L’euphorie boursière prime en Europe – Xiaomi, star montante des smartphones

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Nouvelles économiques et financières

Hier l’indice définitif PMI composite IHS Markit de juillet de l’activité globale en zone euro a été révisé un peu à la baisse, par rapport à son estimation initiale (à 60.2 points contre une 1ère prévision à 60.6), mais surpasse néanmoins le pic de 15 ans de juin dernier (59.5 points) et enregistre la plus longue phase d’expansion depuis le début de la crise sanitaire. Parmi les 4 plus importantes économies de la zone euro, c’est l’Allemagne qui a joué les locomotives, devant l’Italie, alors que l’Espagne et la France ont marqué le pas.

Par contre les ventes au détail en juin ont affiché une hausse moins forte qu’attendu en zone euro (+1.5% contre +1.7% prévu par les économistes). Pour l’ensemble de l’Union Européenne, la croissance a été de 1.2%.

Aux Etats-Unis, l’indice ISM définitif non-manufacturier s’est affiché en juillet à 64.1 points, soit nettement au-dessus des prévisions des économistes (60.5 points) et 4 points plus haut qu’en juin.

Par contre, selon l’enquête ADP Employer Services, l’économie américaine a créé 330.000 postes dans le secteur privé en juillet, soit nettement moins que les 690.000 anticipés par les économistes.

Surprise également hier quant aux réserves de pétrole brut aux USA: selon le rapport hebdomadaire de l’Agence Américaine pour l’Energie, ces stocks ont gonflé de 3.6 millions de barils pour la semaine finissant le 30 juillet alors que les analystes escomptaient une baisse de 3 millions de barils. Inversement les réserves d’essence ont chuté plus que prévu, soit une décrue de 5.3 millions de barils contre 1.5 million prévu.

A noter enfin que suite aux propos de Richard Clarida de la FED – "les conditions nécessaires pour relever la fourchette cible du taux des fonds fédéraux auront été réunies d’ici fin 2022" -, le taux d’intérêt américain à 10 ans a été très volatil hier après-midi passant de 1.18 à 1.125% avant d’atteindre les 1.21% puis se replier aux niveaux de la veille…

Fait(s) du jour

Lorsqu’on parle du marché des smartphones, on cite souvent Apple et Samsung comme marques dominantes. Mais un 3e larron est en train de bousculer ces 2 grands noms, le chinois Xiaomi, seulement créé le 6 avril 2010.

Ainsi en Europe, lors du 1er trimestre 2021, Xiaomi avait dépassé Apple et occupé la 2e place en nombre de ventes de smartphones, derrière Samsung. Mais durant le 2e trimestre, Xiaomi a encore fait mieux, occupant dorénavant la 1ère position européenne devant respectivement Samsung et Apple (comme on le voit sur le tableau ci-dessous), une performance d’autant plus remarquable que ses appareils ne sont vendus en Europe que depuis 2018…

Signalons par ailleurs que si Xiaomi est surtout connue chez nous pour ses smartphones, elle produit par ailleurs une multitude d’autres produits technologiques comme des tablettes, des écouteurs et casques Hi-Fi, des bracelets connectés, des télévisions high-tech, des routeurs… et même des trottinettes électriques!

Concrètement, sur les 3 derniers mois, Xiaomi a donc vendu 12.7 millions de smartphones en Europe, prenant ainsi une part de marché de 25.3% et affichant une hausse de 67.1% des ventes d’une année à l’autre. Samsung a vendu 12 millions d’appareils (part de marché de 24%), soit 7% de moins en variation annuelle. Apple suivait avec 9.6 millions d’iPhones (part de marché de 19.2%) et croissance des ventes de 15.7% sur un an.

Beaucoup plus loin derrière, on trouve 2 autres marques chinoises, Oppo et Realme (toutes deux détenues par la multinationale chinoise BBK Electronics) mais dont la croissance est explosive sur 1 an (+180 et +1.800 % respectivement!).

Globalement, 50,1 millions de smartphones ont été écoulés sur le vieux continent entre avril et juin 2021, soit une hausse de 14.4%.

Par contre, au niveau mondial (voir le tableau suivant), selon Canalys, Samsung a conservé le leadership au 2e trimestre avec une part de marché de 19% et une croissance de 15%. Mais on remarque immédiatement que Xiaomi a occupé une enviable 2e place avec une part de marché de 17% et surtout une croissance de 83%!

Apple complète le podium au 2e trimestre, avec une part de marché mondial de 14% et une croissance limitée de 1%. Oppo et Vivo (cette dernière étant encore une marque chinoise, ancienne propriété de BBK et devenue indépendante en 2001) suivent et occupent déjà chacune 10% du marché des smartphones. L’ensemble des ventes des smartphones dans le monde ont progressé de 12% au 2e trimestre, ce qui s’explique essentiellement selon Canalys par la reprise économique sur tous les continents. Mais le marché du remplacement est aussi important (l’évolution technologique oblige les détenteurs de smartphones à changer d’appareils après un certain nombre d’années au risque de voir certaines applications être inutilisables) sans compter l’arrivée d’appareils 5G au prix attractif.

Comment s’explique le succès et la croissance fulgurante de Xiaomi?

C’est essentiellement le rapport qualité-prix. Selon Canalys Research, les smartphones Xiaomi sont en moyenne 40% moins chers que les Galaxy de Samsung et même environ 75% moins chers que les iPhones d’Apple, ce qui les rend particulièrement populaires dans les pays émergents! Mais les smartphones "bon marché" de Xiaomi ne sont pas un succès qu’en Chine, leur marché national. En Amérique latine, la marque a enregistré une croissance de 300% par rapport au deuxième trimestre 2020 et les exportations vers l’Afrique ont augmenté de 150%. Enfin, en Europe occidentale, une augmentation de 50% est à signaler avec d’importants succès notamment en Russie, en Ukraine, en Espagne et en Italie, entre autres.

Mais si Xiaomi a autant progressé ces derniers mois, c’est aussi parce que de son côté le coréen Samsung a régressé vu que son modèle haut de gamme Galaxy S a eu moins de succès par rapport au nouvel iPhone 12 d’Apple. En fait Samsung se trouve de plus en plus dans une situation délicate: son modèle haut de gamme a donc moins de succès que celui d’Apple et les Galaxy A sont de moins en moins concurrentiels face aux smartphones de Xiaomi.

Il faut aussi signaler que Xiaomi a bénéficié de la chute des ventes de son compatriote Huawei, ancien n° 2 mondial, terrassé par les sanctions américaines l’empêchant notamment d’utiliser les services de Google, mais aussi par la préférence des Chinois pour d’autres marques nationales comme Xiaomi, Oppo, Vivo ou OnePlus.

A noter que la faible croissance des ventes d’iPhones d’Apple au 2e trimestre n’est pas vraiment une surprise dans la mesure ou la marque à la pomme signe en général ses meilleurs trimestres après l’annonce et le lancement de ses nouveaux modèles à l’automne (septembre-octobre).

D’un point de vue historique, il est par ailleurs frappant de constater l’incroyable chamboulement quant aux parts de marché des fabricants de smartphones. Sur le graphe suivant, nous voyons l’évolution mondiale des parts de marché des fabricants de smartphones depuis le 4e trimestre 2009 jusqu’au 1er trimestre 2021.

Fin 2009, le marché était largement dominé par… Nokia (en vert, 38.6% de part de marché), devant Research In Motion (RIM, produisant le célèbre Blackberry (en gris foncé, 19.9%) et Apple (en gris clair, 16.1%). HTC comptait pour 4.5% et Samsung pour seulement 3.9%, les autres marques se partageant les 17.6% restant. Depuis Nokia et RIM ont quasiment disparu, Samsung a ensuite dominé le marché en 2012-2013 avant de progressivement décliner et Apple reste relativement inoxydable conservant sa place dans un marché en croissance. Mais surtout, on a vu, les dernières années, l’émergence de la "vague chinoise" (Xiaomi, Oppo et Vivo en particulier).

Si actuellement Xiaomi reste orienté vers la production de masses de smartphones "bon marché", son objectif futur est de percer également dans le haut de gamme. Mais dans ce segment la société chinoise aura fort à faire, d’une part, par rapport à Apple et Samsung et, d’autre part, par rapport aux autres fabricants chinois qui ont le même type d’ambition. Sans compter que la pénurie mondiale de semiconducteurs et composants freine tous les producteurs de smartphones et donc pénalise davantage ceux à la croissance rapide.

Évolution des marchés boursiers

L’euphorie boursière prime en Europe. Pour la 3e journée consécutive, l’indice Stoxx 600 Europe a battu un record historique, s’affichant hier à 468.22 points, soit une hausse de 0.61% par rapport à mardi, les investisseurs se focalisant surtout sur la tendance, confirmée de jour en jour, de résultats trimestriels meilleurs qu’attendus toujours largement majoritaires par rapport aux déceptions.

Seuls 2 secteurs ont fini dans le rouge, la consommation de base (-0.27%) et l’énergie (-0.64%) pour lequel la chute des cours du pétrole, suite notamment à la hausse surprise des stocks aux USA, a joué le rôle d’aiguillon.

Au rayon individuel notons la chute du cours de Commezbank (-5.8%), une des rares déceptions marquantes de ce mercredi en Europe car ayant annoncé une perte trimestrielle plus importante que prévue.

Par contre, les 9 secteurs en hausse étaient emmenés par les actions technologiques (+1.64%), grâce en particulier au segment des semiconducteurs où Infineon en particulier a fait belle figure (+4.4%) après que différents analystes (de Citigroup et UBS notamment) aient affirmé que les perspectives restaient robustes.

Derrière, on trouvait dans un mouchoir de poche, l’immobilier (+0.98%), la finance (0.92%) et l’industrie (+0.85%).

Parmi les actions gagnantes du jour, signalons aussi le bond de la société hollandaise de produits chimiques IMCD (+10.5%), suite à des résultats largement supérieurs aux attentes; la même raison a favorisé la société française de télécommunications SES (+9.9%) ainsi que la société pharmaceutique danoise Novo Nordisk (+4.8%).

A Wall Street, l’ambiance hier a été plus mitigée qu’en Europe, l’indice S&P 500 a terminé en baisse de 0.46% alors que l’indice Nasdaq a légèrement clôturé en hausse (+0.13%), la performance de ce dernier étant d’ailleurs confirmée par le fait que le secteur technologique était un des rares à terminer dans le vert (+0.19%) avec les services de communication (+0.23%). Si les investisseurs, comme en Europe, applaudissent les résultats trimestriels majoritairement très bons (comme hier encore pour Kraft Heinz, CVS ou Electronic Arts), ils ont par contre été déçu ce mercredi, outre-Atlantique, par une statistique d’emplois décevante et une hausse de stocks de pétrole inattendue, signes que certains ont interprété comme une économie américaine un peu moins alerte que souhaité.

Etant donné la chute des cours de pétrole – depuis le début de semaine le Brent a ainsi perdu près de 5 USD le baril à environ 70,5 USD actuellement – il n’est pas étonnant que le secteur de l’énergie ait le plus souffert hier (-2.93%). Derrière 2 secteurs abandonnaient plus d’un pourcent, les actions industrielles (-1.37%) et celles de la consommation de base ou non-cyclique (-1.26%).

4e secteur en baisse hier, la consommation cyclique ou discrétionnaire (-0.82%) a particulièrement souffert par son segment automobile après les résultats trimestriels décevants de General Motors dont le cours de bourse a chuté de -8.9%., et après les chiffres de ventes de Ford (-5%) en juillet en baisse de 32% aux USA. Mais dans ce secteur on aura aussi noté la forte baisse de Gap (-8%), le producteur de vêtements.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) en Asie, les marchés boursiers sont partagés: Tokyo gagne actuellement 0.4% alors que les bourses chinoises évoluent proches de l’équilibre par rapport à la clôture d’hier matin.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux indiquent pour l’instant une légère hausse à l’ouverture, tant en Europe (+0.1%) qu’aux Etats-Unis (+0.2%).

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Sur le plan économique, la Banque Centrale Européenne (BCE) publiera son bulletin économique. En Allemagne, on aura connaissance des commandes à l’industrie en juin alors qu’en France on connaîtra l’indice de la production industrielle pour juin. Après-midi on aura aux USA les demandes hebdomadaires de chômage.

Au niveau des résultats de sociétés, en Europe, beaucoup de résultats trimestriels seront révélés ce jeudi dont ceux de Merck, Adidas, Lufthansa, Bayer, Continental, Siemens, Zalando, Deutsche Post, KBC, Bpost, Galapagos, Crédit Agricole, Eurofins Scientific ou encore Rolls-Royce.

Enfin aux Etats-Unis, on prendra connaissances notamment des chiffres de Moderna, Square ou Regeneron.

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