Nouveaux records boursiers, les actions techno et "value" en vedette

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Nouvelles économiques et financières

Ce vendredi, la production industrielle en mars est repartie à la hausse tant en Allemagne qu’en France, mais de manière inégale. Outre-Rhin la progression a été de 2.5% comparativement à février, soit un peu mieux qu’attendu (+2.3%). En France par contre la production industrielle a certes rebondi de 0.8% mais c’était moins bien qu’espéré (+2%).

Au niveau des statistiques d’emplois, on a aussi eu des surprises. Le matin d’abord, alors que dans sa note de conjoncture de mars, l’Insee prévoyait 77.000 pertes d’emplois salariés pour l’économie française durant le 1er trimestre, finalement ce sont 57.300 nouveaux emplois qui ont été créés. Mais on attendait surtout les chiffres américains. Et là par contre, surprise négative, l’économie US n’a créé que 266.000 postes non-agricoles en avril, selon le Département du Travail, soit nettement moins que le million espéré et moins aussi que les 770.000 emplois créés en mars. En parallèle, alors que les économistes attendait une légère baisse du taux de chômage, celui-ci a au contraire augmenté à 6.1%.

Si ça peut paraître paradoxal de prime abord, les investisseurs ont plutôt relativisé cette "mauvaise" nouvelle américaine. Privilégiant la "positive attitude", ils ont plutôt considéré que dans ce cas le scénario de surchauffe économique s’éloignait et donc avec lui le spectre d’un resserrement des politiques monétaires. D’ailleurs à l’annonce des chiffres d’emplois, les taux à 10 ans américains ont violemment dégringolé de 1.58 à 1.46% avant de remonter à leur niveau initial.

Fait(s) du jour

Fin de la semaine passée, on a de nouveau eu droit à toute une série de résultats trimestriels de sociétés, en particulier en Europe. La tendance s’est poursuivie, soit des résultats meilleurs qu’attendus, à l’exception cette fois de Klépierre, le leader immobilier européen des centres commerciaux. Mais était-ce vraiment une surprise quand on sait que les restrictions liées à la pandémie ont fortement impacté les magasins "physiques" et renforcé par ailleurs l’attrait du commerce en ligne? Déception aussi aux Etats-Unis pour Beyond Meat, le spécialiste des substituts de viande à partir de plantes, à cause d’une hausse des couts et de la fermeture des restaurants.

Par contre, parmi les nombreuses bonnes surprises on comptait notamment Adidas, qui a d’ailleurs relevé ses prévisions de chiffre d’affaires 2021, grâce au lancement de nouveaux produits mais aussi à l’ouverture programmée des grands événements sportifs comme l’Euro de foot, la Copa America ou les Jeux Olympiques. Bon bulletin aussi pour Aperam, cotée à Amsterdam mais acteur mondial des aciers inoxydables, électriques et spéciaux. Elle a tout simplement réalisé le meilleur trimestre de son histoire et est positive en matière de perspectives.

En Allemagne, belle performance trimestrielle aussi de Siemens qui a relevé ses perspectives de résultats, grâce à l’accélération de la production des clients et à l’amélioration du marché chinois. BMW n’était pas en reste, ses résultats étant aussi positivement salués d’autant qu’en tenant compte de la pénurie de chips qui frappe le secteur elle reste confiante pour atteindre ses objectifs 2021.

Par rapport à jeudi, on aura aussi noté la contre-attaque des partisans du maintien des brevets des vaccins Covid-19 au sein des entreprises pharmaceutiques qui les ont développé. Ainsi l’entreprise allemande BioNTech, associée à Pfizer dans le développement d’un vaccin révolutionnaire de type "ARN Messager" (pour Acide RiboNucléique Messager), a indiqué qu'elle n'excluait pas d'accorder des licences à des producteurs, s'il avait la certitude que le vaccin serait produit avec la qualité requise. D’après BioNTech en effet, les brevets ne sont pas le facteur le plus déterminant dans les pénuries, mais c’est plutôt la complexité des processus de production et d’approvisionnement qui provoque les goulets d’étranglement actuels. Pfizer a ajouté que les vaccins requièrent pas moins de… 289 composants, provenant de 86 fournisseurs différents dans 19 pays!

Par ailleurs un fort appui politique a été donné à cette démarche commerciale: le gouvernement allemand a en effet rejeté la proposition américaine de lever temporairement la propriété intellectuelle des brevets Covid-19, allant dans le sens des industriels disant qu’il faut d’abord améliorer les capacités de production. De facto, la position du gouvernement d’Angela Merkel met aussi à mal la position européenne qui était prête à discuter de la proposition américaine…

Evolution des marchés boursiers

Pour clôturer la première semaine de mai, l’indice Stoxx 600 s’est offert un nouveau record historique à 444.93 points, soit un gain de 0.89% par rapport à jeudi soir et un rebond de près de 60% depuis le krach de mars 2020! Tous les secteurs ont terminé dans le vert, emmenés par les actions technologiques (+2.1%) où le segment des semi-conducteurs jouait les locomotives.

En 2e position on trouvait la consommation discrétionnaire ou cyclique (+1.5%) où l’action Adidas, grâce à ses très bons résultats trimestriels faisait forte impression avec un gain de 8.4%, entraînant d’ailleurs à sa suite son concurrent Puma (+3.6%). Les industrielles progressaient de 1.1% portées non seulement par Siemens (3%), mais aussi par les sociétés actives dans les équipements pour énergies renouvelables (Vestas gagnant 5.4% et la société norvégienne Nel 11.1%) et le rebond du segment des compagnies aériennes (+3.1%).

Les soins de santé complétaient les gagnants d’un peu plus d’1%, avec les services aux collectivités. Dans ce dernier secteur, ce sont les producteurs d’électricité renouvelables qui menaient la danse avec notamment le danois Orsted (+4.3%), le norvégien Scatec (+7.8%) et le portugais EDP Renovaveis (+2.6%). Signe des temps peut-être, à l’inverse de ces producteurs d’énergie propre, de plus en plus appréciés notamment des gestionnaires de fonds durables, le secteur de l’énergie classique (pétrole) en Europe était en queue de peloton vendredi en ne progressant que de 0.26%.

A Wall Street, en gagnant 0.7% en clôture vendredi, le S&P 500 a imité l’Europe et a donc affiché aussi un nouveau record historique à 4.932,60 points. Les actions du secteur de l’énergie ont  par contre le plus progressé (+1.9%) où ce sont surtout les équipementiers pétroliers (+4.3% en moyenne) qui ont impressionné devant les sociétés pétrolières (+1.7%). Les industrielles (+1.1%), les matériaux (+0.9%) et la consommation discrétionnaire (+0.8%) complétaient les secteurs à vocation cyclique privilégiés par les investisseurs en cette fin de semaine.

Dans le domaine des matériaux, si les fabricants d’engrais (notamment CF Industries et Mosaic) étaient recherchés, on remarquait surtout la nouvelle hausse de Freeport McMoran (+4.5%), notamment spécialisé dans le cuivre. Mais ce n’est pas surprenant quand on sait que sur le London Metal Exchange (LME) de Londres, le métal rouge a battu un nouveau record historique à 10.361 USD la tonne. Il faut enfin souligner que le secteur technologique américain, s’il n’a gagné "que" 0.8% vendredi, pèse autant en bourse à lui seul que les 4 secteurs cycliques ou "value" (soit un peu plus de 26%) cités ci-dessus. Et donc la belle progression de l’indice global lui est autant imputable.

Aujourd'hui

Marchés boursiers asiatiques et futures sur les bourses occidentales

Ce matin (7h45), ces marchés boursiers asiatiques évoluent sans grande conviction et de manière contrastée. Si la bourse de Tokyo progresse actuellement de 0.7%, ses consoeurs chinoises baissent, Hong Kong perdant 0.3% et Shanghai-Shenzhen 0.7%.

Les futures (contrats à terme) sur les marchés boursiers occidentaux sont par contre orientés positivement tant pour l’Europe qui pourrait ouvrir en hausse de 0.45% lors des premiers échanges, qu’aux USA qui commenceraient la journée en gagnant 0.17%.

Annonce(s) du jour à prendre en compte

Concernant les indicateurs économiques, la journée sera très calme. Il faudra  surtout attendre demain mardi pour avoir des données plus consistantes comme l’indice ZEW allemand du sentiment économique des investisseurs pour le mois de mai.

La période des résultats trimestriels se termine doucement. Par contre, dans le secteur pharma-biotech, on suivra attentivement en Europe les chiffres de BioNTech (partenaire de Pfizer pour un des vaccins les plus utilisés contre le Covid-19) alors qu’aux Etats-Unis ceux de Novavax seront également scrutés avec intérêt. Ces deux sociétés pourraient aussi faire des commentaires sur la polémique récente concernant la levée (temporaire?) des droits intellectuels liés à ces brevets afin de permettre un accès plus facile aux pays pauvres.

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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