé (+0.20%), l’immobilier (+0.19%) et les services aux collectivités (+0.13%), soit en fait des secteurs considérés plutôt comme défensifs.

3 autres secteurs ont emmené le peloton des déçus du jour : l’énergie (-1.78 %), devant la consommation cyclique (-1.67%) et les financières (-1.06 %), soit au contraire plutôt des secteurs liés à l’économie. Et comme l’économie chinoise tousse pour l’instant…

Illustration de la déception des investisseurs quant à l’évolution de cette dernière, la société de luxe française Kering (Gucci, Saint Laurent, Bottega, Balenciaga, Boucheron,…) a affiché la plus forte chute de l’indice Stoxx 600 Europe (-4.7 %), son exposition importante à la Chine pouvant présager des jours moins fastes. Mais cela a été aussi un prétexte facile pour certains de prendre leurs bénéfices vu la hausse du cours de 26.5 % depuis le début 2021 (y compris la chute d’hier) et son rebond de près de 110 % depuis le krach de mars 2020.

Inversement les marchés ont salué l’opération de fusion entre Faurecia et Hella (voir notre « fait du jour » ci-dessus) en portant le cours de Faurecia 12.1 % plus haut que vendredi soir. Par contre l’action Hella qui avait fortement monté le 9 août dernier suite à l’annonce de pourparlers finaux (avec Faurecia et Plastic Omnium) a fait l’objet de prises de bénéfices hier (-3.4 %).

A Wall Street, alors que le Nasdaq perdait 0.20 %, les investisseurs ont néanmoins réussi à faire passer un nouveau cap historique à l’indice S&P 500, le 6e d’affilée, en portant celui-ci à 4.479,71 points. Mais les chiffres économiques décevants en Chine (surtout) et aux USA, ont au moins eu un effet : ce sont des secteurs dits défensifs qui ont été privilégiés.

Ainsi parmi les secteurs mis en avant le trio de tête était composé des soins de santé (+1.13%), des services aux collectivités (+0.65 %) et de la consommation non cyclique ou de base (+0.64 %). Par contre des secteurs réputés plus cycliques, davantage sensibles à l’économie ont été délaissés : l’énergie (-1.83 %), les matériaux (-0.49 %), la consommation cyclique ou discrétionnaire (-0.38 %) et les financières (-0.17 %).

Tesla, qui fait partie du secteur de la consommation cyclique, a eu hier le titre peu envié de principale chute du jour (-4.3%). Le célèbre constructeur et pionnier de véhicules électriques a été pénalisé par l’ouverture d’une enquête préliminaire sur son système d'assistance à la conduite ("Autopilot") par l’autorité nationale américaine de sécurité routière (NHTSA). L’enquête concerne des centaines de milliers de Model Y,X,S et 3 produits entre 2014 et 2021. Elle fait suite à 11 accidents qui se sont produits depuis 2018 et aujourd’hui.

Parmi les actions ayant par contre le plus progressé ce lundi, ce sont 3 valeurs moins connues du secteur de la santé qui ont composé le podium du jour du S&P 500 : Dentsply Sirona (+3.2 %), Dexcom (+3 %) et Iqvia (+2.9 %).

Les tendances boursières du jour: Chine toujours en baisse, Europe et Wall Street aussi

Ce matin (7h30) en Asie, la bourse de Tokyo n’évolue pas loin de sa clôture de lundi matin. Par contre les bourses chinoises semblent toujours subir le contrecoup des statistiques décevantes publiées hier. Hong Kong perd ainsi actuellement 1.2% et Shanghai-Shenzhen 1.1%.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux indiquent actuellement que les bourses tant en Europe qu’aux USA seraient plutôt baissières lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Ce lundi, sur le plan économique, nous aurons aujourd’hui les chiffres définitifs du PIB de la zone euro pour le 2e trimestre. Ceux-ci auront été précédés dans la matinée du taux de chômage au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, seront connus après-midi les chiffres des ventes aux détail en juillet ainsi que la production industrielle pour le même mois.

Au niveau des résultats de sociétés, on prendre connaissance de ceux de Deceuninck, Roularta, Just Eat Takeway, BHP ou Swiss Life en Europe. Aux USA, on aura notamment ceux de Walmart et Home Depot.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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