C’est l’histoire d’une pomme qui vaut plus de 2.000 milliards USD

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier matin, 2 statistiques allemandes ont suggéré un coup d’arrêt quant à l’embellie économique. La production industrielle allemande a baissé de 1% en avril (les attentes allant de -0.4 à -0.5%) par rapport à mars, plombée notamment par des problèmes d'approvisionnement en semiconducteurs qui impactent l’important secteur automobile. La production manufacturière de la première économie européenne reste 5,6% en dessous de son niveau de février 2020, avant les premiers effets de la pandémie de Covid-19, selon l'institut fédéral de statistique Destatis. Par ailleurs le moral des investisseurs allemands en juin, mesuré par le baromètre ZEW, a aussi affiché une baisse surprise de 4,6 points, à 79,8 points, alors que les analystes économiques prévoyaient une hausse (à 86 points).

En France, en avril, le déficit commercial a légèrement augmenté à 6.2 milliards d’euros (contre 6.1 en mars), la reprise des importations étant toujours aussi marquée, notamment à cause de l’énergie. En zone euro, le PIB du 1er trimestre 2021 s’est avéré moins fortement en baisse que prévu, soit -0.3% contre -0.6% pour la 1ère estimation publiée en avril. Néanmoins l’économie européenne reste ainsi en récession technique en ce début d’année même si finalement elle ne s’est contractée que de 1.3% sur 1 an contre une baisse de 1.8% selon les premières estimations.

Enfin aux Etats-Unis, le déficit commercial en avril a diminué de 8.2%, plus fortement que prévu, à 68.9 milliards USD, les importations (notamment de Chine et d’Europe) baissant de 1.4% alors que les exportations augmentaient de 1.1%.

Fait(s) du jour

Lundi a commencé l’Apple WWDC (WordWide Developers Conference) 2021, le salon annuel donné par la société technologique américaine, et dont la première cible est la communauté des développeurs sur les produits de la firme. Sans être vraiment révolutionnaires, le géant à la pomme a annoncé plusieurs nouveautés, notamment pour FaceTime afin de concurrencer Zoom et autres systèmes de téléconférence, des notifications intelligentes, une application Wallet (qui permet de stocker des clés, des cartes d'embarquement, des papiers d’identité ou des tickets de cinéma), etc.

Cette "grand-messe", qui se poursuivra jusque jeudi est très suivie non seulement par les spécialistes en technologies, mais aussi par de très nombreux investisseurs car Apple est tout simplement la plus importante société cotée au monde, son influence sur l’évolution de la bourse américaine et des marchés boursiers en général étant importante.

Actuellement la capitalisation boursière d’Apple atteint ainsi 2.115 milliards USD. Parmi les 10 sociétés mondiales dont le poids est le plus important en bourse, elle précède ainsi Microsoft (1.914 milliards USD), Aramco (1.890 milliards USD), Amazon (1.643 milliards USD), Alphabet (1.639 milliard USD), Facebook (949 milliards USD), Tencent (743 milliards USD), Berkshire Hathaway (659 milliards USD), Alibaba (585 milliards USD ) et Tesla (580 milliards USD).

Apple est une "success story" américaine depuis la révolution des ordinateurs personnels dans les années 1970 avec l'Apple II puis dans les années 1980 avec le Macintosh. Il y a eu aussi les innovations gagnantes dont l'iMac, l'iPod, iTunes, l'iPhone, l'iPad et l'App Store. Mais le principal moteur du succès actuel d'Apple reste l'iPhone, ce smartphone révolutionnaire lancé en 2007, qui a déclenché des années de croissance massive et créé une base fidèle de clients prêts à acheter les nouvelles versions (on en est déjà à l’iPhone 12) et les produits et services Apple.

Durant le 1er trimestre 2021, le deuxième meilleur de son histoire, Apple a réalisé un bénéfice de 23.63 milliards USD (1,40 USD par action) sur un chiffre d'affaires de 89,58 milliards USD. Les analystes avaient seulement prévu un bénéfice de 99 cents par action pour un chiffre d'affaires de 77,35 milliards USD. D'une année sur l'autre, les bénéfices d'Apple ont bondi de 119%, tandis que les ventes ont augmenté de 54%. Au cours de ce 1er trimestre, le chiffre d'affaires de l'iPhone a grimpé de 66% pour atteindre à lui seul 47,94 milliards de USD. L'activité iPhone d'Apple a représenté 53,5% des ventes de la société au cours de cette période. Parallèlement, les ventes d'ordinateurs Mac ont bondi de 70% pour atteindre 9,1 milliards de USD et les ventes de tablettes iPad ont bondi de 79% pour atteindre 7,8 milliards USD. Les tendances du travail à domicile et de l'école à la maison, stimulées par la pandémie de Covid-19, ont alimenté les gains dans les deux catégories de produits.

Outre les activités traditionnelles, deux activités ont donné un coup de fouet ces dernières années aux ventes et aux bénéfices d'Apple: les services et les "wearables". Ainsi au cours du 1er trimestre, les revenus des services d'Apple (l'App Store, AppleCare, iCloud, Apple Pay, Apple Music, Apple TV+, Apple Arcade et d'autres offres) ont augmenté de 27% pour atteindre 16,9 milliards de USD. L'unité Wearables, Home and Accessories d'Apple (Apple Watch, écouteurs sans fil AirPods, casques Beats, l'enceinte sans fil Apple HomePod Mini, etc.) a vu ses ventes augmenter de 25% pour atteindre 7,8 milliards de USD. Et des rumeurs persistantes se multiplient sur le fait qu'Apple cherche à fabriquer une voiture électrique à conduite autonome.

Mais Apple veut continuer à se développer et ne pas commettre l’erreur de s’endormir sur ses lauriers comme ont pu le faire dans le passé d’autres leaders technologiques qui n’ont pas su se renouveler à temps. La société va ainsi augmenter ses investissements dans la fabrication, la recherche et le développement (5G, intelligence artificielle, semiconducteurs, télévision, cloud,…) et la création d'emplois aux États-Unis. Le 26 avril, Apple s'est engagée à dépenser 430 milliards USD au cours des 5 prochaines années (alors qu’en 2018 elle n’avait prévu « que » 350 milliards USD) et créer 20 000 nouveaux emplois aux États-Unis.

La valeur boursière d’Apple a franchi le cap du milliard USD en aout 2018 et celui des 2 milliards USD en aout 2020. Hier sur CNBC, un des analystes américains les plus positifs depuis des années sur Apple, Daniel Ives (Wedbush) a ni plus ni moins prédit qu’Apple atteindrait les 3.000 milliards de capitalisation boursière en 2022! S’il a raison, cela voudra dire que la valeur de la société aura gagné 1.000 milliards USD tous les 2 ans depuis 2018…

Évolution des marchés boursiers

L'attention des investisseurs reste actuellement concentrée sur le rapport de jeudi sur les prix à la consommation aux États-Unis, qui pourrait influencer la perception du moment où la Réserve fédérale (FED) commencera probablement à discuter de la réduction des achats d'actifs.

Et en attendant, l’indice global Stoxx 600 Europe a donc continué hier son petit bonhomme de chemin en clôturant en hausse de 0.10% et en enregistrant au passage un nouveau record historique à 454.01 points. La hausse poussive de l’indice global, dans des volumes de transactions guère plus excitants, s’est propagée au niveau des secteurs. Si le plus en forme de ceux-ci, l’immobilier, a progressé de 1.1%, les autres secteurs se sont contentés de hausses nettement plus modestes à l’instar des services aux collectivités et de la consommation de base (+0.3% chacun) alors que le "reste du peloton" ne gagnait que de 0.1 à 0.2%.

2 secteurs ont terminé en perte, les financières (-0.4%) négativement influencées par des taux en baisse, et les soins de santé (-0.05%).

A Wall Street, même topo qu’en Europe, les indices n’évoluant guère : le S&P 500 a terminé quasiment inchangé par rapport à lundi (+0.02%) alors que le Nasdaq faisait à peine mieux (+0.3%). Sectoriellement, la consommation cyclique a le plus progressé hier (+1%) notamment grâce à la poussée d’Amazon (+2.1%) mais aussi du segment des hôtels (Marriot, Intercontinental,…) gagnant plus d’1% sur les espoirs de reprise grâce aux réservations d’été.

L’énergie (+0.9%) était le 2ème secteur le plus recherché ce mardi grâce à la poursuite de la hausse des prix du pétrole, le Brent dépassant maintenant les 72.5 USD le baril, soit un niveau inédit depuis juillet 2017.

Du côté des perdants du jour, 2 secteurs sortaient du lot, les services aux collectivités et la consommation de base, tous les deux reculant de 0.9% par rapport à lundi. Le secteur de la consommation de base a notamment souffert de la baisse du segment "tabac" suite à des résultats en-deçà des attentes pour Philip Morris (-2.2%).

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce vendredi matin (7h30), les bourses asiatiques évoluent sans grande tendance et en ordre dispersé. La bourse de Tokyo perd 0.3%, Hong Kong flirte avec l’équilibre (-0.1%) tout comme Shanghai-Shenzhen mais positivement (+0.1%).

A noter que la hausse des coûts des matières premières a conduit l'inflation des prix à la production en Chine à son plus haut niveau depuis 2008 en mai, renforçant ainsi les pressions sur les prix mondiaux. L'indice des prix à la production, publié ce matin, a augmenté de 9% par rapport à l'année précédente, après un gain de 6,8% en avril, a déclaré mercredi le Bureau national des statistiques chinois. La prévision médiane des économistes interrogés par Bloomberg tablait sur une hausse de 8,5%. Par contre, l'inflation des prix à la consommation reste relativement faible (+1.3% en glissement annuel), ce qui laisse penser que les détaillants n'augmentent pas encore leurs prix face à la faiblesse de la demande intérieure.

Les futures indiquent actuellement une légère hausse des marchés européens à l’ouverture alors que Wall Street pourrait commencer la journée proche de l’équilibre voire en très légère hausse également.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Ce matin, avant l’ouverture des marchés européens, on aura le chiffre de la balance commerciale allemande pour avril. Après-midi, aux Etats-Unis, les investisseurs suivront l’audition à la Chambre des représentants américaine sur la proposition de budget pour 2022 du Président J. Biden. On aura aussi connaissance du rapport hebdomadaire sur les stocks de pétrole US et les statistiques du commerce de gros.

Au niveau des résultats il sera intéressant de connaître les chiffres d’Inditex (société espagnole connue essentiellement pour la distribution des vêtements Zara) dans le contexte sanitaire difficile que l’on a connu. Aux USA, on connaitra les derniers chiffres de Campbell Soup et de GameStop. Cette dernière en difficulté financière, spécialisée dans la distribution de jeux vidéo et de matériel électronique, fait beaucoup parler d’elle ces derniers mois par les achats frénétiques de boursicoteurs particuliers américains qui essaient de contrer les vendeurs à découvert sur le titre… Le résultat étant une extrême volatilité sur cette action.

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Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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