NVIDIA bouscule le secteur des semiconducteurs et de l’Intelligence Artificielle

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Hier

Nouvelles économiques et financières

En France le taux de chômage est resté stable (à 8.1%) au 1er trimestre 2021.

En Allemagne, l’inflation (calculée selon les normes européennes) a augmenté de 0.4% par rapport à mai et de 2.1% sur 1 an (contre 2.4% en mai), soit un clair ralentissement, se rapprochant de l’objectif de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est légèrement inférieur à 2%. Par contre en Belgique l’inflation a augmenté en juin à 1.63% contre 1.46% en mai.

En Europe, la campagne de vaccination et la levée progressive des restrictions ont poussé l’indice du sentiment économique au plus haut depuis 21 ans en juin et au-delà des attentes, soit 117.9 points (contre 114.5 en mai).

Aux USA, pour le 11ème mois consécutif, la hausse des prix des logements a accéléré en avril (+14.6% par rapport à avril 2020) et a même été la plus forte hausse enregistrée en 30 ans, alors qu’en mars les prix n’avaient augmenté "que" de 13.2%. Du côté de la confiance des consommateurs américains, le chiffre de juin du Conference Board a atteint son plus haut niveau depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020 et a été plus élevé que les attentes (soit 127.3 points contre 120 attendus).

Fait(s) du jour

Dans le domaine en forte évolution des semiconducteurs, si on pose la question de savoir quelles sont les 3 plus importantes sociétés au monde, beaucoup citeront Intel, Samsung, TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing), voire AMD (Advanced Micro Devices) ou Qualcomm. Mais la plupart des personnes oublieront Nvidia… Et pourtant celle-ci connaît un parcours incroyable ces dernières années et sa dernière cible, ARM, agite et inquiète beaucoup dans son secteur d’activité mais aussi au-delà et notamment au niveau politique…

Il est clair qu’au niveau du chiffre d’affaires, Nvidia n’apparaît pas aux premières loges comme le montre le tableau ci-dessous : on ne la retrouve qu’en 8ème position si on considère par exemple les chiffres du 1er semestre 2021. Mais on constatera déjà que parmi les 15 principales sociétés mondiales du secteur des semiconducteurs, elle fait partie de celles qui ont enregistré le plus fort taux de croissance des ventes au début de cette année, derrière AMD, Mediatek et Qualcomm.

Notons en passant que Samsung, avec une croissance de 15%, rattrape progressivement Intel qui, tout en étant le plus grand fournisseur mondial, a été la seule grande entreprise de semiconducteurs à reculer (de 4%) au 1er trimestre 2021. 

Au niveau valeur boursière par contre, parmi les sociétés de ce secteur des semiconducteurs, seule TSMC avec une capitalisation boursière de 555 milliards USD  dépasse celle de Nvidia qui approche les 500 milliards USD. En 3ème position on trouve Samsung (429 milliards USD). Derrière c’est le grand écart: Intel arrive seulement en 4ème position (229 milliards USD), devant Broadcom (196 milliards USD), Texas Instruments (178 milliards USD), Qualcomm (161 milliards) et AMD (109 milliards USD).

Qu’est-ce qui explique la croissance effrénée de Nvidia? La société qui a été créée en avril 1993 n’était au départ qu’une start up technologique comme beaucoup d’autres, "fabless" (qui conçoit des produits sans les fabriquer elle-même), spécialisée dans les puces graphiques. Mais 1999 sera pour la société doublement une année charnière: elle se fait coter sur le Nasdaq et lance sa première carte vidéo grand public, la GeForce 256. La gamme des cartes graphiques GeForce va énormément s’étoffer au fur et à mesure des années pour être finalement suivie de la gamme de cartes graphiques RTX. Pour les "gamers" (joueurs de jeux vidéo), les produits de Nvidia sont un peu la « Rolls Royce » des cartes graphiques 3D. Outre l’industrie du jeu vidéo, Nvidia fournit des composants notamment pour les centres de données.

Mais si le cours de Nvidia a particulièrement explosé depuis un plus de 2 ans, c’est que la société n’a pas fait mystère de viser le leadership dans l’Intelligence Artificielle (IA), notamment en proposant de racheter, en septembre 2020 à Softbank, la société britannique ARM pour 40 milliards USD (en cash et actions Nvidia) et de combiner son savoir-faire aux puces mobiles d’ARM. Celles-ci sont non seulement à la pointe dans le domaine mais sont aussi réputées pour leur faible consommation énergétique, un atout fondamental au moment dans le domaine de l’électronique.

Les marchés visés seraient entre autres celui des voitures autonomes, de l’IoT ("Internet of Things", l’interconnexion entre internet et les objets), mais aussi de la 5G.

En 2019, ARM (pour "Acorn RISC Machine") a participé à la conception de près de 23 milliards de puces électroniques. Etant "fabless", Nvidia crée le concept, dessine les plans et l’architecture pour des partenaires comme Apple, Qualcomm ou Samsung qui achètent les licences à prix d’or. ARM "produit" ainsi notamment plus de 90% des microprocesseurs de téléphones portables et tablettes dans le monde…

Cette fusion dans le domaine des semiconducteurs, si elle a du sens au niveau industriel et technologique inquiète néanmoins les autorités de la concurrence de plusieurs pays car elle "américaniserait" encore davantage un secteur de plus en plus stratégique (Intel, Qualcomm, Broadcom, Texas Instruments, etc. sont toutes américaines). Nvidia discute donc avec les régulateurs aux États-Unis, en Europe et en Asie (notamment en Chine) affirmant que "les régulateurs sont très favorables à la fusion parce que c'est pro-concurrence, pro-innovation, et pro-choix" pour valider son achat.

À côté de l’inquiétude politique, il y a aussi la crainte du secteur technologique: beaucoup de de géants de la tech comme Microsoft, Google ou Qualcomm, exploitant directement ou indirectement la technologie ARM, craignent en effet que Nvidia modifie les conditions d'accès aux licences donnant l'autorisation d'utiliser ses architectures et déstabilise le marché des semiconducteurs.

En attendant, comme on le voit sur le graphe ci-dessous, en bourse, Nvidia capitalise sur sa croissance et sur son ambition de devenir le leader mondial en Intelligence Artificielle dans le domaine des semiconducteurs…

Évolution des marchés boursiers

Après la correction de lundi, les marchés européens ont retrouvé un peu d’optimisme hier, l’indice Stoxx 600 finissant en hausse de 0.31%, le secteur de la consommation cyclique (+0.86%) ouvrant la marche aux autres. Parmi ces actions cycliques, 2 segments se distinguaient, celui des équipementiers sportifs dont nous parlions dans notre chronique hier, Adidas progressant de 2.5% et Puma de 2.1%, et celui des livraisons de plats à domicile, Delivery Hero gagnant 3.5% et Just Eat Takeaway 3.6%.

Derrière les secteurs liés à la reprise économique enregistraient des hausses intéressantes comme les matériaux (+0.73%) et les industrielles (+0.52%). Dans ce dernier secteur, on a néanmoins remarqué la baisse du cours d’Airbus (-0.6%) alors pourtant que la société a enregistré une bonne nouvelle à savoir la commande de 70 Airbus A321 par United Airlines (complémentairement à 200 Boeing 737 Max).

Seuls 2 secteurs ont terminé dans le rouge, l’immobilier (-0.4%) et la consommation de base (-0.1%).

À Wall Street, il s’en est fallu d’un rien, mais les deux indices principaux, S&P 500 et Nasdaq ont battu un nouveau record historique, soit pour le premier 4.291,80 points (+0.03%) et pour le deuxième 14.528,34 points (+0.19%).

En fait, si l’on considère l’indice S&P 500, seuls 3 secteurs ont fini en hausse : les soins de santé (+0.07%), la consommation cyclique (+0.23%) et surtout les actions technologiques (+0.70%).

Parmi celles-ci, les 2 sociétés à plus de 2.000 milliards USD de capitalisation boursière, Apple et Microsoft, ont fait office de locomotives en gagnant respectivement 1.2% et 1%.

Parmi les perdants du jour, le secteur des services aux collectivités a chuté le plus (-1.7%), toutes les sociétés sans exception étant dans le rouge, que ce  soit dans les segments de l’électricité, du gaz ou des activités diversifiées.

Tout comme Airbus en Europe, Boeing (secteur industriel) n’a pas profité de l’annonce de la méga-commande d’United Airlines et a chuté de 1.7%.

Pour terminer sur une note positive, signalons au niveau des actions individuelles, la belle progression de la banque Morgan Stanley (+3.4%), 3ème plus forte hausse hier parmi les 500 valeurs composant l’indice S&P 500. Comme nous l’avons détaillé dans notre chronique de lundi (Des banques US sans stress vont généreusement récompenser leurs actionnaires), Morgan Stanley, à l’instar d’autres banques, a profité de stress tests positifs pour être généreuse vis-à-vis de ses actionnaires. Elle a ainsi annoncé lundi soir qu'elle doublera son dividende trimestriel, à 70 cents par action, au 3ème trimestre. Morgan Stanley va aussi autoriser le rachat de ses propres actions jusqu'à 12 milliards USD sur les 12 prochains mois.

Nous avons aussi remarqué le bond de la société pharmaceutique Moderna (+5.2%), dont l’action a affiché un plus haut historique (à 234.46 USD). L’action a été fortement recherchée après que la société a déclaré que son vaccin produisait des anticorps protecteurs contre la variante Delta du coronavirus, qui est apparue en Inde et s'est répandue dans le monde entier. L'autorité indienne de réglementation des médicaments a approuvé mardi l'importation des vaccins pour une utilisation d'urgence restreinte. Le deuxième pays le plus peuplé du monde est à la traîne des nations plus riches, avec seulement 4% de la population entièrement vaccinée, contre près de la moitié aux États-Unis.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h45) en Asie, les marchés boursiers manquent d’entrain.  La bourse de Tokyo est à peine haussière (+0.06%), Hong Kong baisse de 0.09% alors que Shanghai-Shenzhen essaient d’être un peu plus vigoureuses (+0.65%).

Selon les futures (contrats à terme), les bourses européennes devraient ouvrir proches des niveaux d’hier en clôture alors que Wall Street pourrait commencer la journée en légère hausse.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

En début de matinée nous aurons le PIB du Royaume-Uni pour le 1er trimestre ainsi que, pour la France, la consommation des ménages en mai et l’inflation en juin. Toujours dans le domaine de l’inflation nous disposerons, en fin de matinée, du chiffre d’inflation pour la zone euro en juin.

Après-midi, les USA publieront l’enquête ADP sur l’emploi privé en juin. 2 autres statistiques US devraient être aussi connues aujourd’hui, l’indice PMI de Chicago et les promesses de ventes de logements.

À noter enfin que débutera à Paris aujourd’hui, la réunion de l’OCDE qui aura pour objectif de finaliser la proposition d’un taux minimum d’imposition des entreprises multinationales (en principe 15%), avant sa présentation au G20 au mois de juillet.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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