Le beau bulletin des banques US va fortement booster leurs dividendes et rachats de titres

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Vendredi, en Allemagne, l'indice de confiance des consommateurs GfK est ressorti pour juillet à -0,3 point, mieux qu’attendu (-4) et au plus haut depuis août 2020.

Après-midi, on a pris connaissance de la consommation des ménages américains en mai (qui représente près des 2/3 de l’activité économique aux USA): celle-ci a légèrement baissé (-0.4% contre +0.3% en avril), probablement à cause de certaines pénuries de biens, notamment de voitures. Les revenus des ménages ont diminué de 2%, contre une baisse de 13.1% le mois avant.

L’inflation américaine a été conforme aux attentes, soit + 3.4% sur 1 an mesuré par l’indice "core PCE" (excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, sinon le chiffre serait de +3.9%) correspondant à la plus forte hausse annuelle depuis 1990. Sur 1 mois, l’inflation est moindre qu’attendue, soit +0.5% (contre +0.6% estimé).

Dernière statistique, celle de l’Université du Michigan qui a confirmé l’amélioration du moral des ménages américains en juin, l’indice de confiance étant passé à 85.5 (contre 82.9 en mai)

Fait(s) du jour

Jeudi soir la Réserve Fédérale américaine (FED) a fait savoir que les 23 plus grandes banques avaient réussi haut la main les fameux "stress tests" et disposaient de montants en capitaux bien supérieurs à ceux exigés au vu des risques. Parmi ces 23 principales banques, il y a les "Big Six" (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Chase et Wells Fargo). La FED a ajouté "qu’au cours de la dernière année, la Réserve fédérale a effectué 3 tests de résistance avec plusieurs récessions hypothétiques et tous ont confirmé que le système bancaire est solidement positionné pour soutenir la reprise économique en cours".

Ces tests évaluent la résilience des grandes banques en estimant leurs pertes, leurs revenus ou encore leurs niveaux de fonds propres, qui fournissent une protection contre les pertes dans des conditions hypothétiques, et sur une période de 9 trimestres à venir. Pour les derniers tests, la FED avait pris comme hypothèses une grave récession mondiale entrainant une hausse du chômage à 10% (contre une hypothèse réelle de 4.5% fin 2021), un PIB en chute de 4 % entre fin 2020 et le 3ème trimestre 2022 et une chute de 55% des cours des actions. La FED envisageait aussi l’hypothèse de fortes tensions sur l’immobilier commercial ainsi que sur la dette des entreprises.

Si ce scénario-catastrophe se réalisait, les 23 grandes banques étudiées perdraient ensemble plus de 470 milliards USD (dont 160 milliards liés à l’immobilier commercial et aux prêts aux entreprises). Mais si, dans cette hypothèse, leurs ratios de capital (Common Equity Tier 1 ou CET1) baisseraient alors à 10.6% en moyenne, ce niveau serait néanmoins plus du double du taux minimum requis (4.5%, hors "coussin" supplémentaire préconisé par les autorités).

Dans le tableau ci-dessus, on voit les ratios CET1 des 23 banques étudiées. En blanc, le CET1 obtenu au dernier trimestre 2020 et en orange celui résultant du scénario-catastrophe évoqué ci-dessus. La ligne bleue établit le minimum obligatoire à atteindre quelques soient les circonstance et la ligne mauve, le CET1 médian atteint par les 23 banques. Les "Big Six" atteignent respectivement les niveaux suivants: Bank of America (9.9%), Citigroup (9.4%), Goldman Sachs (8.8%), Morgan Stanley (12.7%), JPMorgan Chase (10.7%) et Wells Fargo (8.8%).

On notera par ailleurs que les 4 banques "américaines" ayant le ratio CET1 le plus élevé sont des filiales de grandes banque européennes!  Soit Deutsche Bank USA ("DBK" dans le tableau, 23.2%), UBS Americas Holding ("USBG", 20.1%), Crédit Suisse USA ("CSGN", 15.9%) et Barclays ("BARC", 15.7%).

Conséquence très importante de ces beaux "bulletins", les banques cotées à Wall Street s’apprêtent à annoncer des montants très importants de  dividendes et de rachats d’actions. En effet, Il y a un an, alors que l'économie américaine était à l'arrêt du fait de la pandémie, la FED avait limité le paiement des dividendes et gelé les rachats d'actions des grandes banques américaines, invoquant alors la nécessité de conserver du capital pendant la crise. Puis elle avait allégé les restrictions, qui devaient initialement s’achever fin décembre 2020, autorisant les dividendes et les rachats d'actions, mais sans que ceux-ci ne dépassent les profits réalisés au cours des derniers trimestres. Cette autorisation était valable jusque fin mars, mais avait été prolongée jusque fin juin. A cette date, toutes les restrictions seront donc levées.

Selon différentes sources, les montants qui seront retournés aux actionnaires des banques américaines oscilleront entre 142 et 200 milliards USD, dont 75% environ sous forme de rachats de titres ("share buyback"). Bank of America, Wells Fargo et JP Morgan consacreraient ainsi entre 30 et 35 milliards aux dividendes et rachats de titres. Mais, comme on le voit sur le tableau ci-dessous, en pourcentage de la valeur boursière, c’est Citigroup qui sera la banque US la plus généreuse pour ses actionnaires en dividendes et rachats ("repurchases") de titres.

De manière générale, tous secteurs confondus, il est utile de rappeler que les rachats d’actions sont un soutien important des marchés, surtout aux États-Unis, où selon une étude de Morgan Stanley, ils représentaient avant la crise sanitaire près de 70% des montants distribués (contre seulement 32% en Europe où les dividendes sont davantage privilégiés).

On voit d’ailleurs sur le graphe ci-contre, la différence entre Etats-Unis et Europe, où on constate évidemment aussi la forte chute des rachats de titres en 2020 aux USA par rapport à 2018 et 2019.

Si on considère l’indice S&P 500 Buyback Index, les 2 secteurs les plus importants en matière de rachats de titres sont les technologiques et les financières dont nous venons de parler. Parmi les actions technologiques, les programmes de rachats de titres sont et seront importants chez Apple, Facebook, Google, Microsoft, Oracle,…

Particulièrement grâce à la reprise des rachats de titres par les banques, la situation va fortement se redresser cette année. Ainsi State Street s’attend à ce que les rachats de titres aux USA augmentent de 30% en 2021, par rapport au niveau déprimé de 2020, ce qui restera encore 24 % en dessous du pic de près de 800 milliards USD atteint en 2018.

Pour terminer, j’ai repris sur le graphe ci-dessous la performance de l’indice S&P 500 Buyback dont la progression en 10 ans est presque équivalente à celle de l’indice général S&P 500, soit un rendement annuel remarquable de près de 15%, tout en soulignant que depuis le krach des marchés boursiers fin mars 2020, l’indice "buyback" a surperformé de près de 30% l’indice général.

Évolution des marchés boursiers

Les statistiques du jour ayant peu ému les investisseurs, l’indice Stoxx 600 Europe a clôturé vendredi en très légère hausse (+0.13%). Trois secteurs ont terminé en très légère baisse, les services aux collectivités (-0.34%), les technologiques (-0.28%) et l’immobilier (-0.02%).

Par contre parmi les gagnants du jour, le secteur financier a le plus progressé (+0.51%), dans la foulée des bonnes nouvelles concernant les stress tests des banques américaines et conséquemment le retour des dividendes et rachats de titres autorisés par la FED.

Derrière on trouvait les soins de santé (+0.37%) où 2 sociétés cotées à Bruxelles affichaient les meilleures performances, à savoir la belge UCB (+3.11%) et la hollandaise Galapagos (+4.3%). Si cette dernière connaissant plutôt un rebond technique après avoir atteint hier un plus bas en près de 4 ans et demi, UCB a bénéficié d’une bonne nouvelle sur son produit en développement le plus important. Le Comité des Médicaments à Usage Humain (CHMP) a rendu un avis positif concernant le Bimekizumab - pour le traitement des adultes atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère - et a donc recommandé son approbation dans l’Union Européenne. Si tout va bien pour UCB, la Commission Européenne devrait approuver le médicament d’ici 2 mois et il serait alors vendu sous le nom Bimzelx.

Nous avons enfin noté la hausse, dans le secteur de la consommation cyclique (+0.1%) de Puma (+2%) et surtout Adidas (+6.4%) dans la foulée des très bons résultats de Nike ayant fait bondir le cours de celui-ci. C’est entre parenthèses décidément une très bonne semaine pour le holding GBL: après les perspectives revues en hausse de Pernod Ricard (dont elle détient 7.6%) et qui ont fait progresser son cours cette semaine, GBL profite maintenant de la hausse du cours d’Adidas dont elle détient 6.8%...

Du côté de Wall Street, l’indice S&P 500 en atteignant 4.280,70 points a enregistré un nouveau record historique. Le secteur financier a affiché la meilleure performance (+1.25%) grâce au segment bancaire (+1.56%) qui a reçu les faveurs des investisseurs pour les raisons évoquées ci-dessus dans notre rubrique "faits du jour".

Derrière on trouvait le secteur des services aux collectivités (+1.13%) profitant de l’annonce de l’accord aux États-Unis pour un nouveau plan d’infrastructures. La consommation non cyclique (ou de base) a pris la 3ème place parmi les vainqueurs du jour en s’adjugeant 0.80%.

Mais au niveau individuel, c’est une action de l’autre compartiment de la consommation (la cyclique) qui s’est illustrée: Nike a effet bondi de 15.5%, ses résultats du 4ème trimestre 2020-2021 étant supérieurs aux attentes, tant quantitativement que qualitativement. Hors indice S&P 500, signalons aussi le "décollage" de l’action Virgin Galactic (+39 %!) qui a reçu le feu vert de l’autorité fédérale américaine du secteur aéronautique (FAA) pour le transport de passagers lors de ses futurs vols commerciaux dans l’espace.

À noter enfin qu’un seul secteur a terminé légèrement dans le rouge, la technologie (-0.15%), alors qu’individuellement c’est l’action Fedex (secteur industriel) a qui a le plus chuté (-3.9%) après l’annonce de résultats décevants et de perspectives moins alléchantes que prévu pour 2022.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) en Asie, la bourse de Hong Kong connaîtra une séance au minimum écourtée, un avis de tempête paralysant les transactions en matinée. Les autres marchés boursiers importants marquent peu d’entrain, Tokyo baissant légèrement (-0.14%) alors que Shanghai-Shenzhen vont dans le sens inverse (+0.08%).

Les futures sur les marchés boursiers européens et américains indiquent actuellement aussi une hésitation quant à la direction à prendre aujourd’hui, l’Europe ouvrirait en légère baisse lors des premiers échanges alors que Wall Street progresserait par contre un peu à l’ouverture.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Ce lundi, sera une journée très calme au niveau économique.

En Europe on aura les prévisions économiques d’été de la Commission Européenne.

Aux USA, on prendra connaissance de l’indice manufacturier de la FED de Dallas pour juin.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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