Les bourses européennes et les banques US au top, les cryptomonnaies désenchantent

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Nouvelles économiques et financières

Vendredi plusieurs chiffres économiques ont été publiés. En Belgique, l’inflation belge a logiquement augmenté à 1.46% en mai contre 1.23% en avril, la hausse des prix de l’énergie expliquant essentiellement le mouvement. Même constat et même explication en France où l’inflation est passée de 1.2% en avril à 1.4% en mai. Par contre, contrairement à une première estimation, le PIB français au 1er trimestre n’a pas augmenté de 0.4% mais a baissé de 0.1% selon l’Insee, la construction ayant été nettement moins dynamique qu’espéré. Enfin la consommation des ménages français a lourdement chuté en avril (-8.3% par rapport à mars) à cause des conséquences du 3e confinement; petit bémol positif, cette baisse a été moins forte que durant les 2 premiers confinements.

Pour la zone euro la confiance des consommateurs s’améliore néanmoins en mai, en hausse pour le 4e mois consécutif et au plus haut depuis octobre 2018, la réouverture progressive de l’économie notamment favorisée par les campagnes de vaccination qui commencent à faire effet. L’économie va clairement mieux, ce qu’a confirmé Isabel Schnabel de la BCE, tout en réaffirmant que la Banque Centrale Européenne doit continuer à soutenir la reprise économique. Aux USA, l’inflation "Core PCE" s’est révélée supérieure aux attentes en avril soit 3.1% contre 2.9% attendu et 1.9% en mars. Record positif par contre pour l’activité manufacturière de l’importante région de Chicago, au plus haut depuis fin 1973. Enfin, et inversement à la zone euro, l’indice de confiance de l’Université du Michigan a confirmé la dégradation du moral des ménages américains en mai.

Fait(s) du jour

Depuis plusieurs mois, les actions "value" ou "de valeur" sont mises en exergue. Par opposition aux actions "growth" ou "de croissance", les actions de valeur sont considérées comme sous-valorisées par rapport à leur valeur intrinsèque, avec des perspectives de redressement à court/moyen terme et ces actions sont plutôt corrélées à l’activité économique. Parmi ces actions de valeur on trouve notamment les financières et en particulier les banques.

On a vu ces dernières semaines que la plupart des banques, européennes ou américaines dépassaient, souvent largement, les attentes des analystes lors de la publication de leurs résultats du 1er trimestre 2021. Au 28 mai, selon Refinitiv, près de 98% des sociétés de l’indice S&P 500 américain avaient publiés leurs résultats trimestriels et sur les 64 sociétés financières répertoriées, 94% ont fait mieux que prévu, soit le 2e meilleur secteur derrière les actions technologiques. Concrètement, le secteur américain  des services financiers présente le 2e taux de croissance des bénéfices le plus élevé (+137,4%) de tous les secteurs. Il devrait gagner près de 90 milliards USD au 1er trimestre 2021, contre seulement 37,7 milliards USD au 1er trimestre 2020.

Et selon une interview donnée vendredi à CNBC par Tim Adams, "Chief Executive" de l’Institute of International Finance (IIF), les banques américaines sont susceptibles de déclarer des bénéfices "d'un niveau record" en 2021, poussés par l'économie américaine en redressement et des marchés financiers dynamiques. L'amélioration de l'économie contribuera à la reprise des prêts bancaires et des revenus de commissions, tandis que l'augmentation des activités d'investissement stimulera les revenus de trading.

Sur le graphe à gauche ci-dessous on voit que l’indice MSCI des banques US (en blanc) a davantage chuté que l’indice MSCI Monde (en orange) en mars 2020, mais ces derniers mois les actions bancaires américaines ont inversé la tendance et surperforment clairement, en particulier à partir de fin janvier 2021 (graphe à droite).

Une autre interview a fait aussi grand bruit en fin de semaine : après d’autres dirigeants de grandes banques centrales (FED américaine, BCE europénne et Banque d’Angleterre), le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) a tiré à boulets rouges sur le bitcoin en disant notamment que "le gros des échanges est spéculatif, le bitcoin est à peine utilisé comme moyen de paiement et la volatilité est extrêmement élevée".

Par ailleurs, les dernières semaines, les "pools de minage" chinois (soit 2/3 des créateurs de bitcoins dans le monde) ont été particulièrement stigmatisés car utilisant d’incroyables quantités d’électricité, et qui plus est en grande partie d’origine polluante (les centrales à charbon essentiellement). Les autorités chinoises sont ainsi de plus en plus sourcilleuses quant aux cryptomonnaies qu’elles ont critiqué énormément les dernières semaines. La dernière attaque en date étant que la région de Mongolie intérieure prévoit d'interdire les nouveaux projets d'exploitation minière de cryptomonnaies et de fermer les activités existantes afin de réduire la consommation d'énergie…

Certains avaient alors évoqué que d’autres pays, plus tolérants comme l’Iran par exemple, pourraient alors à l’avenir accueillir davantage de "mineurs de bitcoins". Or mercredi, le gouvernement iranien a annoncé l'interdiction de l'exploitation minière du bitcoin et d'autres cryptomonnaies, les responsables accusant le processus à forte intensité énergétique d'être à l'origine des pannes d'électricité dans un certain nombre de villes iraniennes. Il faut savoir qu’environ 4,5% de l'extraction de bitcoins dans le monde a eu lieu en Iran entre janvier et avril 2021, selon la société d'analyse blockchain Elliptic, plaçant l'Iran parmi les dix premiers pays du monde de production du bitcoin!

En 2021, après avoir bondi de 29.000 USD à un record de 63.410 USD le 15 avril, le bitcoin a perdu plus de 45% depuis ce moment et ne cote plus qu’environ 34.500 USD ce matin, l’euphorie ayant fait place au désenchantement pour la "reine des cryptomonnaies" ainsi que pour la plupart des autres "monnaies virtuelles"…

Evolution des marchés boursiers

Par contre l’indice boursier Stoxx 600 se porte très bien ayant clôturé en hausse de 0.6% vendredi et inscrivant dans la foulée un nouveau record historique à 448.98 points. Tous les secteurs ont participé à la fête, et en premier lieu les actions technologiques (+1.3%), devant les financières et les soins de santé, tous les deux engrangeant 0.7%. Par contre les secteurs aux progressions plus mesurées étaient l’énergie et les matériaux, soit +0.2% chacun.

A noter que dans le secteur énergie, Total tenait vendredi son assemblée générale et certains lui prédisaient une séance houleuse, à l’image de celles d’autres géants du secteur comme ExxonMobil, Chevron ou Royal Dutch Shell ayant dû faire front à une fronde d’actionnaires leur reprochant une attitude trop molle par rapport à la stratégie climat. Mais Total, qui est une des sociétés pétrolières les plus engagées dans davantage de production d’énergies renouvelables, a réussi à faire passer à 91.88% des votes sa résolution de transition vers la neutralité carbone.

A Wall Street, tant l’indice S&P 500 que le Nasdaq des actions technologiques ont tout juste terminé au-dessus de la ligne de flottaison, en ne gagnant en clôture vendredi soir que 0.08 et 0.09%. Et même au niveau sectoriel, les variations étaient limitées. Parmi les gagnants, l’immobilier a le mieux performé (+0.65%) mais son impact a été limité car il faut rappeler que c’est le plus petit secteur en importance à Wall Street, son poids ne représentant que 2.5% du S&P 500. Derrière suivaient les services aux collectivités (+0.46%), et le duo technologies et soins de santé (+0.30% chacun).

Seuls 4 secteurs étaient en perte : les services de communication (-0.32%), la consommation cyclique (-0.23%), les matériaux (-0.15%) et l’industrie  (-0.10%). Les 3 secteurs restants (finance, énergie et consommation de base) n’ont quasiment pas bougé.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h30) les marchés boursiers asiatiques commencent la semaine en reculant, soit -1.2% pour Tokyo, -0.6% pour Hong Kong et -0.5% pour Shanghai-Shenzhen. La bourse japonaise s’inquiète de la prolongation de l'état d'urgence pour endiguer le coronavirus alors qu’à Hong Kong et en Chine, un indicateur de l'industrie manufacturière a suggéré que la reprise économique pourrait avoir atteint un sommet.

La journée boursière sur les bourses occidentales sera probablement beaucoup plus calme ce lundi en terme de volumes de transactions, la bourse de Londres étant fermée (Spring Bank Holiday) ainsi que la bourse de New York (Memorial Day).

Les futures (contrats à terme) prévoient actuellement une baisse des bourses européennes à l’ouverture (-0.25%).

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Aujourd’hui, au rayon économique on aura notamment une première estimation du chiffre d’inflation en Allemagne pour le mois de mai. Pour la zone euro, sera publiée par la BCE l’évolution des crédits au secteur privé ainsi que celle de la masse monétaire M3. A noter enfin que l’OCDE présentera dans la matinée ses nouvelles prévisions économiques.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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