Les bourses européennes et US au plus haut – le bitcoin plus volatil et incertain que jamais

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier on a appris que les commandes à l’industrie allemande en juin ont augmenté plus fortement qu’attendu (+4.1% contre 1.9 à 2% selon le consensus des économistes) grâce à une forte demande intérieure.

Au Royaume-Uni, la BOE (Banque d’Angleterre) a laissé entendre "qu’un modeste resserrement de la politique monétaire sera probablement nécessaire d'ici à fin 2023". Alors que l’objectif d’inflation est de 2 % et que le niveau était de 2.5% en juin, la BOE estime qu’elle pourrait monter à 4% au dernier trimestre 2021.

Aux États-Unis, le déficit commercial en juin s’est creusé plus que prévu à 75.7 milliards USD (+6.7%), alors que les économistes prévoyaient plutôt 72.2 milliards USD, les importations augmentant de 2.1% alors que exportations ne progressaient que de 0.6%.

Par contre, toujours aux USA, il n’y a pas eu de surprise concernant les inscriptions au chômage, pour la semaine finissant le 31 juillet, soit 385.000 demandes (-14.000 par rapport à la semaine précédente).

Fait(s) du jour

La période d’hyper-euphorie qui avait fait flamber le cours de la "cryptomonnaie" bitcoin entre l’automne passé et avril 2021 (son cours étant multiplié par 6!) a fait place ensuite à une descente progressive aux enfers jusqu’à la mi-juillet, moment à partir duquel la "reine des cryptos" perdait près de 53% depuis son record du 15 avril à 63.410 USD.

Récemment, le bitcoin a connu une nouvelle rapide flambée, passant du 20 juillet au 1er aout d’environ 29.500 USD à près de 42.500 USD, soit une hausse de 44%! La raison de cette nouvelle poussée de fièvre? Une "info" du site anglais City.am affirmant "de bonne source" savoir qu’Amazon serait sur le point d’accepter le bitcoin (mais aussi d’autres cryptoactifs comme l’ether, le cardano ou le bitcoin flash) comme moyen de paiement ! Mais très vite, Amazon a démenti la "nouvelle", affirmant même que l’information était inventée...

La rumeur aurait trouvé son origine dans une offre d’emploi récente d’Amazon recherchant un poste de responsable en monnaies électroniques et blockchain, la technologie à la base des cryptoactifs. Mais entre l’intérêt théorique et intellectuel d’Amazon pour le secteur des cryptomonnaies et l’adoption de celles-ci comme moyens de paiement, la différence est de taille, ce que n’ont pas compris (ou pas voulu comprendre) les aficionados du bitcoin… Pourtant ils auraient dû se rappeler qu’il y a quelques mois, un des plus fervents supporters du bitcoin, Elon Musk patron de Tesla, avait fait une volte-face spectaculaire en disant d’abord accepter le bitcoin comme moyen de paiement pour ses voitures avant d’annoncer quelques semaines plus tard que ce n’était plus le cas!

En tout cas, on constate que le bitcoin est donc un "investissement" plus volatil et spéculatif que jamais et que Goldman Sachs a récemment écrit que "le bitcoin et autres cryptomonnaies ne répondent pas aux critères qui déterminent si une classe d’actifs est digne d’intérêt pour un investissement" (voir à ce propos notre chronique du 22 juin dernier: Rebond boursier mais pas du bitcoin qui rechute, la Chine augmentant la pression).

Dans ce même article nous parlions aussi du fait que la Chine faisait dorénavant fermer la quasi-totalité des fermes de minage (les mega-complexes créant les bitcoins), celles-ci représentant la majorité des "pools de minage" mondiaux.

En réaction, les fermes de minage ont décidé de se réfugier dans des pays, à priori, plus accueillants alors que par ailleurs se sont créés en parallèle des activités de minage illégales comme en Pologne, en Ukraine ou en Malaisie ou de telles installations ont été démantelées par la police, ces installations clandestines volant en fait les importantes quantités d’électricité nécessaire au fonctionnement des ordinateurs hyper-puissants.

Par contre ceux qui ont choisi d’essayer de miner des bitcoins de manière légale ont notamment déménagé leurs machines vers le Kazakhstan voisin (comme la société BIT Mining) profitant de l’assouplissement de sa réglementation et d’une loi en 2020 légalisant cette activité. Et selon le CCAF (Centre sur la Finance Alternative de Cambridge), comme on le voit sur le graphe ci-dessous, la part du minage de la Chine est d’ailleurs passé, entre septembre 2019 et avril 2021, de 75.5 % à 46 % (avant l’interdiction de juin 2021), la part du Kazakhstan augmentant par contre de 1.4% à 8.2%, soit la 3e place du minage mondial (derrière la Chine et les USA).

Le problème, déjà évoqué précédemment par différentes institutions internationales et à la base de l’interdiction chinoise, c’est que le minage de bitcoins nécessite des quantités gigantesques d’électricité d’une part, et souvent d’origine polluante, d’autre part. C’est d’ailleurs le cas du Kazakhstan où l’électricité est extrêmement carbonée, 90% provenant de combustibles fossiles comme le charbon, ce qui va générer d’importantes émissions de gaz à effet de serre…

Autre refuge pour les exilés chinois du bitcoin, le Texas américain. Ce cas-ci est d’autant plus interpellant lorsqu’on sait que l’Administration Biden, à l’inverse de celle de Trump, est très sensible aux considérations climatiques et environnementales et donc, en principe, peu souple en matière de gaspillage d’énergie et de pollution. Il faudra donc voir, à l’avenir, si les nouveaux pays d’accueil des fermes de minage maintiendront ou changeront radicalement de position comme ça a été le cas récemment en Chine…

Le bitcoin et autres cryptoactifs sont par ailleurs toujours dans le collimateur des autorités tant financières que politiques. Ainsi le 26 juillet dernier, via son blog, le Fonds Monétaire International (FMI) a une nouvelle fois mis en garde contre l’utilisation des cryptomonnaies comme devise officielle (Les cryptoactifs en tant que monnaie nationale? Un pas à ne pas franchir (imf.org)). S’il n’est pas cité dans le texte, le FMI vise en premier le Salvador, ce pays d’Amérique du Sud qui serait le 1er au monde à adopter le bitcoin comme monnaie officielle.

Parmi les commentaires du FMI, on lit ainsi que "la valeur des cryptoactifs est trop volatile et n’a pas de lien avec l’économie réelle". Est aussi évoqué le problème de la protection des consommateurs: "Le patrimoine des ménages et des entreprises pourrait fortement souffrir des fluctuations sensibles de la valeur des cryptoactifs, de fraudes ou d’attaques informatiques. Même si la technologie sur laquelle reposent les cryptoactifs s’avère très performante, des problèmes techniques peuvent survenir. Dans le cas du bitcoin, les recours sont difficiles, car il n’existe pas d’émetteur légal".

De manière générale, le FMI conclut ce blog en écrivant:"En tant que monnaie nationale, les cryptoactifs, notamment le bitcoin, s’accompagnent de risques notables pour la stabilité macro financière, l’intégrité financière, la protection des consommateurs et l’environnement. Les avantages des technologies sur lesquelles ils reposent, notamment la possibilité d’offrir des services financiers meilleur marché et plus inclusifs, ne doivent pas être négligés. Toutefois, les États doivent prendre l’initiative pour proposer ces services et tirer parti des nouvelles formes numériques de monnaie, tout en préservant la stabilité, l’efficience, l’égalité et la viabilité environnementale. Faire des cryptoactifs une monnaie nationale est un raccourci qu’il convient de déconseiller".

Bref, nous en concluons que le FMI n’est pas contre les cryptomonnaies, mais il faut que le système soit plus transparent, moins volatil et plus respectueux de l’environnement, c’est-à-dire finalement mieux encadré et réglementé.

La Securities and Exchange Commission ("SEC" qui est l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers) abonde dans le même sens et, comme le titrait le journal Le Monde hier, veut "réguler le Far West des cryptomonnaies". En fait, mardi dernier, Gary Gensler, le nouveau patron de la SEC a déclaré lors de l’Aspen Security Forum: "l’heure actuelle, les investisseurs ne sont pas assez protégés. Franchement, cela ressemble plus au Far West". "Cette classe d’actifs regorge de fraudes, d’escroqueries et d’abus dans certaines applications. Il y a beaucoup de battage médiatique sur le fonctionnement des actifs crypto. Dans de nombreux cas, les investisseurs ne sont pas en mesure d’obtenir des informations rigoureuses".

Gary Gensler a ainsi demandé au Congrès américain de conférer plus de pouvoir à la SEC. Il veut avoir la possibilité de mieux superviser le monde des cryptomonnaies et il souhaite aussi étendre ses compétences à la finance décentralisée et aux prêts en devises virtuelles.

Enfin, les autorités fiscales américaines sont récemment aussi entrées dans la danse: le 28 juillet dernier, les législateurs se sont mis d’accord pour proposer une taxation plus élargie et plus stricte en ce qui concerne les cryptomonnaies. Les entreprises et courtiers qui effectuent des transactions sont visés ; mais en plus le projet de loi vise aussi à imposer une déclaration auprès de l’IRS (qui collecte les impôts et fait respecter les lois fiscales) pour toute transaction cryptographique de plus de 10.000 USD.

Bref on peut s’attendre à ce que le bitcoin et autres cryptoactifs connaissent encore des périodes de fortes turbulences à l’avenir, fluctuant entre les rumeurs positives ou négatives, avérées ou non, tenant compte par ailleurs du fait que les autorités - politiques, financières et fiscales - veulent reprendre les choses en main…

Évolution des marchés boursiers

Et de 4! Depuis le début de ce mois d’août, les journées boursières en Europe se suivent et se ressemblent jusqu’à présent. Pour la 4e journée de suite, l’indice Stoxx 600 Europe a battu un record historique, s’établissant hier soir à 469.96 points, soit une hausse de 0.37% par rapport à mercredi soir.

3 secteurs n’ont pas participé à la fête, surtout les matériaux (-0.69%) alors que consommation non cyclique et la consommation cyclique limitaient leur repli à 0.20 et 0.12% respectivement. Dans le secteur des matériaux ce sont surtout les actions de sociétés minières qui ont été délaissées à l’image de Rio Tinto, Anglo American ou BHP qui perdaient toutes entre 4 et 5%.

Parmi la majorité de secteurs en hausse hier, c’est l’immobilier qui a le mieux performé (+1.02%), devant les soins de santé et les technologiques engrangeant tous les deux 0.78%.

Alors que la saison des résultats du 2e trimestre touche tout doucement à sa fin, on a eu droit hier à nouveau à plus de bonnes surprises que l’inverse. Ont ainsi dépassé les attentes en Europe, des sociétés comme Merck, Adidas, Siemens, Deutsche Post, KBC, Bpost, Crédit Agricole, Eurofins Scientific, Rolls-Royce ou encore Beiersdorf. Au rayon des quelques déceptions de la journée, on aura noté Lufthansa, Bayer ou encore Zalando.

Parmi les principales chutes du jours, notons la nouvelle déconvenue de la société norvégienne Nel (technologies à base d’hydrogène) qui a perdu hier 7.7%. Celle-ci, comme d’autres sociétés ayant le même type d’activité (Ceres Power, ITM Power,…), a été sous pression après que les médias aient rendu publique une étude soutenue par le gouvernement britannique qui a conclu que les chaudières à hydrogène pourraient causer 4 fois plus d'explosions que les chaudières à gaz. Sur les 3 dernières séances de bourse, Nel a déjà perdu 16.3%...

Bayer (-7.6%), seconde contre-performance au sein de l’indice Stoxx 600, a été pénalisée par son mauvais bulletin trimestriel alors qu’inversement 3 des 4 meilleures progressions du jour étaient à mettre à l’actif de sociétés ayant publié d’excellents résultats, à savoir Eurofins Scientific (+10.3%), Merck (+6.8%) et Rolls-Royce (+5.2%).

Les États-Unis n’ont pas voulu être en reste par rapport à l’Europe hier et les marchés boursiers américains ont même inscrit un double record historique, le S&P 500 finissant à 4.429,10 points (+0.60%) et le Nasdaq à 14.895.12 points (+ 0.78%)! Des données rassurantes sur le chômage US et la tendance très positive des résultats trimestriels ont été les moteurs de la hausse.

2 secteurs n’ont pas participé à cette performance, les soins de santé (-0.38%) et les matériaux (-0.14%). Dans le secteur des soins de santé, les variations de cours ont été dans les deux sens, à l’image de résultats trimestriels contrastés. Ainsi si Regeneron (+3.7%) a annoncé des chiffres meilleurs que prévus, Moderna (-0.70%) a quelque peu déçu. Mais on aura aussi remarqué la chute du cours de Cigna (-10.9%) après que la société d’assurance ait annoncé que son ratio de soins médicaux devrait augmenter de 81% à 82% vers 83% à 84%, les versements d’indemnités à ses assurés devant donc être plus élevés que prévus.

Le secteur de l’énergie a rebondi de 1.28% dans la foulée des prix du pétrole qui a repris des couleurs après sa faiblesse des derniers jours. Le secteur financier (+1.25%) a également bien performé hier, les principales banques américaines gagnant entre 1.4 et 2%.

Au rayon individuel, outre la chute de Cigna, mentionnons la forte baisse de Cardinal Health (-14.3%), un équipementier pharmaceutique, dont les résultats du 2ème trimestre ont déçu.

Une fois n’est pas coutume, ce sont 2 sociétés actives dans les casinos et le jeu qui ont affiché les plus fortes hausses du S&P 500 hier, suite à des résultats au-delà des attentes: Penn National Gaming a bondi de 9.1% et Wynn Resorts de 8.3%.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) en Asie, les marchés évoluent en sens divers. La bourse de Tokyo gagne actuellement 0.25% malgré les résultats décevants de Nintendo, une des principales sociétés mondiales du secteur du jeu, et dont le cours perd 7.4%. La bourse de Hong Kong évolue proche de l’équilibre (+0.12 %) alors que Shanghai-Shenzhen perdent 0.7 %

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux indiquent pour l’instant que ces derniers pourraient faire l’objet de légères prises de bénéfices à l’ouverture, après les records historiques d’hier.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Sur le plan économique, en Allemagne on prendra connaissance ce vendredi de la production industrielle en juin et en France sera publié le chiffre de l’emploi salarié. Mais on sera surtout attentif, après-midi, aux chiffres mensuels de créations d’emplois et au taux de chômage aux USA.

Au niveau des résultats de sociétés, en Europe, on scrutera notamment les chiffres d’Allianz, ING, Xior ou AP Moller Maersk

Enfin aux États-Unis, les regards seront notamment tournés vers les résultats du holding le plus célèbre au monde, Berkshire Hathaway, possession de Warren Buffet.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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