L’Europe boursière tient son record, Wall Street reprend son souffle

Hier

Après 4 jours de pause due au long week-end pascal, l’Europe boursière a aussi atteint un nouveau record historique, le lendemain de celui de Wall Street qui était ouverte hier. Si les investisseurs européens ont applaudi les dernières statistiques américaines confirmant, une fois de plus, la reprise économique, le Fonds Monétaire International (FMI) a conforté hier l’optimisme ambiant. L’institution internationale a en effet relevé, de 5.5 à 6% ses prévisions de croissance économique mondiale en 2021, où les Etats-Unis vont jouer les locomotives (+6.4%, grâce surtout à leurs gigantesques plans de relance), de même que la Chine (+8.4%) et l’Inde (+12.5%) pour les pays émergents, alors que l’Europe ou le Japon enregistreront des croissances moins éclatantes (soit respectivement +4.4 et +3.3%). D’un point de vue historique, la pire contraction de l’économie mondiale depuis 1945 (-3.3% en 2020) serait ainsi suivie par la plus forte croissance depuis 1976!

Ces perspectives encourageantes ont néanmoins incité le FMI à mettre en garde contre la prise de risques excessifs alimentant une survalorisation des actifs. Si le FMI s’interroge sur la hauteur atteinte par certaines actions en bourse, que dire alors des cryptomonnaies, ces actifs extrêmement spéculatifs et pour lesquels beaucoup de spécialistes s’interrogent sur la méthode pour calculer leur juste valeur, hors le fait de constater qu’il y plus d’acheteurs que de vendeurs…  Hasard ou coïncidence fortuite, on a ainsi appris hier que la valeur du marché des crytpo-monnaies a dépassé momentanément lundi, pour la 1ère fois, les 2.000 milliards USD?! Les deux plus importantes monnaies numériques, le Bitcoin et l’Ether, représentent plus des 2/3 de ce marché, le Bitcoin seul comptant pour 55% du total. Un vieil adage boursier dit que "les arbres ne montent pas jusqu’au ciel", ce que semble contredire l’évolution du Bitcoin ces dernières années et alors qu’en 2021 le Bitcoin (valant actuellement environ 58.000 USD) a déjà doublé de valeur (alors que l’Ether a lui bondi de plus de 180%!). Mais il est utile de rappeler aux investisseurs les plus hardis que le Bitcoin a déjà connu aussi plusieurs krachs mémorables, dont une chute de plus de 80% entre fin 2017 et fin 2018!

Au niveau boursier, la plupart des grands marchés nationaux (AEX, CAC ou DAX) ont enregistré hier un nouveau plus haut historique, tout comme l’indice global Stoxx 600 Europe en terminant à un nouveau niveau record de 435.26 points (+0.72%). Si le secteur des services de communication faisait bande à part en finissant en perte (-0.4%), tous les autres secteurs progressaient à commencer par le secteur des matériaux (+1.3%). Les grandes sociétés diversifiées de ce secteur (Rio Tinto, BHP, Anglo American, Glencore et Boliden) engrangeaient toutes entre 2.1 et 3.7% alors que l’anglaise Antofagasta ou la polonaise KGHM, plus spécialisées dans l’exploitation du cuivre, bondissaient de respectivement 3.8 et 5%, le métal rouge étant un des métaux non-ferreux qui pourrait profiter le plus de la forte reprise économique.

Parmi les autres gagnants de la journée de mardi en Europe, la consommation de base prenait la 2éme place (+1.2%), devant la consommation cyclique (+1%) et les actions technologiques (+0.8%). A noter que la consommation de base a surtout profité de la belle forme des producteurs de boissons alcoolisées (Diageo, Pernod-Ricard, Rémy-Cointreau et Campari) et des brasseurs (particulièrement Heineken et Carlsberg) gagnant toutes entre 1.8 et 3.3%, AB Inbev dénotant quelque peu en ne prenant que 0.5%.

Aux Etats-Unis, le volume des échanges boursiers est passé sous la barre des 10 milliards d'actions pour la première fois cette année et  les marchés boursiers ont repris leur souffle après les records des derniers jours. L’indice S&P 500 a clôturé en très légère baisse (-0.10 %) tout comme le Nasdaq des actions technologiques (-0.05%), ce secteur corrigeant un peu davantage que les autres (-0.38%) au sein du S&P 500. Selon une note récente de Goldman Sachs, intitulée "The Taxman Cometh", David Kostin, stratège en actions américaines, a averti ses clients que les hausses d'impôts sur le revenu des entreprises et des particuliers soutenues par J. Biden pendant sa campagne présidentielle pourraient réduire de 9% les bénéfices par action du S&P 500. Et ce seraient les actions technologiques, avec celles des services de communication et de la santé qui seraient le plus impactées leurs impôts augmentant entre 9 et 10%. Inversement, les secteurs les moins touchés par ce supplément de taxes seraient les activités cycliques comme l’industrie, l’énergie et les matériaux.

Au rayon des gains aux USA hier, les services aux collectivités ont été les plus performants (+0.5%), emmenés par les sociétés d’électricité qui devraient notamment bénéficier des plans de relance américains. Mais la lente décrue des taux d’intérêt (le 10 ans US cote actuellement 1.66% contre 1.74% il y a exactement une semaine) aide aussi ce secteur considéré plus endetté que la moyenne.

Aujourd'hui

Ce matin (7h45), les marchés asiatiques évoluent en ordre dispersé. Tokyo et Séoul sont en léger progrès (respectivement 0.1 et 0.3%) alors que les marchés chinois sont en baisse, Hong Kong corrigeant de 0.5% et Shanghai-Shenzhen de 0.9%.

Au Japon, la société technologique TOSHIBA ferait, selon certaines sources, l’objet d’une offre de rachat par CVC Capital Partners (un des 10 plus grands fonds de capital-investissement au monde). Celle-ci paierait une prime de 30% sur le montant actuel de l'action de Toshiba, ce qui porterait l'opération à près de 21 milliards de dollars.

Selon les futures (contrats à terme), les bourses européennes commenceront la journée en léger repli (-0.20%) alors que Wall Street évoluerait, lors des premiers échanges, près des niveaux d’hier soir voire en très légère hausse.

Concernant les statistiques importantes du jour, on suivra aujourd’hui les indices PMI définitifs du mois de mars dans la zone euro. Les statistiques préliminaires, dévoilées il y a deux semaines, ont montré que l'activité dans le secteur privé avait renoué avec la croissance. Aux Etats-Unis, les opérateurs seront sensibles au déficit commercial de février et aux stocks hebdomadaires de pétrole. Ce soir, les regards se porteront sur le compte-rendu (les "minutes") de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la FED et sur les éventuelles informations complémentaires aux discours récents de J. Powell.

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