Les actions de l’énergie en vedette et nouveau record boursier en Europe

Retrouvez chaque matin une chronique sur l'actualité boursière et financière.

Hier

Nouvelles économiques et financières

Alors que la BCE (Banque Centrale Européenne) a comme objectif un taux d’inflation inférieur ou égal à 2%, celui-ci s’est affiché hier à 2%  en mai sur 1 an (contre 1.6% en avril), la hausse de l’énergie sur un an (+13.1%) étant la principale cause de ce mouvement. D’ailleurs hors énergie et produits alimentaires non transformés, l’inflation reste relativement maitrisée, soit 0.9%. Par contre le taux de chômage en zone euro a atteint 8% en avril, en légère décrue par rapport à mars (8.1%).

Nouveau record par contre pour l’activité manufacturière en zone euro, soit 63.1 points en mai, mieux qu’attendu et plus qu’en avril (62.9), et soit tout simplement le chiffre le plus élevé depuis la création de cette enquête en juin 1997 ! Conjointement à cette activité historique, les prix d’achat ont aussi bondi à un niveau record soit 87.7 points. Et aux États-Unis, l’activité manufacturière a été également plus forte qu’attendue en mai à 61.2 points contre 60.7 en avril.

Fait(s) du jour

Dans cette même chronique, le 12 avril, nous évoquions le phénomène de "l’épargne forcée", résultant des effets du confinement, qui devrait revenir dans le circuit et soutenir l’économie et les bourses (Un "déluge d’épargne forcée", accumulée durant les confinements, va soutenir l’économie et les bourses - Private Banking CBC). Quelques jours après cette chronique, une étude publiée par Mark Zandi économiste en chef de Moody's, confirmait que les consommateurs du monde entier ont accumulé environ 5400 milliards USD d'économies supplémentaires depuis le début de la pandémie, dont 2600 milliards USD rien que pour les USA. Et selon CNN, le montant de l'épargne excédentaire accumulée par les ménages du monde entier à la fin du mois de mars 2021 équivaut à 6% PIB mondial. Mark Zandi ajoutait "Nous prévoyons qu'environ 1/3 de l'épargne excédentaire mondiale sera dépensé cette année, ajoutant un peu plus de 2 points de pourcentage à la croissance du PIB mondial."

Mais une question revient souvent : comment précisément cette «épargne forcée» sera-t-elle utilisée ? Hier on a eu un élément de réponse intéressant via des chiffres publiés en France et révélés par le journal financier Les Echos. Selon la Banque de France, le "surplus d’épargne" des Français s’élèverait à 142 milliards d’euros. Le même jour, une enquête Ifop-Altaprofits était publiée et indiquait que 25% des individus détenant au moins un placement déclarent ainsi avoir mis davantage d’argent de côté depuis le début de la crise, contre 31% qui disent avoir moins épargné que durant l’année qui a précédé la pandémie, alors que pour 45% des personnes interrogées, les confinements n’ont rien changé. "Autrement dit, si le montant global épargné par les Français a augmenté durant la crise, ce ne serait pas parce qu’ils ont été plus nombreux à économiser, mais parce que certains ont pu le faire de manière beaucoup plus importante".

Et constat intéressant, selon ce sondage (voir tableau suivant), en premier lieu, 56% des Français qui ont économisé davantage comptent dépenser leur argent. "De quoi rassurer un peu ceux qui craignaient que cet argent ne se traduise pas dans la consommation". 43% comptent faire des investissements financiers (Bourse, livret A, etc.) et 20% seulement investir dans l’immobilier.

Ces pourcentages importants consacrés à des dépenses supplémentaires et aux placements accréditent la thèse d’un support important à la reprise économique et aux marchés financiers. D’ailleurs pas plus tard que lundi, l’OCDE soulignait aussi, que la croissance mondiale pourrait être supérieure de près de 1 point si 1/10 seulement de l’excès d’épargne constitué durant la pandémie était consommé…

Évolution des marchés boursiers

Hier mardi, les secteurs européens dits "value", favorisés par les statistiques sur la  santé de l’économie, se sont à nouveau montrés à leur avantage et ont propulsé l’indice boursier européen Stoxx 600 à un nouveau record historique de 450.10 points, soit 0.8% de plus que la clôture lundi. Le secteur pétrolier a affiché de loin la plus forte progression (+2.6%), les performances variant de + 2.2% pour la portugaise Galp à + 4.8% pour la norvégienne Equinor, mais les équipementiers n’étaient pas en reste avec un gain moyen de 2.5%. Le prix du pétrole s’est maintenu facilement au-dessus des 70 USD le baril, conforté par le fait que l’OPEP+ a décidé de maintenir le plan actuel d’assouplissement des réductions de production en juin. Certains craignaient que l’OPEP+ ouvrent davantage les vannes vu d’une part que l’excédent de pétrole accumulé durant la pandémie de coronavirus s’est fortement réduit, et d’autre part que le niveau des stocks devrait diminuer rapidement au cours du second semestre grâce à la poursuite de la reprise économique et donc à la demande de pétrole.

Derrière l’énergie, d’autres secteurs "value" se partageaient les accessits, les matériaux progressant de +1.7%, les industrielles de 1.2%, la consommation cyclique de 1.1% et les financières de +0.8%. Parmi le florilège des hausses, un seul secteur dénotait, les soins de santé qui abandonnaient 0.2%.

À Wall Street, comme en Europe, le secteur de l’énergie a été la vedette de la séance hier s’adjugeant près de 4% à la clôture. Si les majors pétroliers comme ExxonMobil ou Chevron ont progressé de respectivement 3.6 et 2.8%, on a surtout noté la forte hausse de sociétés plus spécialisées dans l’exploitation du pétrole de schiste comme Occidental Petroleum (+9.7%), Devon Energy (13.7%) ou Marathon Oil (+13.6%). En cotant actuellement près de 70.5 USD le baril, il est vrai que l’or noir atteint un pic qu’on n’avait plus vu depuis 2 ans… Derrière l’énergie, le podium des vainqueurs du jour était constitué de l’immobilier (+1.7%) et des matériaux (+1.4%). Les financières suivaient en gagnant 0.7%.

Néanmoins, l’indice global S&P 500 a fini hier en légère baisse (-0.05%) dans la foulée de secteurs au poids plus important. Le secteur technologique a ainsi perdu 0.4% mais on a surtout remarqué que le secteur des soins de santé a corrigé de 1.6%, entraîné par la chute de 2.2 de Johnson & Johnson (J&J), 1ère société pharmaceutique mondiale. Johnson & Johnson doit verser 2,1 milliards USD de dédommagements aux femmes qui affirmaient que sa poudre pour bébé était contaminée par de l'amiante cancérigène. La Cour suprême des États-Unis a refusé mardi d'examiner les objections de J&J à l'encontre du verdict rendu en 2018 par un jury de Saint-Louis, qui a conclu que sa poudre à base de talc avait contribué à provoquer un cancer de l'ovaire chez 20 femmes. Mais si J&J s'est préparé au refus de l'appel en annonçant en février qu'il mettait de côté près de 4 milliards USD pour couvrir le verdict de St. Louis, l'entreprise doit encore faire face à plus de 26 000 procès accusant la poudre pour bébé d'avoir provoqué des cancers…

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30), certains marchés asiatiques sont plutôt baissiers comme Hong Kong (-0.5%) ou Shanghai-Shenzhen (-0.7%) même si Tokyo est un des rares marchés à la hausse (+0.5%).

Les futures indiquent actuellement que les marchés boursiers européens pourraient ouvrir en légère hausse ( +0.1%) alors que Wall Street évoluerait proche de sa clôture d’hier soir.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui en Europe, au niveau économique, on aura les chiffres des ventes au détail d’avril en Allemagne ainsi que ceux des prix à la production en zone euro pour avril.

Mais les observateurs seront surtout attentif, à partir de 20h, à la publication du Livre Beige de la FED américaine, document préparatoire à la prochaine réunion de son comité de politique monétaire des 15 et 16 juin.

Pour rappel, Le Livre beige de la Réserve Fédérale est un rapport sur les conditions économiques actuelles dans chacun des 12 districts fédéraux des États-Unis. Il offre une vision globale des tendances économiques et des défis affrontés par les États-Unis. Il est publié 8 fois par an, 2 semaines avant chaque réunion du Comité de Politique monétaire de la FED (FOMC). Le rapport est utilisé par le FOMC lors de toute prise de décision sur les taux d'intérêt à court-terme.

Vous souhaitez plus d’informations sur nos services CBC Private Banking? N’hésitez pas à demander une première entrevue sans engagement.

Prendre rendez-vous

Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

Les données de cette publication sont générales et purement informatives. Ces informations ne peuvent pas être considérées comme une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Elles ne peuvent pas non plus être assimilées à des conseils ou recommandations d'investissement ou à des recherches en investissements au sens de la législation et de la réglementation sur les marchés d'instruments financiers.

Bien que les informations fournies se fondent sur des sources pouvant être considérées comme fiables, et bien que toutes les précautions raisonnables aient été prises pour préparer ce document, CBC Banque ne garantit ni son exactitude ni son exhaustivité. 

Ni CBC Banque ni aucune entité du Groupe KBC ne pourra être tenue pour responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation des informations, opinions ou estimations contenues dans le présent document.

L’auteur de ce document confirme ne pas détenir, pour compte propre, à la date de la publication, d’instruments financiers émis par les sociétés qui pourraient y être mentionnées.

Toute transmission, vente, diffusion ou reproduction des informations, publications et données est interdite sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse, écrite et préalable de CBC Banque, CBC Banque SA, Avenue Albert Ier 60, 5000 Namur, Belgique. TVA BE 0403.211.380, RPM Liège division Namur, FSMA 017588 A.

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.