Les bourses en panne d’inspiration, étonnant?

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Vendredi, dernier jour d’avril, les statistiques ont confirmé que l’économie européenne est moins vigoureuse actuellement que celle des États-Unis dont le PIB a bondi de 6.4% au 1er trimestre 2021. Non seulement pour la zone euro (donc les 19 pays européens qui ont la devise unique), le PIB a reculé de 0.6% au 1er trimestre 2021, mais comme il s’était déjà replié de 0.7% au 4e trimestre 2020, c’est une récession technique (définie par 2 trimestres consécutifs de baisse du PIB)… Sans surprise, l’Allemagne, la 1ère économie du vieux continent, ayant enregistré une baisse de 1.7% de son PIB durant les 3 premiers mois de l’année, explique en bonne partie cette méforme de l’Europe, qu’a à peine atténué le léger rebond du PIB français (+0.4%). Cette faiblesse, finalement moins sérieuse que prévu,  devrait toutefois n’être que passagère, les campagnes de vaccination battant leur plein et les pays européens envisageant progressivement les déconfinements. L’inflation a accéléré en avril à 1.6% sur un an (mais logiquement moins fort que les USA qui ont publié un chiffre de 2.1%), les prix de l’énergie ayant joué le rôle d’accélérateur avec un bond de 10.3% en rythme annuel.

Par contre aux USA, les nouvelles statistiques publiées vendredi confirment le retour en forme de cette économie. Grâce aux aides financières reçues du gouvernement américain pour lutter contre les effets de la pandémie, les revenus des ménages US ont augmenté de plus de 21% en mars contre 7% en février. Corollairement, les dépenses de consommation (comptant pour près des 2/3 de l’activité économique) ont rebondi de 4.2% en mars contre une baisse de 1% en février. Allant dans le même sens, selon l’enquête mensuelle de l’université du Michigan, le moral des ménages américains a encore progressé en avril à 88.3 points contre 84.9 en mars. Finalement, dernier signe positif, on a appris que l’activité manufacturière de Chicago en avril avait atteint son plus haut niveau depuis près de 38 ans.

Au niveau des résultats des sociétés pour le 1er trimestre 2021, toujours la même tendance depuis 3 semaines. Selon Refinitiv, sur les 303 sociétés de l’indice américain S&P 500 qui ont publié leurs bénéfices pour le 1er trimestre, 87% ont publiés des résultats supérieurs aux attentes.  On a donc une large majorité de surprises positives, comme celles des GAFAM durant la semaine ou vendredi avec BNP, Barclays, Safran, Saint-Gobain, Vallourec, Proximus ou Colgate, alors que les déceptions étaient minoritaires. Et parmi ces dernières, l’américain Gillead (dans la foulée d’autres sociétés pharmaceutiques comme Merck, Amgen ou Novartis) qui a déçu par rapport aux attentes. Cette déception des pharmaceutiques peut paraître paradoxale alors que la pandémie met plus que jamais la santé en avant. Néanmoins la forte  mobilisation des hôpitaux pour soigner les malades atteints du Covid-19 a ralenti le dépistage et le suivi d’autres maladies, ainsi que les visites de routine chez le médecin, reportées dans le temps. Résultat, les firmes pharmaceutiques ont vu chuter leurs ventes des médicaments et vaccins autres qu’anti-coronavirus, comme ceux contre le diabète ou le cancer par exemple. Une rare exception a été la publication des résultats d’AstraZeneca, meilleurs que prévus.

Autre constat, il ne suffisait pas, ces dernières semaines d’annoncer des résultats en forte hausse pour satisfaire les investisseurs, encore fallait-il les surprendre très positivement et avec la manière ! Ainsi en est-il pour le secteur pétrolier. Vendredi, si Exxon a plutôt charmé les analystes, c’était plus mitigé pour ENI et Chevron. Au 1er trimestre les sociétés pétrolière ont été largement bénéficiaires, Exxon Mobil a gagné 2,7 milliards USD, Chevron 1,38 milliard USD et ENI 856 millions euros ; idem les derniers jours pour BP (4,7 milliards USD), Royal Dutch Shell (5,7 milliards USD) ou Total (3,3 milliards USD). Tous ces résultats étaient en forte progression, car alimentés par la hausse des cours du pétrole mais aussi par des réductions de coûts et par la baisse drastique des investissements. Mais après des pertes dramatiques en 2020 (on estime que BP, Chevron, Exxon Mobil, Royal Dutch Shell et Total en ont accumulé pour 77 milliards USD l'an dernier) certains ont mieux remonté la pente, expliquant la dichotomie dans les appréciations de leurs résultats.

Les bourses européennes ont finalement terminé le mois d’avril en baisse, l’indice Stoxx 600 Europe abandonnant 0.3% vendredi, les marchés s’interrogeant sur la résurgence de l’inflation pouvant faire craindre une politique moins accommodante des autorités monétaires. D’ailleurs les craintes que la FED américaine en particulier réduise son programme d'assouplissement quantitatif ont été soulignées comme le plus grand risque pour les marchés dans la dernière enquête de Bank of America (BofA) auprès des gestionnaires de fonds consultés. Concrètement les investisseurs ont récemment injecté 57,3 milliards USD dans des fonds de trésorerie et ont ralenti le rythme des achats d'actions, les craintes d'une hausse de l'inflation et d'un "taper tantrum" ayant freiné l'appétit pour le risque. Près de 14 milliards USD ont été investis dans des fonds obligataires et seulement 10,5 milliards USD dans des fonds d'actions. Pourtant l'allocation d'actifs aux actions parmi les gestionnaires de fonds est de 64,3%, la plus élevée jamais atteinte.

Le secteur des soins de santé européen a mieux performé que tous les autres (+0.5%) suite au bond du cours d’AstraZeneca (+4.3% pourtant fort décriée ces dernières semaines suite au risque de thrombose pour son vaccin anti-Covid, aux problèmes de livraison,…), qui profitait de résultats meilleurs qu’attendus. Les matériaux (-1.2%) emmenaient les perdants, devant l’énergie (-0.9%, ENI perdant 2.7%) alors que les technologiques et la consommation cyclique chutaient tous deux de 0.8%. Notons enfin que si le secteur industriel n’a perdu que 0.2% vendredi c’est grâce notamment aux bons résultats du motoriste aéronautique Safran dont le cours a progressé de 3%.

À Wall Street, la séance de vendredi s’est aussi terminée dans le rouge, le S&P 500 baissant de 0.7%. Le secteur de l’énergie a le plus souffert (-2.7%) à cause des sociétés pétrolières. En deuxième position, on trouvait l’important secteur technologique (-1.4%) où on remarquait particulièrement la faiblesse des semi-conducteurs (-2.5%). A noter aussi la perte de 1.5% d’Apple, accusée par l'Union Européenne d'abus de position dominante dans la musique en ligne et alors que son rival dans le domaine, Spotify, a déposé une plainte devant un tribunal américain. Les matériaux (-1.1%) et les financières (-1%) font aussi partie des principaux perdants. Dans le secteur des services de communication (-0.9%), Twitter n’arrête pas de dégringoler (-15% encore vendredi) à la suite de résultats trimestriels très décevants. Parmi les vainqueurs du jour, les services aux collectivités se distinguaient (+0.8%) grâce notamment aux sociétés d’électricité.

Aujourd'hui

Plusieurs marchés boursiers sont fermés aujourd’hui comme Tokyo, jusqu’à mercredi, pour cause de Golden Week, une suite de plusieurs jours de congés fériés. Les bourses chinoises sont aussi au repos d’aujourd’hui à mercredi compris pour cause de Fête du Travail. Londres sera aussi close ce jour pour "Bank Holiday". Hong Kong est par contre ouverte et baisse actuellement (7h45) de 1.6%.

Les futures (contrats à terme) prédisent à l’heure actuelle un léger rebond des marchés occidentaux, d’environ 0.15% pour l’ouverture des marchés boursiers en Europe et d’environ 0.21% pour Wall Street.

Au niveau économique, l’attention se portera essentiellement aujourd’hui, dans la zone euro à 10h, sur les indices PMI Markit IHS des directeurs des achats du secteur manufacturier du mois d’avril. Enfin côté résultats, la semaine va commencer calmement même si on attend la publication de 139 sociétés cotées de l’indice S&P 500 américain ces 5 prochains jours. Cette semaine, en Belgique, on aura par exemple ceux d’AB Inbev, Solvay ou GBL.

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