Inquiétude en Europe, records aux USA et le point sur les équipementiers sportifs

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Nouvelles économiques et financières

Ce lundi a été une journée très calme au niveau des indicateurs économiques.

En fait seul l’indice manufacturier de la Réserve Fédérale de Dallas pour juin a quelque peu retenu l’attention. Celui-ci a chuté à 31.1 points, contre 34.9 le mois précédent et en dessous de la prévision médiane (32.5 points).

Fait(s) du jour

Alors que l’Euro de football bat son plein et que Nike a annoncé une fort rebond de son activité, il nous a paru intéressant de faire le point sur le secteur des équipementiers sportifs, dont les principaux représentants sont cotés en bourse et se retrouvent d’ailleurs souvent, soit dans des fonds à connotation "luxe" soit "consommation cyclique".

Nike (cotée à Wall Street) est le leader mondial des équipementiers sportifs, devant Adidas et Puma (cotées à Francfort), essentiellement parce la société américaine a dans son pays une part de marché plus de 4 fois supérieure à celle d’Adidas, son principal rival. En Europe et en Asie-Pacifique, Nike devance aussi Adidas mais l’écart est plus réduit (de 1 à 2.5% environ). Les autres sociétés, comme Under Armour, Asics, Lululemon Athletica, Joma ou Umbro par exemple se partagent les miettes restantes.

Au niveau de la valeur boursière, Nike vaut aussi beaucoup plus que tous ses concurrents, soit 244 milliards USD, contre 63 milliards d’euros (75 milliards USD) pour Adidas et 15 milliards d’euros ( 18 milliards USD) pour Puma. Quant au chiffre d’affaires, selon les chiffres 2020, il représente 44.5 milliards USD pour Nike, 19.8 milliards d’euros pour Adidas et 5.2 milliards d’euros pour Puma.

Le marché mondial des vêtements de sport ("sportwear" en anglais) au sens large comprend les chaussures de sport, mais aussi les vêtements en tant que tels et les accessoires. Selon une étude de Grand View Research, le taux de croissance annuel composé (CAGR) de ce marché serait d’environ 10 % par an d’ici 2025 et pourrait représenter environ 480 milliards USD à cette date. La société de consultance Arizton va dans le même sens et prévoit que ce marché représentera un business de 544 milliards USD en 2026.

Selon Grand View Research, plusieurs facteurs expliquent cette forte croissance: "La sensibilisation croissante à l'adoption d'un mode de vie sain et aux avantages pour la santé des activités de fitness, telles que la natation, le yoga, la course à pied et l'aérobic, devrait stimuler le marché. La popularité croissante des événements sportifs, tels que la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques et la Coupe du monde de cricket, stimule également la croissance de ce marché".

L’ "athleisure" (contraction des termes "athlète" et "leisure" - soit loisir en français) contribue aussi beaucoup à l’engouement pour les vêtements et chaussures de sport. L’athleisure séduit les personnes qui portent ceux-ci aussi bien dans la vie courante qu’en faisant du sport, le confort de vie et le style décontracté étant primordial. D’autres facteurs de croissance ont aussi été identifiés, comme l’adoption de plus en plus forte des vêtements de sport par la population féminine, pour pratiquer du sport mais aussi dans la vie de tous les jours (le "legging" étant un exemple très connu). Il y a enfin les forts taux de pénétration de ce marché grâce à la croissance des marchés asiatiques et du commerce en ligne.

Si la pandémie a eu un fort impact sur la vente d’articles de sport (les salles de sport & fitness étant longtemps fermées, de même que les magasins qui vendent les produits), on a vu la semaine passée via les résultats de Nike que ses chiffres de vente ont rebondi et ont été nettement meilleurs qu’attendus, grâce notamment à une croissance à 2 chiffres en Chine pour la 7ème année de suite (soit 24% en 2020). Entre mars et mai 2021, Nike a affiché un chiffre d’affaires de 12.3 milliards USD, soit 2 fois plus que durant la même période l’année passée. Outre que la société surfe sur la tendance athleisure, elle a aussi progressé grâce à la percée continue du commerce digital.

Nous parlions en préambule de l’Euro de football actuellement en cours. Et pour les équipementiers sportifs, c’est d’une part, une superbe vitrine pour exposer et parler de leurs produits qui équipent les 24 équipes qui participent au tournoi, mais d’autre part c’est aussi le moyen d’évaluer les forces en présence. Et in fine, l’équipe qui sera sacrée championne d’Europe fera rejaillir une partie de sa renommée sur son équipementier…

Footpack a répertorié, pour les 24 sélections qualifiées et les joueurs engagés (plus de 600), les chaussures, maillots et gants de gardien les mieux représentés. Comme on le voit ci-dessous dans le tableau, 6 équipementiers fournissent les maillots des 24 équipes, Nike et Adidas se taillant la part du lion, soit 9 équipes pour Nike et 8 pour Adidas (donc 70.8% à eux deux) Puma en habillant 4, Jako, Joma et Hummel équipant les 3 derniers teams (Danemark, Ukraine et Macédoine). A noter aussi que sur les 17 sélections sponsorisées par Nike et Adidas, 10 font partie du Top 20 mondial de la FIFA (dont la Belgique a la 1ère place et équipée par Adidas!).

Pour ce qui est des gants des gardiens de but, moins emblématiques, le marché est plus dispersé entre 17 marques différentes, Adidas précédent Uhlsport (une marque allemande) devant Puma. A noter aussi qu’Adidas fournit l’ensemble des ballons du tournoi (le modèle développé pour l’Euro portant le nom poétique "Uniforia"…), un objet de pub évidemment très convoité car au centre de toutes les attentions durant les matches !

Enfin, concernant les chaussures de foot auxquelles les joueurs vouent une attention particulière, Nike marque encore davantage son leadership. 52% des joueurs du tournoi les portent, contre 34.3% pour Adidas et 12.7% pour Puma. Donc 99% des joueurs ont des chaussures Nike, Adidas ou Puma… Quelques marques (Asics, New Balance, Mizuno et Under Armour) se partagent le reste. Mais il est intéressant de constater que la position de leader de Nike s’érode néanmoins, car aux 2 derniers grands tournois (Euro de foot 2016 et Coupe du monde 2018), sa part de marché était de près de 60%.

Mais le diable étant dans le détail, les joueurs ont le choix entre différents modèles de chaussures pour chaque marque en fonction des couleurs ou du type de crampons par exemple. Et justement ce sont les modèles de crampons qui font la différence et permettent à Nike d’encore emporter les 2 premières places avec les chaussures "Nike Mercurial Vapor 14" et "Nike Phantom GT basse" devant Adidas et son modèle "Nemeziz 1".

Pour terminer et pour l’anecdote, signalons enfin que les tenues des arbitres ne seront pas fournies par Adidas, longtemps l’équipementier de préférence, mais par une société italienne du nom de… Macron!

Sur le graphe ci-dessous, on voit l’évolution, depuis le début 2020, des cours de Nike (en blanc), Adidas (en orange) et Puma (en jaune), par rapport à l’indice MSCI Monde. Si les 3 sociétés ont davantage souffert que l’indice global au déclenchement de la crise sanitaire, Puma et Nike ont depuis comblé leur retard et même creusé l’écart, les très beaux résultats de Nike récemment annoncés la faisant revenir dans le sillage de Puma. Adidas reste par contre en retrait ces derniers mois.

Évolution des marchés boursiers

A l’approche de la fin du 1er semestre, les marchés boursiers européens se sont clairement inscrits à la baisse, l’indice Stoxx 600 Europe perdant 0.6%. Si les actions européennes ont, dans l’ensemble fait l’objet de prises de bénéfices, celles-ci ont été accentuées par les craintes liées au variant Delta du coronavirus. Certains craignent en effet une éventuelle 4ème vague de la pandémie à cause de la propagation rapide des infections au variant delta en Europe et en Asie. Dans cette région, en Indonésie et en Thaïlande par exemple, l’épidémie a repris vigueur alors qu’en Australie, des villes comme Sydney et Darwin ont dû être reconfinées.

Le secteur de l’énergie a lourdement chuté (-2.9%) dans la foulée du recul important du prix du pétrole, le Brent cotant 74.4 USD le baril contre 76.2 vendredi soir. Outre des prises de bénéfices, l’émergence possible d’une 4ème vague due au variant Delta pourrait ralentir le rebond économique et donc la demande de pétrole.

Les financières ont perdu 1.4% en moyenne, devant la consommation cyclique (-1.2%) et les industrielles (-1%), soit des secteurs qui ont précédemment profité des investissements en actions "value" portées par la reprise économique. L’immobilier complète le groupe des principaux perdants du jour en reculant de 1.2%.

Seuls 3 secteurs ont terminé dans le vert, les soins de santé (+0.7%) devant les technologiques (+0.6%) et les services aux collectivités (+0.2%).

Au niveau des actions individuelles, c’est le groupe de luxe anglais Burberry qui a encaissé la perte la plus sévère (-8.7%) au sein de l’indice Stoxx 600 Europe après que son directeur général a annoncé son départ pour le concurrent italien Salvatore Ferragamo. Inversement l’action qui a le plus progressé hier est Nokia (+5.8%) bénéficiant d’un « upgrade » de Goldman Sachs qui est passé de "neutre" à" acheter" sur l’action en augmentant son objectif de cours de 4.1 à 5.4 euros.

A Wall Street, les inquiétudes européennes quant au variant Delta et à ses possibles conséquences économiques n’ont pas vraiment ému les investisseurs. Au contraire, tant les indices S&P 500 que Nasdaq ont enregistré un nouveau record historique en clôture, le premier à 4.290,61 points (+0.23%) et le second à 14.500,51 points (+0.98%).

Les actions technologiques ont été les vedettes du jour en progressant de 1.11%, les semiconducteurs jouant les locomotives (+2.9%) notamment grâce à Intel (+2.8%), Broadcom (+2.3%) mais surtout Nvidia (+5%). Cette dernière, dans le cadre de son projet d'acquisition du groupe britannique de semi-conducteurs Arm pour 40 milliards USD, a reçu le soutien de 3 des plus grands fabricants de puces du monde (Broadcom, MediaTek et Marvell Technology) pour cette opération controversée (inquiétudes liées à la sécurité nationale, selon le Sunday Times, mais aussi inquiétudes d’une concurrence limitée). Hors les semiconducteurs, Apple (+1.3%) a aussi contribué à la hausse des technologiques.

Les services de communication (+0.8%) et les services aux collectivités (+0.6%) ont également performé mieux que la moyenne hier, alors que les autres secteurs gagnants limitaient leurs hausses à 0.2%.

Au niveau individuel, signalons la forte hausse de Facebook ( +4.2%) : un juge américain a rejeté 2 plaintes antitrust  contre la société et déposées en 2020 par la Federal Trade Commission et les procureurs généraux des états américains. Le cours de Facebook en a profité pour atteindre un plus haut historique (à 355.64 USD par action) ce qui a permis à la société, dans la foulée, de dépasser le cap mythique des 1.000 milliards USD de valeur boursière (précisément 1.008 milliards USD à la clôture hier soir) !

Du côté des secteurs perdants, on a surtout remarqué la chute du secteur de l’énergie (-3.3%), le recul marqué du pétrole ayant eu le même effet que sur les actions pétrolières européennes.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h45) en Asie, l’heure semble être à la morosité, les investisseurs s’inquiétant d’une résurgence possible de la pandémie, due au variant Delta, et alors que certains pays asiatiques n’ont pas un taux de vaccination très élevé et que par ailleurs certains doutent du taux d’efficacité des vaccins chinois.

La bourse de Tokyo perd actuellement près de 1%, Hong Kong recule de 0.7% et les bourses de Shanghai-Shenzhen perdent 0.9%.

Les futures (contrats à terme) sont divisés: si l’Europe pourrait ouvrir en légère hausse, les marchés boursiers américains feraient l’inverse lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

En matinée on prendra notamment connaissance du taux de chômage et de la confiance des consommateurs en juin en France.

Mais surtout, à 11h, seront publiés les indices de confiance dans l’industrie et les services en juin pour la zone euro, ainsi que le climat des affaires en juin. L’Allemagne publiera après-midi son chiffre d’inflation pour juin.

Aux Etats-Unis on prendra connaissance de l’indice de confiance des consommateurs donné par le Conference Board pour juin, tout comme l’indice S&P Case-Shiller des prix de l’immobilier aux USA

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