Record pour le S&P 500, reculs pour les autres marchés et bilan du très bon 1er semestre

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Nouvelles économiques et financières

Au Royaume-Uni, l’économie s’est contractée de 1.6% au 1er trimestre 2021 soit un peu plus que prévu (1.5%) alors que les Britanniques étaient reconfinés.

En France, l’inflation a un peu accéléré en juin, à 1.5% sur 1 an, contre 1.4% en mai, selon l’INSEE d’après laquelle cette hausse résulterait d’un rebond des prix des produits manufacturés alors que par contre la composante alimentaire a baissé en importance. Toujours en France, grâce au déconfinement et à l’ouverture des commerces "non-essentiels" à partir du 19 mai, la consommation des ménages a bondi de 10,4% sur un mois en mai (contre un recul de 8.7% le mois d’avant), l'habillement et l'équipement du logement étant les principaux gagnants au niveau sectoriel.

Mais évidemment, les regards étaient surtout tournés vers l’inflation en zone euro et celle-ci a légèrement ralenti en juin pour repasser sous la barre des 2%, qui est l’objectif visé par la Banque Centrale Européenne. Logiquement, si on retire l’énergie et les  produits alimentaires non transformés, l’inflation est plus réduite, à 0.8% sur un an contre 0.9% en mai.

Aux Etats-Unis, selon l’enquête ADP, les créations d’emplois dans le secteur privé en juin ont fortement baissé, mais c’est néanmoins mieux que prévu. 692.000 emplois ont ainsi été créés dans le secteur privé, contre 886.000 en mai, et alors que les économistes n’attendaient que 400.000 créations d’emplois.

Fait(s) du jour

En ce 1er juillet, il nous a paru utile de faire le bilan boursier après une demi-année 2021 qui a suivi l’année 2020 caractérisée par une chute brutale des indices en mars, le début de la pandémie faisant paniquer les marchés. Ce krach boursier en 2020 a été suivi par une impressionnante « remontada » les mois d’après lorsqu’il est apparu que les économies résistaient mieux que prévu, que les sociétés affichaient finalement des résultats moins catastrophiques que craints, et finalement quand les campagnes de vaccination ont relancé les espoirs d’une maîtrise du Covid-19.

Après 6 mois en 2021, au niveau des indices globaux, la bourse américaine, représentée par l’indice S&P 500 fait, comme en 2020, toujours la course en tête, mais l’Europe, via l’indice Stoxx 600 Europe, reste dans le sillage et affiche également une performance très honorable. A noter que les bourses espagnole et britannique (les conséquences du Brexit et de la virulence de la pandémie pesant sur les cours de cette dernière) ont sous-performé durant le 1er semestre parmi les indices nationaux.

Le rebond qui a suivi le krach boursier de 2020 a d’abord été le chef des actions technologiques (ce qui a favorisé les bourses américaines pour lesquelles ce secteur est beaucoup plus important qu’en Europe), mais à partir de l’automne passé, les actions traditionnelles (notamment cycliques) ont été plus appréciées ce qui a permis aux bourses européennes, plus classiques dans leurs compositions boursières, de reprendre du poil de la bête notamment en 2021.

Durant le 1er semestre 2021, l’Asie a par contre clairement déçu et en particulier la Chine qui était pourtant plébiscitée par la plupart des gestionnaires il y a quelques mois. La raison est double: d’une part, les chiffres économiques montrent que la Chine se cherche un second souffle après avoir rebondi plus rapidement que les autres économies en 2020, d’autre part, les autorités chinoises se sont attaquées, les derniers mois, à plusieurs géants de leur économie, particulièrement dans le domaine technologique, pour des pratiques jugées "anti-concurrentielles", ce qui a pesé lourdement sur leurs cours de bourse.

Pour la bonne information, nous avons calculé ci-dessus la performance des indices annualisée sur 5 ans. A ce titre on notera que les bourses asiatiques affichent des chiffres beaucoup plus chatoyants que sur le seul début d’année 2021. Mais on remarquera aussi qu’aux Etats-Unis, le Nasdaq à connotation fortement technologique se détache clairement des autres marchés (près de 26% de gain par an sur 5 ans); il n’est donc pas surprenant non plus que l’indice AEX des Pays-Bas soit celui qui performe le mieux sur les 5 dernières années en Europe vu qu’il est notoire que sa composante technologique est plus élevée en moyenne que sur les autres bourses européennes.

La performance du secteur technologique les dernières années est clairement confirmée sur le tableau suivant d’après les indices mondiaux de MSCI: le secteur techno mondial a gagné près de 30% en moyenne chaque année. Mais durant les 6ers mois en 2021, c’est par contre le secteur de l’énergie (dans la foulée du prix du pétrole progressant de près de 45% cette année) qui occupe la 1ère place du podium (+ 31.7%) devant le secteur financier (surtout bancaire, + 20.8%), l’immobilier (+ 19.5%) et les services de communication (+ 16.9%).

A noter aussi que le bond du secteur de l’énergie ces 6 derniers mois ne constitue en fait qu’un (début de?) rattrapage de sa contre-performance des dernières années, sa performance annualisée sur 5 ans étant négative à hauteur de 0.68%. On notera enfin que les secteurs de la consommation non-cyclique (ou de base) et des services aux collectivités sont en retrait des autres secteurs, tant cette année que sur 5 ans.

Si on convertit les performances en euros pour les principaux marchés boursiers internationaux depuis le début de 2021 on a le graphe ci-dessous. Il se confirme donc visuellement que la bourse américaine, via l’indice S&P 500 (en blanc), a pris le leadership depuis début mars au moment où la bourse chinoise (en vert) a commencé à perdre de l’altitude alors que la bourse de Tokyo (en rouge) végète en bas de classement. Le Nasdaq (en orange) s’est replacé dans le peloton de tête après sa faiblesse en mai alors que l’Europe (en jaune) reste dans le sillage des meilleures places boursières.

En 2021, l’indice S&P 500 aura affiché son 2e meilleur premier semestre boursier depuis 1998, juste derrière la performance réalisée au 1er semestre 2019…

Évolution des marchés boursiers

Si, comme on vient de le voir, le début d’année sur les marchés boursiers est plutôt très bon en moyenne, la fin du 1er semestre s’est terminée par des prises de bénéfices sur le vieux continent, l’indice Stoxx 600 Europe perdant 0.80% sur la séance, les craintes quant aux conséquences du variant Delta justifiant les ventes d’actions supérieures aux achats.

Aucun secteur n’a échappé au marasme ambiant, les pertes se situant entre 0.21% pour les soins de santé et 1.41 % pour les services aux collectivités.

Au niveau des actions individuelles, les valeurs liées aux énergies renouvelables ont été les plus pénalisées, comme en témoignent au sein de l’indice Stoxx 600 Europe, les chutes des sociétés norvégiennes Nel, active dans l’hydrogène (-6.4%) et Scatec, active dans la production électrique via le solaire, l’éolien ou l’hydroélectrique (-5.8%).

A noter par contre que le distributeur britannique Morrison a bondi de 4.5%, meilleure performance européenne ce mercredi ; la société de capital-investissement Clayton Dubilier & Rice envisagerait de relever son offre de rachat de 5.5 milliards GBP de la société et aurait dans ce cadre approché des banques supplémentaires. 2e plus belle performance du jour, Orpea (+4%), la société française qui exploite des maisons de repos, après que celle-ci a relevé ses perspectives de résultats pour 2021

A Wall Street, les marchés boursiers ont terminé presqu’en équilibre mais de manière contrastée. Le Nasdaq a fini en baisse de 0.17% alors qu’en terminant à 4.297,50 points, en hausse de 0.13% par rapport à mardi, l’indice S&P 500 a enregistré un nouveau record historique. 4 secteurs ont terminé la journée en baisse  contre 7 en hausse.

L’immobilier (-0.76%) a emmené les autres perdants du jour, mais ceux-ci ont très peu corrigé, les services de communication baissant de 0.23%, les technologiques de 0.10% et les soins de santé de 0.04%.

Au rayon des satisfactions du jour, l’énergie a progressé le plus (1.31%), dans la foulée des prix du pétrole en hausse alors que se tiendra aujourd’hui la réunion de l’OPEP+ qui devrait notamment révéler à quel niveau sera fixé sa production en aout. Derrière le secteur industriel a progressé de 0.8%, précédant la consommation de base (ou non cyclique) en hausse de 0.72% et les financières suivant avec un gain de 0.47%.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h40) en Asie, alors que la bourse de Hong Kong est fermée (jour férié), les autres marchés boursiers sont partagés, même si la propagation du très contagieux variant Delta inquiète plusieurs pays dans la région. D’ailleurs les indices des directeurs d'achat suggèrent que les restrictions imposées pour lutter contre le virus ont réduit la production dans certaines parties de l'Asie.

Tokyo perd actuellement 0.4% alors que dans le même temps Shanghai-Shenzhen progresse de près de 0.3%

Selon les futures (contrats à terme) actuels, les marchés boursiers occidentaux commenceraient le 2e semestre en progressant lors des premiers échanges, d’environ 0.4% en Europe et 0.2% aux USA.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Avant l’ouverture des marchés boursiers européens, l’indice PMI manufacturier définitif Caixin-Markit de juin sera connu pour la Chine alors que durant la journée sera célébré le 100e anniversaire du parti communiste chinois.

En Europe, en  Allemagne et en France notamment, seront révélés en matinée les indices définitifs PMI Markit manufacturier pour juin, mais c’est évidemment le chiffre consolidé pour l’Europe qui sera le plus suivi. Toujours pour l’Europe on devrait disposer des chiffres du chômage en mai.

Aux Etats-Unis après-midi, on prendra connaissance des inscriptions au chômage pour la semaine du 26 juin ainsi que de l’indice ISM manufacturier pour juin.

L’OPEP+ (pays membres de l’OPEP + 10 pays supplémentaires) va par ailleurs se réunir aujourd’hui pour discuter d’un éventuel relèvement de la production en août alors qu’il semble que la Russie et l’Arabie Saoudite, notamment, ne sont pas sur la même longueur d’ondes à ce sujet…

Rayons résultats, on aura quelques chiffres, dont ceux de Sodexho et H&M en Europe et Walgreens Boots Alliance aux Etats-Unis.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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