Encore plus de résultats meilleurs que prévus mais mauvais feuilleton de Netflix

Hier

Les amateurs de basket-ball savent qu’un rebond désigne le fait de capter la balle après un tir manqué et avant que celle-ci ne touche le sol. La baisse des marchés lundi et surtout mardi peut-elle être assimilée à un tir manqué prélude à une tendance baissière? Difficile pour l’instant de le dire, mais après avoir corrigé en début de semaine, les marchés ont clairement rebondi hier semblant vouloir reprendre leur marche en avant constatée ces derniers mois. Les craintes évoquées les derniers jours semblant reléguées au second plan, au moins momentanément. Ainsi d’aucuns avaient récemment le sentiment que, vu l’embellie économique, les membres de la Banque Centrale Européenne (BCE) ne commencent à envisager un resserrement de la politique monétaire. Or maintenant les marchés estiment plutôt que, ce jeudi, aucun changement majeur ne devrait être annoncé par la BCE.

Une autre source d’inquiétude majeure qui a semblé mercredi être minimisée est la résurgence de la pandémie dans différentes parties du globe, particulièrement en Inde, au Japon et au Brésil. Dans ce dernier pays, la gestion désastreuse et désinvolte de la situation par le président Bolsonaro inquiète pourtant de plus en plus l’OMS et la communauté internationale, à cause de l’apparition d’un variant brésilien du coronavirus apparemment plus mortel et contagieux que les autres variants. A tel point que hier l’épidémiologiste Feigl-Ding a parlé d’un "Fukushima épidémiologique" affirmant que "si le variant brésilien devient incontrôlable dans le monde, nous sommes tous en danger".

Enfin, certains doutaient que les estimations élevées des résultats des sociétés pour le 1er trimestre 2021 ne soient trop ambitieuses, voire au mieux sans surprises, et donc ne justifient pas une poursuite de la hausse des marchés et des valorisations importantes constatées pour nombre d’actions. Pourtant, déjà la semaine passée, une majorité de ces résultats ont dépassé les attentes. Et cette semaine, la tendance se confirme. Ainsi hier, une très large frange de sociétés ont annoncé des chiffres meilleurs qu’attendus, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. Citons ainsi, par exemple et dans le désordre, Baker Hugues, Halliburton, Anthem, Carrefour, ASML, WDP, Orange Belgium, Heineken, Zalando, Ericsson, Akzo Nobel ou encore Roche.

Les rares déceptions étaient essentiellement à mettre à l’actif de deux groupes américains, la société de télécommunications Verizon (si elle a annoncé des résultats meilleurs qu’attendus, elle a déçu concernant son nombre d’abonnés) et surtout le spécialiste du streaming (ou vidéo à la demande sur internet) Netflix. En fait, tout en annonçant des résultats en hausse, Netflix a doublement déçu concernant son nombre d’abonnés. Alors que 2020 a été une année exceptionnelle et historique grâce à la pandémie qui lui a permis de capter 37 millions d’abonnés supplémentaires voulant oublier le confinement, le 1er trimestre 2021 (3.98 nouveaux abonnements contre 6 millions prévus) et les prévisions pour le 2e trimestre (seulement 1 million contre 4.8 millions espérés) n’ont pas été à la hauteur. Concrètement le 1er trimestre 2021 a été la plus mauvaise période d’abonnement depuis 2013 et si les faibles prévisions du 2e trimestre sont confirmées ce seront les pires de l’histoire de Netflix…

Les raisons de ce ralentissement spectaculaire sont multiples: concurrence accrue d’autres grandes plateformes de streaming (comme Disney+), retards dans la production de nouvelles séries à cause des contraintes sanitaires… et le fait que l’énorme croissance de 2020 a épuisé rapidement une partie du potentiel futur de nouveaux abonnés.

Mais en Europe les déboires de Netflix ont peu ému, tous les indices nationaux terminant dans le vert et l’indice global Stoxx 600 Europe progressant de 0.65% en clôture, même si 3 secteurs ont baissé par rapport à mardi, l’immobilier (-1.36%), les services aux collectivités (-0.67%) et les financières (-0.26%). Par contre les vainqueurs étaient emmenés par le secteur technologique (+2%) où ASML était la vedette du jour avec un gain de plus de 4%. Il est vrai que cette société hollandaise, qui est un des leaders mondiaux de la fabrication de machines de photolithographie pour l’industrie des semi-conducteurs, a publié hier non seulement des résultats supérieurs aux attentes mais a relevé ses prévisions pour 2021.

Deuxième meilleur secteur du jour, les soins de santé (+1.6%) qui profitaient notamment des bons résultats du 1er groupe pharmaceutique européen, le suisse Roche (+3%). La consommation non-cyclique (ou de base) a complété le podium grâce en particulier au segment des boissons et surtout à Heineken (+4.8%) qui a fait mousser ses résultats trimestriels au-delà des attentes, emmenant dans son sillage le leader européen et mondial AB Inbev (+3.7%) mais aussi le danois Carlsberg (+4.4%). Dans ce même secteur de la consommation de base, soulignons aussi la belle performance de Carrefour (+5%) également récompensée par des résultats meilleurs que prévus. La consommation cyclique (ou discrétionnaire) n’était pas loin de sa consœur en s’adjugeant 1%, portée en particulier par le segment du luxe et les très bons résultats de Kering (+4.2%) renforçant également l’attrait pour LVMH (+3.2%).

A Wall Street, l’heure était également à l’optimisme même si Netflix plombait quelque peu l’ambiance en perdant 7.4% en clôture hier soir. L’indice S&P 500 a néanmoins progressé de 0.9% et le Nasdaq de 1.2%. Tous les secteurs ont profité de cette embellie boursière sauf les services de communication (-0.3%) et les services aux collectivités (-0.9%) où on notait la chute de plus de 3% de NextEra, le principal producteur d’électricité alternative américain. Les gagnants étaient majoritaires du côté des actions cycliques, le secteur des matériaux emportant la palme (+1.9%), devant l’énergie (+1.5%), la finance (+1.4%) et les industrielles (+1.4%).

Du côté des actions de l’énergie (pétrole), malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévus, les cours de Baker Hugues (+0.2%) et Halliburton (-3.6%) n’ont pas été à la fête. La faute à leurs clients, les producteurs de pétrole et de gaz qui semblent être entrés dans une certaine période d'austérité, réduisant les nouveaux projets pour préserver leur trésorerie. Et ceci d’autant plus que les prix du pétrole ont encore diminué (le Brent cotant maintenant 65 USD le baril), les stocks américains de pétrole remontant, selon l’EIA (Agence Internationale pour l’Energie), pour la 1ère fois en 1 mois alors qu’on attendait une baisse.

Aujourd'hui

En Asie ce matin, les marchés ont clôturé dans le désordre. Si Tokyo a rebondi de 2.4%, les bourses chinoises étaient plus réservées, Hong Kong gagnant 0.5% alors que Shanghai-Shenzhen perdait 0.2%.

A l’ouverture les bourses européennes poursuivent sur leur lancée d’hier et ont ouvert en hausse ce matin (entre 0.3 et 0.4% selon les marchés) alors que selon les futures (contrats à terme) les Etats-Unis pourraient ouvrir légèrement en baisse (+0.1%).

Au niveau économique, on sera évidemment très attentif aujourd’hui à la réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui devrait maintenir sa politique monétaire inchangée, confirmant que les achats d'actifs dans le cadre de son programme pandémique se poursuivront à un rythme plus rapide jusqu'en juin. La réunion sera particulièrement intéressante après que la Banque du Canada est devenue la première grande banque centrale internationale à signaler qu'elle réduira ses achats d'actifs et avancera le calendrier prévu pour d'éventuelles hausses de taux. On surveillera aussi en France l’indice Insee sur le climat des affaires en avril alors qu’aux USA les inscriptions hebdomadaires au chômage sont attendues, de même que les ventes de logements anciens pour mars.

Côté résultats, à nouveau beaucoup d’annonces aujourd’hui en Europe, notamment en France (Hermès, Orange, Pernod Ricard, Renault, Vinci ou Vivendi) mais aussi Crédit Suisse, Nestlé, SAP ou Volvo. Aux USA, Dow et Intel publieront également leurs chiffres, tout comme American Airlines, Mattel, Freeport-McMoran ou ATT.

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