La "Vieille Europe" boursière clairement plébiscitée par les investisseurs ces derniers mois

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Hier

Nouvelles économiques et financières

L’indice PMI composite (synthèse de l’activité entre l’industrie et les services dans le secteur privé) dans la zone euro, établi par IHS Markit, a progressé à 57,1 points en mai, après 53,8 en avril, soit un plus haut sur les 3 dernières années.  Ce mouvement s’accompagne néanmoins de tensions sur le prix des éléments entrant dans la production des biens , à un rythme inédit en plus de 10 ans, alors que la pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs pourraient aussi faire augmenter les salaires.

Aux Etats-Unis, selon l’enquête ADP Employer Services, le secteur privé américain a créé 978.000 nouveaux jobs le mois dernier, nettement plus qu’attendu et chiffre le plus élevé depuis près d’1 an, dopé notamment par le secteur des services. Les inscriptions au chômage ont de leur côté diminué la semaine dernière, assez proches du consensus, et le chiffre le plus bas depuis le début de la crise sanitaire.

L’indice ISM des services aux Etats-Unis est ressorti à 64 points en mai (contre 62.7 en avril), soit mieux qu’attendu et d’ailleurs à un plus haut historique.

Fait(s) du jour

Depuis plusieurs mois, les bourses européennes tiennent la dragée haute aux autres grands indices internationaux (voir graphe ci-dessous), et en particulier depuis l’automne passé. Ce qui était auparavant une tare – et notamment durant les premiers mois de la crise sanitaire lorsque les économies étaient quasiment à l’arrêt – est maintenant devenu un avantage. La Vieille Europe est moins technologique que les Etats-Unis, le Japon ou la Chine, mais par contre beaucoup plus tournée vers l’industrie et les secteurs traditionnels. Et comme le soulignait le journal financier Les Echos récemment "Le poids important des secteurs bancaires, industriels et des matières premières, réunis sous le terme de "vieille économie" au sein des indices européens, a tenu à distance les investisseurs étrangers ces dernières années".

Mais depuis donc les derniers mois de 2020, nombre d’investisseurs ont commencé à davantage se tourner vers les actions et secteurs "value", qui surfent sur une forte reprise économique, de plus en plus évidente. Cela a d’ailleurs été confirmé récemment par Bank of America: durant chacune des 7 dernières semaines, les fonds d’actions européens ont attiré de nouveaux capitaux. Et durant la dernière de ces 7 semaines, ces fonds ont collecté 2.8 milliards USD, un chiffre qu’on n’avait plus vu depuis plus de 3 ans. Et selon Bloomberg, aux Etats-Unis, les fonds indiciels cotés (les "trackers" ou ETF) investis sur les marchés européens ont enregistré leur meilleure collecte mensuelle en mai depuis six ans, à 5,6 milliards USD.

Les indices MSCI sectoriels confortent ce constat comme le montre le graphe ci-dessous: les indices des secteurs traditionnels européens, soit le financier, l’industriel, les matériaux, l’énergie et la consommation cyclique affichent, depuis le début d’année, une meilleure performance que l’indice global Europe (en bleu)

Évolution des marchés boursiers

Après avoir battu 2 jours de suite un record historique, l’indice Stoxx 600 Europe a fait une pause hier en corrigeant légèrement (-0.12%). 3 secteurs ont emmenés les baissiers : les services aux collectivités, les matériaux et les technologiques, chacun abandonnant environ 0.8%. A contre-courant de la tendance négative du secteur des matériaux, saluons la belle progression de Saint-Gobain (+4.2%) le géant français des matériaux de construction. Lors de son assemblée générale organisée hier, la société a surpris les observateurs en annonçant des résultats encore meilleurs qu’attendus: son bénéfice d’exploitation du 1er semestre 2021 devrait ainsi dépasser le 2ème semestre record de 2020 tout en enregistrant une marge bénéficiaire record également. Et cerise sur le gâteau, Saint-Gobain bénéficie non seulement d’un marché de la construction en forme mais, en plus, d’un secteur de la rénovation aussi très bien orienté.

%). Si les actions pétrolières bénéficient toujours de projections positives quant à la consommation de pétrole les prochains mois, le prix du Brent a néanmoins consolidé quelque peu, digérant logiquement sa hausse d’environ 10% sur les 10 derniers jours.

A Wall Street, les indicateurs économiques étant globalement toujours très bons avec une inflation tendue, les investisseurs se sont à nouveau focalisé sur les changements que pourrait décider la FED au niveau de sa politique monétaire, qui pourrait devenir moins accommodante. Le rapport mensuel sur l’emploi américain publié cette après-midi est donc attendu avec beaucoup d’intérêt voire de craintes par certains… Par contre, nouvelle positive, des rumeurs ont fait état de discussions entre J. Biden et des élus républicains pour mettre en place un  taux minimum d’impôt des sociétés à 15% au lieu de l’augmenter à 28% comme prévu initialement.

Influencé par ces différentes nouvelles l’indice S&P 500 a finalement baissé de 0.36% alors que le Nasdaq perdait 1.03%. Le secteur de la consommation cyclique a été le plus impacté (-1.2%) plombé notamment par Amazon (-1.5%) mais aussi par le secteur automobile. Si General Motors (GM) et Ford bondissaient de respectivement 6.4% et 7.2%, après que GM ait annoncé des ventes au 1er semestre nettement meilleures qu’attendues, ces belles progressions étaient annihilées par la nouvelle chute de Tesla (-5.3%) pour les raisons déjà évoquées hier matin dans notre chronique mais aussi par de mauvaises nouvelles supplémentaires en provenance de Chine. Selon The Information, les commandes de véhicules Tesla en Chine auraient chuté de près de 50% en mai par rapport au mois précédent, autrement dit 9 800 voitures Tesla seulement auraient été commandées en Chine le mois dernier, contre 18 000 en avril! Et si l’influence boursière de Tesla est si importante pour le secteur automobile US, rappelons que son poids boursier est beaucoup plus important que les 2 autres concurrents US: ainsi aux cours actuels, la capitalisation boursière de Tesla atteint 551 milliards USD contre "seulement" 92 milliards USD pour GM et 63 milliards USD pour Ford…

Le secteur technologique a quant à lui perdu 0.9%, suivi par les services de communication (-0.7%), les craintes d’un resserrement monétaire frappant généralement  plus fortement les actions à forte croissance. Et dans ce cadre, même les bonnes nouvelles ont peu d’impact, comme celle de Broadcom qui a annoncé des résultats meilleurs qu’attendus mais dont le cours a néanmoins baissé comme l’ensemble du secteur des semiconducteurs dont la société fait partie…

Du côté des quelques secteurs à la hausse, peu de mouvements marquants, la consommation de base et les services aux collectivités affichant les meilleurs bulletins (+0.5% chacun), devant les soins de santé (+0.4%), l’énergie (+0.3%) et les financières (+0.2%).

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce vendredi matin (7h45), les marchés asiatiques sont à nouveau partagés: si Tokyo perd actuellement 0.4% alors que Hong Kong est quasiment inchangée, Shanghai & Shenzhen montent par contre de 1.3%. Apparemment les investisseurs réagissent peu (euphémisme !) à la décision hier du Président américain de ratifier un décret renforçant l’interdiction des investissements américains dans 59 sociétés associées au "complexe militaro-industriel" et au secteur de la surveillance chinois. C’est un des rares points de convergence entre D. Trump et J. Biden, et même renforcé par ce dernier car la liste de Trump ne comportait "que" 31 noms chinois… Parmi les sociétés technologiques bannies se trouvent notamment Huawei Technologies, mais aussi Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMICI) ou Hikvision.

L'interdiction interviendra à compter du 2 août, mais les investisseurs ont un an pour se défaire de leurs participations. C'est l'investissement direct qui est visé, mais aussi les participations dans les fonds détenant les entreprises ciblées par Washington. 

Les futures (contrats à terme) indiquent actuellement que l’Europe boursière pourrait ouvrir en légère hausse (+0.1%) alors que Wall Street évoluerait pas loin de la clôture d’hier.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Réunis à Londres ce vendredi et demain, les ministres des finances du G7 vont tenter de s'accorder notamment sur la réforme de la fiscalité numérique. L'objet est d'en fixer les grands principes afin de favoriser les chances d'un accord au sein de l'OCDE fin juin, et au G20 finances de juillet.

En fin de matinée on aura les chiffres des ventes au détail pour la zone euro en avril. Mais évidemment tous les regards convergeront surtout, à 14h30, sur la création d’emplois aux USA en mai, ainsi que sur le taux de chômage.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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