Rechute chinoise, record européen et succès des consoles de jeu de Sony

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Nouvelles économiques et financières

2 statistiques allemandes ont retenu l’attention hier. Le taux de chômage a baissé en juillet à 5.7%, contre 5.9% en juin, grâce à une éradication progressive de la pandémie et en parallèle de reprise économique. Dans ce contexte, l’inflation outre-Rhin a accéléré pour atteindre 3.1% selon l’office fédéral allemand de la statistique. C’est davantage que ce qu’attendaient les économistes (2.9%) dépassant l’objectif fixé par la BCE (2%).

En Belgique, l’économie belge confirme son redressement avec une croissance de 1.4% au 2e trimestre 2021 (contre 1.1 % au 1er trimestre) mais cela reste encore en deçà du niveau pré-crise sanitaire.

Aux USA, plusieurs statistiques se sont affichées inférieures aux attentes. Les ventes de logements existants en juin ont baissé (de 1.9%) alors que les économistes espéraient plutôt une hausse (+0.3%), dans un contexte de hausse des prix de l’immobilier. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont aussi diminué aux Etats-Unis la semaine passée, mais à 400.000 alors que les économistes estimaient le chiffre à 380.000. Enfin, et surtout, la croissance du PIB US n’a atteint que 6.5% au 2e trimestre, en rythme annuel, alors que selon différents sondages les économistes prévoyaient plutôt un chiffre compris entre +8.4 et 8.5%. Ces différentes statistiques US ont eu pour conséquence un affaiblissement du dollar qui a approché 1.19 contre l’euro, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis fin juin.

Fait(s) du jour

Ces derniers mois, dans cette chronique, nous avons régulièrement évoqué la pénurie mondiale des semiconducteurs qui touche de nombreux secteurs et en particulier l’automobile et l’électronique.

Néanmoins, même dans des situations compliquées, certains s’en tirent toujours mieux et on en a encore eu l’illustration hier avec la société japonaise Sony qui a annoncé le meilleur démarrage de son histoire de sa célèbre console de jeu Playstation, 5e du nom, malgré le manque persistant de puces électroniques. La demande de PS5 continue d’ailleurs de dépasser l’offre.

En moins d’un an (la PS5 a été lancée le 12 novembre 2020), 10 millions d’exemplaire de cette console ont déjà été vendues. La version précédente, la PS4, avait mis un mois de plus pour arriver à ce chiffre. Entre avril et le 18 juillet 2021 (jour durant lequel le cap des 10 millions a été franchi), 2.2 millions de PS5 ont été vendues ce qui rend l’objectif de vendre au moins 14.8 millions de consoles sur l’année fiscale en cours (avril 2021 – mars 2022) très réaliste, d’autant que les périodes de fin d’année sont traditionnellement très "vendeuses" pour ce genre de produit.

Quel objectif peut viser Sony sur la durée de vie totale de sa nouvelle console? Difficile de le prédire actuellement mais comme indication, on sait que la Playstation 1 (lancée au Japon fin 1994 et ailleurs dans le monde en 1995) a été vendue à un peu plus de 100 millions d’exemplaires, la PS 2 à plus de 155 millions, la PS3 à environ 87 millions et la PS4 à près de 115 millions d’exemplaires.

En tout cas ce produit est devenu de plus en plus important, voire vital pour Sony, comme on le voit ci-dessous (tableau issu de la présentation annuelle des résultats de la société) : sur l’exercice fiscal 2020 (terminé en mars 2021), la division "Game & Network Services a représenté 35.2% du bénéfice opérationnel de la société (et près de 30% du chiffre d’affaires) contre "seulement" 28.1% en 2019.

Non seulement Sony vend une console très appréciée des "gamers", mais en plus la société surfe sur le marché gigantesque et en croissance du jeu vidéo comme nous le décrivions longuement dans cette même chronique du 21 mai dernier (Les "mains de diamant" de Musk rassurent les fans de cryptos alors que les bourses rebondissent – Les jeux vidéo, un marché gigantesque et en croissance - Private Banking CBC).

C’est d’autant plus salutaire pour Sony qu’il y a quelques mois la société a vu sa très rentable division micro-électronique  être empêchée de vendre des composants (capteurs d’image notamment) à la société chinoise Huawei. Sans compter que logiquement l’activité cinéma a souffert, et souffre encore, des conséquences de la pandémie.

En avril dernier, Sony a prédit que sa croissance, en particulier pour les jeux et la musique, serait ensuite ralentie due au recul du Covid-19 (les déconfinements incitant les gens à moins jouer et se tourner vers d’autres types de loisirs, notamment extérieurs) et a donné les prévisions suivantes pour l’année en cours (tableau ci-dessous pour la division jeu). Mais évidemment c’était avant qu’on ne parle d’une certaine résurgence de l’épidémie due aux variants du coronavirus et c’était avant de connaître les très bons chiffres de vente initiaux de la PS5. D’autant plus que Sony est une société ayant la réputation d’être toujours très prudente quant à ses prévisions…

La concurrence est par ailleurs toujours aussi vive, en particulier avec Microsoft, qui vend les consoles Xbox, et avec Nintendo (consoles Switch). En début d’année, Sony avait une part de marché de 47.3% avec sa Playstation 4 (la 5 étant trop récente), devant Nintendo (32.3%) et Microsoft (20.4%).

Il faut par enfin noter que, si traditionnellement, la Playstation est vendue… à perte, la société dégage, durant la durée de vie des consoles, plutôt des résultats sur la vente des jeux fonctionnant sur sa console, ceux-ci dégageant des marges très confortables. L’un ne va pas sans l’autre et le succès de la vente des consoles prépare donc le succès de la division jeu dans son entièreté.

Évolution des marchés boursiers

Et un record boursier de plus en Europe! En finissant à 463.84 points (+0.46% par rapport à mercredi), l’indice Stoxx 600 Europe a donc atteint un nouveau plus haut historique, faisant fi des statistiques américaines du jour décevantes, mais rassuré par la position inchangée de la FED la veille et, surtout, par une nouvelle confirmation de résultats trimestriels majoritairement meilleurs qu’attendus. Parmi ceux-ci, pointons hier notamment UCB, Telenet, Solvay, Nestlé, Airbus, Danone, STMicroelectronics, ArcelorMittal, Nokia, Sanofi, Vivendi, TotalEnergies, Veolia, Royal Dutch, Telefonica, L’Oréal ou encore Lloyds Bank. Au rayon des résultats en ligne avec les attentes (ce qui dans le contexte majoritaire des bonnes surprises est considéré finalement comme "décevant") ou en deçà des attentes, on aura noté Crédit Suisse, AstraZeneca, Accor, Orange (ex-France Telecom) et surtout notre champion national AB Inbev.

A cause de cette dernière action, l’indice BEL 20 belge a été d’ailleurs un des rares indices européen sous la ligne de flottaison hier (-0.4%), le poids du 1er brasseur mondial y étant important et la chute de l’action (-5.6%) pesant donc lourdement. AB Inbev a par ailleurs été la 4e action la plus fortement en baisse parmi les 600 actions de l’indice européen…

Au sein de l’indice européen, c’est le secteur de l’énergie qui a joué les locomotives (+1.73%), les pétrolières bénéficiant d’une nouvelle hausse des cours du pétrole, le Brent s’approchant progressivement des 76 USD le baril. Derrière le secteur financier a terminé en hausse de 1%, devant le secteur des matériaux et les technologiques, en hausse tous les deux de 0.7%. Seuls 4 secteurs ont terminé dans le rouge, les services de communication (-0.57%), l’immobilier (-0.47%), les services aux collectivités (-0.31%) et les soins de santé (-0.14%) donc surtout des secteurs considérés comme plutôt défensifs.

Individuellement, le groupe télécom britannique BT Group a enregistré la plus forte baisse en Europe (-6.6%); le marché a mal pris l’annonce de son plus grand rival, Virgin Media O2 de déployer un réseau de fibre optique à travers le Royaume-Uni, signe que la concurrence s’intensifie dans ce domaine de la fibre optique à large bande. Un autre groupe britannique a occupé la peu enviable 2e position parmi les plus fortes baisses du jour, Smith & Nephew (-6.3%) alors que pourtant la société a annoncé des résultats supérieurs aux attentes ; mais les analystes craignent un second semestre moins encourageant notamment dans l’orthopédie.

Pour terminer sur une note positive, les 4 actions les plus en forme hier en Europe ont été, dans l’ordre, le groupe français de conseil et ingénierie Alten (+10.3%), la société anglaise active dans les services de maintenance d’immeubles Rentokil (+6.8%) et le groupe alimentaire français Danone (+6.5%). Un point commun entre ces 3 sociétés : avoir annoncé des chiffres trimestriels au-delà des attentes. La 4e meilleure performance du jour a été réalisée par le holding Prosus, continuant à se redresser dans la foulée du groupe chinois Tencent, sa principale participation.

A Wall Street, l’indice S&P 500 a échoué sur le fil pour afficher un nouveau record malgré une hausse de 0.42% en clôture, l’indice Nasdaq se contentant lui d’un gain plus modeste (+0.11%). Seuls 2 secteurs ont terminé en baisse, l’immobilier (-0.24%) et les services de communication (-0.92%). Ce dernier secteur a essentiellement été influencé par la chute du cours de Facebook (-4%): si ses résultats trimestriels étaient meilleurs qu’attendus, le géant des médias sociaux a adopté un ton prudent quant à ses perspectives, mettant en garde contre les vents contraires résultant des nouvelles règles de ciblage publicitaire d'Apple.

Déception également pour Amazon qui, après la séance de bourse, a annoncé des résultats légèrement inférieurs aux prévisions mais, surtout, anticipe un 3e trimestre moins bon qu’espéré par les analystes, la fin des déconfinements signalant probablement moins d’achats en ligne. Si le cours d’Amazon n’a clôturé qu’en baisse de 0.84%, avant la publication de ses résultats, les transactions après la fin de la séance officielle ont fait chuter le cours de plus de 8%... Forte glissade aussi de Paypal (-6.2%), ses résultats trimestriels ayant été jugés décevants.

Parmi la majorité de secteurs en hausse, nous avons surtout pointé les matériaux (+1.08%), la finance (+1.07%), l’énergie (+0.94%) et la consommation cyclique ou discrétionnaire (+0.84%). Parmi ces actions cycliques, le segment automobile a brillé de mille feux, emmené par Tesla (+4.7%), Ford (+3.7%) et General Motors (+3.2%), les résultats meilleurs que prévus – malgré la pénurie des semiconducteurs - justifiant ces performances. A noter aussi, dans ce secteur de la consommation cyclique, la hausse de 6.3% de Yum! Brands, une chaîne de restauration rapide, après avoir publié des chiffres trimestriels meilleurs que prévus.

On aura aussi remarqué hier la hausse d’Align Technology (+8.9%, meilleure performance du S&P 500) vendant des appareils médicaux pour aligner la dentition et qui a charmé par ses résultats au-delà des attentes.

Enfin terminons par le beau tir groupé des actions du segment des semiconducteurs, notamment Xilink (+6.3%) et Qualcomm (+6%) ayant tous les deux surpris les analystes avec des résultats surpassant les prévisions.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) en Asie, les marchés boursiers ne sont pas en forme. La bourse de Tokyo perd actuellement 1.8%, les autorités étendant l’état d’urgence autour de Tokyo suite à la résurgence de la pandémie et prolongeant la mesure jusque fin aout. D’un autre côté les bourses chinoises rechutent, Hong Kong reculant de 2.4% et Shanghai-Shenzhen de 1.4%, après le rebond des derniers jours, la nervosité prévalant toujours après les mesures prises par le gouvernement de Pékin.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux prédisent aussi actuellement une fin de semaine à priori compliquée pour les bourses occidentales, l’Europe et les Etats-Unis étant annoncés en baisse de 0.70 à 0.90% à l’ouverture.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Sur le plan économique, on disposera aujourd’hui pour la zone euro de la 1ère estimation de la croissance économique ainsi que du chiffre de l’inflation pour le mois de juillet. Aux USA, on aura la statistique des revenus et dépenses des ménages en juin mais surtout on sera attentif au chiffre de l’indice des prix "Core PCE" en juin.

Au niveau des résultats de sociétés européennes on disposera notamment aujourd’hui de ceux de Bekaert, Umicore, Proximus, WDP, BNP Paribas, Engie, EssilorLuxottica, Hermès, Renault, Schneider, Vinci, Air France-KLM et Bolloré.

Aux Etats-Unis seront connus notamment les chiffres de Chevron, ExxonMobil et Caterpillar.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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