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L’Europe boursière toujours plus haut mais l’or et le pétrole chutent, pourquoi?

Retrouvez chaque matin une chronique sur l'actualité boursière et financière.

Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier lundi, malgré la persistance de goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement, les exportations allemandes ont augmenté plus que prévu en juin, soit une hausse de 1.3% (contre +0.4% en mai) alors que les économistes ne s’attendaient qu’à une progression de 0.4%. Quant aux importations, elles ont augmenté de 0.6% en juin (contre 3.4% en mai) alors que les économistes s’attendaient à une progression de 0.5%. En conclusion l’excédent commercial allemand a atteint 13.6 milliards d’euros en juin, contre 12.8 milliards en mai et une prévision de 13.4 milliards.

A noter aussi que l'indice Sentix, qui mesure le sentiment des investisseurs en zone euro, a reculé à 22,2 points en août, contre 29,8 en juillet, alors que le consensus anticipait un repli à 29 points seulement.

Fait(s) du jour

Parmi les matières premières actuellement en délicatesse, l'or et le pétrole semblent actuellement les plus vulnérables. Si différentes raisons peuvent expliquer leur chute des derniers jours, il y en a au moins une qui revient dans les 2 cas: les récentes statistiques américaines vigoureuses (dont celles sur l’emploi vendredi) qui font craindre à certains une hausse plus rapide qu’attendue des taux d’intérêt américains.

Et si les taux montent, le dollar en profite et monte donc aussi. Par contre le dollar a une relation inverse avec les prix du pétrole. Et donc ces derniers jours, la hausse du dollar a été néfaste pour les cours du pétrole. Depuis début août, le prix du pétrole a chuté de près de 8% et par contre l’USD n’a plus été aussi élevé (par rapport à l’euro) depuis début avril.

A cela se sont ajoutées les inquiétudes concernant les nouvelles restrictions liées au Covid-19 en Asie, qui ont alimenté les craintes d'un recul de la demande mondiale de carburant. Comme le soulignait hier le site Investing.com, la Chine en particulier, 2e consommateur mondial de pétrole derrière les USA, a annulé de nombreux vols et a émis des avertissements contre les voyages dans 46 villes, tout en limitant les transports publics et les services de taxi dans 144 des zones les plus touchées par la pandémie.

Concrètement, la Chine a importé 9,7 millions de barils par jour en juillet, ce qui constitue le quatrième mois consécutif sous la barre des 10 millions de barils par jour, selon les analystes de Commerzbank.

A noter aussi que l’Energy Information Administration (EIA) américaine a déclaré que les stocks de pétrole brut ont augmenté de façon inattendue de 3,6 millions de barils la semaine dernière, alors que les analystes interrogés par FactSet prévoyaient une baisse de 2.9 millions de barils.

Enfin, il faut rappeler que depuis le mois de mai l’OPEP+ a commencé à augmenter progressivement l’offre d’or noir. En avril 2020, au début de la pandémie, l’organisation s’était engagée à retirer du marché 9.7 millions de barils par jour et de les réintroduire, après discussion, progressivement d’ici la fin du mois d’avril 2022. Et le 18 juillet dernier, l’OPEP+ s’est mise d’accord pour continuer à ouvrir les robinets du pétrole : chaque mois, à partir d’août, la production de l’OPEP+ augmentera de 400.000 barils par jour.

En résumé, la hausse du dollar américain et les craintes sur la demande de pétrole couplée à une offre progressivement augmentée expliquent la faiblesse des prix du pétrole actuellement.

Du côté de l’or, la hausse des taux est aussi à priori une mauvaise nouvelle. Il ne faut pas oublier que l’or ne procure aucun rendement (ni dividende, ni intérêt); si l’or bénéficie donc de taux bas voire proches de 0 (comme ça a été le cas un certain temps), la situation se gâte par contre si les taux remontent.

Certains évoquent d’ailleurs les "maux jumeaux" de l'or, la hausse combinée des taux et de l’USD portant souvent un coup fatal aux positions longues sur l'or.

Selon le World Gold Council, la demande mondiale d'or pour le 2e trimestre 2021 était pratiquement en ligne avec le 2e trimestre 2020 (soit 955,1 tonnes ou -1%). Cela a porté la demande du 1er semestre 2021 à 1.833,1 tonnes, en baisse de 10% en glissement annuel.

Mais on note une forte évolution de la demande d’or par catégorie d’acheteurs au 1er semestre 2021 par rapport à celui de 2020 (voir graphe ci-contre): la forte reprise de la demande des consommateurs et les entrées de fonds des ETF aurifères au 2e trimestre 2021 n'ont pas suffi à compenser les lourdes sorties de fonds du 1er trimestre.

La demande de bijoux en or au 2e trimestre 2021 (390,7 tonnes, en vert sur le graphe) a continué à rebondir après la faiblesse de 2020 due au COVID, mais elle est restée bien en dessous des niveaux typiques d'avant la pandémie, en partie à cause de la croissance plus faible de la demande indienne.

La demande de bijoux pour le 1er semestre 2021 a ainsi atteint 873,7 tonnes, soit 17% en-dessous de la moyenne 2015-2019.

Par contre l'investissement en lingots ("barres") et pièces d’or (en violet sur le graphe) a connu un 4e trimestre consécutif de forte progression en glissement annuel: La demande du 2e trimestre 2021 de 243,8 tonnes a abouti à un total de 594 tonnes pour le 1er semestre 2021, le plus important depuis 2013.

Le phénomène le plus frappant concerne les ETF (titres financiers cotés indexés sur le cours du métal jaune) adossés à l’or (en noir sur le graphe): les modestes achats du 2e trimestre par les ETF (40,7 tonnes, soit 10 fois moins que l'an dernier à la même période) n'ont que partiellement compensé les fortes ventes du 1er trimestre; par conséquent, les ETF ont enregistré des sorties nettes au 1er semestre 2021 (soit 129,3 tonnes) pour la première fois depuis 2014! A Signaler: les flux entrants se sont concentrés sur les marchés occidentaux, les États-Unis, l'Allemagne et la France enregistrant tous une croissance à 2 chiffres de leurs avoirs.

Mais selon Louise Street, analyste au sein du WGC, cette chute devrait s'atténuer: "Si les ETF ne reproduiront très probablement pas la performance record de 2020, la nécessité d'une couverture efficace des risques et le maintien d'un environnement de taux bas [nous] confortent dans l'idée que les investisseurs renforceront leurs allocations stratégiques tout au long du reste de l'année".

Autre constat important, les achats des banques centrales (en rouge sur le graphe ci-dessus) – surtout de Thaïlande, de Hongrie et du Brésil cette année - se sont poursuivis au 2 trimestre. Leurs réserves mondiales d'or ont augmenté de 199,9 tonnes, ce qui a porté les achats nets du 1er semestre 2021 à 333,2 tonnes, soit 39% de plus que la moyenne du 1er semestre sur cinq ans et 29% de plus que la moyenne du 1er semestre sur dix ans.

Enfin l'or utilisé dans la technologie (couleur bleue sur le graphe, entre le vert et le violet) a continué à se redresser après le creux de 2020: la demande au 2e trimestre a augmenté de 18% en glissement annuel à 80 tonnes, ce qui correspond à la demande moyenne au deuxième trimestre de 2015 à 2019, soit 81,8 tonnes. La demande du premier semestre (161 tonnes) était légèrement supérieure à celle du premier semestre 2019 (160,6 tonnes).

En résumé, prévoir l’évolution du prix de l’or reste un exercice très difficile et on a vu ci-dessus que les comportements parfois différents des différentes catégories d’acheteur pouvaient fortement influer sur la demande totale. Par ailleurs, à côté de cette demande d’or qui a quelque peu diminué ces derniers mois, l'offre totale d'or au 2e trimestre 2021 a augmenté de 13% par rapport à l'année précédente et de 4% au 1er semestre. Une demande en baisse et une offre en hausse, avec des taux d’intérêt qui se raidissent, la conclusion est simple quant à l’évolution du prix de l’or ces derniers temps. Et l’évolution du métal jaune sera encore conditionnée par les taux, l’offre et la demande les prochains mois…

Évolution des marchés boursiers

Où s’arrêtera la hausse des actions européennes? Il est évident comme le dit le sage adage boursier que "les arbres ne montent pas jusqu’au ciel" et donc que, tôt ou tard, il y aura, à un moment ou l’autre, un retour de flammes. Mais en attendant, porté par de bonnes statistiques économiques et par des résultats trimestriels très majoritairement meilleurs qu’attendus, l’indice Stoxx 600 Europe a enregistré hier un 6e record historique d’affilée, terminant à 470.68 points en progrès de 0.15% par rapport à vendredi soir.

4 secteurs ont fini dans le rouge, l’énergie enregistrant la plus forte baisse du jour (-0.56%), la chute des cours du pétrole servant de catalyseur (voir notre "faits du jour" ci-dessus). Derrière on trouvait l’immobilier (-0.54%) et les industrielles (-0.49%), la consommation cyclique fermant la marche mais quasiment inchangée en fait (-0.05%).

Au rayon individuel, l’action britannique Hargreaves a chuté de plus de 11% après la publication de résultats froidement accueillis par les investisseurs. Mais on a surtout remarqué la chute du holding belge Sofina (-4.6%), 3e plus forte baisse de l’indice européen, après que Degroof Petercam a abaissé sa recommandation à "réduire" contre "conserver" mais en… augmentant son objectif de cours sensiblement (de 298 à 362 euros). Il faut toutefois souligner le beau parcours de l’action car même en tenant de la chute d’hier, l’action Sofina gagne 39% sur l’année et alors que la valeur a vu son cours plus que tripler en 5 ans!

PostNL a déçu les investisseurs avec des trimestriels sous les attentes et a perdu près de 3% en bourse, entraînant dans son sillage ses consoeurs comme Bpost (-2.9%) ou Deutsche Post (-0.4%).

Parmi les vainqueurs du jour, c’est le secteur des soins de santé qui a décroché la timbale (+1.2%), le petit segment biotech étant particulièrement en verve, ses composantes gagnant environ 2% en moyenne. Les 6 autres secteurs gagnants limitant leurs gains entre 0.18% (les matériaux) et 0.40% (les technologiques). Individuellement, l’action biotech suédoise Swedish Orphan a enregistré la plus forte hausse de la journée (+5.2%) après l’annonce de chiffres trimestriels supérieurs aux prévisions.

A noter enfin la hausse de 4.5% de l’action Deliveroo (société anglaise de livraison de repas à domicile) après l’annonce de la prise de participation de 5.09% de son concurrent allemand Delivery Hero.

A Wall Street, au contraire de l’Europe, les marchés boursiers américains n’ont pas inscrit hier soir de nouveaux records. L’indice S&P 500 a terminé en baisse de 0.09%. Le Nasdaq a quant à lui progressé de 0.16% mais reste encore à quelques encablures du plus haut enregistré jeudi passé. Le variant Delta du coronavirus vient de provoquer, aux USA, un pic depuis 6 mois des infections et des hospitalisations ce qui inquiète quant à la reprise économique.

La déroute récente des prix du pétrole, maintenant sous les 70 USD le baril de Brent, a lourdement impacté le secteur de l’énergie qui a emmené le peloton des perdants (-1.48%). Les autres secteurs ont enregistré des reculs limités, les matériaux et la consommation cyclique reculant de 0.12 à 0.13% respectivement alors que les industrielles et l’immobilier perdaient 0.4%.

Individuellement c’est l’action du producteur de gaz industriels Air Products qui a le plus chuté hier (-5.2%) à la suite de résultats trimestriels décevants.

Seuls 4 secteurs ont terminé légèrement dans le vert, les soins de santé progressant de 0.38%, la consommation de base de 0.32%, les financières de 0.31% et les services de communication de 0.04% à peine.

Par contre la société pharmaceutique Moderna a de nouveau fortement impressionné hier soir en bondissant de 17.1% en clôture à Wall Street! Sur les 5 derniers jours l’action a gagné 40% et depuis fin juin le cours a plus que doublé… Non seulement ses résultats trimestriels ont fortement impressionné, grâce en particulier au vaccin contre le Covid-19, mais la probabilité grandissante dans plusieurs pays de devoir inoculer une 3e dose laisse entrevoir encore du potentiel pour son produit. La société allemande cotée au Nasdaq BioNTech a aussi explosé les plafonds hier (+15%), ses chiffres trimestriels ayant également profité du large succès de son vaccin à base d’ARN codéveloppé avec Pfizer.

Derrière Moderna signalons aussi le gain appréciable de la société alimentaire Tyson Foods (+8.7%) propulsée par ses résultats trimestriels au-delà des attentes, notamment favorisés par la  marge des produits à base de bœuf beaucoup plus importante que prévue (22.6% alors que les analystes attendaient une marge bénéficiaire de 16.8%)

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) en Asie, les bourses sont partagées et mitigées. Tokyo progresse à peine (+0.18%) alors que Hong Kong gagne 0.42% mais que Shanghai-Shenzhen perdent 0.22%.

A signaler que plusieurs grandes banques d’investissement américaines (Goldman Sachs, JP Morgan et Morgan Stanley) ont réduit leurs prévisions de croissance du PIB pour la Chine après plusieurs statistiques économiques décevantes.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux indiquent actuellement une ouverture légèrement en baisse des marchés boursiers, tant en Europe qu’aux USA.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Sur le plan économique, on sera surtout attentif aujourd’hui au très connu indice allemand Zew qui mesure les anticipations des analystes et des investisseurs institutionnels sur l’évolution de l’économie du pays.

Aux Etats-Unis, on prendra connaissance de l’indice NFIB de juillet et mesurant l’optimisme des PME américaines.

Au niveau des résultats de sociétés, quelques chiffres à suivre dont ceux de Porsche, HelloFresh, Corbion ou Intercontinental. Aux Etats-Unis il sera intéressant d’examiner les chiffres de Coinbase, une des principales plateformes mondiales d’échange de cryptomonnaies.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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