"SIR", "Rois" et "Aristocrates du dividende": l’élite des actions de rendement

Retrouvez chaque matin une chronique sur l'actualité boursière et financière.

A RETENIR:

  • Le fait du jour: Quand on pense dividendes importants, on regarde en particulier les SIR belges. Mais il y a d’autres thématiques divendaires intéressantes dont les "Rois" et "Aristocrates du dividende", surtout US.
  • Nouvelles économiques et financières: Vendredi, si la France a publié 2 bons chiffres économiques, les Etats-Unis ont surpris par un effondrement de l’indice de confiance des consommateurs américains, au plus bas depuis 10 ans.
  • A propos des marchés boursiers: 10e record d’affilée en Europe et 5e aux USA. Le secteur de l’énergie a été dans le rouge des 2 côtés de l’atlantique, les prix du pétrole (Brent) repassant sous les 70 USD le baril. Au rayon individuel, mentionnons en Europe le bond de 41% de Zooplus (produits pour les animaux) qui fait l’objet d’une OPA; aux USA c’est eBay qui s’est le plus démarquée (+7.5%) après des résultats trimestriels surpassant les attentes.
  • Bourses asiatiques et tendances prévues aujourd’hui: la bourse de Tokyo est clairement dans le rouge ce matin, les chiffres du PIB meilleurs que prévus ne masquent pas la situation préoccupante du pays, financière et sanitaire. Les marchés boursiers chinois sont plus mitigés. Quant aux bourses occidentales, les instruments à terme indiquent actuellement une baisse des indices lors des premiers échanges.
  • A suivre aujourd’hui: Après-midi sera connu l’indice d’activité manufacturière de la région de New York en août. Quant aux sociétés, à priori peu de choses à se mettre sous la dent ce jour, à part quelques résultats comme ceux de Lotus Bakeries ou Tencent Music par exemple.

Le fait du jour: "SIR", "Rois" et "Aristocrates du dividende ": l’élite des actions de rendement

Les investisseurs boursiers qui visent un rendement régulier de leurs actions, par l’entremise du versement de dividendes en priorité, ont le choix entre plusieurs stratégies. Comme le soulignait encore Bolero en mars de cette année dans une étude ("Investir en actions à dividendes"), "Même en période de hausse boursière, la saison des dividendes peut annoncer une période lucrative pour l’investisseur en actions un peu plus prudent. En Europe, le rendement du dividende reste en effet largement supérieur à celui d’une obligation à 10 ans. Dans leur quête du rendement, les investisseurs se tournent donc souvent vers les actions à dividendes".

Par ailleurs, dans une étude récente, le Crédit Suisse rappelle que 60% de la performance boursière depuis 1900 sont venus du dividende réinvesti.

Nous allons évoquer essentiellement ici 2 types d’actions payant des dividendes intéressants, les SIR belges d’une part, les "aristocrates du dividende" d’autre part. Les "rois du dividende" (ou "dividend kings" pour les anglo-saxons) étant en fait simplement des actions qui satisfont 2 fois à l’exigence principale pour être un aristocrate du dividende. Nous y reviendrons plus loin.

Dans une chronique précédente, nous avons déjà longuement décrit la thématique des SIR. Dans la présente chronique nous serons donc bref concernant cette approche, les détails pouvant être consultés dans notre article du 7 mai dernier (Bpost et AB Inbev à l’honneur, les actions "vaccins" souffrent - Les SIR belges, hauts rendements, faible volatilité).

Rappelons simplement que les SIR (Sociétés Immobilières Réglementées) belges offrent essentiellement 3 avantages: la diversification, l’endettement réduit et surtout, pour les actionnaires, un rendement dividendaire généreux.

Nous avons mis à jour, dans le tableau ci-dessous, outre un très bref descriptif des 18 SIR cotées en bourse de Bruxelles, les rendements nets réalisés (2020) et estimés (2021 & 2022).

2 constats intéressants peuvent être tirés de ce tableau:

  • Le rendement moyen des SIR reste élevé: il a été de 3.82% net en 2020 et il devrait encore se situer entre 3.67% et 3.77% net en 2021 & 2022. On peut néanmoins se poser la question de savoir si certains rendements élevés sont encore tenables pour les SIR exposées aux secteurs difficiles des surfaces commerciales et des bureaux…
  • La volatilité boursière des SIR est plus faible que la moyenne: celle-ci est mesurée par le "beta"; le beta moyen des SIR se situant à 0.72 cela signifie qu’à une variation de marché de 1%, à la hausse ou à la baisse, le cours d’une SIR ne bougera que de 0.72% en moyenne, à la hausse ou à la baisse. On peut donc considérer les SIR comme des "amortisseurs" dans un portefeuille diversifié, soit des actions moins volatiles que le marché boursier.

Une autre catégorie intéressante pour ceux qui s’intéressent aux dividendes, est celle des "aristocrates du dividende". Mais que recouvre précisément cette expression? Les dividendes aristocrates est une stratégie d’investissement basée sur la croissance des dividendes années après années. Lancé par Standard and Poors en 2005, l’indice de référence américain d’origine est le "S&P 500 Dividend Aristocrat". Il existe d’autres versions internationales, dont une européenne, mais qui sont moins suivies que l’américaine.

4 conditions sont requises pour être un "aristocrate du dividende" américain: 

  • La société doit faire partie du S&P 500;
  • Critère le plus important, elle doit avoir augmenté son dividende pendant au moins 25 années consécutives
  • La société doit avoir une capitalisation boursière supérieure à 3 milliards USD;
  • Enfin, le volume d’échanges quotidiens moyens doit être supérieur à 5 millions USD.

Sur le graphe ci-dessous daté de fin juin 2021 (Who Are the Dividend Aristocrats in 2021?) sont rassemblées les 65 actions américaines faisant partie du S&P 500 Dividend Aristocrat. On peut déjà en déduire plusieurs constats intéressants:

  • En abscisse, sur l’axe horizontal, on a le nombre d’années de croissance du dividende. Celles-ci vont, évidemment, d’un minimum de 25 ans a près de 65 ans.
  • En ordonnée, sur l’axe verticale, on a le rendement fin juin 2021. Si certains comme ATT, ExxonMobil, Chevron, IBM ou Abbvie paient de juteux coupons (entre 4.8 et 6.9% brut), d’autres sont plus chiches, offrant même parfois des rendements sous 1%. La plupart des aristocrates paient un coupon entre 2 et 4%.
  • Certains secteurs sont beaucoup plus représentés que d’autres comme la consommation non cyclique (ou de base), les industrielles ou l’énergie.   
    • Il y a par contre peu d’actions technologiques, ce qui est logique car celles-ci misent davantage sur la croissance de leurs activités et réinvestissent notamment plus de moyens dans la recherche et le développement.
    • Le secteur de l’énergie offre actuellement le rendement le plus élevé (5.6%) mais il n’est composé que de 2 actions, ExxonMobil et Chevron. Les résultats de ceux-ci étant assez volatils (ex en 2020 et 2021) rien ne garantit encore des rendements très élevés à l’avenir, d’autant que le secteur est en pleine transition énergétique.
    • C’est le secteur des biens de consommation cycliques (Mc Donald’s, Lowe’s,…) qui montre la période la plus longue d’augmentation du dividende, soit 50 ans environ.

A noter que toutes les sociétés ayant augmenté leurs dividendes pendant au moins 50 ans (soit 2 fois la durée minimum des aristocrates) font aussi partie des "dividend kings", les rois du dividende. Dans cette catégorie on retrouve ainsi par exemple Procter & Gamble, Coca Cola, Colgate Palmolive, Johnson & Johnson ou 3M par exemple. 32 actions américaines sont actuellement considérées comme des "rois du dividende".

En Europe il existe aussi un indice des aristocrates du dividende, le "S&P Europe 350 dividend aristocrats". Il est moins suivi que la version américaine. Et il y a une différence de taille avec son homologue américain qui explique peut-être ce moindre intérêt: pour faire partie de la sélection, une société doit avoir payé un dividende en hausse seulement pendant 10 années de suite (et pas 25). 39 sociétés européennes font partie de ce club fermé des aristocrates du dividende et ont été sélectionnées parmi les 350 plus importantes sociétés de l’indice S&P.

Comme aux USA, certains secteurs sont plus représentés que d’autres. Les industrielles et la santé représentent environ 50% de cet indice. Derrière on trouve la consommation de base, les matériaux, l’IT, les financières et les services aux collectivité. D’un point de vue géographique, le Royaume-Uni représente un peu plus d’1/3 de l’indice, devant la Suisse (1/5), l’Allemagne et le Danemark comptant pour environ 11%. Dans cette liste on trouve des sociétés comme Sanofi, Roche, Unilever, Nestlé, Diageo, Fresenius, Lindt, etc.

A noter que la Belgique représente une petite partie du S&P 350 Europe Dividend Aristocrats, GBL et UCB étant nos 2 seuls représentants nationaux. D’autres sociétés belges peuvent se targuer d’être aussi des aristocrates du dividende, comme Colruyt ou Sofina par exemple, mais elles ne sont pas reprises dans cet indice.

Nouvelles économiques et financières: effondrement de la confiance des consommateurs US

En France, le taux de chômage est resté quasiment inchangé au 2e trimestre (-0.1 point) soit 8% de la population active. Par contre l’inflation française a ralenti sur 1 an à 1.2% en juillet contre 1.5% en juin. Concernant l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui sert de base de comparaison au niveau européen, celui-ci augmente de 1,5% sur 1 an en juillet, après 1.9% en juin.

Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs en août a chuté à son plus bas niveau depuis 10 ans! L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois d'août est ressorti à 70,2 points seulement, contre 81 attendu et 81.2 pour le mois de juillet dernier.

Evolution des marchés boursiers vendredi: 10e record européen d’affilée et 5e aux USA

Chaque jour, depuis 2 semaines, nous faisons le même constat, l’indice Stoxx 600 Europe a battu un record! Vendredi il a donc atteint 475.83 points, en hausse de 0.21% par rapport à jeudi, et donc son 10e record historique d’affilée!

Le secteur technologique (-0.25%) et celui de l’énergie (-0.47%) ont été les 2 seuls en retrait par rapport à la veille. C’est le segment des semiconducteurs qui a le plus souffert parmi les actions technologiques (-0.60%).

Du côté des secteurs en progression, l’immobilier est ressorti largement vainqueur (+1.04%) devant les services aux collectivités (+0.80%). Parmi les actions immobilières, le géant allemand Deutsche Wohnen a annoncé de bons résultats trimestriels mais son cours de bourse a peu progressé (+0.11%). Il faut rappeler que fin mai son compatriote et rival Vonovia a lancé une OPA amicale et que donc le cours avait fortement monté à ce moment.  Mais retournement de situation spectaculaire fin juillet, Vonovia a annoncé l'échec de la fusion faute d'avoir convaincu assez d'actionnaires de Deutsche Wohnen. Vonovia indiquait alors  que le taux d'acceptation final de son offre avait atteint 47,62%, moins que les 50% nécessaires pour la réussite de l'opération à 19 milliards d'euros. Depuis le cours stagne aux environs de 52 à 53 euros.

Les autres secteurs dans le vert ont limité leur hausse entre 0.10% pour les industrielles et 0.44% pour la consommation non cyclique.

Au rayon individuel, la séance de vendredi a surtout été marquée par 2 fortes variations en sens inverse. D’abord par la chute de l’action biotech française Ipsen (-12.7%) après l’annonce du retrait de sa demande d’approbation aux USA du Palovarotène, un traitement expérimental de la maladie de "l’homme de pierre" (scientifiquement dit la "fibrodysplasie ossifiante").

Ensuite par le bond de 41% de Zooplus, une société allemande qui gère une plateforme de vente en ligne de produits d’animalerie dans 30 pays européens. La société va être rachetée pour  environ 3 milliards d’euros par le fonds américain Hellman & Friedman.

Aux Etats-Unis, la semaine s’est aussi terminée par un nouveau record historique à Wall Street, le 5e d’affilée! Mais 4 secteurs ont fini dans le rouge vendredi soir, dont le secteur de l’énergie (-1.28%) fragilisé par une nouvelle chute des prix du pétrole, le Brent repassant ainsi sous la barre de 70 USD. Par ailleurs, Occidental Petroleum qui est une des principales sociétés pétrolières US avec ExxonMobil et Chevron, a chuté de 4% suite à la nouvelle qu’elle aurait une ou plusieurs plateformes de forage sur le chemin d’une dépression au large des côtes américaines. Dans le même secteur, Apache Corporation et Diamondback Energy, plus petites qu’Occidental Petroleum, ont été les principales victime du S&P avec des baisses de respectivement 5.5% et 4.7%.

Du côté des pertes du jour, mentionnons aussi les financières (-0.73%), les industrielles (-0.3%) et la consommation cyclique (-0.29%).

Par contre, parmi les secteurs recherchés, la consommation non cyclique a été la entourée (+0.81%) devant 4 secteurs ayant gagné entre 0.6 et 0.7% (technologiques, soins de santé, immobilier et services aux collectivités). Le secteur des matériaux a lui terminé quasiment inchangé par rapport à jeudi.

Du côté des actions individuelles, c’est eBay qui a remporté de la meilleure performance du jour (+7.5%) grâce à l’annonce de résultats trimestriels meilleurs qu’attendus. Notons aussi le rebond de la société de semiconducteurs AMD (+3.8%). Derrière 2 sociétés pharmaceutiques, Regeneron et Pfizer prenaient les 3 et 4e places des meilleurs gains du jour, soit respectivement +2.8% et +2.6%.

Terminons enfin par Walt Disney (+1%) qui a surpris positivement avec ses résultats trimestriels, grâce notamment à la réouverture progressive de ses parcs d'attraction et à ses activités de streaming où le nombre d’abonnés a fortement augmenté. Ainsi, son bénéfice a atteint les 918 millions USD au 3e trimestre de son exercice (50 cents par action), contre une perte de 2,61 USD par action un an plus tôt à la même époque.

Les tendances boursières du jour

Ce matin (7h30) en Asie, la bourse de Tokyo perd actuellement 1.7% malgré l’annonce cette nuit d’un PIB plus vigoureux qu’attendu. Mais les spécialistes pensent malgré tout que le pays aura besoin de nouveaux stimuli financiers d’autant qu’ on s'attend à ce que l'état d'urgence imposé par le virus dans certaines régions, dont Tokyo, soit prolongé.

En Chine, marchés boursiers sont mitigés, Hong Kong progressant de 0.7% alors que Shanghai-Shenzhen perdent 0.2%.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux (Europe et USA) indiquent actuellement que la seconde quinzaine d’août devrait commencer par une baisse, plus prononcée en Europe (-0.5%) qu’aux USA (-0.2%).

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Ce lundi, sur le plan économique, avant l’ouverture des bourses européennes, nous aurons pour le Japon la 1ère estimation du PIB  du 2e trimestre ainsi que la production industrielle de juin. Après-midi sera connu l’indice d’activité manufacturière de la région de New York en août.

Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres seulement dont ceux de Lotus Bakeries ou de Tencent Music. 

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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