Krach des cryptos et baisse des bourses, mais des inquiétudes différentes

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Hier l’inflation était évidemment à nouveau au centre des conversations économiques. Il a été ainsi confirmé que les prix à la consommation de la zone euro (19 pays) en avril ont augmenté de 0.6% par rapport au mois précédent et de 1.6% sur 1 an. Et comme déjà souligné par la Banque Centrale Européenne (BCE), cette surchauffe à priori provisoire est surtout due aux prix de l’énergie qui ont fort monté d’une année à l’autre. Même schéma de figure au Royaume-Uni où l’inflation en avril a grimpé à 1.5% à cause essentiellement de l’habillement et de l’énergie.

Dans son rapport sur la stabilité financière, comme le signalait l’Echo, la BCE a notamment mis en garde contre les "niveaux d'endettement élevés et une bulle immobilière qui font partie des plus grandes vulnérabilités économiques de l'Europe, pesant sur sa reprise après une récession provoquée par la pandémie".

Fait(s) du jour

Mais si la BCE s’est aussi inquiétée des risques de correction boursière, elle a surtout noté l’exubérance folle des cryptoactifs et notamment du bitcoin qui a éclipsé des bulles du passé comme la célèbre "tulipomanie" ou "crise de la tulipe" au 17e siècle, pendant laquelle des simples bulbes de tulipe ont atteint des prix faramineux avant de s’effondrer et entraîner la ruine de nombreuses investisseurs. Néanmoins selon la BCE les risques de stabilité financière pour le système sont limités actuellement car les cryptomonnaies sont très peu utilisées comme moyens de paiement alors que la plupart des banques n’ont aucune exposition en la matière.

Luis de Guindos, Vice-Président de la BCE, a rajouté que les cryptoactifs ne devaient pas être considérés comme un véritable investissement car leur valeur sous-jacente est difficile à cerner (ce qui est un euphémisme!). Cet avertissement de la BCE suit une position encore plus tranchée de la Chine qui a décidé d’interdire avant-hier aux institutions financières, dont les banques et les entreprises de paiement, de proposer à leurs clients des services liés aux cryptomonnaies. Et si "pour l’instant", les particuliers sont toujours autorisés à en détenir, les autorités les ont mis en garde contre ces cryptoactifs spéculatifs, "non soutenus par une valeur réelle" et "dont la valeur est facilement manipulable"… Dans le même temps la Chine travaille à un yuan numérique officiel.

A noter enfin qu’une note récente de JP Morgan indique que les investisseurs institutionnels ont récemment abandonné le bitcoin au profit de l'or. Cela pourrait expliquer pourquoi, à l’inverse du bitcoin, le prix de l’or a gagné plus de 11% depuis fin avril…

Mais il faut rappeler qu’en fait c’est Elon Musk, patron de Tesla, qui le premier a récemment sonné la charge contre le bitcoin en s’inquiétant de "l’augmentation folle et importante de l’utilisation d’énergies polluantes pour générer des bitcoins"; et dans la foulée il a annulé sa décision de permettre l’achat de voitures Tesla avec des bitcoins… Et dès ce moment, la "reine des cryptos" a commencé à lourdement chuter, entraînant avec elle la plupart des autres cryptomonnaies. Et sur la seule journée d’hier cette chute s’est muée en krach: le bitcoin a perdu jusqu’à 30% hier avant de "limiter" sa perte à 12% en fin de séance, pour coter à l’heure actuelle environ 39.000 USD comparé à son record de 63.410 USD le 15 avril dernier…

Rien que sur une semaine, les dégâts pour l’ensemble des cryptomonnaies sont d’ailleurs spectaculaires comme en attestent les chiffres du site Coinmarketcap.com pour les principales d’entre elles: bitcoin -22%, ether -35%, binance coin -42%, dogecoin -21%, XRP – 15%, litecoin -39%, stellar -24%, etc.; et que dire de "internet computer", la dernière crypto lancée sur le marché et qui s’effondre de 56% en 7 jours…

La chute des cryptomonnaies a eu évidemment aussi pour conséquence de provoquer la chute d’actions de sociétés liées (plateformes de transactions, sociétés de minage,…) liées aux cryptos comme Galaxy Digital (-6.4%), Marathon Digital (-5.6%), Coinbase (-6%) ou Riot Blockchain (-5.7%). Tesla perdait aussi logiquement 2.5%, vu qu’en janvier la société a acquis pour 1.5 milliard USD en bitcoins afin de "diversifier sa trésorerie"; si pendant quelques semaines, la plus-value était conséquente, celle-ci a fondu comme neige au soleil et on peut maintenant s’interroger sur la valeur future de ce placement très spéculatif et extrêmement volatil…

Evolution des marchés boursiers et financiers

Les marchés boursiers ont connu aussi une journée difficile hier mais dans ce cas ce sont les craintes inflationnistes, et donc l’angoisse que les autorités monétaires ne laissent remonter les taux plus vite que prévu, qui hantent à nouveau les esprits. Rappelons d’ailleurs que le Bund allemand à 10 ans (-0.11%) vient de remonter à son plus haut niveau depuis 2 ans. Dans ce cadre, et en attendant les "minutes" de la FED américaine qui pouvaient donner, en soirée, des éclaircissements sur la politique des taux, l’indice Stoxx 600 Europe a corrigé de 1.5%.

Tous les secteurs étaient en baisse avec, en tête, l’énergie (-2.8%) où les actions pétrolières pesaient particulièrement à cause d’une nouvelle chute du prix du pétrole (le Brent cotant moins de 67 USD le baril) influencé par l’annonce d’une hausse des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis et la crainte d’une augmentation de la production en Iran. 2 autres secteurs cycliques complétaient ce triste podium, les matériaux (-2.1%) et les industrielles (-1.9%), certains considérant qu’une forte hausse de l’inflation couplée à des taux plus élevés pourraient menacer la croissance économique. La consommation de base (ou non cyclique) se distinguait par contre en ne perdant que 0.2%, les gains d’actions plus défensives comme Danone, Lindt, Reckitt Benckiser ou Colruyt par exemple, permettant de limiter fortement les dégâts dans ce secteur.

A Wall Street, même si les "minutes" de la FED étaient interprétées en sens divers, l’indice S&P 500 a remonté la pente après avoir un moment perdu plus d’1.5% et cloture finalement en baisse de 0.3%. Les secteurs de la technologie et des services de communication en gagnant respectivement 0.3 et 0.1 % ont contribué à cette perte limitée de l’indice global. Par contre, tout comme en Europe, le secteur de l’énergie a pesé de manière très négative en abandonnant 2.5% devant le secteur des matériaux (-1.5%) et la consommation cyclique (-0.8%).

Aujourd'hui

Ce matin (7h40) les marchés boursiers asiatiques évoluent en sens divers: si Tokyo est en légère hausse (+0.3%). Hong-Kong perd 0.8% et Shanghai-Shenzhen est inchangée.

Par contre les futures sur l’Europe sont mieux orientés, les marchés boursiers européens pourraient ouvrir en hausse de plus d’un demi pourcent. A Wall Street le début de séance semble plus indécis, les contrats à terme n’indiquant quasiment aucun changement par rapport à la clôture d’hier soir.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Au rayon des statistiques macroéconomiques, Christine Lagarde, Présidente de la BCE, et la Directrice Générale du FMI, Kristalina Georgieva, interviendront dans le cadre du Vienna Economic Dialogue sur les sujets de politique monétaire. Parmi les chiffres attendus dans la matinée, on citera les prix à la production industrielle d’avril en Allemagne et les comptes courants et la production dans le secteur de la construction de la zone pour le mois de mars. Aux USA, après-midi, le marché sera attentif à l’indice d’activité de la Réserve fédérale de Philadelphie, dit "Philly Fed", de mai. On surveillera par ailleurs l’indice du Conference Board mesurant la confiance des consommateurs américains. Enfin on sera attentif aux nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine achevée le 15 mai.

Du côté des quelques résultats annoncés aujourd’hui retenons ceux, en Europe, de GIMV, IBA, Bouygues, Vallourec ou Easyjet alors qu’aux Etats-Unis, on aura notamment ceux d’Applied Materials, Tencent et Ralph Lauren.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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