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Un "déluge d’épargne forcée" va revenir et soutenir l’économie et les bourses

Hier

Les marchés boursiers internationaux ont, pour la plupart, battu des records ces derniers jours sachant que les espoirs de forte reprise économique et les énormes plans de relance sont à l’origine de cette évolution. Selon l’enquête hebdomadaire de Bank of America (BofA), les investisseurs ont d’ailleurs placé plus de liquidités sur les fonds d’actions ces 5 derniers mois (soit 576 milliards USD) que sur le cumul des 12 dernières années (452 milliards USD)! Les allocations en actions restent aussi à un niveau record (63.6%) mais néanmoins il faut souligner qu’une certaine prudence a aussi commencé à émerger, les investisseurs ayant placé plus de 120 milliards USD dans des fonds de trésorerie au cours des trois dernières semaines.

En effet des craintes d'un repli par rapport à ces niveaux records commencent à surgir, étant donné que les valorisations sont les plus élevées depuis la bulle Internet de la fin des années 1990, l’indice boursier américain S&P 500 se négociant par exemple à près de 24 fois les bénéfices futurs. Mais ces résultats justement devraient être en forte hausse et, comme nous le soulignions dans notre chronique de jeudi passé, selon Refinitiv, les analystes estiment que les résultats des sociétés américaines de l’indice S&P 500 vont augmenter de 24% au 1er trimestre 2021 alors que ceux des sociétés européennes du Stoxx 600 devraient bondir de plus de 47%.

Mais l’élément de soutien le plus important des marchés pourrait bien être le gigantesque montant d’épargne forcée accumulée par les ménages depuis 1 an, ne pouvant dépenser une partie de leurs liquidités du fait des mesures de confinement. Et donc certains n’hésitent pas à prédire un "déluge de pouvoir d'achat" qui sera libéré en 2021 et 2022, soutenant les économies et les marchés financiers, plusieurs sources ayant évalué cette montagne de cash accumulé.

Rappelons ainsi que selon Bloomberg Economics (mars 2021), les consommateurs des plus grandes économies du monde ont accumulé 2.900 milliards USD d'économies supplémentaires. Oxford Economics a par ailleurs calculé qu'au cours de la crise, les seuls ménages américains ont épargné 1 600 milliards USD de plus qu'ils ne l'auraient fait normalement. HSBC estime enfin que les ménages de la zone euro et du Royaume-Uni ont épargné respectivement 470 milliards euros et 170 milliards GBP de plus en 2020 qu'en 2019, préparant chaque région à un important boom des dépenses une fois le virus supprimé.

Dans la zone euro, HSBC s'attend à ce que le taux d'épargne revienne à 13,8% d'ici la fin de 2022 (contre 24.6% au 2e trimestre 2020) toujours plus élevé que la moyenne de 2019 de 12,8%. Et l'histoire suggère que les taux d'épargne peuvent rapidement retomber aux niveaux d'avant une crise majeure, même si la vitesse de cette reprise dépendra de la rapidité avec laquelle les gouvernements éradiqueront le virus et de la confiance des consommateurs, les gens devant se sentir à l'aise avec l'idée d'aller au restaurant ou dans les magasins, d'assister à des événements en groupe ou de voyager.

Mais en attendant cet énorme afflux possible de liquidités supplémentaires sur les marchés, l’indice Stoxx 600 Europe a consolidé par rapport à la clôture de jeudi (+0.08%)… ce qui lui a permis néanmoins d’afficher un nouveau record historique à 437.23 points. Côté pertes, le secteur de l’énergie (-0.88%) continue de faire l’objet de prises de bénéfices, les 3 plus grandes sociétés pétrolières européennes perdant encore chacune environ 1% alors que la "baisse" de l’équipementier SBM Offshore (-6% par rapport à la veille) n’était due en fait qu’au détachement du dividende… 2 autres secteurs ont également clairement corrigé vendredi, les services de communication (-0.71%) et l’immobilier (-0.58%). Par contres, les secteurs en progression étaient emmenés par les soins de santé (+0.63%), les industrielles (+0.41%) et les sociétés technologiques (+0.46%).

Aux Etats-Unis on aura noté un 4e record consécutif pour l’indice S&P 500 qui a clôturé à 4128.80 points (+0.77%). Comme en Europe les actions énergétiques étaient les principales victimes du jour (-0.5%), rejointes par la consommation de base et les services aux collectivités, tous deux en légère perte (respectivement -0.05% et -0.07%). Par contre le secteur des soins de santé (+1.17%) et de la consommation cyclique (+1.16%) étaient les 2 secteurs les plus plébiscités, devançant les sociétés industrielles et les technologiques progressant conjointement de 1%. L’indice Nasdaq des valeurs technologiques a d’ailleurs clôturé en hausse de 0.5% et n’est plus qu’à 1.4% de son record historique de février.

Alors que cette semaine la saison de la publication des résultats de sociétés va commencer, on a noté vendredi un 1er résultat intéressant, celui du célèbre fabricant US de jeans Levi Strauss dont le cours a gagné 2.6% en clôture en égalant presque son record du 15 mars dernier. Levi Strauss a annoncé une baisse à deux chiffres de ses ventes pour son premier trimestre fiscal, les fermetures de magasins en cours en Europe ayant pesé sur les résultats mais le bénéfice par action (EPS) est néanmoins plus élevé qu’attendu (34 cents contre 25 cents). Et surtout la société a relevé ses perspectives de ventes et de bénéfices pour le premier semestre de l'année, en supposant que la crise sanitaire mondiale ne s'aggrave pas d'ici là ; l'entreprise prévoit que les ventes reviendront aux niveaux de 2019 d'ici le quatrième trimestre. Cette annonce est d’autant plus intéressante que Levi Strauss fait partie du secteur de la consommation cyclique, évoqué en détail vendredi dans cette chronique en soulignant sa forte corrélation avec les espoirs de reprise économique.

Aujourd'hui

Ce matin en Asie (7h45), les indices de la plupart des grands marchés boursiers sont en baisse. Tokyo perd actuellement 0.6%, Hong Kong 0.7% et Shanghai-Shenzhen 1.3%. Les investisseurs asiatiques soulignent l'inégalité de la reprise mondiale après la pandémie par rapport à la dernière évaluation économique optimiste du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Selon lui, dans une interview diffusée dimanche dans l'émission 60 Minutes de CBS, l'économie américaine est à un "point d'inflexion", avec une croissance et des embauches plus fortes à venir grâce à l'augmentation des vaccinations et à un soutien politique puissant. Il a ajouté que tout rebondissement de l'inflation sera temporaire.

A noter qu’à la bourse de Hong Kong, l’action ALIBABA flambe ce matin (+8.4% à l’heure où nous écrivons ces lignes). Le géant chinois du commerce en ligne Alibaba a en effet relativisé les conséquences de son amende géante de 2,8 milliards USD (2.4 milliards euros) exigée par les autorités chinoises pour abus de position dominante, avec l'espoir qu'une page soit tournée. Le montant de l'amende représente environ 4% du chiffre d'affaires de 2019 d'Alibaba, qui était de 455,7 milliards yuans (58,45 milliards euros), selon l'agence de presse Chine nouvelle. L'amende "n'aura pas de conséquences négatives" sur les affaires d'Alibaba, a assuré de son côté son PDG, Daniel Zhang.

Ce lundi, les opérateurs seront sensibles à l’indice du sentiment économique de la Banque de France pour le mois de mars mais ils surveilleront surtout dans la zone euro les chiffres du commerce de détail en février et les prix à l’importation dans l’industrie pour la même période. Les données sur les prix à la consommation aux États-Unis sont attendues mardi.

Demain les banques et les sociétés financières américaines commencent à publier leurs résultats du premier trimestre, notamment JPMorgan Chase, Citigroup, Bank of America, Morgan Stanley et Goldman Sachs. En Europe seront notamment publiés les résultats de la société de luxe LVMH, première société cotée européenne selon sa capitalisation boursière.

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