Tesla et Pernod Ricard en forme, celle-ci soulignant la reprise du secteur des boissons

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Nouvelles économiques et financières

Hier mercredi, si les indices PMI de nombreux pays étaient publiés, on s’est surtout concentré sur l’indice PMI composite du cabinet Markit pour la zone euro, un indice considéré comme un bon baromètre de l’activité économique en Europe. Alors que les économistes attendaient une hausse à 58.8 points en juin (contre 57.1 en mai), c’est finalement un chiffre plus élevé qui a été publié (59.2 points) montrant une croissance du secteur privé au plus haut depuis 15 ans! L’Allemagne a assuré son statut de "locomotive européenne", avec une croissance record en 10 ans alors que la France par exemple a vu son activité augmenter, mais moins que prévu.

Revers de la médaille, la confirmation d’une reprise vigoureuse de l’activité relance les craintes inflationnistes : face à une  forte demande, l’offre des entreprises a du mal à suivre dans de nombreux secteurs suite à la pénurie de matières premières, de semiconducteurs et de main d’œuvre…

Aux Etats-Unis, pour la 5e semaine d’affilée, les stocks de pétrole ont chuté, plus que prévu et alors pourtant que le rythme de raffinage a accéléré. Les stocks de pétrole ont ainsi reculé à 459 millions de barils (-7.9 millions en une semaine contre -3.5 millions prévus).

Concernant les ventes de maisons neuves outre-Atlantique, celles-ci ont fortement baissé en mai par rapport à avril (près de 6%), alors que les analystes attendaient plus de ventes. Néanmoins, à un an de distance, les ventes de maisons neuves ont augmenté de 9.2%.

Enfin l’indice PMI composite mesurant la croissance de l’activité du secteur privé aux Etats-Unis a ralenti sensiblement en juin, à 63.9 points contre 68.7 en mai. Tout comme en Europe, les difficultés d’approvisionnement et la pénurie de main d’œuvre ont été pénalisantes.

Fait(s) du jour

L’année 2020 a été mauvaise pour le secteur des boissons (pour lequel nous publions la liste des 20 principales sociétés mondiales en terme de chiffre d’affaires - voir ci-dessous).

Mais la tendance a commencé à s’améliorer progressivement ces derniers mois comme nous le verrons par ailleurs, sans pour autant que le retour à la normale ne soit encore acté pour certaines sociétés.

Du fait de la pandémie, dans de nombreux pays, le secteur Horeca a été fermé ou soumis à des contraintes importantes, limitant les capacités d’accueil et freinant donc les ventes de boissons. De nombreux événements sportifs se sont déroulés à huis-clos ou avec une assistance très réduite, et certains événements majeurs ont carrément été annulés ou, au mieux reportés, comme les Jeux Olympiques ou l’Euro de Foot. Enfin, le milieu culturel a aussi beaucoup souffert, fermetures et interdictions perdurant pour les cinémas, les théâtres, les concerts d’artistes ou les giga festivals comme Tomorrowland.

C’est très clair ci-dessous, en ne considérant que le seul segment des boissons alcoolisées (hors eaux, sodas, thés, cafés, lait et jus de fruits): on constate qu’il y eu un brutal arrêt de la croissance du marché, les ventes 2020 chutant de près de 200 milliards USD par rapport à 2019.

Si le marché rebondira en 2021, tant pour le secteur des boissons alcoolisées que non alcoolisées, il faudra probablement attendre l’année prochaine pour dépasser les ventes pré-pandémie.

On a vu, notamment via les résultats du 1er trimestre 2021, que la situation a commencé à s’améliorer. Ainsi, alors qu’en 2020 son chiffre d’affaires a chuté de 11%, le leader mondial des sodas, Coca Cola a dépassé ses prévisions trimestrielles en avril, grâce en particulier à la Chine et l’Inde, compensant les moins bons résultats aux États-Unis et en Europe occidentale, où les restrictions étaient plus strictes et où les consommateurs étaient souvent contraints de rester chez eux.

Autre exemple, les résultats trimestriels d’AB Inbev surpassant les attentes.

Fait intéressant, comme beaucoup de sociétés, tous secteurs confondus, AB Inbev a réussi à compenser, au moins en partie, la chute des ventes via les canaux traditionnels par des canaux plus accessibles en temps de crise comme les plateformes numériques. Ainsi les ventes via l’e-commerce ont quadruplé sur le trimestre! Les volumes réalisés via la grande distribution ont aussi été très importants, les personnes confinées consommant davantage à la maison…

Et la tendance au redressement du secteur des boissons se confirme comme on a pu le constater hier avec le communiqué de Pernod Ricard, connu pour cette marque, mais aussi pour le Pastis 51, plusieurs marques de whiskies (Chivas Regal, Jameson, Ballantines,…), le cognac Martell, les champagnes Mumm et Perrier-Jouët, et des alcools blancs (Vodka Absolut, gin Beefeater,…).

Le cas de Pernod Ricard est intéressant car il montre un redressement qui s’accélère plus vite que prévu. En effet, fort d’un excellent 3e trimestre 2020/2021, la société avait annoncé le 22 avril dernier un objectif de croissance pour le Résultat Opérationnel Courant (ROC) de +10% pour l’exercice 2020/2021. Et hier, Pernod Ricard a surpris le marché en revoyant déjà à la hausse ce ROC, en raison d’une "reprise de l’activité plus soutenue que prévu", anticipant dorénavant une hausse de 16% du bénéfice opérationnel.

Mais évidemment, Pernod Ricard, comme les autres sociétés du secteur, n’est pas encore tout à fait en rythme de croisière, l’Horeca, le secteur culturel ou les événements sportifs ne tournant pas encore à plein régime.

Et cela se reflète dans les cours de bourse de nombre de sociétés actives dans le secteur. D’ailleurs l’indice MSCI World Beverages (en blanc) n’a pas encore rattrapé l’indice MSCI World (en orange) depuis la chute des marchés en mars 2020, comme on le voit ci-dessous:

Évolution des marchés boursiers

Après avoir enregistré plusieurs records d’affilée ces derniers temps, les marchés boursiers européens sont plutôt en mode "pause" voire "prise de bénéfices" depuis quelques jours. Ainsi en a-t-il été hier avec l’indice Stoxx 600 Europe qui a perdu 0.7%.

Tous les secteurs ont corrigé… sauf celui de l’énergie (+0.3%) surfant sur la poursuite de la hausse des cours du pétrole qui ont profité hier de la baisse plus importante que prévue des stocks de brut aux USA, alors que la demande augmente de plus en plus suite à la reprise économique.

Le secteur des services aux collectivités a enregistré la baisse la plus prononcée (-1.5%), devant la consommation cyclique (-1.1%) et les technologiques (-1%).

Dans le secteur des services aux collectivités, le producteur d’électricité Iberdrola a dégringolé de 3.6% alors que son patron a été inculpé pour… espionnage, dans un scandale impliquant d’autres sociétés espagnoles.

La consommation cyclique a pâti surtout de la faiblesse des segments automobiles et du luxe. Dans ce dernier cas, les actions du luxe ont reculé à la suite d’une étude de la banque HSBC, envisageant une "pause" après des valorisations record, et a donc rétrogradé des actions comme Kering ou Hermès. Pourtant nous avons pointé dans le secteur de la consommation cyclique, le bond de près de 10% d’Europcar, qui a rejeté une offre non sollicitée d’un consortium emmené par Volkswagen. Cette offre aurait valorisé Europcar à 2.2 milliards d’euros, soit 0.44 euro par action.

Pour terminer sur une dernière note positive, pointons le gain de 2% de l’action Pernod Ricard, dont nous parlions ci-dessus, lui permettant d’atteindre 183.5 euros soit un plus haut historique, performance d’autant plus remarquable que nombre de sociétés du secteur des boissons n’ont pas encore récupéré totalement la chute de mars 2020. Et cette nouvelle doit ravir GBL qui est le 2e actionnaire le plus important de Pernod Ricard avec une participation de 7.6%.

A Wall Street, à l’instar de l’Europe, l’indice S&P 500 a clôturé en baisse (-0.11%)… mais pas le Nasdaq qui en gagnant 0.13% à affiché de justesse un nouveau record historique à 14.271,73 points. Le mérite de ce record revient en grande partie à Tesla dont le cours a bondi de 5.3% après l’annonce de l’ouverture de sa 1ère station de recharge en Chine (à Lhassa, dans la région du Tibet), avec ses propres installations solaires et de stockage d’énergie.

Et comme Tesla, outre le Nasdaq, fait aussi partie de l’indice S&P 500, cela explique pourquoi le secteur de la consommation cyclique a de loin le mieux performé hier aux USA (+0.6%), son segment automobile progressant de 4.6% puisque Ford (+3.4%) et General Motors (+1.5%) ont profité du sillage haussier de Tesla.

Derrière la consommation cyclique, seuls 2 autres secteurs ont fini en boni : les financières (+0.28%) et l’énergie (+0.26%), ce dernier secteur porté par des prix du pétrole toujours aussi fermes.

Parmi les perdants du jour, c’est le secteur des services aux collectivités qui a remporté cette triste palme (-1%), devant les matériaux et la consommation non cyclique (ou de base), corrigeant tous les deux de 0.6%.

A noter enfin que le cours de l’action Nvidia en gagnant 0.9% a atteint un nouveau plus haut historique (à 762.29 USD), et a permis au secteur technologique de limiter sa perte à 0.1% ; Nvidia bénéficie toujours de l’aura de ses très bons résultats récents amenant des révisions haussières des analystes, comme celle hier de Wells Fargo augmentant son objectif de cours de 715 à 875 USD.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h40) en Asie, les marchés boursiers sont plutôt atones, le Nikkei japonais et les bourses de Shanghai-Shenzhen baissant très légèrement alors que Hong Kong inversement est à peine en progrès.

A noter que les relations Etats-Unis-Chine se sont quelque peu envenimées après que l'administration Biden a ordonné l'interdiction des importations américaines d'un matériau clé pour panneaux solaires provenant de la société chinoise Hoshine Silicon Industry en raison d'allégations de travail forcé. Le ministère américain du Commerce a également restreint les exportations vers des entreprises chinoises, affirmant qu'elles étaient impliquées dans le travail forcé des Ouïghours et d'autres groupes minoritaires musulmans au Xinjiang. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a rejeté les accusations de génocide et de travail forcé au Xinjiang, les qualifiant de "rumeurs aux motivations cachées et de mensonges purs et simples".

Les futures indiquent actuellement une hausse des bourses européennes et américaines d’environ 0.2% à l’ouverture.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Ce jeudi matin nous disposerons du fameux indice IFO du climat des affaires allemand en juin. Nous aurons ensuite un communiqué du Royaume-Uni sur la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. 

Après-midi les Etats-Unis donneront leur chiffre définitif du PIB pour le 1er trimestre, qui sera suivi des inscriptions au chômage pour la semaine s’étant clôturée le 19 juin. On sera aussi attentif aux résultats des banques US aux stress tests de la FED.

Côté résultats, on devrait avoir ceux de Nike, de Fedex et de Blackberry.

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Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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