Des marchés boursiers au ralenti en attendant les GAFAM et la réunion de la FED

Hier

Au niveau économique, on a noté hier qu’en France le nombre de demandeurs d’emplois a baissé de 0.3% au 1er trimestre 2021. Mais en Europe, de nombreux regards se sont surtout dirigés vers le Parlement européen qui devrait voter sur l’accord post-Brexit, maintes fois reporté, et dont le résultat ne sera en principe connu que ce matin. Rappelons que cet accord, détaillé dans près de 1.250 pages, concerne des thèmes aussi variés et importants que les exportations, la fin de la libre circulation entre les deux entités, les quotas de pêche, la concurrence et les services financiers.

Aux États-Unis, le très connu indice S&P Case-Schiller, qui mesure l’évolution des prix immobiliers dans les 20 principales agglomérations américaines, a bondi de 12.2%, plus que ce que prévoyaient les économistes. C’est d’ailleurs la plus forte hausse depuis 15 ans ! Même bonne surprise, selon le Conference Board, pour l’indice de confiance des consommateurs US pour le mois d’avril, très nettement supérieur aux prévisions. Par contre, l’indice manufacturier de la FED de Richmond est stable en avril ce qui est moins bien qu’attendu.

La saison des résultats continuant à battre son plein, on aura d’abord remarqué hier le tir groupé négatif de plusieurs sociétés du secteurs pharmaceutiques, Novartis, Eli Lilly et surtout ceux de la société française bioMérieux, spécialisée dans les tests de diagnostic in vitro. En fait, cette dernière société "paie" surtout l’amélioration de la situation sanitaire aux États-Unis, son principal marché (près de 50% du chiffre d’affaires 2020), qui a ralenti son activité plus que prévu, forçant le groupe à réviser à la baisse ses résultats 2021. Inversement, on aura à nouveau noté nombre de bons résultats, voire mieux que prévus, de sociétés comme Michelin, Schneider Electric, BP, HSBC, ABB, 3M ou UPS.

Mais évidemment, sans vouloir stigmatiser ces sociétés, on attend surtout les résultats des géants technologiques américains, en particulier les fameux "GAFAM" (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) dont la capitalisation boursière est tellement importante qu’elle influe sur la direction des grands indices boursiers américains. À eux 5, ces géants représentent ainsi actuellement un peu plus de 20 % du poids de l’indice S&P 500. Ce n’est qu’après la séance à Wall Street hier soir que Microsoft et Alphabet (Google) ont annoncé leurs résultats trimestriels, ce qui n’aura donc une incidence sur leurs cours de bourse, et sur l’état d’esprit des investisseurs, qu’à partir de ce mercredi. Apple et Facebook annonceront ensuite leurs chiffres aujourd’hui et Amazon clôturera la série demain.

Les marchés boursiers européens ont finalement terminé légèrement dans le rouge, l’indice Stoxx 600 baissant de 0.08%, l’attente combinée des résultats des GAFAM et de la réunion de la FED aujourd’hui, rendant les opérateurs attentistes. La principale baisse du jour était celle du secteur des soins de santé (-0.6%), principalement impacté par le revers de Novartis (-1.6%) suite à ses résultats en-deçà des attentes, alors que le segment plus spécialisé du diagnostic voyait surtout chuter bioMérieux (-6.9%, voir ci-dessus), et par contagion sectorielle Qiagen (-3.6%) et Diasorin (-5.5%). Une même baisse de 0.6% a été constatée pour le secteur des matériaux, avec comme point d’orgue négatif la contre-performance de Norsk-Hydro (-3%); si les résultats trimestriels de cette dernière étaient considérés comme corrects, le marché a été déçu par les flux de trésorerie inférieurs aux attentes et une hausse des coûts.

Côté positif, ce sont les financières qui ont le mieux performé hier (+0.3%), grâce évidemment aux résultats surpassant les attentes de HSBC (+4.2%), la plus grande banque européenne, alors que Santander (1ère banque espagnole et 3e européenne) bondissait de 5% dans l’attente de résultats aussi bons qui seront publiés ce mercredi. Les analystes spéculent d’ailleurs sur de très bons résultats d’ensemble pour les banques européennes qui devraient, en particulier, commencer à bénéficier de reprises de provisions constituées l’an passé par craintes d’une hausse des défaillances liées aux conséquences de la crise sanitaire. C’est d’ailleurs dans cette optique que HSBC a déjà pu récupérer 400 millions USD de provisions pour créances douteuses, initialement mises de côté pour faire face à d'éventuels impayés, alors qu’en 2020, à la même époque, elle avait enregistré une charge de 3 milliards USD pour pertes potentielles.

Outre-Atlantique, après la clôture de Wall Street, on attendait donc les 1ers résultats de GAFAM. Microsoft a publié des résultats trimestriels meilleurs qu’attendus, portés notamment par les fortes progressions des activités liées au cloud (l’informatique dématérialisée et à distance, la division Azure, +33%), aux jeux vidéo et à sa Xbox (+34%) ainsi qu’à LinkedIn (+25%). Le groupe a enfin profité du recours accru, par temps de pandémie, à son logiciel de visioconférence et de messagerie instantanée Teams, avec plus de 145 millions d'utilisateurs actifs dans le monde. Mais, comme pour certaines actions depuis 2 semaines, après bourse le cours chutait de plus de 3%, les investisseurs semblant apparemment déçus que ces résultats ne soient pas encore meilleurs… De son côté Google (Alphabet) a quasiment triplé son bénéfice net trimestriel, grâce surtout aux recettes publicitaires, en particulier via son moteur de recherche et via Youtube alors que, comme pour Microsoft, l’activité cloud postait aussi une forte hausse de ses revenus. Mais contrairement à Microsoft, le cours d’Alphabet bondissait de près de 4% dans les échanges après bourse. Remarquons enfin que la société a également détaillé ses projets de rachat d'actions de catégorie C pour un montant supplémentaire de 50 milliards USD.

 

L’indice S&P 500, avant ces résultats, a clôturé quasiment inchangé (-0.02%) alors que le Nasdaq perdait 0.34%. 3 secteurs ont malgré tout enregistré une hausse, l’énergie (+1.3%), les financières (+0.9%) et les industrielles (+0.9% également). Dans ce dernier secteur, le cours d’UPS a explosé (+10.4%) ses résultats ayant largement profité de la forte croissance de l’e-commerce; dans le même secteur logistique, le cours de Fedex a grimpé de plus de 4%. Rayon déceptions, le secteur des services aux collectivités baissait de 0.8 % devant les soins de santé (-0.5%, avec notamment la baisse de 2.7% d’Eli Lilly suite aux résultats en-deçà des attentes). A noter qu’en ce qui concerne la consommation cyclique, le cours de Tesla a chuté de 4.5%, ses résultats ayant été jugés décevants, car surtout "dopés" par de l’exceptionnel (ventes de Bitcoin, crédits carbone,…).

Aujourd'hui

Ce matin (7h50), dans la foulée de leurs consoeurs occidentales, les bourses asiatiques ne bougent guère. Si Tokyo prend néanmoins 0.5%, Hong Kong ne gagne que 0.2% et Shanghai-Shenzhen est inchangée. Il est vrai que les taux à 10 ans américains ont largement repassé à la hausse la barre des 1.60% (1.64% ce matin) avant la décision politique de la FED qui sera connue ce soir. Les investisseurs sont à l'affût de tout signe indiquant que la banque centrale US pourrait réduire ses achats d'actifs au fur et à mesure que l'économie se renforce, car ils craignent que tout retrait du soutien ne déclenche une volatilité des taux mondiaux et des actifs à risque. Mais, selon les futures, un certain optimisme prévaut pour l’ouverture des bourses occidentales, tant l’Europe que les États-Unis pourraient ouvrir en légère hausse.

Rayons résultats, à nouveau beaucoup de chiffres aujourd’hui et notamment en Europe, on aura Deutsche Bank, Melexis, Cofinimmo, Dassault Systèmes, Sanofi, Unibail-Rodamco-Westfield, Valeo, Wendel,… Aux États-Unis, très attendus, seront annoncés les résultats d’Apple, mais aussi ceux de Boeing, Facebook ou eBay par exemple. Au niveau des statistiques, on aura les indices de confiance allemands (mai) et français (avril).

Vous souhaitez plus d’informations sur nos services CBC Private Banking? N’hésitez pas à demander une première entrevue sans engagement.

Prendre rendez-vous

Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

Les données de cette publication sont générales et purement informatives. Ces informations ne peuvent pas être considérées comme une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Elles ne peuvent pas non plus être assimilées à des conseils ou recommandations d'investissement ou à des recherches en investissements au sens de la législation et de la réglementation sur les marchés d'instruments financiers.

Bien que les informations fournies se fondent sur des sources pouvant être considérées comme fiables, et bien que toutes les précautions raisonnables aient été prises pour préparer ce document, CBC Banque ne garantit ni son exactitude ni son exhaustivité. 

Ni CBC Banque ni aucune entité du Groupe KBC ne pourra être tenue pour responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation des informations, opinions ou estimations contenues dans le présent document.

L’auteur de ce document confirme ne pas détenir, pour compte propre, à la date de la publication, d’instruments financiers émis par les sociétés qui pourraient y être mentionnées.

Toute transmission, vente, diffusion ou reproduction des informations, publications et données est interdite sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse, écrite et préalable de CBC Banque, CBC Banque SA, Avenue Albert Ier 60, 5000 Namur, Belgique. TVA BE 0403.211.380, RPM Liège division Namur, FSMA 017588 A.

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.