Les bancaires au rebond en bourse grâce à la hausse des taux

Hier

Ces derniers jours, l’attention des investisseurs a été détournée des considérations classiques par le blocage du canal de Suez par un porte-conteneurs en perdition, et par les conséquences pour certaines actions (bancaires en particulier), des déboires catastrophiques du hedge fund Archegos. A noter que dans ce dossier la liquidation, avec fracas, d’énormes positions de certaines actions aurait pu être moins dommageable pour les actions en question et pour les établissements financiers qui devaient dénouer les positions. Mais, selon le Financial Times, si les établissements exposés au hedge fund en déroute Archegos ont tenté de s'entendre vendredi pour limiter la casse, le "chacun pour soi" a fait capoter le deal… Dès jeudi, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Crédit Suisse , UBS et Nomura se sont réunis par téléphone avec Archegos pour discuter d'un débouclage ordonné de ses positions. Selon certains, Crédit Suisse et Morgan Stanley ont commencé à se délester de petits lots d'actions dès la fin de la réunion. Dès le vendredi matin, tout espoir de coordination avait déjà été anéanti lorsque Goldman Sachs a commencé à proposer aux investisseurs des milliards USD d'actions liées à Archegos. Morgan Stanley s'est joint à l'opération quelques heures plus tard, et à la fin de la journée, les deux géants avaient vendu pour près de 19 milliards USD de blocs d'actions . In fine, les banques américaines ont damé le pion aux autres banques en limitant  leur perte alors que le Crédit Suisse (perte estimée entre 3 et 4 milliards USD) et Nomura (perte estimée à 2 milliards USD) en ont payé le prix fort!

Mais hier retour donc aux fondamentaux et particulièrement aux perspectives de croissance économique et d’inflation. Et les statistiques annoncées ce mercredi ont été dans le même sens que précédemment. Ainsi, au rayon économique, l’indice de confiance de la zone euro a augmenté plus que prévu en mars (surtout en Allemagne), retrouvant son niveau d’avant le début de la pandémie. Dans la foulée, la confiance des consommateurs américains selon l’indice du Conference Board s’est aussi inscrite au-delà des attentes en mars. Au niveau de l’inflation, celle-ci a atteint en Allemagne 2% sur un an en mars (contre 1.6% en février) alors qu’en Belgique elle a aussi accéléré passant de 0.46% en Février à 0.89% en mars. Cette confirmation de la poussée inflationniste laisse craindre à certains un resserrement monétaire, pourtant nié par les banques centrales jusqu’ici. En toute logique les taux se sont donc davantage tendus soit -0.286% pour le Bund allemand à 10 ans (contre -0.38% jeudi) et surtout 1.73% pour le taux US à 10 ans (contre 1.63% jeudi).

L’indice Stoxx 600 Europe a terminé en hausse de 0.71%, le secteur financier jouant les locomotives (+2%) en profitant de la hausse des taux et du rebond des cours des actions bancaires après la chute de mardi. Seul le Crédit Suisse n’a pas participé à la fête (-3.1%) subissant encore les affres du problème Archegos. Sans surprise, on a remarqué aussi le progrès de secteurs profitant de l’embellie économique, la consommation cyclique (+1.8%), l’industrie (+1.2%) et les matériaux (+1.1%). La consommation cyclique a largement profité de l’euphorie pour les actions automobiles, en particulier allemandes (VW +4.7%, Daimler +3%, BMW +3.7% et Porsche +3.9%), ce qui a d’ailleurs propulsé l’indice DAX allemand à un nouveau record historique. 2 secteurs européens dénotaient en baissant, les services aux collectivités (-1%) et les soins de santé (-0.4%). Ce dernier secteur était pénalisé par une nouvelle baisse du cours d’AstraZeneca (-1.4%) après que les villes de Berlin et Munich ont décidé hier de suspendre son vaccin pour les personnes âgées de – de 60 ans, suite à de nouveaux cas suspects de thrombose cérébrale. Plus tôt dans la journée, plusieurs provinces canadiennes avaient  également décidé de suspendre le vaccin d’AstraZeneca pour les moins de 55 ans.

Aux Etats-Unis, l’indice S&P 500 (-0.32%) a souffert de la faiblesse du secteur technologique (-1% et représentant plus de 26% du poids de l’indice) handicapé par la remontée des taux qui dévalorisent l’actualisation de leurs résultats futurs. Parmi les victimes de ce secteur on a remarqué Apple (-1.2%), Microsoft (-1.4%) ou Cisco (-1.4%). Parmi les autres perdants du jour il y avait les soins de santé (-0.9%), la consommation de base (-1.1%), les services aux collectivités (-0.9%) et l’énergie (-0.8%). Inversement, comme en Europe, la consommation cyclique (0.8%) et l’industrie (+0.4%) profitaient de l’optimisme sur la reprise économique. Enfin le secteur financier rebondissait aussi logiquement (+0.7%) porté surtout par la hausse des taux. A noter dans ce secteur l’annonce par Paypal (+0.4%) que ses clients qui détiennent 4 cryptomonnaies (dont le Bitcoin) pourront bientôt convertir celles-ci en en USD ou en euros pour payer leurs achats.

Aujourd'hui

En Asie, les marchés boursiers sont en baisse matin (7h45), soit -0.7% pour Tokyo, -0.4% pour Hong Kong et -1.2% pour Shanghai-Shenzhen. Au Japon, le secteur bancaire a à nouveau pesé sur l’indice global. L’action Nomura a encore perdu 2.8% alors qu’on a appris qu’une autre banque nipponne, Mitsubishi UFJ Financial Group (-3.5%) serait aussi touchée par l’implosion d’Archegos et y aurait perdu 300 millions USD.

Selon les indications actuelles des futures (contrats à terme), les bourses européennes ouvriraient en baisse de 0.34% alors que dans l’après-midi Wall Street commencerait légèrement dans le rouge (-0.08%).

Parmi les faits à signaler, notons aussi que l’or n’arrête pas de dégringoler et se négocie actuellement à 1680 USD l’once, soit pas loin de 20% en moins que le sommet de 2063 USD atteint début aout 2020. Par contre le dollar américain poursuit sa hausse (1.17 contre l’euro), profitant de perspectives économiques plus alléchantes aux USA que dans le reste du monde, grâce aux plans de relance massifs et à une campagne de vaccination gigantesque et rapide.

Beaucoup de nouvelles seront analysées aujourd’hui et en particulier ce soir, les détails de l’énorme programme d’infrastructure que révélera J. Biden aux USA. Toujours là-bas on surveillera l’enquête ADP sur l’emploi privé mais les opérateurs seront aussi sensibles à l’indice PMI MNI des directeurs des achats de la région de Chicago en mars et aux promesses de ventes de logements en février. En Europe, on connaitra aujourd’hui l’inflation française en mars, ainsi que les chiffres des dépenses de consommation en France et en Allemagne, mais c’est surtout l’inflation dans la zone euro pour mars qui sera analysée attentivement. Enfin on aura les chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie pour les stocks de pétrole brut.

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