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Records boursiers pour fêter le lancement de l’Euro de Foot, un business impacté par la crise

Retrouvez chaque matin une chronique sur l'actualité boursière et financière.

Hier

Nouvelles économiques et financières

La journée de vendredi a été beaucoup plus calme que celle de jeudi en terme de donnés économiques. Néanmoins nous avons eu droit au PIB britannique qui a augmenté de 2.3% en avril grâce notamment à la réouverture des magasins, coiffeurs ou restaurants. Néanmoins le PIB reste 3.7% sous le niveau de février 2020 et avec la résurgence du Covid-19, la levée totale des restrictions sanitaires pourrait être repoussée retardant quelque peu la reprise économique.

En Allemagne, l’économie est clairement sur une pente ascendante : la Bundesbank a d’ailleurs révisé vendredi sa prévision de croissance 2021 à 3.7% (contre 3% estimé en décembre dernier) et celle de 2022 à 5.2% (contre une estimation de 4.5 en décembre).

Le moral des ménages américains, mesuré par l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, s’est affiché à un niveau supérieur aux prévisions, soit 86.4 points en juin (contre 82.9 points en mai) vis-à-vis d’une estimation à 84 points.

Fait(s) du jour

Alors que l’Euro de football 2020 - reporté à 2021 pour cause de pandémie - a commencé vendredi et se déroulera pendant 1 mois, il nous a paru intéressant de nous pencher quelque peu sur l’importance économique et financière de ce qu’on appelle désormais le "foot business". Dans notre chronique du 20 avril, nous parlions d’ailleurs de certains clubs de foot cotés en bourse comme la Juventus de Turin, Manchester United ou Dortmund (La création et les conséquences économiques d’une "Super League" de football européenne a monopolisé l’attention des marchés boursiers).

De manière schématique, un club de football réalise des recettes via 4 canaux principaux: la vente (transfert) de joueurs, la billetterie (la vente d’abonnements et de billets pour assister aux matchs dans les stades), les droits télévisuels (permettant de retransmettre les matches à la télévision) et le sponsoring & merchandising (cession à une société du droit de communiquer en utilisant l’image du club et ventes de maillots/écharpes/drapeaux et objets divers).

La vente d’un joueur est aléatoire et dépendant de la valeur marchande de celui-ci, basée sur différents critères (performances, âge, championnat où il évolue, etc.). Par ailleurs, le marché des transferts a fortement tourné au ralenti ces derniers mois en raison du Covid-19 et de l'arrêt temporaire de plusieurs championnats. Selon les derniers rapports de la FIFA, le nombre de transactions comme celui des indemnités de transferts versés par les clubs a chuté pour la première fois en 10 ans. Lors du dernier "mercato" estival, les clubs ont déboursé 3,32 milliards d'euros contre 4,91 milliards d’euros investis en 2019, soit une baisse de 25 % sur un an. Pour info, selon Transfertmarkt, à l’Euro de foot, l’équipe la plus chère (somme de la valeur de ses internationaux) est celle d’Angleterre valorisée à 1.275 milliards d’euros, devant la France (1.039 milliard) et l’Allemagne (964 millions). La Belgique est la 6ème équipe la mieux valorisée parmi les 24 nations qui vont se disputer le titre de Champion d’Europe, avec une valeur totale de 669 millions d’euros, grâce notamment aux Diables Rouges Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne valorisés 100 millions d’euros chacun.

Dans la 24ème édition de son rapport "Deloitte Football Money League" (DFML) rédigé en janvier 2021, le cabinet de consultance a dressé le profil des performances financières des clubs générant les revenus les plus importants au cours de la saison 2019-2020. L’impact de la pandémie y est évident (compétitions arrêtées un certain temps, stades déserts, sponsors frileux,…), les revenus ayant baissé par rapport à la saison précédente (voir tableau ci-dessous).

Dans ses conclusions, Deloitte arrive au constat que les 20 premiers clubs ci-dessus ont généré un total de 8,2 milliards d'euros de revenus en 2019/20, soit une baisse de 12% par rapport à la saison précédente (9,3 milliards d'euros).

Cette baisse de 1,1 milliard d'euros s'explique par:

  • une baisse de 937 millions d’euros (- 23%) des recettes liées aux droits TV, principalement due au report des revenus de diffusion (exercice se terminant en 2020) et aux rabais des diffuseurs liés à la saison 2019/20 perturbée ; voir à ce sujet ci-dessous, la nouvelle de l’acquisition vendredi des droits français par… Amazon!
  • une baisse de 257 millions d’euros (- 17%) des recettes liées aux matchs, les matchs ayant d'abord été reportés, puis annulés ou repris à huis clos;
  • mais compensé par une augmentation de 82 millions d’euros (+ 2%) des recettes commerciales, reflétant le début de plusieurs accords commerciaux majeurs entre les clubs susmentionnés.

Deloitte estime enfin que les 20 clubs auront manqué plus de 2 milliards d'euros de revenus à la fin de la saison 2020/21, y compris les montants perdus au titre de 2019/20, en raison de la pandémie de COVID-19.

Heureusement, ces clubs peuvent aussi compter sur les sponsors maillots qui sont des vraies affiches publicitaires, que les marques et sociétés - cotées directement ou non - s’arrachent à prix d’or. Si on considère les 10 plus gros contrats de sponsoring dans le foot, le Real Madrid a ainsi un contrat de 70 millions d’euros par saison avec Emirates. Manchester United a de son côté un juteux contrat de 61 millions d’euros avec Chevrolet (General Motors), devant le PSG avec un contrat de 60 millions avec Accor. Barcelone est sponsorisé par Rakuten (55 millions d’euros par saison), devant Chelsea soutenu par la société de télécoms Three (Hutchison Group) (50 millions d’euros). Manchester City arrive ensuite avec un contrat de 48 millions d’euros par an d’Etihad, devant la Juventus sponsorisé par Jeep (Stellantis) (45 millions d’euros) et Arsenal par Emirates (45 millions d’euros également). Liverpool est soutenue par la banque Standard Chartered (40 millions d’euros) et enfin Tottenham par la société d’assurance Hongkongaise AIA (38 millions d’euros par saison).

Évolution des marchés boursiers

En Europe, cela devient presque une habitude qui n’émeut plus grand monde, l’indice Stoxx 600 a battu vendredi un nouveau record historique (le 6ème d’affilée!) atteignant 457.51 points, en hausse de 0.65% par rapport à jeudi. La plupart des secteurs ont fini dans le vert, sauf la consommation de base (-0.07%) et l’immobilier (-0.30%).

Du côté des vainqueurs du jour, la consommation cyclique et les technologiques se sont disputés la 1ère place, la consommation cyclique l’emportant finalement avec un gain de 1.09% contre 1.04% pour le secteur technologique. Au sein du secteur de la consommation cyclique, on a surtout noté le très bon comportement du segment automobile (+1.5%), avec notamment les hausses marquées de 2 sociétés françaises, Renault (+7.1%) et Valeo (+3.1%).

Derrière ces 2 secteurs, les matériaux (+0.86%), portés par une reprise des prix des matières premières industrielles, précédaient d’un fifrelin les services aux collectivités (+0.84%). Les prix du baril de pétrole -  le Brent dépassant maintenant les 73 USD suite aux dernières prévisions optimistes sur la demande d’or noir - ont permis au secteur de l’énergie de montrer un bulletin honorable (+0.6%).

À Wall Street, la fin de semaine a aussi été marquée par un record, l’indice S&P 500 ayant clôturé à 4247.44 points, en progrès de 0.19% par rapport à jeudi.

Le secteur des soins de santé à pâti de la baisse de plusieurs actions biotech (Vertex -11%, Biogen -4.4% et Incyte -5.7%)  mais surtout de Eli Lilly (-4.1%). Le 8 avril, un groupe d'employés a déposé une plainte anonyme en interne alléguant qu'un cadre de l'usine de Branchburg, dans le New Jersey, avait modifié des documents exigés par la FDA. Comme Reuters l'a rapporté le mois dernier, Eli Lilly a fait appel à un cabinet d'avocats pour enquêter sur les altérations présumées, qui, selon les employés, étaient destinées à minimiser les graves problèmes de contrôle de la qualité dans l'usine produisant le traitement anticorps COVID-19 de la société. Selon Eli Lilly, aucune preuve d’acte répréhensible n’a été trouvé mais la société semble continue à souffrir de cette mauvaise réputation…

L’immobilier (-0.6%) et l’énergie (-0.37%) étaient les 2 seules autres secteurs en baisse vendredi.

Du côté des vainqueurs du jour, les financières (+0.61%) l’ont emporté de justesse devant les actions technologiques (+0.56%). La 3ème place du podium était occupé par la consommation cyclique (+0.48%).

Dans ce secteur, une nouvelle a fait sensation vendredi durant la journée. Amazon a remporté l'essentiel des droits de la Ligue 1 de football français pour 250 millions d'euros. Canal+ (filiale de Vivendi) doit conserver le lot sous-traité à BeIn Sports et menace de ne plus diffuser la Ligue 1 à la rentrée, mécontente de n’avoir obtenu qu’une portion congrue des droits de diffusion. La Ligue 1 va recevoir au total 663 millions d'euros, en recul par rapport à l'appel d'offres sur la saison précédente. Nous avons plusieurs fois parlé ces dernières semaines de l’offensive d’Amazon visant à doper ses contenus et donc l’audience de son service de streaming Prime Video, concurrent de Netflix et Disney+, le dernier fait d’armes d’Amazon ayant été l’achat des studios MGM (James Bond, etc.) fin mai. (pour plus d’infos, voir notre chronique du 27 mai: Dans le secteur du streaming en pleine ébullition, Amazon s’offre James Bond pour le 125e anniversaire du Dow Jones; et celle du 30 avril: Record à Wall Street grâce aux GAFAM et malgré des taux en hausse - Thème hebdomadaire: La bataille pour le marché explosif du streaming vidéo).

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce vendredi matin (7h40), les marchés asiatiques donnent peu d’indications. En effet les marchés chinois (Hong Kong, Shanghai-Shenzhen et Taïwan) sont fermés pour la fête des Bateaux-Dragons ou Duanwu, appelée aussi la fête du Double 5 car elle se passe le 5ème jour du 5ème mois lunaire. Elle marque le début des saisons chaudes. Selon les croyances, le Yang qui est l'énergie de la lumière et de la chaleur, atteint son apogée lorsque le soleil arrive à son zénith ce jour-là. 

Au Japon, la bourse de Tokyo monte par contre actuellement de 0.6%, le chiffre de la production industrielle pour avril ayant été révisé à la hausse (+2.9% contre une 1ère estimation à 2.5% et comparé à +1.7% en mars).

Les futures (contrats à terme) indiquent actuellement une hausse des bourses occidentales à l’ouverture, soit de 0.2% en Europe et de 0.1% aux États-Unis

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui peu de chiffres économiques seront publiés.

Les investisseurs jetteront toutefois un œil sur l’indice du sentiment économique de mai publié par la Banque de France et sur l’évolution de la production industrielle en avril dans la zone euro

À noter enfin qu’au Royaume-Uni, le Premier ministre B. Johnson doit se prononcer sur la confirmation ou le report de la levée, lundi prochain, des dernières contraintes sanitaires alors que le pays fait face à une récente augmentation du nombre de contaminations dues au variant delta. 

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