Résultats trimestriels et Wall Street au top, mais actions chinoises déprimées

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier en Allemagne, le très suivi indice IFO, mesurant le moral des entrepreneurs du pays, s’est établi en deçà des attentes à 100.8 points en juillet (contre 101.7 points en juin) soit une 1ère baisse depuis janvier dernier. Les quelques 9.000 entreprises allemandes consultées sont donc moins optimistes pour les prochains mois, les problèmes d’approvisionnement (en matières premières, semiconducteurs,…) et la reprise des contaminations étant les principales raisons évoquées.

Fait(s) du jour

La période de publication des résultats de sociétés pour le 2ème trimestre a commencé il y a quelques jours, et déjà une tendance se dégage: ceux-ci sont majoritairement supérieurs aux attentes des analystes, confirmant ainsi ce que nous avions constaté au 1er trimestre 2021.

En Europe, selon Refinitiv, sur les 55 sociétés de l’indice Stoxx 600 qui ont publié leurs résultats au 20 juillet, 66.1% ont annoncé des revenus (chiffre d’affaires) supérieurs aux estimations alors que 54.5% ont déclaré des bénéfices supérieurs aux attentes. Par ailleurs, que ce soit en terme de chiffre d’affaires ou de bénéfices, ces pourcentages sont plus élevés qu’un trimestre "normal".

Parmi les bonnes surprises européennes de ces derniers jours, mentionnons ASML, Valéo, Vodafone, Publicis, Ryanair, Philips, Orange Belgium (ex-Mobistar),… Parmi les mauvaises surprises on aura notamment pointé Atos ou TechnipFMC.

Aux Etats-Unis, la tendance majoritaire de résultats meilleurs que prévus est encore plus nette, avec par ailleurs davantage de chiffres disponibles. Au 23 juillet, sur les 120 sociétés de l’indice S&P 500 qui ont publié leurs résultats pour le 2ème trimestre, 84.2% ont annoncé un chiffre d’affaires supérieur aux prévisions (contre une moyenne de 73.7% "seulement" pour les 4 derniers trimestres). Constat identique et même un peu meilleur encore au niveau des bénéfices : 88.3% des sociétés ont publié des chiffres au-delà des attentes (la moyenne, déjà élevée, des 4 derniers trimestres était de 83.4%).

Il est par ailleurs intéressant de constater que sur ces 120 sociétés américaines, 35 appartiennent au secteur financier (soit plus de la moitié des 65 entreprises financières du S&P 500) et que 94.3% de celles-ci ont annoncé des bénéfices meilleurs qu’attendus (voir tableau ci-dessous). JP Morgan, Goldman Sachs ou Bank of America par exemple font partie de ces bonnes surprises. Les raisons principales des chiffres supérieurs aux attentes sont surtout liées à des reprises de provisions. En 2020, les banques craignaient des conséquences très importantes de la pandémie sur les crédits ce qui les avaient poussé à constituer d’importantes réserves, mais ces craintes se sont donc avérées trop importantes par rapport aux défauts constatés, d’où les reprises de provisions. Les activités de banques d’affaires ont aussi contribué aux excellents résultats des grandes banques américaines.

Au rayons des rares déceptions US, mentionnons toutefois Netflix, dont nous avons plusieurs fois abordé le sujet dans cette chronique. Si on savait que le leader mondial du streaming (vidéo à la demande) fait face depuis un certain à un concurrence accrue (de Disney + et Amazon essentiellement), leurs dernières prévisions ont néanmoins encore déçu: pour le 3ème trimestre Netflix prévoit ainsi d’engranger 3.5 millions de nouveaux abonnés ce qui est largement inférieur aux 5.5 millions attendus par les analystes.

La semaine qui a commencé hier lundi sera très riche en publication de résultats de sociétés soit près de 290 annonces en Europe et aux Etats-Unis, se répartissant entre 110 sociétés faisant partie de l’indice Stoxx 600 Europe et 177 sociétés membres de l’indice S&P 500. Parmi ces dernières, les observateurs seront particulièrement attentifs aux poids lourds technologiques ou de la nouvelle économie vu leur importance pour la bourse américaine et leur influence sur les autres places mondiales. Publieront ainsi leurs résultats cette semaine des sociétés comme Alphabet (Google), Apple, Amazon, Facebook ou Microsoft, mais aussi Tesla hier soir. En Europe, on jettera notamment un œil attentif sur LVMH leader du luxe mondial et plus importante société cotée sur le vieux continent et qui a annoncé hier soir, après la clôture des marchés européens, des résultats dépassant les prévisions des analystes.

La tendance très positive constatée jusqu’à présent se poursuivra-t-elle? L’avenir nous le dira, mais selon les prévisions compilées par Refinitiv, le chiffre d’affaire des sociétés européennes au 2ème trimestre de cette année devrait croître de 21.6% par rapport au 2ème trimestre 2020 (et de 17.2% si on exclut le secteur de l’énergie). Les bénéfices devraient augmenter beaucoup plus sensiblement, soit + 115.2% par rapport à la même période de 2020 (+78% si on exclut le secteur de l’énergie). On voit d’ailleurs sur le tableau ci-dessous que les 2 premiers trimestres de 2021 marqueront une hausse spectaculaire des résultats, ce qui s’explique aisément par une base de comparaison déprimée sur la même période en 2020. Les prochains trimestres 2021 seront caractérisés par un retour vers des croissances moins importantes mais néanmoins toujours remarquables alors que 2022, tout en affichant des scores moins impressionnants que cette année, devrait pourtant s’annoncer meilleure que 2019 et 2020.

Aux USA, toujours selon Refinitiv, les revenus des sociétés américaines devraient croître de 19.8% au 2ème trimestre 2021 comparativement à celui de 2020 (+16.5% si on exclut l’énergie); les bénéfices du 2ème trimestre 2021 devraient pour leur part augmenter de 78,1% par rapport à la même période en 2020 (si l'on exclut le secteur de l'énergie, l'estimation de la croissance des bénéfices est de 64,3%).

Évolution des marchés boursiers

Vendredi avait été une journée record pour les indices boursiers, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Mais hier l’indice européen Stoxx 600 a dû reprendre son souffle et a très légèrement corrigé (- 0.08%). Si les investisseurs restent globalement positifs grâce à la politique monétaire toujours accommodante de la BCE et sous le charme de résultats de sociétés majoritairement meilleurs qu’attendus, leur enthousiasme a quelque peu été refroidi hier par l’indice IFO allemand en deçà des prévisions (voir ci-dessus). Par ailleurs, la pression accrue des autorités chinoises quant à différents secteurs de leur économie inquiète aussi et cette morosité impacte par contagion certains investisseurs.

3 secteurs de la bourse européenne seulement ont terminé dans le vert hier, les matériaux (+0.67%), les financières (+0.88%) et l’énergie (+2.57%). Le secteur des matériaux a bénéficié de la hausse de plusieurs matières premières (cuivre et nickel en particulier) faisant progresser de plus de 3 % les leaders du secteur comme Rio Tinto, BHP, Anglo American ou Glencore.

Les financières, même si c’était attendu, ont progressé grâce à l’annonce, vendredi soir par la BCE, de la levée des restrictions sur leurs paiements de dividendes à partir de septembre. Les sociétés pétrolières et les équipementiers  ont bénéficié d’un effet de rattrapage suite à la hausse marquée des prix du pétrole, soit près de 8% ces 5 derniers jours.

Du côté des secteurs en baisse, les soins de santé étaient le plus impacté (-1.3%), devant la consommation de base (-0.92%), les autres segments corrigeant de manière plus limitée (entre 0.1 et 0.5%).

Au niveau individuel, la séance aura été marquée par la chute de la société Prosus (-8.9%), cotée à Amsterdam, suite à la dégringolade de Tencent (dont elle détient près de 30%) visée par une nouvelle attaque des autorités chinoises. L’équipementier français Faurecia a aussi fortement baissé hier (-5.7%), les investisseurs s’inquiétant des résultats à venir après un premier semestre simplement en ligne avec les attentes.

A Wall Street, contrairement à l’Europe, les indices boursiers ont enregistré hier de nouveaux records historiques. L’indice S&P 500 a clôturé à 4.422,30 (+0.24%) et le Nasdaq a 14.840.71 (+0.03%). Seuls 4 secteurs ont terminé dans le rouge. Mais si les soins de santé ont corrigé de 0.62%, les 3 autres ont terminé proches de l’équilibre, les technologiques et les industrielles perdant 0.02% et les services aux collectivités 0.01%.

Comme en Europe, les actions de l’énergie  (+2.5%) ont emmené le peloton des vainqueurs du jour, devant les matériaux (+0.88%) et la consommation cyclique (+0.77%).

Ce dernier secteur a notamment profité de la hausse de Tesla (+2.2%) en anticipation de ses résultats trimestriels publiés après la clôture. Et ceux-ci ont été meilleurs que prévus, le chiffre d’affaires atteignant près de 12 milliards d’USD et le bénéfice dépassant pour la 1ère fois de son histoire 1 milliard USD, malgré la pénurie persistante de semiconducteurs et de matières premières. L’enthousiasme pour Tesla a également profité aux grands constructeurs automobiles classiques, General Motors et Ford gagnant tous les deux 1.5%.

Dans ce même secteur de la consommation cyclique, le célèbre fabricant de jeux Hasbro a néanmoins enregistré la hausse du cours la plus spectaculaire hier (+12.2%, plus forte hausse du S&P 500 par ailleurs) après avoir publié des résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes.

A noter enfin que plusieurs géants chinois cotés à Wall Street ont subi des pertes sévères suite aux nouvelles pressions des autorités chinoises : ainsi Alibaba a perdu 7%, Baidu 6% et Tencent 10%. L'indice Nasdaq Golden Dragon China - qui suit 98 des plus grandes entreprises chinoises cotées aux États-Unis - a subi sa plus forte baisse sur deux jours depuis 2008 soit 15%...

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h40) en Asie, si la bourse japonaise gagne actuellement 0.5%, les bourses chinoises souffrent toujours de l’importante réforme réglementaire implémentée par les autorités – qui vise les secteurs allant de la technologie à l’éducation et l’immobilier - Hong Kong baisse de 2.1% (après sa chute de 4  hier) et alors que les bourses de Shanghai-Shenzhen abandonnent 0.7%.

Les futures sur les marchés boursiers occidentaux n’offrent pas une image très claire ce matin: si l’Europe pourrait ouvrir en légère hausse (+0.05%), les Etats-Unis pourraient être baissiers (-0.19%) lors des premiers échanges cette après-midi.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Sur le plan économique, les investisseurs seront surtout attentifs aujourd’hui à quelques indices américains : les commandes de biens durables, l’indice Case-Shiller du prix des maisons en mai et l’indice de confiance des consommateurs selon le Conference Board pour juillet.

Le FMI (Fonds Monétaires International) donnera aussi ses nouvelles projections économiques mondiales (rappelons qu’en avril, il prévoyait une croissance économique mondiale de 6% cette année et de 4.4% l’année prochaine).

Du coté des résultats, de très nombreuses sociétés publieront leurs chiffres pour le second trimestre aujourd’hui.

Ainsi en Europe ce sera le cas pour Alstom, Kering, Klepierre, Dassault Systèmes, Be Semiconductor, Randstad, ASMI, KPN,…

Aux Etats-Unis, on disposera notamment des derniers résultats d’Apple, Alphabet (Google), Microsoft, Boeing, 3M, American Express, Visa, UPS,…

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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