Résultats des GAFAM: positifs pour Apple, Google et Facebook mais Microsoft a déçu

Hier

Au niveau économique, et en attendant les conclusions de la réunion très attendue de la FED en fin de journée, les opérateurs boursiers n’avaient que 2 statistiques européennes à se mettre sous la dent. En Allemagne, selon le baromètre GfK („Gesellschaft für Konsumforschung“, le plus grand institut d’études de marché outre-Rhin), le moral des consommateurs allemands devrait s’affaisser le mois prochain (craintes de nouvelles faillites et d’un recours accru au chômage) à cause de la 3e vague de la pandémie et des nouvelles restrictions qui en résultent. Par contre, les allemands semblent enclins à davantage consommer si le pays revient à des assouplissements progressifs dans un proche avenir.

Du côté de la France, malgré un reconfinement imposé par les autorités, le moral des ménages français est resté stable en avril mais la volonté d’épargner a atteint un nouveau record.

Cette donnée intéressante rejoint les conclusions d’UBS dans son enquête trimestrielle, publiée hier, sur le sentiment des investisseurs. Les liquidités constituent 22% des portefeuilles des investisseurs individuels dans le monde, soit une baisse de seulement 3% depuis septembre 2020. Le poids élevé des liquidités contraste avec les évolutions positives des marchés financiers et de l'économie sur cette période, notamment la reprise des actions, le déploiement des vaccins et l'amélioration des indicateurs économiques. Toutefois, toujours selon cette enquête, 41% des investisseurs envisagent de renforcer leur exposition aux actions au cours des 6 prochains mois, contre 12% qui ont l'intention de la réduire et 47% qui souhaitent maintenir leur portefeuille inchangé.

Autre information intéressante, concernant les thématiques d’investissement, 70% des investisseurs considèrent la transformation technologique comme un thème majeur au cours des 6 prochains mois, alors que 63% sont d'avis que l'investissement durable est une opportunité prometteuse. 50% des investisseurs sont également très préoccupés et 26% sont plutôt préoccupés par le fait que les liquidités subiront une baisse de performance si l'inflation augmente trop. 41% disent qu'ils augmenteraient leurs avoirs en actions dans un tel scénario et 31% disent qu'ils augmenteraient leurs positions immobilières.

Enfin les investisseurs européens (hors Suisse) ont davantage confiance dans l'économie de leur région et dans le marché boursier. En particulier, 73% d'entre eux se disent optimistes en ce qui concerne les actions (contre 71% pour les investisseurs américains et 69% pour les asiatiques), le chiffre le plus élevé au niveau mondial. Les investisseurs européens sont aussi les moins susceptibles de détenir plus de 10% de cash, avec seulement 53% du total des répondants.

Ce mercredi, comme la veille, les marchés boursiers européens n’ont guère évolué. Il semble de plus en plus évident que face à une majorité de résultats de sociétés très bons, voire meilleurs qu’attendus, les investisseurs sont de plus en plus exigeants pour justifier les valorisations des actions et donc, finalement, estiment que les annonces positives sont déjà intégrées dans les cours. Ainsi en a-t-il été de Microsoft pour laquelle le journal financier français les Echos traduisait le mieux ce sentiment en titrant "Microsoft publie des résultats trop conformes aux attentes"…

L’indice Stoxx 600 Europe a donc terminé quasiment inchangé (+0.02%). Le secteur de l’énergie est par contre sorti grand gagnant de la séance (+2%), par la grâce essentiellement des bonds de 3.1% de la société pétrolière BP et de 9.3% de l’équipementier TechnipFMC, forts de résultats trimestriels au-delà des attentes. 2e secteur gagnant, les financières, emmenées par Deutsche Bank dont le cours a fusé à 11.28 euros (+10.7%!), ses résultats trimestriels, les meilleurs depuis 7 ans, étant boostés par la banque d’investissement et les bénéfices dus à sa lourde restructuration, alors que Banco Santander (+2.7%) et Lloyds Banking Group (+3.5%) profitaient elles aussi de résultats supérieurs aux prévisions. Du côté des perdants de la journée, les industrielles (-0.7%) étaient les plus impactées, en particulier le finlandais Kone (connu notamment pour ses ascenseurs) qui chutait de plus de 8%, ses résultats trimestriels ayant déçu.

Aux Etats-Unis, concernant les fameux GAFAM, les résultats de Google (Alphabet) et Microsoft publiés mardi soir ont donc engendré hier des mouvements en sens opposés: si le cours d’Alphabet a progressé de 3%, ses résultats étant meilleurs qu’attendus, Microsoft a baissé de 2.8%, les analystes ayant espéré encore mieux de résultats pourtant très bons! Finalement, l’indice S&P 500 a terminé presque inchangé par rapport à la veille (-0.08%). Le secteur de l’énergie (+3.4%) profitait largement d’un bond généralisé des pétrolières et équipementiers du secteur, alors que les prix du pétrole sont une pente ascendante depuis plusieurs jours. Par ailleurs, selon CNBC, le prince héritier saoudien a déclaré que le royaume est en pourparlers pour vendre 1% d'Aramco, 1ère société pétrolière mondiale, à une entreprise "leader dans le domaine de l'énergie"… La hausse du cours d’Alphabet (Google) a permis au secteur des services de communication de progresser de 1.2%. Le secteur des actions technologiques a le plus souffert hier (-1%), évidemment d’abord impacté par la chute de Microsoft (-2.8%) mais aussi de Texas Instruments (-4.4%).

Après la clôture d’hier Apple et Facebook publiaient à leur tour leurs chiffres trimestriels et ont surpris positivement les analystes. Apple a tout simplement doublé ses bénéfices (à près de 24 milliards USD), grâce surtout aux ventes d’iPhones (53% de son chiffre d’affaires), particulièrement en Chine et en Asie. Forts de ses résultats, Apple va augmenter son dividende et racheter ses actions pour 90 milliards USD. Mais il va aussi continuer son expansion, notamment aux USA, où il va investir 430 milliards USD en 5 ans et créer 20.000 emplois. Facebook n’était pas en reste en doublant quasiment aussi son bénéfice mais surtout, alors que certains craignaient une baisse ses utilisateurs, il n’en n’est rien, au contraire. Près de 1,9 milliard de personnes utilisent Facebook tous les jours, soit 8% de plus qu'il y a un an. Et quelques 3,45 milliards d'utilisateurs dans le monde se servent d'au moins une des plateformes du groupe (Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp) tous les mois. Facebook a encore augmenté ses revenus publicitaires et, selon eMarketer, est bien parti pour dépasser les 100 milliards USD de revenus publicitaires nets pour la première fois en 2021, conservant ainsi la deuxième position en termes de parts de marché mondiales (23,7%), derrière Google (28.6%).

Après la clôture des marchés hier soir, sans surprise, le comité de politique monétaire de la FED américaine a décidé de maintenir ses taux inchangés (entre 0 et 0.25%) à l'issue de sa réunion. Il note l'amélioration de la situation économique aux Etats-Unis mais juge que "des risques pèsent toujours" sur les perspectives. La FED maintient également pour l'instant le niveau de ses achats d'actifs. Une réduction du programme d'achats d'actifs par la FED n'interviendra pas avant "de nouveaux progrès substantiels" de l'économie, a prévenu Jerome Powell. "Cela prendra un peu de temps".

Aujourd'hui

Ce matin (7h50), les indices asiatiques sont légèrement à la hausse (mais Tokyo est fermée, jour férié), Hong Kong monte de 0.6% et Shanghai-Shenzhen de 0.5%. A noter qu’en Corée du Sud, le grand rival d’Apple a aussi annoncé des résultats meilleurs que prévus.

Les futures sont actuellement positifs pour les marchés occidentaux, l’Europe devrait ouvrir en hausse mais surtout Wall Street, portée par les cours d’Apple et Facebook notamment.

Du côté des statistiques, l’Allemagne dévoilera ses chiffres de l’inflation et du chômage du mois d’avril. Aux USA, après les discours du président Biden et la conférence de presse du président de la FED, place ce jeudi à la première estimation du PIB américain du premier trimestre. Enfin, on prendra connaissance des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage et de l’évolution des promesses de ventes de maisons.

Question résultats, on aura notamment aujourd’hui, en Europe, Total, Capgemini, STMicroelectronics, Saint-Gobain, Nexans, Nokia, Royal Dutch ou Swisscom et, aux USA, la dernière GAFAM, Amazon, mais également Kraft Heinz, Mastercard, Twitter, Caterpillar, Merck ou McDonald’s.

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