Belle hausse des bourses en 2021… mais les matières premières font mieux!

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Hier

À quelques exceptions près, les jours se suivent et se ressemblent au niveau des statistiques économiques qui confirment, semaine après semaine, le rebond économique. Hier encore on a appris que dans la zone euro, la croissance de l’activité du secteur privé a accéléré le mois dernier. L’indice PMI composite (synthèse entre l’industrie et les services) établi par IHS Markit a progressé à 53,8 points, sa plus forte hausse depuis juillet, tandis que la composante des services a renoué avec la croissance après sept mois de contraction. Aux États-Unis, on a noté une nette amélioration du marché du travail : le secteur privé américain a créé 742.000 emplois en avril, chiffre le plus élevé depuis septembre 2020, après 565.000 en mars, selon l’enquête du cabinet ADP, même s’il faut reconnaître que le marché tablait sur un chiffre encore plus élevé, soit 850.000 nouveaux postes.

Par ailleurs alors que mardi le marché s’était inquiété des propos de Janet Yellen, la Secrétaire US au Trésor, ce qui avait d’ailleurs entraîné une chute particulièrement forte hier des actions technologiques sensibles aux taux, elle a fait ce qu’on pourrait nommer gentiment une "courbe rentrante". Alors qu’elle avait suggéré qu’ "une légère hausse des taux pourrait être nécessaire pour éviter une surchauffe de l’économie" - ce qui allait soit dit en passant à l’encontre des déclarations de la FED - elle a ensuite amendé son discours en affirmant qu’il ne s’agissait "ni d’une prévision, ni d’une suggestion". Reprenant alors le discours officiel de la FED, elle a affirmé qu’elle ne pensait pas qu’il y aura un problème avec l’inflation, sauf de manière passagère.

Donc maintenant 2 écoles de pensées s’affrontent de plus en plus sur le marché : ceux qui pensent, comme les autorités monétaires (FED et BCE en tête), que l’inflation tout comme les taux sont maitrisables, et ceux qui, au contraire, sont convaincus que cette position est intenable et que les banques centrales vont devoir lâcher prise plus tôt que prévu en matière de taux. Et les partisans de cette dernière hypothèse gagnent des partisans au gré des confirmations statistiques attestant que l’économie reprend de plus en plus vigueur.

Autre signe concret d’ailleurs de l’embellie économique, la très bonne tenue des matières premières. Comme l’a titré hier le site Investing.com, "il semble que rien ne puisse arrêter le rouleau compresseur des matières premières en 2021". Cela se confirme sur le graphe ci-dessous où l’indice Bloomberg des matières premières caracole en tête. Cet indice est composé de plus de 20 matières premières réparties en 6 segments : l’énergie (pétrole, gaz,…) compte pour environ 30% , ensuite on trouve les céréales (maïs, soja, blé,…) pour +/- 22%, viennent ensuite les métaux industriels (cuivre, aluminium, zinc et nickel) pour +/- 16 %, les métaux précieux (or & argent) pour 19 %, les autres matières agricoles (sucre, café et coton) pour 7% et enfin le bétail et les porcs (6%). Et cet indice est au plus haut depuis 2011…

Et cette hausse se poursuit en 2021 : par exemple, depuis le début de cette année, le prix du pétrole gagne près de 35%, le platine 14%, le cuivre 30%, l’aluminium 24%, le minerais de fer 18%, le Cobalt 40%, le maïs 56% ou le soja 21%. Et que dire du prix du lithium - utilisé notamment pour la fabrication de batteries - qui explose en 2021 de 94%, du Rhodium (+74%) ou encore le bois d’œuvre - utilisé dans la construction de maisons aux USA – qui grimpe de 87%!

S’il est clair qu’une partie de cette hausse des matières premières est due à de la spéculation, des facteurs plus fondamentaux en sont aussi à l’origine incitant certains spécialistes à prédire une poursuite de la hausse. Ainsi, la réouverture des économies soutient les prix du pétrole et certains, comme Goldman Sachs, voit son prix à 80 USD le baril d’ici la fin d’année. Concernant les céréales, la multinationale américaine Archer-Daniels-Midland, œuvrant dans l’industrie agro-alimentaire, a récemment déclaré que ses "perspectives actuelles sont encore plus optimistes que celles que nous avions annoncées au début de l'année" grâce à "des tendances claires et favorables de la demande pour nombre de nos produits". Autre exemple, selon Citigroup, le cours du minerai de fer pourrait lui encore monter et atteindre 200 USD la tonne sur le marché spot.

Il y aussi, dans certains domaines, un problème de sous-investissements ces dernières années qui a créé des goulots d’étranglement, faisant donc augmenter les prix, l’offre ne suivant pas la demande. Ainsi en est-il dans le cuivre. Or la demande pour le métal rouge est de plus en plus élevée dans l’ "économie verte" promue par les divers plans de relance économiques américain ou européen : par exemple les voitures électriques ont besoin de 4 fois plus de câblage que ceux des voitures traditionnelles, sans compter que les éoliennes et les panneaux solaires en ont 5 fois plus besoin que pour la production d’énergie fossile…

Est-ce donc une surprise, si dans le rebond hier de 1.8% de l’indice Stoxx 600 Europe, le secteur des matériaux s’est arrogé la 1ère place avec un gain de 3.5% ? Parmi les actions gagnantes, on trouvait notamment Rio Tinto (+4.7%), Anglo American (+6.3%), BHP (+5%), Glencore (+4.6%), Arcelor Mittal (+4.9%) ou encore KGHM (6%). Mais petit cocorico national, soulignons aussi la belle performance de Solvay (+4.5%) qui, après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes, a relevé sa prévision de flux de trésorerie disponible en 2021.  Le secteur de l’énergie a pris 2.9%, grâce à la hausse des actions pétrolières, elles-mêmes profitant de prix du pétrole approchant les 70 USD le baril alors que, selon l’American Petroleum Institute (API), les stocks de pétrole ont diminué de 7,69 millions de barils aux États-Unis la semaine dernière, soit plus que prévu.

Après leur forte correction d’avant-hier, les actions technologiques européennes sont reparties à la hausse (+2.7%), le sous-secteur des semi-conducteurs se distinguant avec un gain de 4.2%. Les actions industrielles ont monté de 2.2% (avec notamment les 7% de AP Moeller Maersk bénéficiant d’une forte demande combinée aux prix) alors que les financières prenaient 1.9%, poussées surtout par les actions bancaires (+2.4%). La consommation cyclique a grimpé de 1.8% et on remarquait, dans le segment automobile, les 7% de hausse de Stellantis (issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler) après avoir publié de très bons résultats trimestriels.

Signalons qu’après la clôture des marchés européens, Bpost a publié des résultats meilleurs qu’attendus, tant en chiffre d’affaires qu’en bénéfices. L’EBIT (résultat d’exploitation) a d’ailleurs atteint 115.5 millions euros alors que les analystes n’attendaient que 82.3 millions. Dans la foulée, Bpost a donc augmenté ses attentes d’EBIT à 310 millions pour 2021.

A Wall Street, le rebond du S&P 500 a été beaucoup plus timoré qu’en Europe (+0.07%) mais par contre les secteurs cycliques ont eux aussi le mieux performé outre-Atlantique, l’énergie bondissant de 3.3% suivi par les matériaux (+1.2%), les financières (+0.9%) complétant le podium. Le secteur de l’énergie a surtout grimpé grâce au secteur pétrolier poussé par les prix du pétrole, et notamment Exxon (+3%), Chevron (+2.7%), Occidental Petroleum (+4.6%) ou ConocoPhillips (+5.6%). Mais les équipementiers pétroliers n’étaient pas en reste (Schlumberger + 7%, Halliburton +5% ou Baker Hugues +4.8%) car plus les prix du pétrole montent plus leurs clients, les sociétés pétrolières, envisagent des projets de développement… Du côté du secteur des matériaux, et dans la logique de ce que nous écrivons ci-dessus sur les matières premières, on remarquait en particulier la hausse de Freeport McMoran (6%), notamment spécialisée dans le cuivre. Du côté des secteurs perdants, les services aux collectivités (-1.7%) et l’immobilier (-1.5%) étaient le plus impacté. Signalons enfin que les actions technolologiques ont terminé quasiment inchangées (-0.16%).

Aujourd'hui

Après avoir été fermées plusieurs jours de suite en raison de congés fériés, les bourses japonaises et chinoises ont réouvert ce matin. Et les variations sont contrastées. Si Tokyo gagne actuellement 1.65%, Hong Kong n’est pas loin de l’équilibre (+0.25%) alors que Shanghai-Shenzhen baissent de 1.09% sur fond de nouvelles tensions géopolitiques, la Chine ayant ainsi déclaré qu'elle suspendait un dialogue économique régulier avec l'Australie, dans un geste destiné à signaler la frustration croissante de Pékin envers Canberra.

Les futures prévoient actuellement une ouverture mitigée des marchés boursiers occidentaux, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.

Rayon statistiques économiques, beaucoup de chiffres seront publiés aujourd’hui. En Allemagne, à 8h, seront annoncées les commandes industrielles pour mars. Ensuite, on aura en France l’enquête Insee sur les investissements dans l’industrie. Le Royaume-Uni suivra avec l’indice PMI Markit des services pour avril et, à 13h, la Banque d’Angleterre donnera un communiqué de politique monétaire. Enfin le bulletin économique de la BCE (Banque Centrale Européenne) sera publié, avant que l’on prenne connaissance des indicateurs des ventes au détail de mars. À partir de 14h30 on connaîtra le nombre de nouvelles inscriptions au chômage aux Etats-Unis pour la semaine achevée le 1er mai. On devrait aussi avoir les gains de productivité du 1er trimestre 2021.

Aujourd’hui il y aura aussi une déferlante de résultats trimestriels. Ainsi en Europe, on connaîtra les chiffres d’ArcelorMittal, Société Générale, Air France-KLM, HeidelberCement, Volkswagen, Continental, AB Inbev, GBL, Euronav, ING ou BP. Aux États-Unis, les analystes seront très attentifs aux résultats de Moderna, à la pointe des vaccins contre le Covid, mais aussi de Regeneron ou de Kellog.

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