Le retour de la méfiance plombe les marchés boursiers

Hier

Un vieil adage boursier dit que "les arbres ne montent pas jusqu’au ciel" et cela a été douloureusement rappelé hier à certains investisseurs. Il ne faut a priori certes pas tout remettre en question et notamment la principale raison qui a poussé les marchés à la hausse ces derniers mois: une reprise économique confirmée par les statistiques, dans un contexte de vaccination massive initiée partout dans le monde.

Néanmoins la hausse fulgurante des marchés boursiers en 2021, avec des gains dépassant largement les 10% tant en aux États-Unis que sur la plupart des bourses européennes, a fait ressurgir la méfiance quant aux niveaux de valorisation atteints par certains secteurs et actions. Sans compter que la résurgence récente de la pandémie dans certaines pays européens, mais aussi au Brésil, en Inde ou au Japon par exemple, fait craindre des toussements dans l’embellie économique. Pourtant, les premiers résultats de sociétés annoncés ces derniers jours vont dans le bon sens: la plupart sont très bons et souvent supérieurs aux attentes. On en a encore eu la confirmation hier, en particulier aux USA, avec Procter & Gamble, Philip Morris, Johnson & Johnson, Lockheed Martin, Travelers notamment, ou en Europe avec BMW, Kering, Avast ou Sika par exemple. Les déceptions minoritaires touchaient Netflix, Atos, Danone ou Xerox.

D’aucuns rappellent aussi que vu l’amélioration économique générale et les risques de surchauffe inflatoire, même provisoires, les autorités monétaires risquent à un certain moment de ne plus être aussi accommodantes que ces derniers mois. Et ainsi de rappeler que jeudi se tiendra la réunion de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) lors de laquelle celle-ci pourrait infléchir ou annoncer un changement à venir de son attitude.

La nervosité des opérateurs a donc généré des pressions vendeuses sur les marchés boursiers et s’est traduite aussi par une remontée de l’indice VIX (ou "indice de la peur") qui avait atteint vendredi un plus bas sur un an et qui, en 2 jours, a rebondi de près de 20% par rapport à ce niveau. Le niveau actuel reste historiquement raisonnable, mais on sait qu’il peut être sujet à de violents et rapides changements comme le montre les graphes à 1 an ou à plus long terme.

Les marchés boursiers européens ont terminé la journée d’hier dans le rouge vif, l’indice global Stoxx 600 perdant 1.9%, alors que certains indices nationaux comme le CAC 40 français, l’IBEX 35 espagnol ou l’OMX suédois chutaient même de plus de 2%. 3 secteurs ont particulièrement souffert ce mardi, la consommation cyclique ou discrétionnaire (-2.4%), les sociétés financières (-2.8%) et l’énergie (-3%), ce dernier secteur perdant plus de 10% depuis le 12 mars dernier. Parmi les financières, si jusqu’à lundi les actions bancaires étaient parmi les grandes gagnantes de 2021 (le secteur ayant progressé de plus de 20%), elles ont été frappées hier de douloureuses prises de bénéfices perdant en moyenne 3.5%. Les banques les plus impactées ont été notamment BNP (-4.5%), Société Générale (-4.6%), ING (-3.5%), ABN (-5.1%), Commerzbank (-4.8%), UniCredit (-5.2%) ou encore Danske Bank (-7.6%).

2 segments enfonçaient particulièrement le secteur de la consommation cyclique, l’automobile (-2.8%) et celui des hotels & tourisme (-4.3%). Concernant l’automobile, BMW limitait la casse (-1.7%) grâce à ses résultats meilleurs qu’attendus, mais par contre on notait les baisses prononcées de Stellantis (-4%), Renault (-4.5%) et Porsche (-3.6%). Rayon hotels et tourisme, l’incertitude grandissante concernant les voyages d’été due à la recrudescence de l’épidémie dans différentes régions du globe a particulièrement touché InterContinental (-4%), TUI (-4.4%) et surtout le croisiériste Carnival (-6.4%). Le secteur immobilier a sauvé l’honneur au niveau des gains en progressant de 0.3%, confirmant par ailleurs son statut défensif dans des marchés difficiles.

Aux États-Unis Wall Street a aussi terminé en baisse, le S&P 500 abandonnant 0.5% et le Nasdaq 1%. Comme en Europe, le secteur de l’énergie a emmené les baissiers avec une perte de 2.7%. Mais davantage que les grandes compagnies pétrolières, ce sont les équipementiers qui ont souffert, Schlumberger en tête (-4.8%). Les opérateurs ne sont pas très optimistes pour les résultats du 1er trimestre qui seront publiés cette semaine pour celle-ci, mais aussi pour Baker Hugues et Hallilburton (le chiffre d’affaires des 3 équipementiers devrait baisser en moyenne de 26% au 1er trimestre 2021 contre -28% déjà au 4e trimestre 2020). La pandémie a poussé plusieurs explorateurs de pétrole de schiste US à se retirer, et donc les producteurs ont réduit leurs dépenses pour des activités telles que le forage et la fracturation. En conséquence, les fournisseurs de services pétroliers prennent un certain nombre de mesures pour s'adapter, notamment viser une meilleure croissance à l'étranger et mettre l’accent sur le domaine des énergies renouvelables, mais cela n'a pas suffi à les ramener aux niveaux d'avant la crise.

Outre l’énergie, les secteurs les plus en berne étaient la finance (-1.8%), la consommation cyclique (-1.2%) et l’industrie (-1.1%). Par contre 4 secteurs sortaient la tête de l’eau : les services aux collectivités (+1.3%), les soins de santé (+0.43%), l’immobilier (+1.1%) et la consommation de base (+0.6%). Dans ce dernier secteur, les bons résultats de Procter & Gamble (+0.8%) ont poussé à la hausse tout le segment « produits domestiques » comme Kimberly-Clark ou Colgate. Pour les soins de santé, c’est Johnson & Johnson (+2.3%), fort de ses bons résultats, qui entraînait à sa suite toutes les actions pharmaceutiques.

Aujourd'hui

En Asie, ce matin (7h45), les marchés boursiers sont aussi globalement en mode "correction", seules les bourses de Shanghai-Shenzhen sont encore en léger boni (+0.4%) alors que Tokyo et Hong-Kong perdent respectivement 2% et 1.6%. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que les cas de coronavirus augmentent dans à peu près toutes les régions du monde, la plus forte augmentation ayant été observée la semaine dernière en Asie du Sud-Est, l'Inde étant confrontée à sa plus grande vague d'infections. Et au Japon, il semble se confirmer que les gouverneurs de Tokyo et Osaka vont demander au gouvernement japonais de déclarer l'état d'urgence pour essayer d’endiguer une nouvelle vague d’infections.

En Europe, ce matin, on pourrait voir néanmoins un sursaut d’optimisme, voir un rebond technique après la baisse d’hier, les futures prévoyant une ouverture à la hausse (+0.31%) alors que Wall Street continuerait de corriger (-0.2%) dans les premiers échanges.

Concernant les investissements spéculatifs, le Bitcoin semble actuellement sur une pente descendante : après avoir frôlé les 65.000 USD le 14 avril dernier, la "reine des cryptomonnaies" perd près de 13% depuis ce sommet historique, ce qui met à nouveau en exergue la forte volatilité et la dangerosité de ce genre d’actif…

Aujourd’hui on sera attentif au rapport de l’Agence Internationale pour l’Energie (IEA) qui publiera son rapport sur les stocks de pétrole brut.

Au niveau des résultats, en Europe, seront notamment publiés les chiffres de WDP, Proximus, Carrefour, ASML, Heineken alors qu’aux États-Unis on aura entre autres ceux de Verizon, Baker Hugues, Halliburton.

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