Les Américains ont les technos, les Européens ont le luxe

Retrouvez chaque matin une chronique sur l'actualité boursière et financière.

Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier matin, on a eu connaissance de la balance commerciale allemande pour avril. Les exportations ont augmenté de 0.3% (en particulier vers les USA) et les importations ont chuté de 1.7%. L’excédent commercial est donc passé de 14 milliards d’euros en mars à 15.9 milliards d’euros en avril.

Aux Etats-Unis, en soirée, ont été publiés les chiffres hebdomadaires de l’Agence américaine de l’Énergie (EIA) révélant un bond des stocks d’essence de 7 millions de barils au 4 juin, bien plus que la hausse de 1,2 million anticipée. Cela a entraîné un recul des cours des prix du pétrole, le Brent notamment se traitant ce matin sous les 72 USD le baril.

Fait(s) du jour

Dans cette même chronique, nous parlions hier de la société américaine Apple, 1ère société mondiale et technologique cotée en bourse. En Europe, la situation est tout à fait différente, le secteur technologique est beaucoup moins représenté en bourse : il ne représente ainsi qu’un peu plus de 8 % de l’indice Stoxx 600 Europe, contre plus de 26% pour le S&P 500 américain.

En fait, la plus importante société cotée en Europe est LVMH, leader mondial du luxe,  devançant 2 sociétés suisses, Nestlé (alimentation) et Roche (pharmacie). LVMH compte 75 "Maisons" (marques) regroupées en 6 secteurs ou métiers: vins & spiritueux, mode & maroquinerie, parfums & cosmétiques, montres & joaillerie, distribution sélective et autres activités. Parmi ses marques les plus connues, citons notamment et dans le désordre, Louis Vuitton, Christian Dior, Givenchy, Château Cheval Blanc, Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Guerlain, Tiffany, Chaumet, TAG Heuer, Sephora, Les Echos-Investir ou le Parisien.

En 2020, malgré la crise sanitaire, LVMH a réalisé 44.7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, via un réseau mondial de 5.003 boutiques (réparties dans 80 pays) sans compter le site internet qui a de plus en plus de succès, pour un bénéfice opérationnel courant de 8.3 milliards d’euros. En 2020, le secteur "Mode & Maroquinerie" représentait 47% des ventes, largement devant les "Parfums & Cosmétiques" (12%), les "Vins & Spiritueux" (11%), les "Montres & Joaillerie" (7%), la "Distribution sélective et les autres activités" comptant pour 23%. Au niveau géographique, l’Asie (hors Japon) est de plus en plus importante: en 2020, elle comptait pour 34% des ventes, devant les USA (24%), l’Europe (hors France, 16%), la France (8%) et le Japon (7%), les autres marchés représentant 11%.

Mais le luxe français n’est pas représenté que par LVMH. Sous l’acronyme "KHOL", on retrouve aussi Kering (essentiellement connue via Gucci), Hermès, L’Oréal et donc LVMH. Sans oublier qu’en Europe, parmi les grandes valeurs du luxe cotées on trouve aussi des sociétés comme Compagnie Financière Richemont – connue surtout pour Cartier, mais détenant aussi notamment Van Cleef & Arpels, Montblanc, Jaeger-LeCoultre, etc -, Swatch (Suisse), Burberry (Grande-Bretagne) ou Hugo Boss (Allemagne).

Comme le soulignait hier le journal financier français Les Echos, "LVMH, Hermès, Kering et L'Oréal évoluent tous à leurs plus hauts niveaux historiques. Le secteur affiche des valorisations records, plus élevées que celles des géants américains de la tech"! (voir tableau ci-dessous).

Si selon l’expression consacrée "les arbres ne montent pas jusqu’au ciel" et  qu’il faut donc être prudent quant à l’évolution future de ce genre d’actions par rapport à leurs perspectives de croissance, le phénomène de valorisations élevées des sociétés du luxe n’est pas nouveau. Cela s’explique par plusieurs raisons: les sociétés du secteur du luxe sont en général très solides financièrement (peu endettées), en croissance continue avant la crise sanitaire (et ont très bien résisté pendant celle-ci), ont des marges (très) élevées et des produits "rares" donc recherchés. Cerise sur le gâteau, et même si cela reste un marché compliqué, UBS notait récemment  que la consommation chinoise comptait pour près du tiers des ventes du secteur avant la crise sanitaire, de 31% chez LVMH à environ 35% chez Hermès, "une proportion appelée à grimper car c'est la région où la croissance est la plus forte".

Pour celles ou ceux que ce secteur intéresse particulièrement, nous l’avions aussi évoqué dans notre chronique du 23 avril dernier, en commentant les résultats trimestriels largement au-dessus des attentes pour les actions du luxe.

Évolution des marchés boursiers

Comme les jours précédents, les investisseurs européens ont été plutôt attentistes hier avant, d’une part, la réunion des Gouverneurs de la BCE et, d’autre part, la publication des statistiques des prix à la consommation aux Etats-Unis. Mais c’est à nouveau une prudence positive dont il a été question: pour le 4e jour consécutif, l’indice Stoxx 600 Europe a battu son record s’établissant hier soir à un plus haut historique de 454.44 points, et pour la 4e fois d’affilée aussi avec une marge minimum (+0.09% par rapport à mardi).

Une fois n’est pas coutume, c’est le secteur des soins de santé qui a décroché la timbale en gagnant 2%. Si de nombreuses sociétés pharmaceutiques progressaient de belle manière (comme UCB +3.9%, Roche +3.1% ou Merck +2.8%), ce sont surtout quelques sociétés biotech qui étaient recherchées hier, à l’instar d’ArgenX (+10%), Swedish Orphan Biovitrum (+7.3%) ou encore Galapagos (+6.6%).

Derrière les accessits étaient adjugés à l’immobilier et aux actions technologiques, les deux secteurs progressant de concert (+0.6%). Dans le secteur immobilier, 2 sociétés actives dans les grandes surfaces et centres commerciaux se démarquaient, Unibail-Rodamco-Westfield (+5.7%) et Klépierre (+2.5%), suite à un flux de nouvelles favorables concernant la reprise du secteur de la distribution en France et aux USA. A noter enfin que les valeurs liées au tourisme ont bondi, le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ayant annoncé un assouplissement des recommandations pour les voyageurs en provenance de 110 pays; ainsi Aéroports de Paris grimpait de 8.2%, TUI de 3.3%, Air France KLM de 3.3% ou encore Lufthansa de 2.9%.

Du côté des perdants du jour, les financières reculaient de 0.9% (les taux longs poursuivant leur décrue entamée il y a 3 semaines environ) et les matériaux de 0.7% (plusieurs matières premières faisant l’objet de prises de bénéfices ces derniers jours).

A Wall Street la séance d’hier soir s’est par contre terminée légèrement dans le rouge, l’indice S&P 500 perdant 0.18% et le Nasdaq 0.09%. Les financières (-1.06%) étaient les principales perdantes du jour. Tout comme en Europe, les actions bancaires souffrent de la décrue des taux; depuis la fin mars le taux à 10 ans US a ainsi dégringolé de 1.74% à 1.48%!

Le secteur des industrielles a perdu 1.03%. Dans ce secteur, on a noté en particulier la chute de sociétés de livraison de colis, Fedex baissant de 3.1% et UPS de 4.1%. Durant la soirée, cette dernière, la plus grande entreprise dans son secteur au monde, a prévenu que la croissance de son chiffre d'affaires allait ralentir en raison de la baisse des volumes d'expédition et de la volonté de son client numéro un, Amazon, d'internaliser l'expédition. De plus la société a déçu quant à ses perspectives de marge bénéficiaire.

Les matériaux ont baissé de 0.76% et l’énergie de 0.56%, ce dernier secteur subissant le contre-coup de la baisse des cours du pétrole. Notons enfin qu’au sein du secteur de la consommation de base (-0.4%), le cours de Campbell Soup (connue pour ses célèbres potages mais aussi pour le bouillon Swanson et les sauces pour pâtes Prego) s’est effondré de 6.6%. La société a publié des résultats décevants et lancé un avertissement sur bénéfices ("profit warning"), à cause de la hausse du coût des matières premières et des transports, mais subissant aussi le contrecoup du retour à une vie plus normale (les gens ayant consommé davantage ses produits durant les confinements).

Parmi les rares gagnants du jour, les soins de santé et les services aux collectivités progressaient respectivement de 1% et de 0.85%.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce vendredi matin (7h30), les bourses asiatiques sont toutes dans le vert, des plus petites aux plus connues et parmi ces dernières, Tokyo gagne actuellement 0.3%, Hong Kong 0.4% et Shanghai-Shenzhen 1.1%.

Dans l’attente de chiffres économiques importants, que nous évoquons ci-dessous, les futures sont plutôt optimistes pour l’ouverture des bourses occidentales qui pourraient commencer les échanges en hausse de 0.1 à 0.2%, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui si quelques statistiques nationales seront publiées (comme l’emploi et la production industrielle en France), les yeux seront surtout braqués après-midi sur la réunion du Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) d’une part, et sur 2 statistiques américaines importantes, les prix à la consommation en mai et les inscriptions au chômage début juin, d’autre part.

On devrait aussi disposer dans la journée du rapport mensuel de l’OPEP+ sur le pétrole.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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