La hausse de l’inflation? Ce n’est pas bon pour les actions…

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Hier

Nouvelles économiques et financières

Comme pour mettre du baume sur le cœur des investisseurs qui voient les marchés boursiers souffrir en ce début de semaine, le fameux indice ZEW qui mesure le moral des investisseurs allemands a clairement dépassé les prévisions en mai. En fait la confiance des investisseurs dans la reprise économique de l'Allemagne a atteint son plus haut niveau en plus de 21 ans après que le déploiement des vaccins dans le pays se soit accéléré ces dernières semaines.

Fait(s) du jour

Depuis le début de cette semaine, la résurgence du spectre de l’inflation agite les marchés boursiers et les fait clairement plonger dans le rouge. Et le récent bond du prix des matières premières à des niveaux records a d’ailleurs engendré la plus forte augmentation annuelle des prix à la production en Chine depuis octobre 2017.

S’il fait peu de doute (euphémisme…) qu’aujourd’hui les chiffres de l’inflation américaine en avril indiqueront un niveau en forte hausse, la double question est maintenant de savoir quelle sera l’intensité de cette hausse des prix et, par conséquence, quelle sera la réaction de la FED dans un futur proche. Même si celle-ci a déjà plusieurs fois déclaré qu’une surchauffe provisoire de l’inflation était prévue et gérable sans augmenter les taux d’intérêt, de plus en plus d’investisseurs en doutent et le traduisent par des ventes importantes d’actions en bourse. D’autant qu’en Europe, les taux remontent inexorablement comme le Bund allemand à 10 ans qui vient de retrouver un niveau (-0.16%) qu’on n’avait plus vu depuis janvier 2020, donc avant le début de la crise  sanitaire…

Dans ce contexte de crainte inflationniste, il est intéressant d’observer en particulier les réactions des actions technologiques car leurs valorisations moyennes (rapports cours-bénéfices) sont en général beaucoup plus élevées que la moyenne. De quoi rendre le secteur d'autant plus vulnérable à une remontée des taux longs comme ceux du rendement des obligations d'Etat à 10 ans, qui correspond à un taux dit "sans risques". Et les modèles valorisent davantage les bénéfices futurs lorsque les taux d'intérêt sont plus faibles.

Sur le graphe ci-dessous, on voit très clairement la corrélation inversée entre l’évolution des PER et celle des taux longs. On a le ratio cours/bénéfice (PER) à terme pour le Nasdaq 100 sur l'axe de gauche en rouge, comparé avec le rendement des bons du Trésor US à 30 ans en bleu sur l'axe de droite (inversé, donc les taux montent de haut en bas sur cet axe). Et on voit très bien que lorsque les taux longs ont commencé à remonter, les valorisations des actions technologiques américaines ont commencé à diminuer, passant de plus de 35 à moins de 30 actuellement…

Evolution des marchés boursiers

L’indice Stoxx 600 Europe a perdu près de 2% hier, à cause donc des appréhensions quant à une remontée des taux, de sorte qu’en moyenne les actions européennes ont connu leur pire journée en 2021. Tous les secteurs ont fini dans le rouge, les moins impactés étant la santé (-1.25%), devant la consommation de base (-1.5%), les matériaux (-1.75%), les services de communication et les financières (-1.95% tous les deux).

Les secteurs les plus touchés par la chute des cours étaient l’énergie (-2.65%), la consommation cyclique (-2.38%), les industrielles (-2.26%) et les technologiques (-2.15%). Rappelons que l’impact boursier de ces dernières est néanmoins beaucoup moins important en Europe qu’aux Etats-Unis car le secteur ne compte que pour environ 8% de l’indice Stoxx 600 Europe (soit le 7éme secteur seulement en terme de poids). Outre-Atlantique, le secteur technologique est par contre de loin le plus important, son poids comptant pour près de 26% de l’indice S&P 500.

De manière symptomatique on a constaté que si on considère les 50 plus grandes sociétés cotées en Europe, aucune n’a terminé en hausse, alors que pour l’indice Stoxx 600 Europe, seules 36 actions terminaient dans le vert, la plupart étant des valeurs petites ou moyennes peu connues… Signalons toutefois que quelques banques européennes ont réussi à garder la tête hors de l’eau comme UniCredit, Erste Bank ou KBC, cette dernière ayant annoncé en matinée des résultats supérieurs aux attentes des analystes. Quelques biotech aussi ont terminé positivement dont Galapagos et Argenx, figures de proue de notre BEL20 national.

A Wall Street la séance d’hier a à peine été meilleure, l’indice S&P 500 perdant 0.87%. Comme en Europe, le secteur de l’énergie a le plus lourdement chuté (-2.56%). Ces prises de bénéfices frappent un des secteurs qui a le plus progressé ces derniers mois. Même en tenant compte de la baisse d’hier, l’indice MSCI World Energy (surtout gorgé de pétrolières) gagne encore 27 % cette année et a plus que doublé (+105%) depuis le krach de mars 2020! Les actions financières (-1.67%) et les industrielles (-1.40%) complétaient le trio des principaux perdants du jour.

Même si ça peut paraitre étonnant, ce sont les actions technologiques qui ont le moins baissé hier (-0.24%) alors qu’à l’ouverture nombre d’entre elles étaient en déroute. Mais à l’inverse des sociétés de l’énergie, les actions technologiques n’ont que très peu progressé cette année, l’indice MSCI World Technology n’ayant gagné que 2.8% en 2021. Les investisseurs semblent donc, en cours de séance, avoir procédé à des rachats à bon compte. Mais apparemment ces rachats ont été très sélectifs : si Apple par exemple n’a perdu que 0.7% ou que les semi-conducteurs ont même progressé de 0.15%, d’autres actions ont néanmoins chuté comme HP (-4.7%) ou Oracle (-3.1%).

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h45) les marchés asiatiques suivent globalement la tendance baissière des marchés occidentaux. Si les bourses chinoises limitent actuellement la casse (Hong Kong gagnant même 0.1% et Shanghai-Shenzhen perdant -0.3%), Tokyo chute de 1.5% dans la foulée de sa baisse d’hier. En 2 jours, la bourse japonaise perd ainsi près de 5%. Mais on a aussi noté que l’indice boursier de Taïwan perd le plus (-4%) parmi les bourses asiatiques sur fond de pertes prononcées dans le secteur des semi-conducteurs, mais aussi suite à une dispute diplomatique avec la Chine et de nouvelles restrictions liées à la pandémie.

Les futures sur l’Europe et les USA indiquent que la glissade d’hier devrait se poursuivre à l’ouverture des marchés avec des baisses d’environ 0.3 à 0.4%.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Question statistiques économiques, plusieurs données sont attendues aujourd’hui, mais tous les regards seront évidemment tournés, à partir de 14h30, vers les USA où le chiffre d’inflation pour avril sera révélé. Selon certains, en glissement annuel, elle pourrait atteindre 3.6% contre 2.6 en mars alors qu’un pic vers 4% pourrait être atteint en mai… Toujours aux Etats-Unis, on aura aussi connaissance, via le Département de l’Energie, des stocks hebdomadaires de pétrole.

Mais en Europe, on aura aussi notre lot de statistiques aujourd’hui, dont le niveau de l’inflation en Allemagne et en France en avril, l’estimation du PIB au Royaume-Uni ou la production industrielle en zone euro en mars. Toutefois, de manière plus générale, la Commission Européenne présentera, en fin de matinée, ses prévisions économiques pour 2021 et 2022.

Rayon résultats, on aura beaucoup d’annonces aujourd’hui particulièrement en Europe avec notamment ceux d’Aedifica, Ageas, Bayer, Commerzbank, Allianz, Deutsche Telekom, EDF, CGG ou ABN Amro.

Ces jeudi et vendredi les banques seront fermées pour le long week-end de l’Ascension. Nous reprendrons donc le cours de cette chronique lundi prochain.

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Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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