Amazon s’offre James Bond pour le 125e anniversaire de l’indice Dow Jones

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier matin l’Insee a publié des chiffres qui montrent que le climat des affaires en France a fortement progressé au mois de mai pour atteindre un niveau supérieur à celui d'avant la crise sanitaire, grâce notamment à la réouverture des commerces dits "non-essentiels" et de l'hôtellerie-restauration.

Aux Etats-Unis, les stocks hebdomadaires de pétrole brut ont reculé plus que prévu par les analystes à 484.3 millions de barils pour la semaine se terminant vendredi passé.

Fait(s) du jour

Le 30 avril, dans cette même chronique, nous avons longuement développé la thématique du marché du streaming, ou vidéo à la demande, en forte croissance. Dans cet article, j’écrivais notamment que selon les derniers chiffres disponibles, Netflix occupait la première place de ce secteur avec 203 millions d’abonnés devant Amazon Prime (200 millions d’abonnés), et Disney (120 millions d’abonnés).

Je signalais aussi qu’en 1996, Bill Gates, fondateur de Microsoft, écrivait un essai prémonitoire avec une formule désormais célèbre: "Content is king". Pour attirer plus d’abonnés, les sociétés de streaming doivent ainsi absolument doper leur contenu (l’offre de films et séries disponibles pour leurs clients) pour se démarquer de la concurrence.

Et hier justement, à propos de contenu, Amazon a confirmé une rumeur qui circulait depuis plusieurs jours, le rachat du célèbre studio hollywoodien MGM (Metro Goldwyn Mayer) pour 8.45 milliards USD (soit 6.9 milliards d’euros) afin de renforcer son catalogue cinéma face à ses 2 plus importants concurrents, Netflix et Disney+. Amazon a déclaré qu'elle espérait tirer parti de la longue histoire cinématographique de MGM et de son vaste catalogue de 4.000 films et 17.000 émissions de télévision pour renforcer Amazon Studios, sa division cinéma et télévision. Cette offensive n’est pas neuve: ces dernières années la société a augmenté le rythme des dépenses en contenu: ainsi elle a dépensé 11 milliards USD en contenu vidéo et musical l'année dernière, contre 7,8 milliards USD en 2019.

Et si le catalogue MGM contient notamment des films mythiques comme Autant en emporte le vent, Ben Hur, la série des Rocky ou celle du Silence des Agneaux, c’est surtout la très lucrative franchise des James Bond qui était visée par le deal. Et d’ailleurs le prochain James Bond, "No time to die" ("Mourir peut attendre" en version française) tourné en 2019, n’a pas encore été diffusé, crise sanitaire oblige, mais devrait normalement sortir aux USA le 8 octobre prochain. Si James Bond est la figure de proue de MGM, le studio hollywoodien a aussi réalisé plusieurs séries à succès aux USA, dont "The Handmaid's Tale" et "Fargo". MGM est également propriétaire du réseau câblé premium Epix et possède plusieurs émissions de télé-réalité populaires, dont "Shark Tank", "Survivor" et "The Real Housewives".

L’offre sur MGM n’est pas une attaque isolée, Amazon a lancé son offensive dans plusieurs directions afin d’étoffer son offre. Ainsi un autre projet d’envergure, une adaptation du "Seigneur des anneaux", est actuellement en cours de production. Le prix de la première saison de "Lord of the Rings" est de 465 millions USD, ce qui en fait probablement l'une des séries télévisées les plus coûteuses jamais réalisées. Amazon a également fait une poussée agressive dans le contenu sportif, en signant un accord avec la NFL américaine en mai pour diffuser Thursday Night Football à partir de 2022. Enfin selon CNBC l'entreprise a annoncé la semaine dernière qu'elle allait faire revenir Jeff Blackburn, un des anciens lieutenants de Jeff Bezos patron d’Amazon, pour superviser la nouvelle division Global Media & Entertainment, qui regroupe sous un même toit toues ses offres de divertissement, notamment Prime Video, Amazon Studios, ses activités de musique et de podcasting, Amazon Games et Twitch. Cinéma, musique, jeux vidéo, tout converge donc!

Mais la concurrence ne va pas rester les bras croisés, Netflix et Disney ayant également des projets d’envergure dans leurs cartons. Et dans le même temps, d’autres géants des médias ont poursuivi leur consolidation afin d'atteindre une plus grande échelle pour affronter des entreprises comme Amazon, Netflix ou Disney. L'accord de 43 milliards USD conclu par Discovery pour fusionner avec Warner Media après une scission d'AT&T, annoncé il y a quelques jours, en est le dernier signe. La "guerre du streaming" ne fait que commencer, suite au… prochain épisode!

Evolution des marchés boursiers

Sur les marchés boursiers européens, les jours se suivent et se ressemblent depuis lundi, soit marqués par peu de variations des indices globaux, l’indice Stoxx Europe 600  clôturant hier exactement au même niveau que mardi soir! Cette stagnation persistante a plusieurs explications. D’abord les marchés boursiers reprennent leur souffle après avoir fortement progressé depuis le début de l’année, soit près de 12% pour l’indice Stoxx 600 Europe et entre 13 et 15% pour des indices nationaux comme le CAC40 français, le DAX allemand ou l’AEX hollandais. D’autant plus que 2 écoles s’affrontent et se neutralisent actuellement quant à l’évolution de l’inflation, ceux qui craignent une surchauffe durable et donc une hausse des taux, et ceux qui suivent les banques centrales estimant que le phénomène n’est que provisoire. Enfin, le mois de mai est celui des assemblées générales de sociétés qui publient alors peu de nouvelles intéressantes.

D’un point de vue sectoriel, 6 secteurs ont terminé en hausse et 5 en baisse. Parmi ces derniers, seul le secteur financier était en recul marqué (-0.8%), emmené par les banques qui perdaient en moyenne 1.1%, suivies par les assurances et les services financiers abandonnant chacun 0.6% en moyenne. Du côté des gains, 3 secteurs par contre avançaient de manière plus prononcée, l’énergie et la consommation cyclique (+0.7% chacun) devant l’immobilier (+0.6%). A noter, au rayon des actions individuelles, le bond impressionnant dans le secteur de la consommation de base de Marks & Spencer (+8.5%) suite à la publication de bons résultats et de perspectives alléchantes.

A Wall Street hier, les investisseurs avaient au moins une occasion symbolique de faire la fête, le mythique indice Dow Jones atteignant hier l’âge respectable de 125 ans, le "DJ" ayant été créé le 26 mai 1896 par Charles Dow et Edward Jones. Mais l’occasion n’a pas fait le larron et la séance boursière n’a été guère plus enthousiasmante que les jours précédents, l’indice S&P 500 gagnant à peine 0.2% en clôture.

Les secteurs de l’énergie (+0.9%) et de la consommation cyclique (+0.9%) ont bien essayé de dynamiser la cote mais en vain. Et dans ce dernier secteur, Ford a pourtant fait des étincelles (+8.5%) en annonçant son plan "FORD+" visant à accélérer sa mutation vers l’électrique. Alors qu’auparavant le 3e groupe automobile américain, derrière Tesla et General Motors, voulait investir 22 milliards USD pour la production de véhicules électriques d’ici 2030, il vient de l’augmenter à 30 milliards USD. Du côté des perdants, les soins de santé ont affiché la baisse plus prononcée mais limitée soit -0.6%.

Hors les marchés d’actions, à noter que les cryptomonnaies ont du mal à se refaire des attaques répétées et de divers horizons durant les derniers jours, le bitcoin plafonnant ainsi depuis le début de la semaine vers 37.500 USD.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h45), les marchés boursiers asiatiques ne sont guère plus inspirants que les bourses occidentales hier. La bourse de Tokyo perd 0.5%, Hong Kong abandonne 0.4% alors que les bourses de Shanghai-Shenzhen sont quasiment inchangées.

A noter que les responsables du commerce américain et chinois ont eu une première conversation "franche", depuis l’élection de J. Biden, alors que les deux parties tentent d'aplanir certaines de leurs divergences sur le commerce. Dans le même temps, les tensions demeurent, le principal responsable de la Maison Blanche pour l'Asie a déclaré mercredi que les États-Unis entraient dans une période de concurrence intense avec la Chine

Les futures (contrats à terme) ne montrent guère d’évolution des marchés boursiers pour l’instant, les bourses européennes pourraient ainsi ouvrir à nouveau à l’équilibre alors que Wall Street corrigerait légèrement (-0.2%) lors des premiers échanges.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Au rayon des annonces économiques, en Europe, on se contentera ce matin de l’indice GfK de la confiance du consommateur en Allemagne. Par contre davantage de chiffres importants aux Etats-Unis: on aura aujourd’hui, à partir de 14h30, la 2e estimation du PIB trimestriel des USA, les chiffres hebdomadaires d’allocations de chômage, les commandes de biens durables et les promesses de ventes de maisons pour avril.

Parmi les résultats de sociétés, aujourd’hui seront par exemple révélés ceux de Lucas Bols aux Pays-Bas et de SAS en Suède. Aux Etats-Unis, seront donnés ceux notamment de Medtronic, Salesforce et de HP.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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